Héliogabale

empereur romain de 218 à 222
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Élagabal (empereur)

Héliogabale
Élagabal
Empereur romain
Image illustrative de l’article Héliogabale
Buste d’Héliogabale, vers 221. Musées du Capitole, Rome.
Règne
- entre le 11 et
(3 ans, 9 mois et 5 jours, au plus tard)
Période Sévères
Précédé par Macrin
Usurpé par Verus (219)
Gellius Maximus (219)
Triccianus (218/219)
Valérianus Pætus (219 ?)
Seius Carus (219 ?)
Seleucus (221 ?)
Uranius (?)
Sallustius (?)
Taurinus (?)
Suivi de Sévère Alexandre
Biographie
Nom de naissance Sextus Varius Avitus Bassianus[n 1]
Naissance Probablement en 204
Probablement à Émèse, Syrie
Décès Entre le 11 et (à ~18 ans)
Rome, Italie
Père Sextus Varius Marcellus
Mère Julie Soémias
Épouse (1) Julia Cornelia Paula (219-220)
(2 et 4) Julia Aquilia Severa (220-221, 221-222)
(3) Annia Aurelia Faustina (221)
Adoption Sévère Alexandre

Héliogabale ou Élagabal (en latin : Heliogabalus ou Elagabalus), probablement né en 204 à Émèse (province de Syrie-Phénicie) et mort assassiné entre le 11 et le à Rome, est un empereur romain de la dynastie des Sévères, régnant du à sa mort. Connu comme Bassien (Sextus Varius Avitus Bassianus[n 1]) dans son enfance, il prend le nom de règne d'Antonin (Marcus Aurelius Antoninus) à son accession au trône.

Héliogabale est issu des Sampsigéramides, dynastie des rois-prêtres d’Émèse, État client de Rome dans la province de Syrie. Il est grand-prêtre du dieu solaire Élagabal, dont le nom servira d'épithète moqueuse envers l'empereur. En 187, sa grand-tante Julie Domne épouse l'empereur Septime Sévère. Caracalla succède à la mort de son père en 211, puis est est assassiné en 217, près de Carrhæ. Macrin, préfet du prétoire, est proclamé empereur par l'armée. Julie Mèse, sœur de Julie Domne, organise une révolte pendant laquelle elle fait passer son petit-fils Héliogabale pour un fils illégitime de Caracalla. En 218, Macrin est vaincu et le jeune Héliogabale devenu empereur fait son entrée à Rome en 219.

Malgré les tentatives de Mèse pour influencer son petit-fils, Héliogabale entend être indépendant et impose un hénothéisme en l’honneur d’Élagabal. Le Sénat et le peuple romain acceptent mal l’importation de cette divinité étrangère, ainsi que les coutumes orientales, le favoritisme outrancier et les scandales répétés du nouvel empereur. En 221, après plusieurs mariages infructueux, Mèse pousse prudemment Héliogabale à adopter et faire césar son cousin Sévère Alexandre, qui est plus populaire et plus romanisé que lui. Jaloux, l'empereur tente plusieurs fois de le faire assassiner. La vigilance de Julie Mamée, mère d’Alexandre, et la menace de la garde prétorienne le poussent à renoncer temporairement. En 222, c'est l’empereur avec sa mère, Julie Soémias, que les prétoriens assassinent. Exécrés par tous, leurs corps sont jetés dans le Tibre et Sévère Alexandre est acclamé comme nouvel empereur. Par la suite, plusieurs mesures d'Héliogabale sont annulées et le Sénat vote sa damnatio memoriae.

L'historiographie traditionnelle est hostile à Héliogabale, décrivant un prince cruel et débauché, n’écoutant que ses favoris et sa mère. À partir du XIXe siècle, il inspire plusieurs artistes qui perpétuent l’image d'un empereur décadent et cultivant l’androgynie. Il est aussi un sujet d'étude historique sur l'identité de genre étant donné ses mœurs et orientations sexuelles. La critique historique continue d’entretenir la légende noire héliogabalienne, notamment en raison de préjugés racistes et homophobes, malgré quelques examens de sa psychologie. Les premières analyses nuançant véritablement l'image du prêtre-empereur émergent au début du XXIe siècle.

Sources biographiques

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La vie d'Héliogabale est connue par deux ouvrages contemporains de langue grecque, l'Histoire romaine de Dion Cassius, membre de l'élite sénatoriale, et l'Histoire des empereurs romains de Marc Aurèle à Gordien III d'Hérodien, affranchi ou fils d'affranchi. Héliogabale est présenté comme un mauvais empereur, Dion étant le plus hostile des deux biographes[I 1].

Ces ouvrages sont complétés par la Vita Heliogabali Antonini, « Vie d'Héliogabale Antonin » prétendument écrite au IVe siècle par un dénommé Lampride, contemporain de Constantin le Grand. Cette biographie et celles d'autres empereurs ou usurpateurs, écrites par différents auteurs et à différentes époques, auraient été compilées en un seul ouvrage, l'Histoire Auguste. Cependant, il s’agit de l'œuvre d’un anonyme latin du IVe siècle, basée sur des sources antérieures et pleine d’anecdotes à la véracité contestable[I 1].

Origines

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Parentèle

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Lucius Septime Sévère est issu des Septimes, une opulente et notable gens ; il est d’origine lepcitaine par son père et italienne par sa mère. Le jeune chevalier progresse rapidement dans le cursus honorum, devenant commandant en chef de l’armée de Pannonie. Après l’assassinat de Commode en 192 par ses favoris, Sévère prête allégeance au consul Pertinax, qui est exécuté par la garde prétorienne. Le sénateur Dide Julien prend le pouvoir, mais les légions d’Orient sont levées par Pescennius Niger, avec qui Sévère fut consul en 190. Poussé par ses proches, celui-ci se proclame empereur et marche droit sur Rome. Niger, resté à Antioche-sur-l'Oronte, est vaincu à la bataille d'Issos (194). Sévère réforme la garde prétorienne et se montre généreux avec l’armée. Il prétend être un Antonin en se proclamant divi Marci filius divi Commodi frater, « fils du divin Marc [Aurèle] [et] frère du divin Commode»[Ha 1].

En 187, Sévère épouse en secondes noces Julie Domne, qui accouche de Caracalla (188) et de Gète (189). Elle est issue des Sampsigéramides, une dynastie gouvernant sur le territoire de l'ancien royaume d’Émèse, dans la province romaine de Syrie. Elle est la fille aînée de Jules Bassien, grand-prêtre du dieu Élagabal[n 2],[Ha 2]. Julie Mèse, la cadette, est mariée à Caius Julius Avitus Alexianus, un sénateur, consul suffect et proconsul d’Asie, dont elle a deux filles, Julie Soémias et Julie Mamée[Ha 3]. Les quatre Juliæ sont connues dans l'historiographie comme « les princesses syriennes ». Leur destin est indissociable de celui des Sévères et, particulièrement, du règne d'Héliogabale[3],[4],[5].

Soémias, aînée des sœurs[6],[7],[8], épouse le procurateur Sextus Varius Marcellus, originaire d'Apamée comme elle, dont elle accouche d'un fils appelé Bassien, le futur Héliogabale. Marcellus, qui appartient à l'ordre équestre, reçoit le rang de sénateur par adlectio[Ha 2]. Leur union doit se situer entre 192 et 194, quand Septime Sévère tente de sécuriser sa position en Orient, dans sa lutte contre Niger[9]. La paternité de Marcellus est remise en question par David L. Vagi, car ses fonctions obligent le couple à de longues séparations et Soémias a de nombreux amants. Sa sœur Mamée est réputée pour sa fidélité[10]. Cette dernière épouse, en secondes noces, le procurateur Gessius Marcianus, originaire d'Arcé, ville en actuel Liban. Leur fils Alexien, le futur Sévère Alexandre, y naît en 208[Ha 4]. Le couple a aussi une fille, traditionnellement appelée Théoclia, et peut-être un fils aîné, M. Julius Gessius Bassianus, magister Arvalium en 214[7],[11].

Généalogie ascendante

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Naissance

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Lieu et date de naissance

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La plupart des auteurs situent la naissance de Bassien à Émèse[Ha 5],[13],[14],[15],[16],[17],[18],[19]. Certains chercheurs proposent une naissance à Rome ou à une quarantaine de kilomètres plus loin, au domaine familial de Velitrae, actuelle Velletri[T 2],[F 2]. Les fragmentaires chants des Jeux séculaires de attestent la présence de Soémias, présentée comme la première des matrones équestres[9],[20].

Hérodien affirme que Bassien a environ quatorze ans lors de la révolte contre Macrin, successeur de Caracalla en 217. Cependant, il le décrit âgé d'environ seize ans lorsqu'il adopte Alexien, en 220, engendrant une incohérence chronologique. L'âge attribué à Bassien par Hérodien lors de son accession est néanmoins compatible avec les indications données par Dion, qui lui attribue dix-huit ans à sa mort, en [I 3]. Certains situent sa naissance en 203[Ha 5],[9],[13],[14],[21], mais l'année 204 semble privilégiée[T 3],[22],[23],[15],[16],[17],[18],[24],[19]. D'autres maintiennent les deux dates, sans nécessairement trancher[F 3],[25],[26],[27],[28]. Suivant les indications de Dion, Martijn Icks la situe entre le et le [I 3]. Toutefois, Robert Turcan la place durant les Jeux séculaires[T 3], tandis que Pierre Forni préfère une date postérieure aux célébrations[F 4].

Milieu familial

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Photographie d'un socle rectangulaire avec une inscription, surmonté par la sculpture d'une femme endormie.
Épitaphe bilingue de Marcellus, conservée aux musées du Vatican.

L'épitaphe grecque et latine du sarcophage de Marcellus[29], réalisée par Soémias, est découverte en 1765 à Velletri. Marcellus est probablement mort peu après son adlectio au Sénat en raison de l'absence de la mention d'un lien avec Macrin. Son décès pourrait être advenu durant de son gouvernorat de Numidie ou lors de son retour à Rome, vers 214-215[11],[9]. Michel Christol propose qu'il fut purgé par Macrin, avec les autres soutiens des Sévères[30]. Après la mort de Marcellus, Dion dit que son épouse se console dans les bras d'un dénommé Gannys, qu'il décrit comme le père nourricier et le tuteur de Bassien[T 4].

