Harald V

roi de Norvège de 1991 à 2026

Harald V, né le à Asker et mort le à Oslo, est roi de Norvège du à sa mort. Il est issu de la maison d'Oldenbourg.

Harald V
Illustration.
Harald V en 2025.
Titre
Roi de Norvège

(35 ans, 7 mois et 11 jours)
Couronnement (bénédiction)
Régent Haakon
(2003-2004, 2005, 2019-2020, 2021-2022, 2024, 2026)
Premier ministre Gro Harlem Brundtland
Thorbjørn Jagland
Kjell Magne Bondevik
Jens Stoltenberg
Kjell Magne Bondevik
Jens Stoltenberg
Erna Solberg
Jonas Gahr Støre
Prédécesseur Olav V
Successeur Haakon VIII
Régent de Norvège

(7 mois et 16 jours)
Monarque Olav V
Premier ministre Jan Peder Syse
Gro Harlem Brundtland
Prince héritier de Norvège

(33 ans, 3 mois et 27 jours)
Monarque Olav V
Prédécesseur Olav
Successeur Haakon
Biographie
Hymne royal Kongesangen
Dynastie Maison de Glücksbourg
Nom de naissance Harald af Glücksborg
Date de naissance
Lieu de naissance Asker (Norvège)
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Oslo (Norvège)
Sépulture Citadelle d'Akershus, Oslo
Père Olav V
Mère Märtha de Suède
Conjoint Sonja Haraldsen
Enfants Märtha Louise de Norvège
Haakon VIII
Héritier Haakon (1991-2026)
Diplômé de Université d'Oslo
Académie militaire norvégienne
Université d'Oxford
Religion Luthéranisme norvégien

Signature de Harald V

Image illustrative de l’article Harald V
Monarques de Norvège

Harald est le troisième enfant et le seul fils du roi Olav V et de la princesse Märtha de Suède. En 1940, lors de l’occupation de la Norvège par l’Allemagne au cours de la Seconde Guerre mondiale, la famille royale choisit de s'exiler. Harald passe une partie de son enfance en Suède et aux États-Unis. Il retourne en Norvège en 1945 et, par la suite, étudie à l’université d'Oslo, à l’Académie militaire norvégienne et au Balliol College de l’université d’Oxford.

En 1957, à la mort de son grand-père, le roi Haakon VII, Harald devient prince héritier. Fervent sportif, il représente la Norvège à la voile lors des Jeux olympiques de 1964, de 1968 et de 1972, et devient plus tard parrain de la Fédération internationale de voile.

Harald épouse Sonja Haraldsen en 1968. Le couple a deux enfants, Märtha et Haakon. Harald devient roi à la mort de son père en 1991 ; il est le premier monarque né en Norvège à accéder au trône depuis Olav IV en 1380.

Durant son règne, Harald V souffre de plusieurs problèmes de santé et son fils, le prince héritier Haakon, assure la régence à plusieurs reprises à partir de 2003. Harald V devient le monarque régnant le plus âgé de Norvège en 2024, dépassant son père. Après la mort en 2022 d’Élisabeth II du Royaume-Uni, sa cousine issue de germain, il devient le monarque régnant le plus âgé d’Europe. Il meurt en 2026, après 35 ans de règne, et son fils lui succède.

Biographie

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Jeunesse

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Photographie.
Le prince Harald dans les bras de sa mère, la princesse héritière Märtha, en 1937.

Le prince Harald naît le à la résidence royale de Skaugum, près d’Oslo. Fils du prince héritier (kronprins) Olav de Norvège et de la princesse Märtha de Suède, il est le troisième enfant de ses parents après ses sœurs les princesses Ragnhild et Astrid et est, au moment de sa naissance, le deuxième dans l'ordre de succession au trône, après son père. Appartenant à la fois à la descendance de la reine Victoria du Royaume-Uni et de celle de Christian IX de Danemark, il est apparenté aux familles royales suédoise (maison Bernadotte), danoise (maison de Glücksbourg), britannique (maison Windsor) et belge (maison de Saxe-Cobourg) ainsi qu'à la famille grand-ducale luxembourgeoise (seconde maison de Nassau). Harald est le petit-neveu des rois Christian X de Danemark (frère aîné à la fois de son grand-père paternel le roi Haakon VII mais aussi de sa grand-mère maternelle la princesse Ingeborg), Gustave V de Suède (frère de son grand-père maternel le prince Charles) et George V du Royaume-Uni (mort un an avant sa naissance, frère de sa grand-mère paternelle la reine Maud). À sa naissance, il est donc également 16e dans l'ordre de succession au trône britannique, une place qui n'a cessé par la suite de changer en raison des naissances et morts des autres personnes figurant plus haut dans la liste, étant à la 87e position au moment de son décès[1],[2]. Il est aussi le neveu de la reine des Belges Astrid, sœur de la princesse Märtha et dont la mort dans un accident de voiture deux ans avant sa naissance a durablement traumatisé sa mère[3]. Il est enfin, du côté paternel et en lignée masculine, cousin au 4e degré du dernier roi des Hellènes Constantin II (1964-1973), de la reine consort d'Espagne Sophie de Grèce (1975-2014) et du roi Charles III du Royaume-Uni (roi depuis 2022).

Né sur le sol norvégien, ce qui ne s'était pas produit depuis Olav IV, en 1370[4],[5],[6], il est baptisé suivant le rite luthérien de l'Église de Norvège dans la chapelle du palais royal d'Oslo le . Ses parrains et marraines sont ses grands-parents, le roi Haakon VII et la reine Maud de Norvège, ainsi que le prince Charles de Suède et la princesse Ingeborg de Danemark ; son oncle maternel par alliance, le roi Léopold III de Belgique ; sa grand-tante par alliance, Mary de Teck, reine douairière du Royaume-Uni, et son fils, le roi George VI ; Ingrid de Suède, princesse héritière consort de Danemark. Il est prénommé en mémoire de quatre précédents rois norvégiens (Harald Ier Hårfagre ou « à la Belle Chevelure », considéré comme le premier roi d'une Norvège unifiée, et Harald II Gråfell ou « Manteau gris » aux VIIIe siècle et IXe siècle, Harald III Hardråde ou « l'Impitoyable » au XIe siècle et Harald IV Gillechrist ou « Serviteur du Christ » au XIIe siècle) et d'un roi danois ayant momentanément étendu son autorité sur la Norvège (Harald Ier Blåtand ou « à la Dent bleue » au XIe siècle).

Photographie.
Le prince Harald lors de sa visite au camp Petite Norvège au Canada en 1943.

