Groupe Bernard Hayot

entreprise française

Le Groupe Bernard Hayot, dont le sigle est GBH, est un groupe français d'entreprises, fondé par Bernard Hayot en 1960. Son siège social se trouve au Lamentin, en Martinique.

Groupe Bernard Hayot
logo de Groupe Bernard Hayot
Logo.

Création années 1960
Fondateurs Bernard Hayot
Forme juridique SAS
Slogan Cultivons l'envie d'entreprendre !
Siège social Le Lamentin
Drapeau de la France France
Direction Stéphane Hayot (directeur général)[1]
Sociétaires Famille Hayot
Activité grande distribution, automobile, alcool, agriculture, logistique, industrie
Filiales SocidaVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 15 900
Site web gbh.fr

Chiffre d'affaires en augmentation 5,27 milliards d’euros (2025)
5,005 milliards d'€ (2024)
Résultat net en diminution 178,1 millions d'€ (2025)
202,4 millions d'€ (2024)[2]

Présent aux Antilles françaises, en Nouvelle-Calédonie, en Guyane française, à La Réunion et à Mayotte, c'est le principal acteur du commerce entre la France métropolitaine et la France d'outre-mer. Il exerce aussi ses activités à l'international : Caraïbes, océan Indien, Afrique et Chine.

GBH est actif dans la grande distribution, l'alcool, l'agriculture, l'industrie et l'automobile. Il possède notamment les franchises Carrefour, Yves Rocher, Brioche dorée, Mr.Bricolage, Décathlon et les concessions Renault, Dacia, Hyundai et Nissan. Via sa filiale Spiribam, il détient les rhums Clément et J.M.

Ayant refusé de publier ses comptes jusqu'en , le groupe GBH est régulièrement ciblé lors de manifestations contre la vie chère, notamment celles de Martinique en octobre 2024.

Historique

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Le Groupe Bernard Hayot a été fondé en 1960 par Bernard Hayot. Né le [3] en Martinique, ce dernier est issu d'une famille békée qui descend des premiers colons installés en Martinique depuis le XVIIe siècle, et dont la prospérité initiale repose sur « l'exploitation de « l’or blanc » (le sucre) par l’esclavage »[4]. Cette filiation est souvent rappelée par les médias[5],[6],[7] et critiquée par les militants syndicalistes et anticapitalistes[8],[9].

Le groupe commence ses activités avec un élevage avicole : les Poulets Bamy. Il se diversifie très tôt dans le rechapage de pneu en 1965, le commerce de gros en 1967, le BTP en 1967, l'expansion géographique (Guadeloupe en 1968), et l'entrée dans des secteurs majeurs (grande distribution avec Monoprix en Martinique en 1981, distribution automobile avec Renault Martinique en 1988[10].

En 1986, Bernard Hayot rachète l'Habitation Clément, plantation produisant du rhum. Il y accueille en 1991 la rencontre entre George H. W. Bush et François Mitterrand[11],[12]. En 2007, Bernard Hayot installe dans l'ancienne cuverie un centre consacré à l'art contemporain[13]. L'endroit, qui accueille aussi un musée, est un lieu de tourisme culturel.

En , le groupe Casino annonce la vente de sa filiale Vindémia, présente à la Réunion, sur l'île Maurice, à Mayotte et à Madagascar, pour 219 millions d'euros au groupe Bernard Hayot, franchisé à la Réunion du groupe Carrefour. Ce dernier s'engage à vendre 4 hypermarchés, ayant 700 employés sur les 4 700 que compte le groupe Vindémia[14].

Le groupe procède aux rachats successifs du liquoriste bourguignon Joseph Cartron[15],[16] en et du distributeur britannique Mangrove en [17].

Activités et situation financière

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En 2025, le groupe affiche un chiffre d’affaires de 5,27 millards d’euros (en hausse par rapport à 2024). Il exerce ses activités autour de plusieurs pôles : la grande distribution (51 % du chiffre d’affaires, soit 2,67 millards d’euros), devant la distribution automobile (40 % du chiffre d’affaires, soit 2,08 milliards d’euros) et les activités diversifiées (agroalimentaire, matériaux de construction, restauration, pneumatiques, rhum ou encore cosmétiques pour 9 % du chiffre d’affaires, soit 0,51 milliards d’euros)[2].