L'épitaphe de Marcellus indique que le couple a plusieurs enfants, Bassien devait avoir au moins un frère ou une sœur, au(x) nom(s) inconnu(s). L'hypothèse d'une sœur est préférée par François Chausson : un frère aîné aurait été choisi par Mèse pour succéder à Caracalla, tandis que l'adoption d'un frère cadet aurait été préférée à celle d'Alexien[11]. Il semble, néanmoins, avoir été le seul enfant survivant du couple[31].

Nom de naissance

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Le nom de naissance le plus souvent donné par les historiens modernes est Sextus Varius Avitus Bassianus, mais il est possible que Bassien ait reçu le prænomen de Caius, comme son grand-père maternel. En effet, Sextus part de l'hypothèse qu'il est l'aîné des enfants de Marcellus et de Soémias[31]. Il fait consensus que Varius n'est pas un surnom mais son nom de famille, étant né dans la gens Varia[31],[32].

Le cognomen Avitus est celui de son grand-père maternel et pourrait être un indice pour déterminer qu'il est un fils cadet : selon Jona Lendering, Bassien aurait reçu celui de son grand-père paternel s'il avait été le fils aîné[9]. Enfin, il porte l'agnomen de Bassianus, signifiant « issu des prêtres ». Formé du phénicien bassus, « prêtre », avec le suffixe -ianus indiquant une origine, il est rattaché à la famille d'Émèse. On le retrouve chez Caracalla, qui est né Lucius Septimius Bassianus, ainsi que chez Soémias, dont le nom latin complet est Iulia Soaemias Bassiana[31],[32].

Jeunesse

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Entre Rome et Émèse

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Hérodien rapporte que Bassien et Alexien sont élevés par leurs mères et leur grand-mère, rendant possible une éducation dans l'entourage impérial direct[Ha 6]. Aurelius Victor et l'Histoire Auguste mentionnent leur présence à la Cour, qui était peut-être itinérante. L'inhumation de Marcellus à Velitrae suggère que Bassien n'a pas toujours vécu en Syrie[I 4]. Jean Gagé soutient que Plautille, brève épouse de Caracalla, est accouchée d'un garçon entre la fin de 203 et le début de 204[20]. Cette théorie est rejetée par Ze'ev Rubin et Anthony Birley[33],[34], mais si l'enfant meurt prématurément, comme le conjecture Pierre Forni, Caracalla put chérir particulièrement Bassien comme fils de substitution. Cela expliquerait les particulières largesses envers Marcellus[F 5].

Caracalla est proclamé empereur en 211 avec son frère Gète, qu'il fait assassiner[Ha 6]. Suite à ce fratricide, Mèse va à la Cour pour réconforter sa sœur éplorée. Caracalla mène une expédition sur les bords du Rhin en 213, mais il est peu probable que Bassien et Alexien soient avec lui. En , ses troupes hivernent à Nicomédie, en Bithynie. L'empereur reprend la route au pour aller à Antioche-sur-l'Oronte, qui est joignable en passant par Thyatire, en Mysie voisine. La proximité avec Émèse put amener sa famille à séjourner avec lui, à Thyatire ou à Antioche. Plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer que Bassien accompagne Caracalla à Thyatire, selon une inscription locale réalisée vers 214[35],[Mc 2],[I 4].

Grand-prêtre d'Élagabal

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Aurelius Victor et l'Histoire Auguste écrivent que Bassien va à Émèse après la mort de Caracalla[I 4]. L'hypothèse généralement retenue est que Bassien ne devient grand-prêtre d’Élagabal qu'après le renvoie du clan émésien de Rome, en 217[28]. Cependant, Bassien dû recevoir une éducation sacerdotale dès son plus jeune âge, ce qui expliquerait son fanatisme. Un temple dédié à « Sol Invictus Alagabalus » existe alors à Rome, dans le Trastevere, quartier cosmopolite où se trouvent d'autres cultes orientaux[T 5],[F 6],[Mc 3]. Le prêtre Tiberius Julius Balbillus, un parent émésien officiant à Rome, put être le pédagogue de Bassien[T 5],[F 6], qui aurait possiblement quitté l'Italie à partir de 214, afin de parfaire son éducation en Syrie[F 6]. Selon P. Forni, Alexien reçoit probablement une éducation plus classique d'un fils de sénateur, tout en suppléant Bassien occasionnellement dans le culte de la pierre noire d’Émèse[F 6]. Le texte d'Hérodien est ambigu, laissant ouvert la question si les garçons sont « formés » ou « consacrés » à Élagabal. J. S. McHugh pense que leurs devoirs durent les obliger à passer la plupart de leur jeunesse à Émèse, n'allant que rarement à la Cour[Mc 3].

Image externe
Monnaie en bronze de l’empereur Caracalla, frappée à Émèse vers 216–217 apr. J.-C., représentant au revers le temple d'Élagabal et sa pierre sacrée.

Hérodien ne manque pas de décrire la riche beauté du temple d'Émèse. Transformé en église de Tous-les-Saints puis en Grande mosquée, son architecture ne peut être supposée que par la numismatique[T 6],[36]. Les premières pièces représentant le temple sont émises en 215, durant la première campagne contre l'Empire parthe. P. Forni y voit une éventuelle commémoration de la prise de fonction de Bassien[F 6]. Hérodien fait l'éloge de la beauté du futur empereur, le décrivant comme richement et magnifiquement « vêtu à la manière des Barbares »[F 7]. Il rapporte encore que Bassien s’abstient de manger du porc et a été circoncis, coutumes phéniciennes choquant les Romains. Cependant, rien ne permet d'affirmer que la circoncision est habituelle dans la famille d'Émèse ou que l'abstinence porcine soit spécifiquement liée au culte d'Élagabal[T 7].

Ascension

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Macrin empereur

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Médaillon noir représentant un homme barbu lauré et en toge se regardant avec un garçon, entourés d'inscriptions.
Médaillon de Macrin avec Diaduménien, 218, musée archéologique national, Florence.

Caracalla a un règne marqué par une cruauté et des ambitions démesurées. Le 8 avril 217, au cours d'une campagne contre les Parthes, l'empereur est assassiné probablement sur les ordres de Macrin, un préfet du prétoire d'origine obscure. Nommé empereur quatre jours plus tard, il fait déifier son prédécesseur[Ha 6].

Pour que sa légitimité soit reconnue, Macrin envoie une lettre à Rome : le Sénat et le peuple romain l'acclament en héros, espérant un règne meilleur. Le nouvel empereur signe la paix avec les Parthes et procède à une purge politique et, parmi les condamnés, Mèse reçoit l’ordre de quitter Rome. Elle avait vécu aux côtés de sa sœur, qui s'était laissée mourir de faim, après avoir vainement essayé de soulever l'armée contre Macrin[F 8]. En 218, le préfet prétorien Julianus Nestor fait assassiner Marcianus, sa fille et son gendre en Syrie[11],[37].

Macrin fait l'erreur de ne pas rentrer à Rome et de rester à Antioche où, selon Hérodien et Dion Cassius, il mène une vie oisive et dissolue. Ces rumeurs malveillantes sont contredites par l'action de Macrin, qui ménage par ses décisions le Sénat et l'armée, les deux forces importantes de l'empire. Pour trouver des soutiens, il nomme des gens de basse extraction à de hautes dignités, ce qui augmente encore plus rapidement son discrédit aux yeux de ses sujets. Le paiement de l'armée étant la première et plus lourde dépense de l'État, Macrin tente d'imposer une politique d'austérité, se rendant vite impopulaire auprès des soldats[F 8].

Révolte de Mèse

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Voyant l’admiration que provoque son petit-fils Bassien sur ceux qui le voient, Mèse forme avec le général Gannys et plusieurs amis bannis de Rome un parti contre Macrin. Extrêmement riche, elle soudoie des soldats de l’armée de Macrin et répand la rumeur selon laquelle Bassien est né à Rome, d’une relation adultérine entre Caracalla et Soémias. Avec l'aide de Gannys, Mèse, ses filles et ses petits-fils se rendent au camp de la IIIe légion Gallica, qui acclame Bassien imperator le . Il prend le nom de règne d'Antonin, comme Caracalla avant lui. En apprenant cela, Macrin envoie une armée suffisante pour assiéger le camp des insurgés et les détruire. Mais par appât du gain, haine de Macrin ou en souvenir de Caracalla, les soldats se rallient à l’adolescent[T 8],[F 9],[38].

Carte contemporaine de la Syrie romaine
Carte de la Syrie romaine, issue d'un atlas américain de 1923. Antioche est au Nord.

Macrin continue d’envoyer ses armées, mais son attitude déplaît de plus en plus et la défection gagne les soldats. Diaduménien, son fils de neuf ans, est fait césar en . Le , son armée fait face à celle de Gannys durant la bataille d'Antioche. En voyant progressivement le reste de ses hommes être défaits[H 1], Macrin se déguise et s'enfuit. En entendant cela, Antonin fait porter un message aux soldats, les invitant à abandonner Macrin, et leur promettant son pardon et l’oubli d’avoir combattu pour lui. Le vieil empereur est rapidement retrouvé à Chalcédoine, en Bithynie, où il se repose. Il est arrêté, tandis que Diaduménien est capturé par la IVe légion Scythica. Son commandant, le sénateur et légat Gellius Maximus, est le fils de Lucius Gellius Maximus, médecin de Caracalla[H 2]. Macrin et Diaduménien sont décapités ensemble. Rome apprend leurs morts avec douleur, mais l'opinion publique considère Macrin comme seul fautif de sa chute et s’accommode du choix de l'armée[H 3].

Antonin envoie une lettre de victoire au Sénat, qui vote la damnatio memoriae de Macrin : sa mémoire est salie, ses images et inscriptions sont détruites[D 1]. Dans sa lettre, Antonin indique prend les titres de Pius, Felix et Augustus pieux », « heureux » et « auguste ») de sa propre initiative, alors qu'il revient à l'institution de les lui proposer. Il se peut que le soit le dies imperii d'Antonin, jour anniversaire de son entrée en fonction, où il est accueilli comme membre des collèges sacerdotaux des frères arvales et des sodales Antoniniani. Il devient consul pour le reste de l'année à sa prise de pouvoir, et permet à Marcus Oclatinius Adventus de rester à ce poste[I 5]. François Chausson place plutôt son dies imperii au [11].