Il n'a que trois ans lorsqu'il doit fuir le pays avec sa mère et ses sœurs dans la nuit du , la Norvège étant occupée par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale suite à l'opération Weserübung d'avril-[7]. Ils se réfugient dans un premier temps auprès de sa famille maternelle en Suède[8], d'abord dans un hôtel à Sälen près de la frontière, avant de se rendre chez son oncle le prince Carl Bernadotte à Frötuna dans le Roslagen et finalement au château de Drottningholm près de Stockholm où vivent ses grands-parents. Mais leur présence devient problématique, étant considérée par une partie de la classe politique suédoise comme mettant en péril la neutralité de la Suède[9]. Le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt, ami du couple héritier norvégien, invite alors sa mère à le rejoindre avec ses enfants. Son grand-oncle, le roi Gustave V de Suède, télégraphie à son grand-père paternel le roi Haakon VII et déconseille le voyage, mais sa mère la princesse Märtha insiste pour accepter l'invitation. Roosevelt envoie le navire SS American Legion (en) au port finlandais de Petsamo pour les récupérer. Aux États-Unis, ils séjournent d'abord à la Maison-Blanche à Washington avant d'emménager au domaine de Pook's Hill à Bethesda, dans le Maryland, non loin de la capitale fédérale américaine, où ils demeurent jusqu'à la fin du conflit[10].

Alors jeune prince en exil, Harald remplit quelques obligations officielles, comme de visiter des soldats norvégiens en formation aux États-Unis, ou encore le camp d'entraînement de la Force aérienne royale norvégienne installé en Ontario au Canada et surnommé Petite Norvège (Little Norway en anglais). Il commence sa scolarité en 1943 à la White Hall Country School de Bethesda et il conserve, depuis lors, une pointe d'accent américain lorsqu'il parle anglais[11].

Photographie.
Le prince Harald en tant qu'élève officier de cavalerie au camp Trandum en 1956.

En , alors âgé de huit ans, il retourne en Norvège avec sa famille. Il poursuit ses études primaires à l'école de Smestad (Smestad skole) dans le district de Vestre Aker à Oslo, devenant ainsi le premier membre de la famille royale à être scolarisé dans le public, puis secondaires à l'école de la cathédrale d'Oslo (Oslo katedralskole). Il reçoit sa confirmation le dans l'église de la citadelle d'Akershus. Le , à 17 ans, il perd sa mère la princesse héritière Märtha, morte d'un cancer, une perte douloureuse qui va l'inciter à prénommer sa future fille Märtha Louise[12]. À l’automne 1955, il commence des études à l’université d'Oslo (Universitetet i Oslo, UiO), puis suit l'entraînement militaire de l'école des candidats officiers de cavalerie (Befalsskolen for kavaleriet, BSK) au camp Trandum (Trandum leir) d'Ullensaker de janvier à avant de s’engager en 1957 à l’Académie militaire norvégienne (Krigsskolen, KS) au camp Linderud (Linderud leir) dans la vallée de Grorud à Oslo, d’où il ressort diplômé en 1959.

Prince héritier de Norvège

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Le prince héritier Harald de Norvège en 1959.

À la mort de son grand-père, Haakon VII, le , son père monte sur le trône sous le nom d'Olav V et Harald devient à 20 ans le nouveau prince héritier. Six jours plus tard, il assiste à sa première réunion du Conseil d'État (Statsrådet) puis prête serment sur la Constitution de la Norvège devant le Parlement (Storting) le . Toujours en 1958, il assure pour la première fois la régence du trône en l'absence de son père. Puis, en 1960, il réalise son premier voyage officiel, en l’occurrence aux États-Unis pour le 50e anniversaire de la Fondation américano-norvégienne à New York.

En 1960, il entre au Balliol College de l’université d'Oxford au Royaume-Uni pour y étudier pendant deux ans l'histoire, l'économie et la science politique[11]. Il y pratique également l'aviron, initié par son ami Nick Bevan qui deviendra plus tard un des plus célèbres entraîneurs britanniques de ce sport.

Navigateur acharné depuis ses 10 ans[13], comme le fut son père avant lui, le prince héritier représente la Norvège dans plusieurs compétitions de yachting aux Jeux olympiques d'été de Tokyo en 1964, de Mexico en 1968[11] et de Munich en 1972, d'abord en 5.5 Metre pour ses deux premières participations et finalement en Soling en étant entraîné par l'ancien champion olympique danois Paul Elvstrøm[13]. Il est le porte-drapeau de la délégation norvégienne aux Jeux olympiques d'été de 1964 à Tokyo. Il est le premier président de la Fédération norvégienne de voile (Norges Seilforbund)[11] de sa création en 1970 à 1972. Il est médaillé d'argent aux championnats du monde en 5.5 Metre en 1974 à Sydney (avec le bateau Skagerak) et en 1984 à Porto Cervo (avec Norna XI)[14]. Il remporte la One Ton Cup à Kiel en 1987 avec son équipage à bord du 30,5 pieds IOR plan Farr Fram X[15] et arrive troisième l'année suivante à San Francisco, avec le même navire[16]. Engagé pour la protection de l'environnement, il contribue à fonder en 1970 la branche norvégienne du Fonds mondial pour la nature (World Wide Fund for Nature, WWF) qu'il préside jusqu'à son accession au trône en 1991. Devenu roi, il reste le « Haut patron » (parrain) de cette organisation[17].

Le prince héritier Harald et son épouse la princesse Sonja en 1968.

Le prince Harald s'oppose pendant neuf ans à son père pour imposer son choix d'épouse, le roi refusant pendant longtemps que son héritier s'unisse à une femme non issue d'un lignage royal. En , le prince rencontre, lors d'une fête organisée par un ami commun, Sonja Haraldsen, venant d'une famille de la bourgeoisie oslovienne, benjamine de Karl August Haraldsen (1889-1959), propriétaire et directeur du grand magasin de prêt-à-porter pour femmes Karl A. Haraldsen AS, et de son épouse Dagny Ulrichsen (1898-1994). En , il l'invite au bal célébrant son diplôme de l'Académie militaire. Leur relation est gardée secrète auprès du grand public, la presse relayant régulièrement d'hypothétiques fiançailles avec plusieurs princesses européennes. Le prince héritier finit par poser un ultimatum à son père à la suite de son 30e anniversaire en 1967, déclarant que si jamais il ne pouvait pas épouser Sonja, il ne se marierait avec personne. Étant alors le seul héritier dynaste de la Couronne norvégienne, ce choix mettrait un terme au règne de sa famille et peut-être à la monarchie. Après avoir consulté le gouvernement, qui déclare ne pas pouvoir formellement approuver cette union mais qu'il ne saurait s'opposer au roi si celui-ci décidait finalement de la soutenir, Olav V cède et annonce publiquement les fiançailles du prince Harald et de Sonja le . Le mariage est célébré le dans la cathédrale d'Oslo, en présence de nombreux souverains ou chefs d'État scandinaves et du Benelux. Son témoin est son cousin le comte Flemming Valdemar de Rosenborg, tandis que celle de la mariée est une amie de cette dernière, Ilmi Riddervold[18]. Le domaine de Skaugum lui est attribué en 1969 comme résidence officielle, où il habite principalement avec sa famille jusqu'en 2002.