Les principales enseignes de GBH dans la distribution sont Carrefour, Mr.Bricolage, Decathlon. Le groupe est présent dans les Caraïbes (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Cuba, Sainte-Lucie, République dominicaine, Trinité-et-Tobago), l’océan Indien (La Réunion, Maurice, Mayotte, Madagascar), en France métropolitaine, en Afrique (Maroc, Algérie, Ghana, Côte d’Ivoire), en Chine, et en Nouvelle-Calédonie[18],[19].

GBH assure aussi la production de yaourts sous la marque Danone à La Réunion et Martinique et la production et l’exportation de rhums (rhum Clément et rhum J.M en Martinique, Saint Lucia Distillers à Sainte-Lucie).

En Martinique, le groupe détient (liste non exhaustive) : les hypermarchés Carrefour (et ex-Euromarché[20]), les magasins Yves Rocher, Mr.Bricolage, Décathlon et en 2023, les marques automobiles Renault, Dacia, Nissan, Jeep, Volvo, Aiways et BYD[21]. C’est aussi un grossiste et un importateur majeur pour ses magasins et leurs concurrents[22]. En 2010, GBH y emploie 1 600 salariés et son chiffre d’affaires atteint 400 millions d'euros[23]. Le groupe est le premier employeur privé de l'île[24].

Selon un article de Mayotte La première, avec sa structure verticale, depuis le grossiste jusqu’au distributeur, GBH maîtrise, de fait, l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement et favorise ses propres magasins au détriment de la concurrence[19]. C'est le leader de la distribution aux Antilles françaises[25],[26], et le groupe le plus puissant d'outre-mer[27].

En 2023, le chiffre d'affaires du groupe s'élève à près de 5 milliards d'euros (en hausse de 8 % par rapport à 2022), avec 15 % réalisés en Martinique, et un résultat net de 228 millions d'euros, soit 4,6 % du chiffre d'affaires et un bénéfice de 227,4 millions d'euros (en hausse de 11 %)[28].

Au classement de la revue Challenges de 2021, avec un patrimoine de 250 millions d’euros, le groupe (détenu par « Bernard Hayot et sa famille ») est classée 13e fortune automobile de France et 397e fortune mondiale[29], perdant « 122 places dans le classement après une année perturbée par la Covid »[30]. Jusqu'en 2025 il est considéré comme le Martiniquais le plus riche, détrôné depuis par Thierry Déau, fondateur et président directeur général du fonds d'investissement en infrastructures Meridiam[31].

Politique de ressources humaines

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En 2020, le groupe GBH lance une campagne de recrutement en France Hexagonale, pour des postes à pourvoir dans l'île de la Réunion, ce qui favorise, selon le journal du parti communiste réunionnais, une main-d'œuvre d'expatriés par rapport au marché de l'emploi local[32].

Le groupe considère avoir des difficultés à recruter, en particulier dans certains secteurs[33]. Ainsi, pour répondre aux difficultés de recrutement dans la grande distribution à la Réunion, le groupe s'engage en 2022 à recruter en CDI des jeunes après 16 mois d'apprentissage en alternance, via un partenariat avec l'École de la deuxième chance[34].

En raison d'un fort besoin de recrutement dans le secteur automobile, GBH s'engage en 2023 à recruter en Martinique des jeunes issus des formations des filières automobiles du RSMA[35],[36]. En 2024, le groupe crée une école des métiers en Guyane pour répondre à ses besoin de main d’œuvre qualifiée en particulier dans le domaine automobile[37].

GBH a un partenariat avec le rectorat de Guadeloupe, notamment au travers du "prix de l'entreprise" que porte ce dernier, avec en 2024 un prix spécial GBH pour 3 filières en lien avec les activités du groupe[38],[39]. Le groupe a également un partenariat avec l'Université des Antilles au travers de la Fondation Université des Antilles - GBH, organisant notamment des forums sur les métiers[40],[41].