Dion Cassius liste qu'Antonin se débarrasse encore de Julianus Nestor et de Fabius Agrippinus, le gouverneur de Syrie. Il fait exécuter les principaux chevaliers faits par Macrin en Syrie et à Rome, ainsi que Picas Caerianus, gouverneur d'Arabie, qui avait hésité avant de se rallier à lui. Comazon, général allié d’Antonin, demande l’exécution de Claudius Attalus, gouverneur de Chypre : lorsqu’il était gouverneur de la Thrace, Attalus avait relégué Comazon parmi les rameurs pour avoir manqué à son devoir. Antonin ordonne au Sénat de décréter l'exécution des consuls Marcus Silius Messala et Pomponius Bassus, au motif d’avoir désapprouvé ses actions. Selon Dion, le premier était très influent et Antonin convoitait l'épouse du second, Annia Aurelia Faustina[39],[I 6].

Voyage vers Rome

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Mèse et ses proches règlent les dernières affaires en Orient, avant de gagner Rome rapidement. Cependant, la flotte d'Antonin doit hiverner à Nicomédie. Dion avance qu'il aurait projeté d'épouser Gannys et de le nommer césar. Cependant, Gannys aurait été exécuté pour lui demander d'« observer la tempérance et la sagesse ». Antonin lui aurait porté un coup le premier pour inciter ses soldats hésitants. M. Icks remarque que le prétendu contrat de mariage et le motif de l'assassinat sont des topoi que Dion utilise pour accentuer la débauche et la tyrannie de l'empereur. Il propose que Gannys devenait trop influent, tout en estimant impossible d'identifier les commanditaires réels (Mèse ou Comazon ?) et leurs motivations[I 7]. Pour P. Forni, ce meurtre marque « symboliquement le passage de Varius de l'enfance à l'âge adulte » et lui permet de « s'affirmer en tant qu'empereur »[F 10].

Selon Dion, Mèse tente de romaniser son petit-fils dans le comportement et l'habillement, en vain. Antonin continue de préférer les somptueux habits syriens et de rendre un culte à Élagabal, avec des cérémonies orgiaques, dansantes et musicales. L'historien affirme qu'il s’entoure d’hommes soutenant sa conduite, faisant exécuter les gens la désapprouvant ou la raillant. En raison de l’introduction d'Élagabal à Rome et des habits orientaux d'Antonin, la population surnomme rapidement l'empereur « Héliogabale » ou « l'Assyrien »[n 3],[41].,[I 8],[T 9]. L'arrivée à Rome du nouvel empereur est estimée entre et [T 10],[F 11],[42].

Affirmation d'une légitimité

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Lutte contre les usurpateurs

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Dion Cassius écrit que plusieurs prétendants à la pourpre impériale font concurrence à Héliogabale. Verus, commandant de la IIIe légion Gallica, tente d'usurper le pouvoir depuis Tyr en 219. Modeste centurion ambitieux, il avait réussi à devenir sénateur et estimait mériter le trône pour ses exploits militaires. Verus est exécuté, son nom est effacé de nombreuses inscriptions et la légion est dissoute. Pour punir Tyr, Héliogabale lui retire le droit italique et le statut de metropolis[43].

Gellius Maximus se révolte la même année, probablement pour avoir été ignoré par l'empereur après la capture de Diaduménien, qui avait été reconnu et arrêté par son centurion Claudius Ælius Pollio. Héliogabale le fait consul et nommer gouverneur de Germanie supérieure, tandis que Gellius Maximus reste à son commandement de Zeugma. Arrêté par la XVIe légion Flavia Firma, il est condamné et exécuté. Dion mentionne aussi les usurpateurs Triccianus, qui tente de s'imposer par la force armée, et Castinus, qui fait valoir ses droits au trône en raison de liens réels ou prétendus avec la famille impériale[43],[Mc 4].

Usurpateurs incertains

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Dion rapporte encore le procès de Seius Carus, dont le grand-père Publius Seius Fuscianus a été préfet de Rome et ami d'enfance de Marc Aurèle. Héliogabale le traduit en justice au palais, l'accusant d'avoir provoqué une mutinerie parmi les soldats cantonnés aux monts Albains. Dion affirme qu'il s'agit d'un prétexte pour l'éliminer en raison de sa richesse, son importance sociale et son intelligence. R. Turcan doute de la culpabilité de Carus[T 11], qui n'est pas remise en cause par P. Forni[F 12] et J. S. McHugh[Mc 5]. Selon ce dernier, Carus disposait de la nobilitas, de relations et d'une fortune suffisantes pour bénéficier du soutien du Sénat. En outre, il est probable qu'il avait des opinions conservatrices, hostiles aux réformes entreprises par Héliogabale. Dans la mesure où le complot serait venu du milieu sénatorial, Carus est jugé à huis clos plutôt que par ses pairs[Mc 5].

Un dénommé Valérianus Pætus est aussi exécuté. D'origine galate, Héliogabale l'aurait accusé d'avoir tenté de soulever la Cappadoce et d'avoir fait battre des pièces d'or avec son image. Selon Dion, l'empereur aurait prit prétexte que Valérianus Pætus avait fait réaliser des portraits de lui-même en or, afin qu'ils ornent les médaillons de ses amantes[T 11],[I 6].

Au Ve siècle, la Chronica minora de Polemius Silvius énumère Marcellus Caesar, Sallustius Uranius Seleucus et Taurinus parmi les usurpateurs sous le règne d'Héliogabale[n 4]. Thomas M. Banchich interprète Marcellus Cæsar comme une corruption du nom impérial d'Alexien (Marcus Aurelius Severus Alexander), forme apparaissant également dans l’Épitomé de Caesaribus. Cette source mentionne qu'un dénommé Taurinius s'est révolté sous le règne d'Alexien, tandis que Zosime et Georges le Syncelle mentionnent un Uranius, que le premier présente comme d'origine esclavagisée. Toutefois, les seules preuves numismatiques attestent l'existence d'un dénommé Uranius Antoninus, usurpateur à Émèse en 253-254, soit au début du règne de Valérien[44].

L'identification de Sallustius Uranius Seleucus demeure incertaine et, selon T. M. Banchich, cette dénomination pourrait désigner une à trois personnes[44]. L'édition de la Chronica minora établie par Theodor Mommsen (1892) sépare chaque nom par des virgules[45]. Sallustius pourrait correspondre à Lucius Seius Herennius Sallustius, un parent et possiblement le frère de Seius Carus. Il est connu comme le père d'Orbiane, impératrice d'Alexien de 225 à 227. Quant à Seleucus, il pourrait être Julius Antonius Seleucus, gouverneur de Mésie, ou Marcus Flavius Vitellius Seleucus, consul en 221. Une autre hypothèse suggère qu'Uranius aurait été confondu avec Sallustius, à la suite d'une corruption du nom Herennius Sallustius Seius Lucius[44]. Cette théorie se heurte au fait que la révolte supposée de Seius Sallustius et son exécution sont datées de 227[46].

Le fils de Caracalla

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Selon Hérodien, les gens envoyés par Macrin contre Héliogabale croient qu'il est le fils de Caracalla, « et parce qu'ils le voulaient voir comme tel »[H 4]. Cette légitimation d'Héliogabale se remarque non seulement par le fait qu'il prend à son compte le même nom de règne, mais aussi l'ajout dans sa titulature de la mention d'être le divi Magni Antonini Pii filius, divi Severi Pii nepos, « fils du divin et grand Antonin le Pieux [Caracalla], petit-fils du divin Sévère le Pieux », tel qu'il l'écrit dans sa lettre au Sénat après la victoire sur Macrin. Antoninus Pius rappelle les « bons empereurs » Antonin le Pieux et Marc Aurèle, le légitimant comme descendant des Antonins, dont le nom était devenu un titre impérial[I 9],[n 5].

Selon R. Turcan, l'art officiel a le souci d'une « légitimation dynastique du faciès » d'Héliogabale, dont les premiers portraits ont une ressemblance marquée avec Caracalla[T 12]. Klaus Fittschen et Paul Zanker ont réalisés une identification convaincante d'un buste d'Héliogabale, connus par quatre exemplaires. En 218, le jeune empereur est représenté avec le visage symétrique et radieux, portant la coupe courte des militaires. La chevelure est réalisée a penna, par de légères scarifications de la surface de la pierre. Les premiers portraits d'Héliogabale (« type 1 ») sont sans doute destinés à l'armée, à laquelle il doit son trône[I 11].

L'autorité d'Héliogabale est reconnue après avoir réprimé les tentatives de révoltes et d'usurpations. L'empereur se détache alors de l'armée par une nouvelle iconographie (« type 2 »). Connu en deux exemplaires, un buste impérial représente Héliogabale comme un jeune homme au regard ennuyé, au visage rond, aux cheveux plus longs, accompagnés de longues rouflaquettes et d'une fine moustache. Vraisemblablement destiné à l'élite et au peuple de Rome, ce portrait est probablement beaucoup plus proche de l'apparence réelle d'Héliogabale. Pour K. Fittschen et P. Zanker, la coiffure pourrait souligner l'origine syrienne de l'empereur et son culte à Élagabal, soit plus plausiblement évoquer le divin Auguste. Cette coupe de cheveux est reconnaissable sur les pièces de monnaie à partir de 220, mais le nouveau buste pourrait remonter à 219, à l'occasion de l'arrivée d'Héliogabale à Rome ou de son mariage avec Julia Cornelia Paula. Les deux auteurs suggèrent qu'il a d'abord été émis en 219 ou 220, puis de nouveau en 221 lors de son mariage avec la vestale Julia Aquilia Severa. Toutefois, les portraits numismatiques postérieurs à 221 montrent Héliogabale entièrement barbu. Dans cette perspective, il semble plus plausible que cette réédition date de son mariage avec Annia Aurelia Faustina[I 12].