Par la suite, il représente la Norvège lors de plusieurs événements internationaux, par exemple lors des obsèques publiques de l'ancien président français Charles de Gaulle à la cathédrale Notre-Dame de Paris le [19]. Il est aussi le parrain de deux princes et une princesse d'Europe du Nord, de Friso des Pays-Bas (deuxième fils de la future reine Beatrix et du prince Claus) en 1968, de Joachim de Danemark (fils cadet de la future reine Margrethe II et du prince Henri) en 1969 et de la princesse héritière Victoria de Suède (fille aînée du roi Charles XVI Gustave et de la reine Silvia) en 1977. Son père souffrant de problèmes cardiaques à la fin de sa vie, avec plusieurs attaques subies à partir de l'été 1990, Harald exerce ses fonctions officielles à sa place en tant que régent du jusqu'à sa mort[20].

Roi de Norvège

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Harald V en 1993.

Le roi Olav V meurt le à l'âge de 87 ans. Le prince héritier Harald, à 53 ans (presque 54), succède à son père et devient le nouveau roi de Norvège, sous le nom de Harald V. Il reprend la même devise que celle utilisée par son grand-père puis son père : Alt for Norge (« Tout pour la Norvège »)[21]. Le soir même, à minuit, il réunit au Palais royal le Conseil d'État pour annoncer officiellement au gouvernement la mort de son père et, le lendemain, il prononce sa première allocution en tant que monarque. Il prête serment sur la Constitution, suivant l'article 9 de cette dernière, devant le Storting réuni en séance solennelle le , déclarant :

« Je promets et jure que je gouvernerai le Royaume de Norvège en accord avec sa Constitution et ses Lois ; donc aide-moi Dieu Tout-Puissant et Omniscient
(en norvégien : « Jeg lover og sverger å ville regjere kongeriket Norge i overensstemmelse med dets konstitusjon og lover, så sant hjelpe meg Gud den allmektige og allvitende! »)[22] »

Il reçoit la consécration royale conjointement avec la reine Sonja le dans la cathédrale de Nidaros à Trondheim, reprenant le rite initié par son père Olav V le pour remplacer et moderniser l'ancien sacre. Après cette cérémonie, le couple royal effectue une tournée de dix jours à travers la moitié sud du pays (Sørlandet, Østlandet et Vestlandet) qui se termine par un retour à Oslo à bord du yacht royal Norge, et l'année suivante ils visitent, cette fois avec leurs enfants et pendant vingt-deux jours, le nord (Nord-Norge et Trøndelag)[23].

Fonctions officielles

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Harald V et le prince héritier Haakon inaugurant la session plénière du Parlement sami en .

Monarque constitutionnel, Harald V remplit essentiellement un rôle symbolique et de représentation, tout en étant nominalement le chef d'État et commandant en chef des armées norvégiennes. Il nomme officiellement le Premier ministre de Norvège (statsminister) et les autres ministres qui forment le Conseil d'État qu'il réunit au Palais royal chaque vendredi. Il s'entretient aussi de manière hebdomadaire avec le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères. Dans les faits, le monarque est obligé de nommer un gouvernement qui a la confiance du Parlement (Storting), généralement le chef du parti ou de la coalition majoritaire. Au cas où cette majorité ne serait pas évidente, le roi consulte traditionnellement le Premier ministre en exercice ainsi que le président du Storting. Il promulgue les lois et nomme aux emplois civils et militaires, mais ses actes n'ont pas de valeur légale s'ils ne sont pas contresignés par un membre du gouvernement, généralement le Premier ministre. Il reçoit les lettres de créances des ambassadeurs étrangers. Il a un droit de veto qui n'est cependant que suspensif et peut être levé par le Parlement, et Harald V, comme ses deux prédécesseurs, ne l'a jamais utilisé. Il n'a pas en revanche le pouvoir de dissolution, qui n'existe pas en Norvège, contrairement à la plupart des autres démocraties parlementaires. Il ouvre la session ordinaire du Storting à Oslo et celle du Parlement sami (Sameting) à Karasjok chaque année en octobre en prononçant devant les députés le « discours du Trône » (Trontalen)[24].

Harald V (à g. au premier rang) et les autres membres de la Maison royale de Norvège lors de la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix en 2025.

Comme ses prédécesseurs, il remet chaque année le diplôme officiel au prix Nobel de la paix et, depuis sa création en 2003, celui du prix Abel, récompensant un mathématicien.

Plusieurs amendements constitutionnels ont révisé certaines de ses prérogatives, notamment religieuses. Depuis la loi de séparation de l'Église et de l'État du , il n'est plus le gouverneur suprême de l'Église de Norvège (Norske Kirke), bien qu'il soit toujours légalement requis que le souverain norvégien soit de confession luthérienne[25]. Avant cela, il présidait chaque année les synodes généraux (Kirkemøtet). Son caractère sacré a également été aboli le , tout en conservant son immunité souveraine[26].

Le roi Harald V (2e à gauche) reçu par la reine Beatrix des Pays-Bas à Rotterdam le .

Il a réalisé, de 1991 à 2020, 49 visites d'État à l'étranger dans 43 pays différents, soit plus que ses deux prédécesseurs. Ses premiers déplacements officiels, en 1991 et 1992, sont pour les deux autres monarchies scandinaves, auprès de ses cousins la reine Margrethe II de Danemark du 28 au puis le roi Charles XVI Gustave de Suède du 12 au . Ses problèmes de santé ne lui ont plus permis de réaliser de visites d'État depuis celle réalisée en Jordanie auprès du roi Abdallah II et de la reine Rania du 2 au [27].

En tant que monarque du pays organisateur, c'est lui qui ouvre officiellement les Jeux olympiques d'hiver de 1994 à Lillehammer, tandis que son fils le prince héritier Haakon allume la vasque olympique[28]. Par ailleurs, il a représenté la Norvège lors de plusieurs cérémonies d'ouverture ou été présent pour soutenir les délégations norvégiennes de la plupart des autres Jeux d'hiver, en 1992 à Albertville en France, en 2002 à Salt Lake City aux États-Unis, en 2006 à Turin en Italie, en 2010 à Vancouver au Canada (mais pas pour la cérémonie d'ouverture, le prince héritier et son épouse remplaçant alors le couple royal), en 2014 à Sotchi en Russie et en 2026 à Milan-Cortina en Italie (arrivant avec son épouse le lendemain de l'ouverture).