GBH s’implique en 2024 dans le programme du « Tremplin pour l’emploi » à la Réunion visant les jeunes de 15 à 29 ans sans emploi ni formation, en présentant ses métiers, faisant visiter ses entreprises filiales, y organisant des stages d’immersion et en animant des ateliers destinés à la préparation de l’insertion professionnelle[42].

En 2024, le groupe GBH compte environ 16 000 collaborateurs, dont près de 2 000 employés en Martinique[43]. Dans une enquête du journal L'Humanité datant de 2009, le groupe est accusé par l'UGTG de favoriser le recrutement de métropolitains en CDI et de « développer la précarité des jeunes guadeloupéens »[4]. Les méthodes et cibles de recrutement du groupe sont remises en question par certains médias[44],[45],[46],[47],[48] bien que le groupe indique avoir mobilisé un comité d'éthique interne sur ces questions[48].

Mise en cause en lien avec le coût de la vie en Outre-mer

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Manifestations contre la vie chère en 2024 en Martinique qui cause des blessures pour 30 forces de l'ordre et la mort de 3 civils.

Principal intermédiaire du commerce entre l’Hexagone et la France d'outre-mer, le Groupe Bernard Hayot est directement mis en cause dans le coût de la vie chère en outre-mer, la « pwofitasyon » depuis les années 2000[4],[49],[50], ainsi que pour la connivence politique tant de gauche que de droite envers la direction du groupe[51],[52]. En 2009, le journal L'Humanité fait un lien direct entre le capital de départ du Groupe et l’héritage familial du fondateur[53].

Une étude réalisée par le cabinet Bolonyocte Consulting pour le compte de l’Observatoire des prix, des marges et des revenus de la Réunion pointe fin 2022 la forte concentration du marché qui résulte des rachats successifs par GBH et rend la situation préjudiciable aux intérêts des consommateurs[54],[55]. Selon une enquête de Libération, ce constat est le même pour les Antilles dont la Martinique[52]. Lui est aussi reprochée une culture du secret et de l'opacité présente à tous les niveaux du groupe, notamment son refus de publier ses comptes comme la loi l'impose[50],[56],[43],[57]. Assigné au tribunal de commerce de Fort-de-France par quatre lanceurs d'alertes en [58], le groupe publie, fin , ses résultats pour l'exercice 2024 (voir Activités)[59],[60].

Le député socialiste de Martinique Johnny Hajjar, rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la vie chère de 2023, dénonce un « modèle d’économie de comptoir, en place depuis la période de la colonisation ». Il appelle à « légiférer pour obliger les grands groupes à plus de transparence sur leurs marges, mais agir aussi sur le niveau des revenus salariés, par la fiscalité »[55].

Le , le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, adresse un courrier au directeur général de GBH appelant à « une transformation profonde des économies des territoires ultramarins » et fustigeant notamment les marges arrières pratiquées par le groupe[61],[62]. En , le directeur du groupe Stéphane Hayot répond à ces critiques et aborde les engagements de son entreprise face à la vie chère en Martinique[63]. Il affirme que les prix dans les Carrefour ont baissé en moyenne de 9 % depuis le à la suite de baisses sur les marges des distributeurs et de la suppression de l'octroi de mer par la Collectivité territoriale de Martinique sur 6 000 produits[64]. Il revendique la transparence du groupe en mettant en avant le dépôt des comptes consolidés de GBH[65]. Un rapport de l'Autorité de la concurrence regrette au contraire l'opacité persistante sur la répartition des marges, du fait de l'intégration au sein des principaux groupes locaux de distribution (dont GBH) de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, qui permet de lisser celles de la distribution de détail. Par exemple, le référencement dégage une marge moyenne de 29 % dans le secteur. Quant à l'activité de grossiste, l'Autorité de la concurrence estime qu'elle « participe peu aux dispositifs existants visant à lutter contre la vie chère au niveau local »[66]. Pour se défendre, GBH indique que la part des frais d'approche pour rejoindre les territoires d'Outre-mer explique environ 70% des différentiels de prix avec l'Hexagone, surcoût qui ne cesse de croître, ce que confirme l'avis de l'Autorité de la concurrence[66].