Le choix des dieux et de l'armée

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Une lignée bénie et noble

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Sous son règne, Septime Sévère met en valeur la domus divina, une « maison divine » destinée à gouverner l'empire. Comme Caracalla et son père, Héliogabale accorde une large place à sa famille dans l'iconographie impériale, plus encore après avoir adopté son cousin Alexien (221 ou 222). Héliogabale renforce sa position et celle de sa mère, sa grand-mère, ses épouses, son cousin et leurs aïeux en créant l'impression que les divinités avaient confiés l'empire aux Sévères. Appartenant à une famille de l'ordre sénatorial, Héliogabale frappe des deniers avec la légende nobilitas et se montre comme un candidat plus crédible que Macrin, issu de l'ordre équestre. Ses brefs mariages avec Julia Cornelia Paula (219-220), dame de la plus haute noblesse romaine, et Annia Aurelia Faustina (quelques mois en 221), une Antonine, montrent ses tentatives de s'intégrer et de se rattacher à l'aristocratie romaine[I 13]. La divinisation de Caracalla et de Julie Domne permet au jeune empereur de poursuivre sa légitimation au sein des Sévères, émettant des pièces de consecratio après cet événement[I 14].

Un commandant victorieux

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L'empereur attire aussi l'attention sur ses propres vertus et réalisations, afin de montrer à ses sujets qu'il est un bon dirigeant. Héliogabale est dépendant de l'armée dans les premières années de son règne : en -, il fait frapper plusieurs pièces d'argent aux motifs militaires, avec lesquelles les soldats sont généralement payés. Les messages expriment la loyauté (souhaitée) de l'armée envers Héliogabale, ainsi que l'unité entre les légions. M. Icks trouve qu'elles « semblent presque avoir un caractère de supplication, essayant d'empêcher la trahison et la discorde au sein de l'armée. » D'autres ont un message plus triomphant, renforçant le prestige militaire de l'empereur et celui de ses troupes, soutiens de l'héritier légitime au trône et victorieuses sur un usurpateur. En changeant de buste à partir de 221, Héliogabale se donne moins l'allure d'un militaire. S'il n'apprécie pas la guerre, l'empereur n'abandonne jamais le titre militaire imperator durant son règne. Il rompt ainsi avec la tradition établie par Hadrien en 124, selon laquelle les empereurs abandonnent le titre après la première année de principat. Ses troupes l'acclament au moins quatre fois imperator durant son règne, mais aucune victoire autre que celle sur Macrin ne lui est connue. Il est possible que ces acclamations ont des raisons fiscale : une salutation permettait à l'empereur de percevoir l'or coronaire (aurum coronariam), don fait par les cités aux généraux romains vainqueurs[I 15].

Politique religieuse

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Le prêtre-empereur

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Un homme acclamé par une foule conduit un grand char a seize chevaux blancs passe sous un arc de triomphe. Il est adossé à un autel sur lequel est une pierre noire conique.
Héliogabale conduit un char avec la pierre noire sur un autel. Illustration d'A. Leroux, 1902.

Très rapidement, l'empereur impose un hénothéisme en l’honneur d’Élagabal. Avant d’arriver à Rome, Héliogabale se fit portraiturer en pied dans le costume sacerdotal syrien. Il ordonne que le tableau soit placé au Sénat, afin que les sénateurs brûlent de l'encens et fassent des libations de vin en son honneur. Il ordonne que les magistrats et les sacrificateurs publics invoquent Élagabal avant toutes les autres divinités lors d'un sacrifice[H 5]. L’empereur fait transporter le Palladium (statue de Minerve Pallas) de son temple jusqu’à la chambre à coucher impériale, afin de la marier à Élagabal. Mais affirmant que l’aspect guerrier de la déesse déplaît au dieu, Héliogabale change rapidement pour faire venir une statue d’Uranie depuis Carthage, disant que l’union de la Lune avec le Soleil était préférable. Il marie les divinités durant une cérémonie grandiose, réclame tout l’or du temple d’Uranie comme sa dot, et ordonne que toute l’Italie participe aux réjouissances[H 6]. Dion se moque qu’Héliogabale marie son dieu avec une déesse, alors que lui-même a une vie de débauche.

Hérodien décrit que les rites d'Émèse en l'honneur d'Héliogabale constituent en des sacrifices sur un autel, autour duquel le grand-prêtre danse aux sons d'instruments[H 7]. Dion et le pseudo-Lampride peignent Héliogabale en un superstitieux entouré de magiciens et portant une quantité d'amulettes. Le pseudo-Lampride prétend qu'Héliogabale avait réuni « la statue de Junon, et le feu de Vesta, et le Palladium, et les boucliers anciles, enfin tous les objets de la vénération des Romains » dans le temple d'Élagabal, mais il n'y a aucune preuve de cela. Ils noircissent encore plus Héliogabale en affirmant qu'il réalise des sacrifices secrets et magiques, durant lesquels il immole des enfants[F 13].

Élagabal, maître des dieux

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Plusieurs pièces émises durant le règne d'Héliogabale montrent les divinités Jupiter, Mars et Vénus. Il s'agit toutefois d'une minorité : sur les 96 pièces religieuses connues en , seulement seize les représentent. La plupart en l'honneur de Mars le célèbrent comme Mars Victor, « Mars victorieux », soulignant l'aspect guerrier du dieu. Ces pièces sont émises à Rome, probablement en pour célébrer la victoire sur Macrin. Sa présence dans les monnaies d'Héliogabale semble refléter l’importance croissante de l’armée, et vise à établir une relation forte avec elle, même en temps de paix. Deux pièces représentent Vénus. Une pièce romaine porte Venus Caelestis au revers, faisant probablement référence à Julia Aquilia Severa, seconde épouse d'Héliogabale. L'autre pièce, Venus Victrix, pourrait faire référence à la victoire sur Macrin. Sur les cinq pièces en l'honneur de Jupiter, une porte la légende Iovi Victori, une autre représente Jupiter et la Victoire. Celle-ci date de , année durant laquelle Héliogabale ajoute le titre de grand-prêtre d'Élagabal à sa titulature impériale. Trois dernières, sans date, le représentent comme Iovi Conservatori, protecteur d'Héliogabale. Elles datent probablement de -, car Héliogabale se présente comme le grand-prêtre d'Élagabal : durant la période -, ce sont le dieu Sol et Élagabal, représenté par le bétyle d'Émèse, qui ont le titre de conservatori aug[usti][M 1].

Les empereurs se représentent en pontifex maximus sacrifiant aux divinités sur des pièces de piété (pietas), vingt-sept pièces représentant Héliogabale dans ce rôle sont connues. Les premières pièces le montrant en train de sacrifier datent de 219 et 220, mais elles augmentent au temps où Héliogabale s'affirme comme prêtre : dix-sept pièces sont attestées pour 221 et six pour 222. L'empereur est représenté comme portant des vêtements orientaux, probablement pour montrer sa piété à Élagabal et non au panthéon traditionnel, mais cela est ambigu. Trois pièces portent l'inscription Providentia deorum, désignant ledit panthéon, mais une pièce montre l'empereur avec l’extrémité supérieure d’un pénis de taureau fixée sur le front, rendant son sacrifice au dieu syrien évident[M 2].

La représentation de Sol dans les pièces et les médailles émerge sous Commode. Il devient important sous Septime Sévère, qui fait d'Émèse une ville de premier plan en Syrie-Phénicie, probablement car il y avait un important culte solaire. La maison impériale favorise un collège de prêtres du dieu Soleil (en latin : sacerdotes Dei Solis), dont la présence est attestée à Rome. Sous Caracalla, il est mis au même statut de que les Olympiens et a les titres de comes, augustus, invictus, oriens et propugnator. Sous Héliogabale, dix-sept pièces consacrées à Sol sont connues. Leur nombre augmente dans le temps, au fur à et mesure qu'Héliogabale met en avant son statut de prêtre-empereur et vraisemblablement pour préparer l'opinion publique à Élagabal, qui devient le chef du panthéon romain. Toutes ces pièces mettent en avant le statut d’Héliogabale en tant que grand prêtre, et montrent aussi qu'il n'a jamais vraiment abandonné la représentation des divinités traditionnelles. Leur existence et la prétendue collection d’objets de culte romains dans le temple d'Élagabal témoignent de son hénothéisme, contredisant la thèse selon laquelle il fut monothéiste, ce qui aurait amené Héliogabale à rejeter toute marque de polythéisme[M 1].

En , H. R. Baldus date les pièces avec la légende Sancto Deo Soli Elagabal, émises à Antioche en -, sur la route d'Héliogabale vers Rome. Les pièces similaires émises à Rome ne sont pas datées[47]. Sur les pièces en général, Héliogabale semble toutefois plus attaché à se présenter aux Romains comme prêtre-empereur qu'à diffuser le culte à Élagabal, qui reste important. Le métal précieux sur lequel cinq pièces (quatre aurei et un médaillon en or) ont été frappés reflète probablement la valeur que l'empereur accordait à Élagabal[M 3].

Politique urbaine

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Durant son règne, Héliogabale lance des opérations d'urbanisme à Rome. Un temple pour Élagabal (en latin : Elagabalium) est construit sur le mont Palatin ; la pierre noire y est installée à la fin du chantier, en 220 ou 221. Héliogabale y réalise de grands sacrifices quotidiens selon les rites orientaux, durant lesquels participent de grands chefs d’armées et de hauts dignitaires, sous l’œil des sénateurs et des chevaliers romains, sachant se montrer généreux avec qui prenait part au culte. Hérodien raconte qu'Héliogabale scandalise pour « farder son visage avec autant de soin qu'une courtisane, se décorer comme une femme de colliers d'or et de robes somptueuses, et danser en présence de tout le peuple ». Une statue d'Isis est placée au faîte du temple, la face tournée vers l'intérieur. Outre la construction de l'Elagabalium, l'empereur construit un second temple à Élagabal dans les jardins du faubourg de Spes Vetus, la déesse de l'Espérance. Au plus fort de l’été, Héliogabale conduit l'idole au temple lors de fastueuses processions et organise de grands jeux où il est au premier plan. Il croit faire le bonheur du peuple en multipliant les plaisirs et en distribuant de l’argent, des habits et des viandes, causant parfois des heurts mortels[F 13],[H 8].

Héliogabale suit également l'avancement de l'important chantier du Colisée, détruit par un incendie en , durant les Volcanalia, fêtes en l'honneur du dieu Vulcain. Comme cela avait endommagé les thermes de Titus, le pseudo-Lampride dit qu'Héliogabale ouvre les bains privés de Plautien au public, prétendument pour y trouver des amants. Afin de satisfaire la plèbe, il fait construire un immense portique autour des thermes de Caracalla. Au Sessorium, complexe palatial débuté sous Septime Sévère, l'empereur lance la construction d'un hippodrome auquel il donne son nom, le cirque de Varius (en latin : circus Varianus), dont les dimensions étaient proches de celle du cirque Maxime. Excentré, Héliogabale peut s'y entraîner discrètement et donner des spectacles privés. L'obélisque d’Antinoüs, taillé à la demande de l'empereur Hadrien, est déplacé d'Antinoupolis pour orner la spina du cirque[F 13].

