Guillaume Chaudron-Rousseau
Guillaume Chaudron-Rousseau, né le à Bourbonne-les-Bains (généralité de Châlons, actuel département de la Haute-Marne), mort le dans la même ville[1], est un homme politique de la Révolution française.
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Détention (en) () |
Entre 1791 et 1795, il est député de la Haute-Marne à l'Assemblée nationale législative puis à la Convention nationale où il vote la mort de Louis XVI, et où il est envoyé en mission dans les départements et auprès des armées.
Biographie
modifierMandat à la Législative
modifierLa France devient une monarchie constitutionnelle mise en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Guillaume Chaudron-Rousseau, alors procureur-syndic du district de Bourbonne, est élu député du département de la Haute-Marne, le sixième sur huit, à l'Assemblée nationale législative[2].
Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. Le 9 avril 1792, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance[3]. Le 8 août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de Lafayette[4].
Mandat à la Convention
modifierLa monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En septembre 1792, Guillaume Chaudron-Rousseau est réélu député de la Haute-Marne, le cinquième sur sept, à la Convention nationale[5].
Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[6].
Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le 28 mai, il est également absent lors du scrutin sur le rétablissement de la Commission des Douze[8].
Le représentant en mission
modifierDurant son mandat, Guillaume Chaudron-Rousseau est en effet envoyé en mission auprès des armées et dans les départements.
Le 12 avril, il est envoyé aux côtés de Marc-Antoine Baudot (député de Saône-et-Loire) et de Joseph-Étienne Projean (député de Haute-Garonne) auprès des troupes de l'armée des Pyrénées stationnées à Bayonne[9].
Le 30 avril, il est envoyé auprès de l'armée des Pyrénées-Occidentales aux côtés de Jean-Bertrand Féraud (département des Hautes-Pyrénées), de Pierre-Anselme Garrau (député de la Gironde) et de Claude-Alexandre Ysabeau (député d'Indre-et-Loire)[10].
Il participe par la suite à la répression du soulèvement fédéraliste de Bordeaux, et envoie devant le Tribunal révolutionnaire les membres de la Commission populaire de la cité girondine. Il effectue aussi des missions dans la Haute-Garonne, la Lozère, l'Ariège et l'Aveyron, où il fait appliquer sévèrement les mesures du gouvernement révolutionnaire[11].
Le 16 frimaire an II (le ), il est élu secrétaire aux côtés de François-Louis Bourdon (député de l'Oise) et de Marie-Joseph Chénier (député de Seine-et-Oise) sous la présidence de Jean-Henri Voulland (député du Gard)[12].
Après la chute de Robespierre, Guillaume Chaudron-Rousseau siège aux côtés des « derniers Montagnards »[13]. Le 22 thermidor an III (le 9 août 1795), au terme du rapport de Jean-Joseph-Victor Génissieu (député de l'Isère), au nom du Comité de législation, il est décrété d'arrestation[14] :
Ce représentant, envoyé en mission [...] est accusé d’avoir commis un assassinat juridique en la personne de Pierre Escalès aîné. Ce citoyen, généralement estimé dans son département et regretté de tous les sincères républicains dont il était le modèle, fut livré par Chaudron-Rousseau à un tribunal militaire pour avoir dit la vérité sur les évènements du 31 mai.
Chaudron-Rousseau est libéré à l'issue de l'amnistie votée lors de la clôture de la Convention le 4 brumaire an IV (le ).
Sous le Directoire, en 1797, Guillaume Chaudron-Rousseau est nommé sous-inspecteur des forêts à Bourbonne-les-Bains. Il est relevé de ses fonctions à la Premier Restauration. Il ne soutient pas le retour de Napoléon Bonaparte durant les Cent-Jours, et n'est pas visé par la loi du 12 janvier 1816. Il meurt peu de temps après.
Famille
modifierChaudron-Rousseau est le père du général Pierre Guillaume Chaudron-Roussau (1775-1811), tué à la Bataille de Barrosa.
Notes et références
modifier- ↑ Archives départementales de la Haute-Marne, « État civil de Bourbonne-les-Bains, registre des décès de 1813 à 1822, vue 181 / 324, E Dépôt 6599 »
, sur https://archives.haute-marne.fr (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896) et Pionnier, Constant, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896) et Pionnier, Constant, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 41, séance du 9 avril 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896) et Pionnier, Constant, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 3, séance du 12 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 3, séance du 30 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le ) - ↑ « CHAUDRON-ROUSSEAU (George) », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition], vol. 8, p. 33
- ↑ Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 81, séance du soir du 16 frimaire an II (6 décembre 1793) »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le ) - ↑ Françoise Brunel, « Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, vol. 229, no 1, , p. 385–404 (DOI 10.3406/ahrf.1977.1009, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Gazette nationale ou le Moniteur universel n°327, « Convention nationale, séance du 22 thermidor (9 août) »
, sur https://gallica.bnf.fr, 27 thermidor an 3 (14 août 1795) (consulté le )
Source
modifier- « Guillaume Chaudron-Rousseau », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Sa fiche sur le site de l'Assemblée nationale