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ouvre une enquête en 2025 au sujet des activités de lobbying du groupe, le soupçonnant d’avoir omis de déclarer des activités d’influence auprès de ministres et de parlementaires. En effet, selon Transparency International France, « les éléments disponibles semblent indiquer que GBH participe activement à l’élaboration des politiques concernant les territoires ultramarins ». L'ONG pointe également la « proactivité » du groupe et son « lobbying intense »[67]. Le groupe dément l'existence de cette enquête et porte plainte contre le journal Libération pour diffamation qui a relayé l'information[68].

Accusation d'abus de position dominante et d'entente

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Une enquête est menée depuis , par des juges d'instruction parisiens, elle vise notamment le marché automobile d'outremer. L'information judiciaire ouverte par le parquet national financier contre le groupe Bernard Hayot, concerne une escroquerie en bande organisée, un abus de position dominante et une entente[69]. Selon Libération, les marges du groupe GBH dans le secteur automobile, sont trois à quatre fois supérieures à ce qu'elles sont en France métropolitaine[70],[71].

Engagements

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De 2019 à 2024, dans le cadre d’un partenariat avec la Fédération Française des Banques Alimentaires, GBH et ses filiales Carrefour ont permis la distribution de 4,3 millions de repas en Guadeloupe, Martinique et Réunion[72].

Le groupe a apporté une aide d’urgence lors de différents évènements climatiques comme le passage du cyclone Chido à Mayotte avec la mise en place d’un fond de solidarité[73],[74], l’acheminement de denrées alimentaires[75] et la création d’une clinique mobile[76]Certains voient dans cette démarche une stratégie de pure communication pour dorer l'image du groupe[réf. nécessaire].

Lors de la crise Covid, GBH a fourni des masques aux personnels soignants en Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion[77]. Le groupe s’est aussi appuyé sur ses distilleries de rhum[78] afin de produire et de distribuer gratuitement du gel hydroalcoolique[79],[80]

Mécénat et mémoire

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Discours d'Aimé Césaire lors de la plantation du Courbaril le 17 décembre 2001 à l'habitation Clément

Le groupe est un mécène fondateur de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage pour un montant non divulgué[81]. Son engagement pour la mémoire de l’esclavage a connu comme évènement marquant la plantation en 2001 d'un Courbaril ou arbre de la fraternité aux côtés d’Aimé Césaire[82]. Afin d'apaiser les esprits après l'opposition à la tenue d'une exposition d'art béninois dans l'habitation Clément où des esclaves ont été torturés, la fondation Clément annonce la création d’un monument à la mémoire de l’esclavage[83].

Notes et références

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  1. Annuaire des professionnels de la grande consommation, lsa-conso.fr, consulté le 8 décembre 2019.
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  3. « Bernard Hayot : Fondateur et président du groupe Bernard Hayot », sur www.lsa-conso.fr (consulté le )
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  6. « Martinique: derrière la vie chère, des tensions socio-identitaires », sur L'Express, (consulté le )
  7. « Violences en Martinique : derrière la vie chère, des tensions socio-identitaires », sur SudOuest.fr, (consulté le )
  8. « Esclavage : la question des réparations », sur Lutte Ouvrière (consulté le )
  9. « « Vie chère » en Martinique : derrière la misère coloniale, les profits du groupe Bernard Hayot », sur Révolution Permanente (consulté le )
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  19. 1 2 « Avec l'arrivée de Hayot à Mayotte, 1 000 doukas risquent la disparition », sur Mayotte la 1ère, (consulté le )
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  21. Panorama de la distribution automobile en Martinique – Édition 2024, oovango.com, 26 février 2024
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  24. « Distinction : l’entrepreneur martiniquais Bernard Hayot élevé au grade de grand officier de la Légion d’honneur », sur Martinique la 1ère, (consulté le )
  25. Vie chère en outre-mer : pourquoi le groupe de distribution Hayot (GBH) se retrouve au cœur d’une forte polémique, leparisien, 14 février 2025
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  34. L'Éco Austral, « Partenariat entre l’École de la 2ème chance et Groupe Bernard Hayot », Journal web, (lire en ligne)
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  83. Martinique La 1ère, « Un monument à la mémoire de l'esclavage sera érigé à l'Habitation Clément,un nouveau symbole de fraternité », Portail radio et télévision, (lire en ligne)

Voir aussi

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