En 1877, une plaque est retrouvée à Merouana, en actuelle Algérie, durant des fouilles dirigées par Émile Masqueray. Connue sous le nom de « règlement de Lamasba », du nom de la cité antique dans la province de Numidie, elle est extrêment fragmentaire. Réalisée durant le règne d'Héliogabale, elle codifie l'utilisation de l'eau acheminée par l'aqueduc local afin d’irriguer les cultures de la colonie romaine[48],[49].

Une fistule romaine aurait été découverte sur l'Aventin au XVIe siècle, estampillée d'une inscription mentionnant l'existence des thermes de Varius[n 6]. Pirro Ligorio, artiste napolitain connu pour ses nombreuses fausses inscriptions, est le premier à en faire état. Elle est reprise dans la collection épigraphique de Jean Gruter, lui-même cité par Raffaello Fabretti (1680) et des auteurs postérieurs. En 1880, Rodolfo Lanciani remet en question son authenticité, car ces bains de Varius à Rome ne sont connus par aucune autre source[50]. En 1867, le DGRBM indique que la construction est réalisée en l'honneur du défunt Sextus Varius Marcellus[51]. Ils ne doivent pas être confondus avec les thermes de Varius à Éphèse : édifiés vers 100 par Publius Quintilius Valens Varius, ils sont rénovés en 400 à l'initiative de Scholastique, une riche bienfaitrice chrétienne[52].

Place des femmes

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Pièces de Mèse et Soémias, collections privées.

Le pseudo-Lampride affirme que Soémias avait le droit de siéger au Sénat et a créé un « sénat de femmes » sur le Quirinal[53]. Il s'agit d'exagérations, mais Mèse et sa fille portent le titre honorifique d'augusta sur des pièces de monnaie, donnant le sentiment qu'elles sont véritablement à la tête de l'empire. Souvent mentionnées sur les inscriptions, Mèse est appelée : Augusta, mater castrorum et senatus, « augusta, mère de l'armée et du sénat », et : avia Augusti, « grand-mère de l'auguste », quand Soémias est : Augusta, mater Augusti, « augusta, mère de l'auguste », et une fois même : mater castrorum et senatus et totius domus divinae, « mère de l'armée et du sénat et de toute la maison divine »[I 16].

Fin de règne et damnatio memoriae

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Succession

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Héliogabale épouse Julia Cornelia Paula en 219, mais il la répudie dans la seconde moitié de l'année suivante pour la grande-vestale Julia Aquilia Severa. Cela provoque un grand scandale étant donné que c'est une vierge consacrée. Consciente que le comportement de son petit-fils lui nuit, Mèse estime qu’il faut sécuriser la succession par l’adoption d’Alexien et sa proclamation comme césar. D’après Hérodien, elle réussit à persuader Héliogabale en lui disant qu’il devait se consacrer entièrement au sacerdoce, aux plaisirs que cela lui conférait et non à la direction d’un empire qui n’était pas sa patrie[n 7]. Mèse et ses filles affirment que les deux cousins sont en vérité demi-frères, fils illégitimes de Caracalla. En 220, Héliogabale commande aux sénateurs de décréter qu’Alexien, douze ans, est son fils. Ce dernier change son nom de naissance pour celui de Marc Aurèle Alexandre et est nommé consul avec l’empereur[H 9],[H 10]. En 221, Héliogabale épouse Annia Aurelia Faustina, appartenant à la dynastie des empereurs antonins, mais il se remarie avec Julia Aquilia Severa quelques mois plus tard.

Après cette adoption, Alexandre est toujours présenté comme fils d'Héliogabale dans les inscriptions impériales[I 13]. D'après deux diplômes militaires et plusieurs édits du Code Justinien, Alexandre ne partage pas la puissance tribunitienne ni l'imperium proconsulaire. Ces mêmes documents témoignent qu'il partage le pouvoir législatif, mais il reste subordonné et dépendant de l'auguste Héliogabale[I 17].

Complots contre Alexandre

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Dion et Hérodien disent que Mamée fait attention à ce qu'Alexandre ne suive pas l'empereur dans ses débauches et veille étroitement à son éducation. Héliogabale s'énerve de cela et regrette son adoption[H 10]. Par l'exil ou la peine capitale, il fait disparaître de la Cour les professeurs d'Alexandre, au motif qu'ils le corrompent. Il se met à donner de hautes dignités à des comédiens, des musiciens et même des esclaves[H 11]. L'opinion publique préfère le jeune césar en raison du culte étranger d'Élagabal, du fanatisme d'Héliogabale, de son mépris de la culture romaine, de son caractère singulier, de son favoritisme outrancier, de son efféminement et de sa lascivité[H 12].

Hérodien raconte que Mamée soudoie des soldats pour qu’ils assurent la sécurité d'Alexandre, emploie des cuisiniers et des échansons à son seul service, et fait goûter chaque plat et boisson envoyés par l'empereur[H 13]. Au courant des multiples intrigues de l’empereur afin de faire tomber ou tuer son cousin, Mèse manœuvre pour les faire échouer, forte de sa connaissance de la Cour. Héliogabale connaît leurs machinations et dépouille Alexandre des insignes impériaux, puis l’isole pour l’empêcher de recevoir les salutations d'usage le matin et d'apparaître en public. Les soldats prétoriens le demandent avec empressement et ne croient pas l'empereur quand il affirme qu'Alexandre est mourant. Furieux, les soldats refusent de continuer d'assurer sa garde et menacent de séditions, tournant à l'émeute selon Dion. Depuis leur camp, ils exigent qu'on fasse venir Alexandre. Héliogabale prend peur, cède et monte avec Alexandre dans la litière impériale pour se rendre au camp des prétoriens[H 14].

Assassinat

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Gravure en noir et blanc d'une grande chambre de style Louis XIV, dans laquelle des gardes romains se jettent sur un homme, en arrière-plan au centre, et sur une femme de dos, au premier plan à droite.
L'assassinat d'Héliogabale (au fond) et de Soémias (à droite). Gravure de J. Lepautre, XVIIe siècle.

Dion et Hérodien s'accordent sur l’accueil froid réservé à l'empereur, contrastant nettement avec les exclamations de joie destinées à Alexandre, ainsi que sur ce qui advient d'Héliogabale et de Soémias après leur mort : la foule traîne et livre leurs corps aux outrages publics dans Rome, avant d'être jetés aux égouts coulant vers le Tibre.

Selon Dion, Soémias et Mamée invectivent les soldats pour les rallier à leur partie. Voyant que les soldats le surveillent pour le tuer, Héliogabale se cache dans un coffre afin de s'évader. Mais il est découvert et égorgé avec sa mère, enlacée contre lui.

Selon Hérodien, Héliogabale, révolté par le comportement des prétoriens, reste éveillé toute la nuit de colère. Le lendemain, il ordonne l'arrestation et le supplice des soutiens d'Alexandre. Considérés comme séditieux et perturbateurs, plusieurs soldats sont emprisonnés. Poussés par la haine et l'indignation, les gardes prétoriens se révoltent : après avoir secouru les prisonniers, ils décapitent Héliogabale et Soémias.

Le pseudo-Lampride affirme que les soldats prétoriens conspirent contre Héliogabale, afin d'éviter sa vengeance pour leur préférence envers Alexandre. Il se plaît à raconter comment les favoris d'Héliogabale ont les entrailles arrachées ou sont empalés, « afin que leur mort eût quelque conformité avec leur vie ». Héliogabale est tué dans les toilettes privées où il s'était réfugié, son corps est outragé par les soldats. Comme ils le jettent dans un égout trop étroit, le cadavre d'Héliogabale est traîné dans le cirque Maxime et précipité dans le Tibre depuis le pont Émilien, lesté de poids. Mais la version du pseudo-Lampride n'est pas contemporaine des faits et est rejetée par la critique héliogabalienne moderne[T 13],[I 18].

Une chronologie incertaine

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En raison des divergences entre Dion et Hérodien sur les événements survenus au camp des prétoriens, la recherche historique situe la date de décès d'Héliogabale le 11, 12 ou . Plusieurs ouvrages ou articles sur Héliogabale, les Sévères et l'empire romain indiquent qu'il décède le 11[54],[55],[56] ou [57],[58], sans sourcer leur opinion. Ceux qui le font se basent sur Dion Cassius, qui indique qu'Héliogabale meurt à dix-huit ans, après un règne de trois ans, neuf mois et quatre jours[n 8], « compté de la bataille qui le mit en possession du souverain pouvoir », c'est-à-dire du au 11-[59],[60],. Pour Leonardo de Arrizabalaga y Prado toutefois, Dion Cassius compte jusqu'au , car l'assassinat d'Héliogabale et l'acclamation d'Alexandre ont lieu le même jour[61]. Prado et d'autres historiens[T 14],[I 19],[F 14] choisissent le comme date de décès en s'aidant des Feriale Duranum, calendrier des observances religieuses durant règne d’Alexandre, destinée à la garnison militaire de Doura-Europos, en Syrie romaine : « 13 mars, […], parce que l’Imperator [César Marc Aurèle Sévère Alexandre Auguste] a été pour la première fois salué comme Imperator par les soldats, [une supplication ; / 14 mars, parce qu’Alexandre notre Auguste a été nommé Auguste et Père de la Patrie et Souverain Pontife], supplication »[62]. D'autres auteurs diffèrent cependant la mort d'Héliogabale au 11 ou et l'acclamation officielle d'Alexandre au 13[60],[63],[64],[65].

Avènement d'Alexandre

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Buste de marbre blanc d'un jeune homme imberbe et cuirassé, sur un socle de marbre noir.
Buste de Sévère Alexandre, galerie des Offices.

Alexandre, treize ans et demi, est salué empereur et ramené au palais impérial. Au lendemain de la mort d'Héliogabale, des monnaies avec le portrait d'Alexandre sont frappées pour remplacer les siennes, et les capitales provinciales de l'empire reçoivent des missives pour annoncer son avènement[F 15].