Le roi Harald V en 2011.

Concerné par les problématiques environnementales, il a réalisé plusieurs déplacements officiels (en plus de séjours privés réguliers) au Svalbard, notamment en 1995 pour le 70e anniversaire de la prise de possession effective de cet archipel par la Norvège et en 2025 pour le centenaire de la présence norvégienne. Il a profité de chaque occasion pour lancer des alertes concernant le climat, comparant en 2025 le Svalbard au « canari dans la mine de charbon ». Ces visites ont largement été interprétées, dans les médias nationaux comme internationaux, comme un moyen de réaffirmer la souveraineté norvégienne dans l'Arctique face aux prétentions géostratégiques toujours plus poussées des grandes puissances, tout particulièrement les États-Unis de Donald Trump, la Russie de Vladimir Poutine ou la Chine de Xi Jinping, dans la région[29],[30],[31]. Il est le premier chef d'État en exercice à se rendre en territoire autochtone de la forêt amazonienne au Brésil, passant quatre jours du 22 au , à l'invitation de la branche norvégienne de la Fondation pour la forêt vierge, parmi le peuple Yanomami du chef chaman Davi Kopenawa au village de Demini, près de la frontière avec le Venezuela[32]. Il est aussi le premier monarque norvégien et le troisième chef d'État en exercice à se rendre en Antarctique, essentiellement sur la base de Troll dans la terre de la Reine-Maud, en [33],[34],[35].

Son incarnation du rôle de chef de l'État a régulièrement été saluée tant sur le plan national qu'à l'étranger, tout particulièrement à l'occasion des crises qui ont pu toucher la Norvège durant son règne comme la tempête du Nouvel An 1992, les attentats d'Oslo et d'Utøya du , le glissement de terrain du 30 décembre 2020 à Gjerdrum ou encore la pandémie de Covid-19 de 2020 à 2022[36],[37],[38],[39].

Modernisation de la monarchie

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Le roi Harald V (au centre) discutant avec (de gauche à droite) Gunn Elisabeth Birkelund (secrétaire générale de l'Académie norvégienne des sciences et des lettres), Ola Borten Moe (ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur), Abdullah Alsabeehg (adjoint au maire d'Oslo) et Lise Øvreås (présidente de l'Académie norvégienne des sciences et des lettres) lors du Banquet du Gouvernement à l'Hôtel de ville d'Oslo le .

Avec son épouse la reine Sonja et son fils le prince héritier Haakon, il s'est attaché à moderniser et réformer la fonction royale ainsi que la famille régnante, en rendant la Couronne plus accessible pour la population et les médias norvégiens. Ainsi, d'importantes rénovations ont été menées dans la résidence royale (kongsgård) de Bygdøy, le palais royal d'Oslo, les écuries royales et Oscarshall, et ces trois derniers ont été ouverts au public et aux touristes. La transformation des écuries royales en un centre d'art, baptisé les Écuries d'Art de la reine Sonja (Dronning Sonja KunstStall) est un cadeau du roi pour le 80e anniversaire de la reine en 2017, et fait de cet édifice le seul bien de la Couronne à être ouvert de façon permanente[40].

Sur le modèle de son propre mariage, il accepte les unions de ses deux enfants avec des roturiers aux profils non conventionnels, le prince héritier épousant le Mette-Marit Tjessem Høiby, une ancienne serveuse et déjà mère célibataire d'un jeune garçon ; la princesse Märtha Louise se mariant pour sa part le avec l'écrivain Ari Behn. En revanche, la Maison royale n'approuve pas les nouvelles fiançailles le de la princesse avec le chaman américain Durek Verrett, au profil controversé, et lui retire à partir de là tous ses engagements de représentation de la Couronne[41].

Enfin, un de ses discours prononcé dans le cadre des célébrations du 25e anniversaire de son règne en 2016 a marqué les esprits pour ses appels à une nation plus inclusive :

« Les Norvégiens qui viennent du Nord, du Centre, du Sud ou d’autres régions. Les Norvégiens ce sont aussi les immigrés venant d’Afghanistan, du Pakistan, de Pologne, de Suède, de Somalie ou de Syrie. Ce n’est pas facile de savoir d’où l’on vient, de quelle nationalité nous sommes. Notre maison est là ou notre cœur est, et il ne peut pas toujours se situer à l’intérieur des frontières d’un pays. Les Norvégiens ce sont des filles qui aiment des filles, des garçons qui aiment des garçons, et des filles et des garçons qui s’aiment entre eux. Les Norvégiens croient en Dieu, Allah, tout et rien. Les Norvégiens aiment Grieg, Kygo, Hellbillies et Kari Bremnes. En d’autres mots, vous êtes la Norvège ! Nous sommes la Norvège ! Lorsque nous chantons Oui, nous aimons ce pays nous devons nous rappeler que nous chantons aussi les uns pour les autres. Par conséquent, notre hymne national est aussi une déclaration d’amour à la population norvégienne. Mon plus grand souhait pour la Norvège est que nous parviendrons à prendre soin des uns des autres. Nous pouvons encore construire ce pays sur la confiance, la fraternité et la générosité[42]. »

Scandales et drames dans la famille royale

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Cette modernisation s'accompagne parfois de scandales ou de drames qui touchent ses enfants ou beaux-enfants, provoquant une certaine crise de confiance dans l'opinion publique à l'égard de la famille royale et de la monarchie, et ce, malgré une popularité du roi toujours très forte.

Marius Borg Høiby, surnommé le « petit Marius » (lille Marius), le jour du mariage de sa mère Mette-Marit Tjessem Høiby avec le prince héritier Haakon le .

Tout d'abord, l'annonce des fiançailles, en [43], entre le prince héritier Haakon et Mette-Marit Tjessem Høiby entraîne un vif débat. Cette dernière est alors sans aucune formation universitaire, fréquentait auparavant les milieux de la nuit osloviens et est mère célibataire d'un garçon nommé Marius Borg Høiby (né le ), dont le père, Morten Borg, a effectué de la prison, pour violences, pour conduite en état d'ivresse et pour détention de drogues[44],[45]. Le roi valide malgré tout cette union, apporte son soutien à la nouvelle princesse héritière et intègre son premier fils, surnommé par la presse « petit Marius » (lille Marius) en référence à un personnage d'un roman populaire norvégien, pour qu'il grandisse au sein de la famille royale bien que n'ayant aucun droit à la succession au Trône ni aucun titre.