Mèse et son entourage tentent de calmer l'effervescence à Rome. Pour rallier les sénateurs et les prétoriens, les courtisans et favoris fidèles d'Héliogabale sont tués. Dion Cassius et le pseudo-Lampride rapporte des exécutions sommaires et cruelles, notamment celle du ministre des Finances Aurelius Euboulos, accusé de corruption par Dion, qui est démembré par la foule. La pierre noire est rapidement renvoyée à Émèse, les objets sacrés mis dans le temple d'Élagabal sont renvoyés où ils étaient précédemment. Le sanctuaire est débaptisé et inauguré en l'honneur de Jupiter vengeur (Iupiter Vltor), pour réparer les crimes d'Héliogabale. Au Sénat, les membres votent la damnatio memoriae de l'empereur défunt. P. Forni questionne la véracité selon laquelle « la plèbe choyée par l'empereur défunt ait voué aussi rapidement sa mémoire aux gémonies », en raison de son enthousiasme rapporté par les historiens lors de fêtes, comme celle de la procession estivale de la pierre noire[F 15].

Alexandre revient sur la réforme monétaire d'Héliogabale et va attacher une grande importance aux divinités traditionnelles, sans renoncer au culte à Sol[M 4]. Le Sénat veut lui offrir le traditionnel titre d'Antonin, mais le nouvel empereur le rejette : officiellement, parce qu'il a peur de ne pas être à la hauteur des hautes attentes liées à un tel nom ; officieusement, parce qu'il veut éviter d'être assimilé à Caracalla et Héliogabale, de triste mémoire. Par conséquent, le titre n'est plus jamais porté par les empereurs romains postérieurs[I 9]. Le nouvel empereur rejette aussi son adoption : il n'est le fils que de Caracalla. Pour marquer son détachement, il ajoute le cognomen de Severus et se fait appeler Marc Aurèle Sévère Alexandre[F 15].

Sévère Alexandre est plus manipulable que son cousin aîné, Mèse continue d'exercer la réalité du pouvoir. Elle constitue un conseil de régence formé avec seize sénateurs, fait remplacer les hauts fonctionnaires choisis par Héliogabale et rappel Ulpien, juriste chassé par Héliogabale. Elle le nomme à la tête du collège des préfets du prétoire et, selon le pseudo-Lampride, il devient le tuteur de son petit-fils. En 225, pour consolider les faveurs de l'aristocratie, Mamée marie son fils à Orbiane, fille de Lucius Seius Herennius Sallustius. L'empereur reprend, avec plus d'humanité, la politique de Septime Sévère et de Caracalla dans les domaines fiscaux, juridiques et sociaux, ainsi que les grands travaux urbains. Les Parthes en Orient et les Barbares en Occident semblent respecter les traités de paix conclus avec Rome. Il termine notamment la restauration des thermes de Caracalla, entamée sous Héliogabale[F 16].

La fin des Sévères

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Cependant, l'apparente tranquillité du règne qui s'annonce est troublée par l'armée, à qui les derniers empereurs sont redevables pour leur élévation. Ulpien est victime d'un complot de la part de ses collègues, qui ne supportent pas son ascendance au collège des préfets du prétoire. Avertie, Mèse les fait éliminer aussi rapidement qu'elle les avait choisis à la préfecture. Dion Cassius raconte qu'une émeute de trois jours éclate au printemps 223 entre le peuple et les prétoriens, pour un motif décrit comme futile et qu'il ne précise pas. Marcus Aurelius Épagathus, affranchi de Caracalla devenu un personnage important, complote avec les prétoriens contre Ulpien. Traqué par ses propres hommes, ils l'exécutent devant Sévère Alexandre, auprès duquel il s'était réfugié. Après la mort de Mèse, entre 224 et 226, Sévère Alexandre est sous la direction de Mamée. Jalouse d'Orbiane, elle ordonne à son fils de divorcer en 227[F 17].

La faiblesse de l'empereur, aggravée par une importante dévaluation monétaire, suscite le mépris et le mécontentement des militaires, que Sévère Alexandre doit conduire contre l'offensive d'Ardachir Ier, premier empereur de la Perse sassanide. Arrivé à Antioche à l'été 231, Sévère Alexandre tente de négocier la paix et l'amitié avec Ardachir, qui les rejette et dont il arrête l'expansion au prix de grandes pertes. En , alors qu'il prépare la campagne suivante, les camps romains des bords du Danube sont attaqués par les Germains. Sévère Alexandre s'y rend en urgence et tente de négocier la paix en échange d'un tribut. Les troupes acceptent mal cette option : Maximin, officier supérieur ayant gravi les échelons, s'attire leurs faveurs. Considérant le prince lâche et exaspéré de son inaction, l'empereur est assassiné avec sa mère et ses conseillers, malgré ses ordres et ses suppliques à l'armée de retrouver sa discipline[F 18]. C'est le début de la crise du troisième siècle.

Noms et titres

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Noms successifs

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  • 203-204, naît probablement SEXTVS•VARIVS•AVITVS•BASSIANVS[n 1]
  • 217, est proclamé MARCVS•AVRELIVS•ANTONINVS
  • 218, accède à l'empire IMPERATOR•CAESAR•DIVI•MAGNI•ANTONINI•PII•FILIUS•DIVI•SEVERI•NEPOS•MARCVS•AVRELIVS•ANTONINVS•PIVS•FELIX•AVGVSTVS

Titres et magistratures

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Dernière titulature

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À sa mort en , la titulature d'Héliogabale est :

IMPERATOR•CAESAR•DIVI•MAGNI•ANTONINI•PII•FILIUS•DIVI•SEVERI•NEPOS•MARCVS•AVRELIVS•ANTONINVS•PIVS•FELIX•AVGVSTVS, SACERDOS•AMPLISSIMUS•DEI•INVICTI•SOLIS•ELAGABALI, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIAE•POTESTATIS•IV, IMPERATOR•IV, CONSVL•V, PATER•PATRIAE[n 9].

Vie privée

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Alliances matrimoniales

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Selon l'usage, l'impératrice porte le titre d’augusta. La date et la durée exactes des mariages d'Héliogabale sont mal connues, mais les analyses numismatiques permettent de donner une chronologie approximative[I 20].

Peu après son entrée à Rome en 219, Héliogabale épouse Julia Cornelia Paula. La jeune fille appartient à l'aristocratie sénatoriale et est peut-être parente de Paul, grand juriste de l'époque. Le choix est sans doute réalisé par Mèse, afin de réconcilier les Sévères et le Sénat. Héliogabale fait de généreuses donations à l'élite romaine et aux soldats, ainsi que pour le festin du peuple. De grands jeux et des sacrifices sont organisés, mais Héliogabale la répudie brutalement l'année suivante. Au motif d’une tache sur le corps, elle est dépouillée de tous ses honneurs et obligé de vivre comme une simple citoyenne. Le mariage n'a probablement jamais été consommé, malgré le désir affirmé d'Héliogabale d'avoir des enfants[F 19],[T 15]. Par l'étude des monnaies alexandrines et syriennes, Joseph Vogt conclut que Paula est encore impératrice en [I 20], opinion suivie par R. Turcan[T 15]. Pour sa part, P. Forni date précisément le divorce du [F 11].

En 221, Héliogabale « feignit d'être pris d'amour »[H 16] de la grande-vestale Julia Aquilia Severa. Son enlèvement du temple de Vesta provoque un grand scandale, les prêtresses de la déesse étant tenues de garder leur virginité. La loi prévoit la flagellation, la prison et la mort pour leurs ravisseurs[D 2], mais Héliogabale se justifie devant le Sénat en déclarant qu’elle « lui avait inspiré une passion insurmontable », et affirme que l’union d’un prêtre et d’une prêtresse est « chose convenable et digne de tout respect »[H 16]. Selon Dion, il voulait que des enfants divins naissent de l’union d’un grand-prêtre et d’une grande-vestale[D 2]. Par les monnaies, Vogt conclut que Severa devient impératrice au début de 221. Martin Frey suggère plutôt que cela arrive à la fin 220 : un médaillon en bronze représentant le couple montre toujours l'empereur imberbe. Ce mariage se fait dans la période où Héliogabale élève son dieu comme la divinité romaine principale[I 20].

Durant la même année, Héliogabale répudie Severa pour épouser Annia Aurelia Faustina. Elle est descendante d'Annia Cornificia Faustina, la sœur de Marc Aurèle, et veuve de Pomponius Bassus, duquel elle a déjà deux enfants. L'union est approuvée par les sénateurs, espérant qu’elle donne un héritier naturel au trône. Dion Cassius et Hérodien font passer cela pour un caprice dû au caractère immature de l'empereur, mais la répudiation de la vestale semble intervenir après l'adoption d'Alexandre : le choix de Faustina serait dans la continuité des moyens mis en place pour apaiser les tensions d'Héliogabale avec l'élite et l'armée romaines. Ce mariage plus respectable permet aussi de consolider ses prétentions au trône impérial avec le sang des Antonins, mais il ne dure que quelques mois[I 21].

Dion Cassius mentionne deux autres épouses anonymes entre la répudiation de Faustina et la restauration de Severa comme impératrice[D 2]. Ces unions auraient eu lieu avant la fin de l'année 221, mais il n'existe actuellement aucune preuve pouvant confirmer son récit[I 22]. Selon le même auteur, Severa est tuée peu après Héliogabale et Soémias, son corps est « jeté au hasard » dans Rome[D 3].

Relation avec Hiéroclès

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Héliogabale a une relation avec Hiéroclès, pour lequel aucune information n'existe en dehors des écrits de Dion Cassius. Esclave carien et ancien éromène d'un dénommé Gordius, il avait appris de lui à conduire des chars. Durant les jeux du cirque, Hiéroclès tombe de son char contre le siège d'Héliogabale, immédiatement subjugué par cet homme blond et imberbe. Hiéroclès profite des faveurs impériales pour faire venir à Rome sa mère, elle-même esclave, placée parmi les épouses des consuls[D 4]. Dion dit qu'Hiéroclès aurait été épousé par Héliogabale[D 5], mais cela est peu crédible : les unions entre personnes de même sexe masculines sont un lieu commun littéraire pour se moquer de l'homme ayant le rôle de la « mariée ». Dion avait déjà prétendu des choses similaires au sujet du général Gannys.

Il est peu crédible qu'il ait envisagé de faire de lui son césar comme le prétend Dion[D 5], mais son ascendance sur l'empereur est importante. Ce dernier est victime de violences et d'emprise conjugales : Hiéroclès n'hésite pas à violenter verbalement et physiquement Héliogabale, après qu'il s'est laissé volontairement surprendre en train de le tromper. Le jeune homme reste profondément amoureux et se promène publiquement avec les yeux ecchymosés[D 4]. Cette anecdote permet à Dion de compléter le tableau d'une inversion de l'ordre social sous le règne d'Héliogabale, en présentant un empereur efféminé et soumis comme l'époux d'un esclave masculin et dominateur.

Par ses rabatteurs, Héliogabale entend parler du lutteur smyrniote Aurélius Zoticus[n 10], dit « le Cuisinier », d'après le métier de son père. Sans même avoir rencontré cet athlète, réputé pour son immense beauté et la taille de ses organes génitaux, l'empereur fait de lui son cubiculaire. Craignant de perdre sa place, Hiéroclès fit porter un breuvage à Zoticus pour le rendre impuissant durant sa première nuit avec Héliogabale, qui le renvoie le lendemain de sa nomination. Il le chasse de Rome puis d'Italie, ce qui lui permettra d'échapper à la révolte populaire contre l'empereur[D 6]. Lorsqu'il est obligé de venir au camp des prétoriens en , Héliogabale réussit à calmer temporairement les soldats en promettant de se débarrasser de tous ses compagnons de débauche. Mais il demande en pleurant de faire exception pour Hiéroclès, qu'il continue d'aimer profondément : « Accordez-moi celui-là seulement, quelque opinion que vous ayez de lui, ou tuez-moi ». Cette conduite aurait définitivement dégoûté Mèse de son petit-fils[D 7] et Hiéroclès meurt durant l'élimination des favoris d'Héliogabale[D 8].

Sexualité et genre

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Comportement sexuel

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Gravure d'un homme nu et en érection, sur un char tiré par deux femmes nues à quatre pattes, entourés d'inscriptions.
Camée du IIIe siècle ayant inspiré le pseudo-Lampride , BnF, Paris.

Dion Cassius s’étend longuement sur ses débauches et prostitutions. Il aurait eu une pièce dans le palais où il se livrait à cela, « sans cesse debout, nu, à la porte de cet appartement, comme les prostituées ». Héliogabale serait allé jusqu'à aller dans les tavernes et les lupanars romains, se glorifiant d'être très demandé par les clients et plus riche que ses compagnons de stupre. Hérodien est plus discret sur la vie sexuelle des empereurs romains, mais indique qu'Héliogabale cherchait à devenir père pour se « donner une marque de virilité »[H 16]. Cette attitude déplaît fortement et est l'une des raisons de la révolte des prétoriens.

Les mœurs excentriques d'Héliogabale amènent Dion à le comparer continuellement à Sardanapale, dont le nom était devenu le symbole du souverain indigne et un sobriquet pour désigner un homme vivant dans l'opulence et les voluptés. Comme Sardanapale, Héliogabale est bisexuel, a un goût pour le luxe et un appétit pour les jouissances[66]. Des historiens l'ont considéré comme un cas d'hypersexualité, John Bagnell Bury le qualifie de « remarquable exemple de psychopathie sexuelle ». Héliogabale a le comportement des hommes avec les femmes et celui des femmes avec les hommes. Il aime (ou se force à) avoir des relations homo- et hétérosexuelles. R. Turcan propose de lier cette polysexualité à une « soif de diversité et de libre mutation »[T 16].

Le pseudo-Lampride raconte comment Héliogabale montait sur un char tiré par deux femmes. Le cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France détient un camée de l'époque des Sévères, représentant un homme nu et en érection, tenant un fouet dans une main et les rênes d'un char dans l'autre, tiré par deux femmes nues et à quatre pattes[67]. La Bibliothèque Nationale identifie Héliogabale au conducteur de char, de même que Wolf-Rüdiger Megow[68] ou R. Turcan, qui lie cela avec son « cabotinage obscène »[T 17]. Mais M. Icks remarque que rien ne permet de déduire qu'il s'agisse d'Héliogabale, et estime plus probable que ce soit le camée qui ait inspiré le pseudo-Lampride pour cette anecdote douteuse.

Identité de genre

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Dion Cassius concède que l'empereur « semblait être homme jusqu'à un certain point » lorsqu'il rendait la justice, avant de dire que cela n'était pas toujours le cas et qu'Héliogabale « se fit appeler femme, maîtresse, impératrice » d'Hiéroclès[D 5]. Lors de la grande cérémonie où Zoticus est fait cubiculaire, Dion raconte l'anecdote suivante : « le prince s'élança d'un pas cadencé, et lorsque Zoticus lui eut, comme il le devait, adressé ces mots : "Empereur, mon maître (κύριος / kýrios), salut !", il lui répondit sans la moindre hésitation, en penchant à ravir la tête comme une femme et en clignant des yeux : "Ne m'appelle pas ton maître ; je suis ta maîtresse (κυρία / kyrίa)"[D 6]. » Selon une version de l'Histoire romaine que Georges Cédrène (historien byzantin du XIe siècle) dit avoir et qui se retrouve chez Jean Zonaras, Héliogabale pousse la luxure jusqu'à promettre de larges sommes d'argent aux médecins capables de lui créer un vagin par une incision génitale[I 23].

Prenant les descriptions de Dion pour vraies, le musée du North Hertfordshire (Royaume-Uni) annonce changer les pronoms personnels masculins d'Héliogabale pour des pronoms féminins (she/her), en . Dans un entretien au Daily Telegraph, le responsable Keith Hoskins reconnaît une démarche « militante » : après consultation de l'association LGBT Stonewall, le musée a conclu que « l’impératrice Héliogabale était une femme transgenre et qu'il utilisera le pronom « elle » pour la désigner »[69]. Le musée suit le guide de l'université de Leicester pour l'inclusion des personnes trans dans les institutions et métiers du patrimoine. Cette décision a été vivement contestée par plusieurs universitaires et spécialistes de la Rome antique : l'insulte d'efféminé est la pire qui puisse toucher l'honneur d'un homme dans le monde antique, l'historiographie latine n'a pas hésité à l'utiliser. Il est impossible de savoir comment Héliogabale se sentait vis-à-vis de son identité de genre. En sus, il est victime de préjugés racistes en tant que Syrien[69],[70],[71],[72],[73] Les universitaires font encore valoir qu'appliquer à Héliogabale la vision contemporaine du genre est très anachronique et simplifie trop celle conçue dans l'Antiquité, qui avait aussi un mépris pour les hommes pénétrés[74],[75].

Le désir et les moyens prétendus d'Héliogabale mis en place pour ressembler à une femme (changement de sexe, filage de la laine, maquillage, épilation[n 11]) sont similaires à la tradition littéraire autour de Sardanapale, Dion Cassius faisant continuellement l'analogie entre les deux hommes. Mais la différence entre Héliogabale et Sardanapale est que ce dernier se cloître dans son palais, ses désirs ne sont pas exposés publiquement[66].

Postérité dans l'Histoire

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Construction de la figure du « mauvais empereur »

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Incarnation du tyran

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Depuis Xénophon au IVe siècle av. J.-C., le souverain idéal est un homme de noble et brave lignée, pieux, patriote, valeureux au combat, craint par ses ennemis, aimé par son peuple pour lequel il est un père, mesuré, juste et à l'écoute de sages conseillers. Son antithèse est un souverain cruel, mégalomane, excentrique, despotique, haï et craint de tous. Tibère, Caligula, Néron, Domitien sont donnés comme exemples négatifs par les auteurs antiques : plusieurs lieux communs sont utilisés pour exagérer leurs vices, en inventer ou minimiser leurs bonnes actions, le tout accompagné d'une rhétorique moralisante[I 24].

Gravure en noir et blanc et d'un homme de profil en buste, habillé à l'antique et à la coiffure sophistiquée.
Dion Cassius, gravure vers 1650.

Dion Cassius n'est pas à Rome durant le règne d'Héliogabale et se base sur des témoignages. Il considère Héliogabale comme un usurpateur oriental aux origines familiales douteuses, un étranger ayant été établi lors d'une révolte militaire et non par mérite. C'est un tyran allant loin dans l'irrespect des coutumes romaines, afin de mettre en avant son cousin et successeur Sévère Alexandre, sous lequel Dion exerce de hautes fonctions. L'historien s'oppose vigoureusement aux différentes religions étrangères fleurissant à Rome, faisant concurrence à la religion romaine traditionnelle. Hérodien est influencé par Dion, mais est moins moralisateur et ignore plusieurs détails triviaux ou obscènes. Héliogabale est plutôt un jeune garçon négligeant et irresponsable, abusant de son pouvoir et échappant au contrôle de Mèse. L'empereur se perd dans le culte à Élagabal plutôt que de se romaniser, thème cher à l'auteur[I 25]. Hérodien appelle le jeune roi-prêtre Bassien, de son cognomen de naissance, puis Antonin lorsqu'il est acclamé empereur par l'armée. Il indique que ses partisans font passer pour son véritable père, ce que précise aussi le pseudo-Lampride[HA 2]. Dion Cassius rapporte « qu'on l'appelle soit faux Antonin, soit Assyrien, ou encore Sardanapale et Tibérien (car il reçut aussi ce dernier nom après que son cadavre eut été jeté dans le Tibre) ». L'historien utilise le nom d’Avitus jusqu’à la prise de pouvoir de Bassien, Sardanapale durant son règne et enfin faux Antonin après sa mort. Les deux auteurs appellent Élagabal le dieu solaire d'Émèse, Dion utilise une fois ce nom pour désigner l’empereur[D 9].

Amplification d'une figure grotesque

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Photographie du portrait d'un riche souverain sur un manuscrit.
Héliogabale représenté dans le manuscrit Mutinensis gr. 122, composé au XVe siècle.