Marius Borg Høiby va par la suite provoquer un certain nombre de scandales et avoir plusieurs démêlés avec la justice, notamment pour consommation ou possession de drogues, conduite en état d'ivresse ou sans permis, et utilisation abusive de son passeport diplomatique. La révélation que le couple héritier a régulièrement payé ses cautions suscite des doutes dans l'opinion publique quant à un éventuel favoritisme des forces de l'ordre et de la justice, étant donné ses liens avec la famille royale. Mais surtout, il est accusé, jugé et finalement condamné à quatre ans de prison le , après avoir été reconnu coupable de 34 des 40 chefs d'accusation, dont deux de viol (étant acquitté de deux autres plaintes de cet ordre), violences dans des relations intimes, agression, possession et fourniture de drogues, entre autres. Durant le procès, la princesse Mette-Marit est accusée par certains médias d'avoir averti son fils de son arrestation à venir et d'avoir tenté de suborner des témoins, mais ces accusations ne seront pas démontrées. Il fait appel et, jusque là incarcéré depuis 5 mois en détention provisoire, sa peine est commuée en une assignation à domicile sous bracelet électronique au Skaugum[46].

Les membres de la Maison royale saluant la foule depuis le balcon du Palais d'Oslo à l'occasion du jour de la Constitution (Grunnlovsdagen) le .

Dans le même temps, la princesse héritière, par ailleurs touchée par de graves problèmes de santé (elle est en effet transplantée des deux poumons le pour une fibrose pulmonaire chronique qui l'a déjà obligée à fortement réduire ses obligations officielles depuis 2018)[47],[48] se retrouve impliquée en dans l'affaire Epstein[49],[50]. Le nom de Mette-Marit apparaît au moins un millier de fois, selon le journal norvégien Verdens Gang (VG), dans les documents[51]. En 2019 déjà, des médias norvégiens ont rapporté qu'elle avait rencontré Jeffrey Epstein à plusieurs reprises entre 2011 et 2013, soit après la condamnation de celui-ci en 2008 pour trafic sexuel de mineures[52]. En 2012, alors qu'Epstein dit être à Paris « en quête d'une épouse », elle lui répond que la capitale française est « bien pour l'adultère » mais que « les Scandinaves [font] de meilleures femmes »[51]. En réaction à ces révélations, Mette-Marit admet avoir « commis une erreur de jugement »[51]. En règle générale, le roi Harald V refuse de commenter les scandales touchant sa belle-fille et le fils de celle-ci[53]. En 2024, il s'était toutefois livré dans un discours prononcé à l'occasion d'un dîner pour les représentants du Parlement au Palais royal (Stortingsmiddag), déclarant : « Nous sommes une famille, avec les joies et les défis que nous connaissons tous. Dans les bons moments comme dans les moments difficiles, nous essayons de nous soutenir les uns les autres. Parfois, la vie est tout simplement très difficile. C'est quelque chose que tout le monde peut vivre, y compris notre famille »[54]. Puis, en 2026, il soutient la princesse Mette-Marit quant à ses liens passés avec Epstein, tenant à « rappeler que la princesse héritière n'a rien fait d'illégal » et que : « Contrairement à d'autres en Norvège, elle a rompu cette relation très tôt. Je pense qu'il faut lui en reconnaître le mérite. »[55]

Märtha Louise de Norvège faisant une intervention sur la « connexion avec la Terre nourricière » lors de la réunion annuelle Horasis à Cascais au Portugal le .

Une autre personnalité princière controversée va se révéler être la fille du roi, la princesse Märtha Louise. Passionnée par les médecines alternatives, elle ouvre en 2007 avec son associée Elisabeth Samnøy le centre alternatif Astarte Education et l'École des anges à Oslo, institut dont le but est d'apprendre à entrer en « communication avec les anges »[56],[57],[58]. En 2014, elle organise des séminaires avec son amie, la clairvoyante Lisa Williams[59]. Ces activités sont très critiquées, avec des accusations de charlatanisme, mais rencontrent un réel succès, tandis qu'il est également reproché à Märtha Louise d'utiliser sa titulature princière dans ses activités commerciales. Puis, le , la princesse et son époux Ari Behn annoncent leur séparation et leur projet de divorcer[60]. Leur communiqué est publié sur le site de la Maison royale[61]. Le divorce est prononcé en 2017[62]. Et, en , la princesse révèle aux médias et aux réseaux sociaux sa relation avec le chaman américain Durek Verrett (no) (né le ), avec lequel elle se fiance le [63],[64],[65]. Après avoir décrit le conflit psychique dont il souffrait depuis cette séparation dans le livre Inferno paru le , son ex-mari met fin à ses jours le [66],[67], alors qu'il devait rejoindre la famille royale pour la messe de Noël et le réveillon[68]. Le roi, ainsi que les autres membres de la famille royale, expriment leur grande tristesse à la suite de l'annonce de sa mort[69].

Durek Verrett lors d'un podcast en 2024.

La relation entre la princesse Märtha Louise et le « chaman Durek » a fait couler beaucoup d'encre en Norvège, où les méthodes de médecine alternative et les prises de position de ce guide spirituel (qui se déclare notamment « à moitié reptilien ») en vogue à Hollywood (Gwyneth Paltrow, Antonio Banderas ou James Van Der Beek[70] sont des adeptes qui suscitent en effet la polémique. En , la maison royale de Norvège annonce que la princesse ne tiendra plus d'engagements officiels au nom de la Couronne. Elle conserve son titre princier mais ne doit plus en faire usage dans sa vie professionnelle[41]. Le couple se marie le lors d'une cérémonie privée, sur les rives du fjord de Geiranger[71],[72]. Leur relation est parfois comparée, à maints égards, avec celle du prince Harry du Royaume-Uni et Meghan Markle[73],[74].

Comme eux, le couple réalise, sur le modèle de l'entretien Oprah avec Meghan et Harry de 2021, un documentaire sur Netflix baptisé Rebel Royals: An Unlikely Love Story dans lequel Durek Verrett accuse ouvertement le roi, la reine et le prince héritier de « ne pas savoir ce qu'est le racisme » et de l'avoir « regardé comme un fou lorsque je leur ai dit que le racisme existait ». Il affirme également que le couple royal haïrait ses vêtements, tout ce qu'il faisait, et qu'ils « feraient tout pour faire savoir en permanence à Märtha » à quel point il serait un mauvais compagnon pour elle[75],[76],[77],[78],[79],[80]. Verrett dit aussi que la seule fois où le roi lui aurait posé des questions sur ses expériences de racisme fut après la diffusion de Oprah avec Meghan et Harry, et qu'« ils ne souhaitaient pas une discussion de famille parce qu'ils ne voulaient pas me traiter de cette manière. Ils désiraient avoir une discussion de famille parce qu'ils étaient effrayés à l'idée que je pourrais être le prochain à être invité par Oprah »[81],[82]. Les commentateurs vont énormément critiquer ce documentaire, reprochant encore une fois à la princesse de se servir de son statut de princesse malgré l'accord passé avec sa famille de ne plus le faire et au couple de « se ridiculiser », de copier Meghan et Harry de Sussex et de mener une charge injustifiée contre le roi, la reine et le prince héritier[83],[84]. Quand à Harald V, il réagit avec ironie lors du Stortingsmiddag de 2025, proposant alors de réaliser une suite à ce documentaire qui serait intitulée « Le roi minute par minute » (Kongen minutt for minutt)[85],[86].

L'ensemble de ces turbulences vaut à la famille royale norvégienne d'être présentée comme « la plus scandaleuse d'Europe »[87],[88],[89]. Cela contribue aussi à effriter le soutien populaire à la royauté. Ainsi, des sondages montrent une baisse du nombre de répondants favorables à la monarchie de 81 % en 2017 à 73 % en 2024 et finalement entre 54 et 66 % en 2026[90]. En revanche, le roi conserve, pour sa part, un fort potentiel de sympathie, faisant de sa personne l'une des figures symboliques de l'unité nationale, même en temps de crise. Par exemple, un sondage en indique que 73,7 % des personnes interrogées ne souhaitent pas son abdication[55],[91].

Un roi sportif

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Le roi Harald V à la station de ski de Simostranda en 2010.

Devenu roi, Harald V n'abandonne toutefois pas ses activités sportives dans le domaine du nautisme. Il remporte ainsi avec son équipage, sur le voilier Fram XV, la médaille d'or au championnat d'Europe IMS (International Measurement System) de navigation en haute mer, après s'être placé premier à la Eurocard Gotland Runt en Suède en [92]. Puis, au championnat du monde IMS en classe A à Hankø en Norvège deux ans plus tard, il se classe à la 6e place avec le même monocoque[93].

Participant également au championnat du monde de la classe 8 Metre classique (Sira Cup), avec le bateau Sira N-33 (construit pour son père en 1938), il obtient l'or (et la cinquième place au classement général de la Coupe du monde) en 2008 à Hankø[94], l'argent (et de nouveau le 5e rang de la World Cup) en 2011 à l'occasion de la Rolex Baltic Week à Flensbourg en Allemagne[95], le bronze en 2013 à Helsinki en Finlande[96] puis l'argent de nouveau sur le lac Léman à Genève en Suisse en 2015 (5e au général) et sur le lac Ontario à Toronto au Canada en 2016 (ainsi que la 7e place mondiale)[97], et enfin le bronze (et le 5e meilleur score toute catégorie) une nouvelle fois en 2018 sur le lac de Constance à Langenargen en Allemagne[13]. Son dernier engagement dans cette compétition va être en 2022 sur le lac Léman, après quoi il annonce, à 85 ans, mettre un terme à sa carrière de navigateur[13].

Sa passion pour la navigation, sa relation simple avec les autres compétiteurs ou son équipage, ou le fait qu'il dorme sur le yacht royal KS Norge durant la régate de 2015, ont été soulignés par la presse canadienne, le National Post le qualifiant de « Sailor King » (« roi marin »)[98]. Il reste toutefois le directeur et le juge, depuis 1991, de la régate annuelle des Séries de Sa Majesté le Roi (H.M. Kongens Serieseilaser, compétition créée en 1919 par son grand-père le roi Haakon VII et organisée à Oslo par le Yacht-club royal norvégien (Kongelig Norsk Seilforening, KNS)[99]. Depuis 1996, il est président d'honneur puis « haut patron » (parrain) de la Fédération mondiale de voile devenue « World Sailing » en 2015, conjointement avec l'ancien roi des Hellènes Constantin II jusqu'à la mort de celui-ci en 2023 puis seul.

Le roi Harald V est également un amateur de ski nordique. Il assiste chaque année, avec tout ou partie de la famille royale, aux compétitions qui se tiennent au mois de mars au complexe de Holmenkollen, et remet la médaille Holmenkollen, plus haute distinction norvégienne décernée dans ce sport[100],[101]. Enfin, il pratique la pêche (surtout à la mouche dans les rivières à saumon de Norvège) et la chasse (à l'élan dans les montagnes environnant le chalet royal Prinsehytta du Sikkilsdalen)[102].

Depuis une opération à la jambe en 2021, le roi Harald V se déplace régulièrement à l'aide de béquilles, ici en 2025.

Le roi Harald V a été hospitalisé ou empêché à plusieurs reprises de remplir ses fonctions officielles depuis 2003, la régence étant à chaque fois assurée par son fils le prince héritier Haakon, en application de l'article 41 de la Constitution. La Maison royale publie régulièrement des bulletins de santé du monarque, et ses médecins ont donné des conférences de presse lorsqu'il a dû subir des tests, traitements ou opérations lourdes[103].

Atteint d’un cancer de la vessie diagnostiqué le , il est hospitalisé le pour subir une cystectomie deux jours plus tard[103]. Le prince héritier Haakon assure la régence jusqu'au , date à laquelle le roi reprend ses devoirs constitutionnels. Jusqu'ici un important fumeur, il annonce à cette occasion sa décision d'arrêter, le tabagisme étant l'une des principales causes de ce cancer[103]. Le , il est opéré à l'hôpital national norvégien d’une sténose aortique par l'implantation d'une bioprothèse valvulaire. À nouveau, son fils assure la régence jusqu'au suivant[103].

Le , il se retrouve dans l'incapacité de régner et son fils devient encore une fois régent. Il est de nouveau hospitalisé le à Oslo. Le , en raison d'un nouveau séjour à l'hôpital pour le remplacement de son hétérogreffe valvulaire, le roi ne préside pas à l'ouverture solennelle de la session du Parlement pour la première fois de son règne. Il est remplacé par son fils pour prononcer le discours du Trône, accompagné de la reine Sonja[104].

Le roi Harald V et son épouse sont vaccinés contre le Covid-19 début , étant tous les deux considérés comme des personnes présentant un risque de développer une forme potentiellement grave de la maladie[105]. Peu après, le roi fête le 30e anniversaire de son règne le . Il va par la suite être testé positif au virus à deux reprises, en et [106].

Il est hospitalisé à plusieurs reprises en 2021 et 2022. Tout d'abord pour subir une intervention chirurgicale à l'hôpital national le à la suite d'une déchirure du tendon au-dessus du genou droit. Il passe sa convalescence au chalet royal d'Holmenkollen où il suit une rééducation et de la kinésithérapie[107]. Il retourne à l'hôpital en août 2022 pour une fièvre et en décembre de la même année puis en pour une infection. Après la mort de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni le , Harald V devient, à 85 ans, le doyen des monarques européens (et le quatrième puis troisième souverain en exercice le plus âgé du monde, après l'émir Humaid bin Rashid Al Nuaimi III d'Ajman aux Émirats arabes unis, né six ans avant lui, le roi d'Ijebu au Nigeria Ọba Sikiru Kayọde Adetọna, né en 1934 mais mort en 2025, et le roi Salmane d'Arabie saoudite, d'un an son aîné)[108]. Le , il dépasse l'âge qu'avait son père Olav V au moment de sa mort en 1991 (87 ans et 199 jours) pour devenir le roi le plus âgé de l'histoire de la monarchie norvégienne.

Le roi Harald V, assis, reçoit en visite officielle le président de la république de l'Équateur Daniel Noboa (2e à gauche), en étant secondé par le prince héritier Haakon (à droite) et la reine Sonja (à gauche), le .

Le , le palais royal annonce qu'il est en « arrêt maladie » jusqu'au suivant pour une infection respiratoire. Le , en vacances privées pour son anniversaire en Malaisie sur l'île de Langkawi, il est admis dans la suite royale de l'hôpital Sultanah Maliha pour une infection et il se fait poser un stimulateur cardiaque temporaire en raison de la faiblesse de son rythme cardiaque[109]. Il est rapatrié en Norvège le pour poursuivre sa convalescence à l'hôpital national d'Oslo où lui est implanté son stimulateur permanent le [110]. Sorti deux jours plus tard, il reste en arrêt jusqu'au , reprenant alors ses obligations royales mais de façon réduite afin de les adapter à son état de santé et pour se décharger de plus en plus sur son fils[111].

Le , c'est de nouveau lors d'un séjour privé à l'étranger pour fêter son anniversaire qu'Harald V est hospitalisé, pour une infection cutanée à la jambe et une déshydratation, à l’Hospital Universitario Hospiten Sur de Tenerife dans l'archipel espagnol des Canaries[112]. Plus tard dans l'année, le , il est pris en charge à l'hôpital national norvégien pour de la rétention d'eau provoquée par le traitement à la cortisone qu'il devait suivre depuis plusieurs semaines pour soigner une anémie hémolytique. Il est une nouvelle fois mis en congé du Trône pendant un minimum de deux semaines et confie la régence au prince Haakon[113].

Contrairement à certains de ses homologues européens (Beatrix des Pays-Bas le , Albert II de Belgique le , Juan Carlos Ier d'Espagne le , Margrethe II de Danemark le , Henri de Luxembourg le ), il refuse d'abdiquer, au nom de son serment prêté au Storting au moment de son avènement.

Le , il est hospitalisé à Oslo pour traiter une anémie hémolytique, maladie qui se traduit par une destruction anormalement rapide des globules rouges. Dix jours plus tard, le palais annonce que l’état de santé du souverain est désormais « très grave ». Sa famille se rend alors à son chevet[114].

Mort et funérailles

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Harald V meurt le à 6 h 35, à l'Hôpital national, à l’âge de 89 ans. Son fils, le prince héritier, lui succède sur le trône et devient le roi Haakon VIII[115].

La mort du roi est officiellement annoncée par un communiqué de la maison royale deux heures après le décès, ce dernier précisant que le souverain s’est « endormi paisiblement »[116]. Une période de deuil national est décrétée par le gouvernement, celle-ci devant durer jusqu’à l’inhumation d’Harald V[117]. Le soir même, le cercueil du roi est transporté depuis l’hôpital jusqu’au palais royal d'Oslo, suivi par un cortège de voitures des membres de la famille royale[118]. Le , un office religieux dédié à la mémoire du roi Harald V est rendu en l’église Asker (no) d’Oslo en présence de la reine Sonja, accompagnée de son fils Haakon VIII et de ses petits-enfants[119]. Le cercueil du roi est exposé à partir du [120], orné de la couronne et du sceptre, dans la chapelle du palais afin que la population puisse venir lui rendre un dernier hommage avant les funérailles nationales, prévues le à la cathédrale d'Oslo[121],[122].

Généalogie

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Mariage et descendance

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Le futur Harald V, alors prince héritier (2e debout à droite), portant dans ses bras son fils le prince Haakon et entouré (de gauche à droite) de sa femme Sonja, du roi Charles XVI Gustave de Suède, de sa fille la princesse Märtha Louise, de son père le roi Olav V et de sa sœur la princesse Astrid, au Skaugum le .

Le à Oslo, il épouse Sonja Haraldsen, une roturière qu'il fréquentait depuis neuf ans. Elle est la fille de Karl August Haraldsen et de Dagny Ulrichsen.

Après une fausse couche en 1970[123], le couple a deux enfants, tous deux nés à l'hôpital national norvégien d'Oslo, et cinq petits-enfants :

  • la princesse Märtha Louise, née le , a épousé en premières noces le à Trondheim l'écrivain et artiste-peintre Ari Behn (1972-2019), avec qui elle a trois filles (qui ne portent pas de titulature princière et ont le statut de citoyennes privées, tout en faisant partie de l'ordre de succession) et dont elle se sépare le puis divorce en 2017 ; a épousé en secondes noces le sur les rives du Geirangerfjord le chaman américain Durek Verrett (né en 1974) :
    • Maud Angelica Behn, née le à l'hôpital national norvégien d'Oslo, poétesse et illustratrice,
    • Leah Isadora Behn, née le au Bloksbjerg sur l'île d'Hankø dans la municipalité de Fredrikstad, entrepreneure et influenceuse web en cosmétique,
    • Emma Tallulah Behn, née le à Lommedalen, cavalière de haut niveau ;
  • le prince Haakon Magnus, né le , prince héritier à partir du , puis roi à partir du , a épousé le en la cathédrale d'Oslo Mette-Marit Tjessem Høiby (née en 1973), déjà mère célibataire d'un fils (Marius Borg Høiby, né en 1997, qui a été élevé par le couple princier et est régulièrement apparu aux côtés de la famille royale sans en faire partie) ; le prince héritier et son épouse ont eu deux enfants :
    • la princesse Ingrid Alexandra, née le à l'hôpital national norvégien d'Oslo, deuxième dans l'ordre de succession et appelée à devenir la première reine de Norvège,
    • le prince Sverre Magnus, né le à l'hôpital national norvégien d'Oslo.

Ascendance

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Famille

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Titres et honneurs

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Harald V
Description de l'image Greater royal coat of arms of Norway.svg.
Formules de politesse
Indirecte Sa Majesté
(Hans Majestet)
Directe Votre Majesté
(Deres Majestet)
Alternative Sire

Titulature

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  •  : Son Altesse Royale le prince Harald ;
  •  : Son Altesse Royale le prince héritier ;
  •  : Sa Majesté le roi.

Titres militaires

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Les rois Harald V de Norvège et Juan Carlos Ier d'Espagne le .

En tant que monarque, d'après la Constitution, il détient le « commandement suprême » (høieste Befaling) des forces armées norvégiennes (Forsvaret) et est donc leur commandant en chef (øverstkommanderende). Le roi a les grades supérieurs de général dans l'Armée de terre (Hæren) et la Force aérienne royale (Luftforsvaret) et d'amiral dans la Marine royale (Sjøforsvaret)[24],[124].

Il a également des titres militaires dans l'Armée britannique (British Army). Il a ainsi reçu à titre honorifique les grades de général en 1994 et de colonel des Royal Marines. Comme son grand-père à partir de 1942 puis son père avant lui, il a porté le titre de colonel en chef (colonel-in-chief), c'est-à-dire de parrain royal, du régiment d'infanterie des Green Howards jusqu'à la fusion de cette unité en 2006 dans le nouveau Royal Yorkshire Regiment.

Le prince puis prince héritier puis roi Harald a toujours porté les armoiries de la Norvège selon le dessin réalisé en 1905 par le peintre norvégien Eilif Peterssen, surmontées de couronnes différentes en fonction de ses changements progressifs de titulature. On y retrouve les couleurs déjà décrites dans la saga des rois de Norvèges (Heimskringla) vers 1225, le lion utilisé depuis le règne de Magnus VI Lagabøte (« Le Législateur », 1263-1280), la hache de guerre viking du roi Olav II Haraldsson dit « Saint Olav » (1015-1028) et la couronne qui ont été ajoutées par Erik II Prestehater (« L'Ennemi des prêtres », 1280-1299), et enfin le collier de l'ordre de Saint-Olav créé en 1847 par le roi Oscar Ier Bernadotte de Suède et Norvège (1844-1859).

Figure Blasonnement
Prince de Norvège (1937-1957)
De gueules, au lion couronné d'or, tenant dans ses pattes une hache d'argent, emmanchée d'or ; entourées du collier de Saint Olaf et placées sous un manteau de gueules fourré d'hermine, surmonté de la couronne du prince héritier, sans le bonnet.
Prince héritier de Norvège (1957-1991)
De gueules, au lion couronné d'or, tenant dans ses pattes une hache d'argent, emmanchée d'or ; entourées du collier de Saint Olaf et placées sous un manteau de gueules fourré d'hermine, surmonté de la couronne du prince héritier.
Roi de Norvège (1991-2026)
De gueules, au lion couronné d'or, tenant dans ses pattes une hache d'argent, emmanchée d'or ; entourées du collier de Saint Olaf et placées sous un manteau de pourpre fourré d'hermine, surmonté du même lion que l'écu, issant d'une couronne royale.

Étendard

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Le roi possède également un étendard qui est hissé sur le mat du Palais royal d'Oslo dès que le roi est en Norvège ou dans les territoires norvégiens, sauf s'il se trouve dans le Stiftsgården de Trondheim ou à bord du RS Norge (dans ces cas là, l'étendard flotte sur ces bâtiments)[125].

L'étendard royal norvégien.

Décorations nationales

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Le roi Harald V en tenue royale ().
  • Drapeau de la Norvège Grand maître de l'ordre de Saint-Olav - grand-croix avec collier
  • Drapeau de la Norvège Grand maître de l'ordre du Mérite - grand-croix
  • Drapeau de la Norvège Médaille de Saint-Olav
  • Drapeau de la Norvège Médaille du service de défense avec branche de laurier
  • Drapeau de la Norvège Médaille du centenaire de la maison royale
  • Drapeau de la Norvège Médaille commémorative d'Haakon VII du
  • Drapeau de la Norvège Médaille du jubilé d'Haakon VII 1905-1955
  • Drapeau de la Norvège Médaille commémorative d'Olav V du
  • Drapeau de la Norvège Médaille du jubilé d'Olav V
  • Drapeau de la Norvège Médaille du centenaire d'Olav V
  • Drapeau de la Norvège Médaille du service de défense avec trois étoiles
  • Drapeau de la Norvège Médaille du service national avec trois étoiles
  • Drapeau de la Norvège Insigne d'honneur du Krigsdeltakerforbundet
  • Drapeau de la Norvège Insigne d'honneur de la Croix-Rouge norvégienne (en)
  • Drapeau de la Norvège Insigne d'honneur des officiers de réserve
  • Drapeau de la Norvège Médaille du Mérite en or de la Société navale
  • Drapeau de la Norvège Insigne d'honneur de la Société norvégienne de tir
  • Drapeau de la Norvège Médaille du centenaire de la Confédération norvégienne des sports
  • Drapeau de la Norvège Médaille commémorative en or de la Société norvégienne de tir
  • Drapeau de la Norvège Insigne d'honneur en or de la Société militaire d'Oslo

Décorations étrangères

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Autres distinctions

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Dans les arts, la toponymie et la culture populaire

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Numismatique et philatélie

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Avers d'une pièce de 20 couronnes norvégiennes, portant l'effigie du roi, en circulation depuis 1994.

L'effigie du roi est reproduite sur l'avers des pièces de monnaie de 10 et 20 couronnes norvégiennes (NOK) et sur certains timbres en Norvège.

Toponymie

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Son nom a été donné à deux régions polaires : la côte du Prince-Harald (Prins Harald Kyst) sur une portion du littoral de la terre de la Reine-Maud en Antarctique, suite à sa naissance en , seulement quelques jours après la première exploration aérienne de ce territoire par trois membres de l'expédition de Lars Christensen (Viggo Widerøe (en), Nils Romnaes, et Ingrid Christensen)[127] ; la terre de Harald V (Harald V Land) sur la partie orientale de l'île de la Terre du Nord-Est (Nordaustlandet) et de la calotte glaciaire Austfonna au Svalbard, reçoit ce nom de l'Institut polaire norvégien (Norsk Polarinstitutt) en 2013[128].

Filmographie

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Cinéma

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Le rôle d'Harald V est interprété à l'écran par :

  • lui-même dans Til Vesterheimen (1939), film documentaire d'Ottar Gladvedt retraçant la visite de la famille du prince héritier Olav aux États-Unis ;
  • Magnus Ketilsson Dobbe dans Ultimatum (titre original : Kongens nei, 2016) d'Erik Poppe.

Séries télévisées

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Harald V est également joué à la télévision par :

Émissions de radio, de télévision ou spectacles

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Une tradition satyrique ancienne en Norvège fait que le roi, comme d'autres personnalités publiques, a régulièrement été imité ou parodié à la télévision ou radio norvégienne ainsi que dans des spectacles comiques. Cela a notamment été le cas par l'humoriste Rune Andersen depuis les années 1990[129], ou encore par John Brungot dans l'émission à sketch Humoretaten Bureau de l'humour ») de la NRK depuis 2025.

Notes et références

modifier
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