L'auteur de l'Histoire Auguste s'appuie directement ou non sur ses prédécesseurs pour rédiger les biographies des empereurs, et peut-être sur le sénateur Marius Maximus, dont le travail biographique est perdu[I 26]. L'auteur s'inspire beaucoup de l'œuvre de Dion Cassius, Héliogabale est l'empereur le plus vil et corrompu du livre. Il surenchérit dans le grotesque ou supprime, modifie et ajoute des détails humoristiques ou cruels. Les trois Julie exercent la réalité du pouvoir et sont masculinisées. Héliogabale est efféminé et frivole, sans que cela soit lié à ses origines syriennes. Il affiche des tendances monothéistes, croyance que l'auteur ne manque pas d'égratigner en présentant Héliogabale comme intolérant à l'égard des autres cultes[I 27]. R. Turcan remarque plusieurs parallèles entre Héliogabale et Constantin le Grand, à l'époque duquel a prétendument vécu le pseudo-Lampride : naissance d'origine douteuse, d'un mère réputée prostituée ; elle a une très grande ascendance sur son fils, déplaisant à l'élite sénatoriale ; les réformes religieuses des deux empereurs vexent beaucoup les pratiquants du polythéisme traditionnel. « En jouant sur le nom du premier qui pouvait signifier « pendard (gabalus) du Soleil (Helio-) », on moquait le renégat chrétien du culte solaire »[T 18]. Dans l’Histoire Auguste, le pseudo-Lampride commence son récit en disant que : « [j]amais je n’aurais pu me décider à écrire la vie d’Héliogabale Antonin »[HA 2]. Il affirme que devenu « objet de la risée publique [au temps de son règne], on ne l’appelait que Varius ou Héliogabale »[HA 3],[n 12]. Cette appellation, jeu de mots avec le nom grec du Soleil personnifié (Hélios), est aussi utilisée pour désigner le dieu. L’Histoire a généralement favorisé l'orthographe Héliogabale depuis le IVe siècle pour désigner l'empereur et le distinguer de la divinité. Mais depuis les années 1930, historiens et numismates spécialisés préfèrent désigner l'empereur par le nom plus correct d’Élagabal[T 19].

L'insulte d'être un monstrueux usurpateur se retrouve chez le poète Ausone, sa damnatio memoriae ne facilitant pas la tâche pour le réhabiliter. Aurelius Victor ne questionne pas sa légitimité au trône, mais reste ambigu sur son ascendance, quand l'Épitomé de Caesaribus affirme que Caracalla a violé Soémias. Les auteurs postérieurs restent plus prudent, mais l'accusation et l'insulte de bâtardise sont souvent reprises. Son efféminement est remarqué : l'auteur de l'Épitomé dit qu'il demandait à être appelé Bassiana au lieu de Bassianus, Georges le Syncelle prétend qu'Héliogabale aimait piéger les femmes quand il était travesti. Les sujets comme sa cruauté supposée ou le culte rendu à Élagabal n'intéressent pas tellement les lettrés. Sa débauche est un topos régulier chez les auteurs chrétiens ou païens, tels que Paul Orose, Zosime ou Jean d'Antioche. Il est difficile de savoir si les auteurs lient cela avec son origine syrienne, comme le font Dion Cassius et Hérodien, mais il est peu probable que la division entre l'« Ouest » et l'« Est » parlait autant à ceux d'origine byzantine[I 28].

Marginalisation d'Héliogabale

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Portrait sur fond noir d'un homme en buste tourné vers la droite, chauve à la moustache brune, une fraise blanche autour du cou et habillé à la mode française du XVIe siècle.
Michel de Montaigne, portrait vers 1570.

La mémoire d'Héliogabale disparaît en Europe durant le Moyen-Âge pour reparaître à la Renaissance, avec la redécouverte de l'Antiquité. Seuls Jean Xiphilin et Jean Zonaras s'attardent sur la prostitution prétendue d'Héliogabale et sa relation avec Zoticus. Au XIIIe siècle, Théodore Skoutariotès fait figure d'exception : dans sa Chronica minora, il parle d'Héliogabale comme d'un empereur excellent et aimé de tous. Il semble que Skoutariotès puise dans la Chronographia de Jean Malalas, auteur du VIe siècle. Théodore Skoutariotès s'est trompé en identifiant Héliogabale avec Antonin le Pieux, les empereurs partageant le même nom de règne. Il est impossible de savoir si Malalas fait aussi cette erreur, l'unique manuscrit de son ouvrage a une lacune entre les règnes de Caracalla et Valérien[I 28].

Les artistes de la Première Renaissance idéalisent l'époque romaine. Héliogabale fait de rares apparitions dans les ouvrages, mais les auteurs ne font que répéter les sources antiques. Dans Des femmes illustres (1374), Boccace condamne une voluptueuse Soémias (« Sémiamire »[n 13]) et son fils en reprenant abondamment l’Histoire Auguste. Avec l'essor de la presse typographique en Occident vers 1450, de nombreux ouvrages en latin et en grecs, ainsi que leurs traductions dans les langues européennes, vont permettre de diffuser plus largement le savoir humaniste. Cependant, l'intérêt pour Héliogabale reste marginal ; Nicolas Machiavel le mentionne rapidement dans Le Prince (1532), comme un exemple de mauvais souverain. Michel de Montaigne le mentionne dans trois de ses essais, reprenant des anecdotes de l’Histoire Auguste. L'influence de Montaigne va être considérable, notamment auprès du calviniste Johan de Brune l'Ancien, qui va condamner les plaisirs de la table d'Héliogabale[I 29].

Modernisation de l'historiographie

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Une critique textuelle limitée

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C'est seulement avec les moines français Jean Mabillon (De re diplomatica, 1681) et Bernard de Montfaucon (Paleographica Graeca, 1708) que les érudits européens commencent à faire une critique des textes antiques. Cela va se poursuivre à l'époque des Lumières, mais leur autorité n'est toujours pas questionnée. Ainsi, l'abbé de Tillemont décrit le règne d'Héliogabale comme « une suite continuelle de crimes contre la pudeur, contre l'humanité, & contre toutes sortes de loix ». Au XVIIIe siècle, les travaux de Johann Joachim Winckelmann sur les textes grecs relancent la mode néo-helléniste en Allemagne. Son disciple Friedrich August Wolf prend la tête du renouveau des études classiques, inventant le terme d'Altertumswisseschaft Études classiques »)[I 30].

Portrait sur fond vert d'un homme en buste tourné vers la droite, cheveux bruns courts, les bras croisés, collet monté et portant une veste sombre.
Barthold Georg Niebuhr, portrait d’après L. Seidler, 1828.

Wolf est suivi par Barthold Georg Niebuhr. Celui-ci questionne et analyse de façon critique les textes antiques. Exposant que l'autorité seule d'un auteur ne peut suffire, l'historien doit toujours garder un œil critique pour distinguer les choses vraies des choses possibles et des choses probables. Sa Römische Geschichte (1811-1832) influence grandement les historiens de son époque et des générations suivantes. Niebuhr ne questionne toutefois pas l'hostilité des auteurs antiques envers Héliogabale, jeune tyran plein de vices et de crimes, aux côtés duquel Néron et Caligula sont plus vertueux[I 31].

Avec le développement de l'archéologie dans la première moitié du XIXe siècle, les sources extra-littéraires (pièces de monnaie, inscriptions et papyri) permettent de compléter, d'approfondir et de nuancer des sujets abordés par les textes anciens, notamment par les travaux monumentaux de Theodor Mommsen. Sa Römische Geschichte (1854-56) s'arrête toutefois au bout de trois volumes, avec Jules César. Ses disciples publient ses notes, où Héliogabale est mentionné furtivement, une ou deux fois. Cela peut laisser penser que Mommsen ne le considérait pas comme important et qu'il aurait été une figure négative de l'empire romain. Les études du monde antique se spécialisent davantage : au Royaume-Uni et en France, l'histoire commence à devenir une science. Les mythes et légendes doivent être clairement séparées d'elles, une stricte objectivité doit être aussi observée[I 31].

Les préjugés orientalistes

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Edward Gibbon reprend largement Tillemont dans sa monumentale Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain (1776-88) : l'« infâme » Héliogabale est un efféminé amené au pouvoir par des femmes et des eunuques, Gibbon se réjouit de sa chute. Il lie son absence de virilité, sa superstition, son fanatisme et l'excentricité de ses mœurs à ses origines syriennes[I 30].

Si le développement de l'orientalisme attire l'attention des historiens et archéologues pour le Proche-Orient, l'antisémitisme et le mépris occidental donne des descriptions assez défavorables des Orientaux. Reprenant les préjugés antiques sur les Syriens, Héliogabale est considéré comme indigne de son statut d'empereur, insignifiant, immature et fou par les historiens. Le culte à Élagabal est « obscène » et « atroce », « au niveau moral de peuplades insociables et sanguinaires » selon les mots de Franz Cumont (Les Religions orientales dans le paganisme romain, 1906). Les Sévères sont des Sémites prenant leur revanche sur la civilisation gréco-romaine ; Héliogabale est le pire souverain qu'eurent les Romains car d'origine orientale. Aucune monographie ne lui est dédiée : ses extravagances (et notamment sa sexualité) sont susceptibles de nuire à la réputation du chercheur s'y intéressant, pouvant amener au procès pour manque de respect aux bonnes mœurs[I 31].

Gravure en noire et blanc du portrait d'un homme chauve aux grosses lèvres et barbu, orienté de trois-quart vers la droite, avec le sous-titre « Remy de Gourmont » en lettres capitales.
Remy de Gourmont, gravure de P.-E. Vibert, 1911.

Le critique littéraire Remy de Gourmont décrit Héliogabale comme un adolescent n'ayant pas le souci de gouverner, mais son règne marque une période d'abondance. Il le définit comme un « Syrien judaïsant », tentant l'unité religieuse. Si l'opinion de Gourmont est assez douce à l'égard d'Héliogabale, elle présente des préjugés racistes sur les Orientaux, qui se retrouvent chez les auteurs postérieurs, comme l'universitaire américaine Orma Fitch Butler (Studies in the life of Heliogabalus, 1910) : elle critique particulièrement le pseudo-Lampride, mais son jugement d'Héliogabale reste très sévère[I 32].

Interprétations psychologiques

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En 1901, Ludwig von Scheffler-Weimar écrit un article sur Héliogabale, qu'il diagnostique comme étant un « hermaphrodite impérial » : « avec un psychisme féminin, il était physiquement un homme »[I 33]. Mais les études héliogabaliennes attirent peu d'attention dans l'entre-deux-guerres, à l'exception notable d'Héliogabale ou l'Anarchiste couronné (1934) d'Antonin Artaud, biographie romancée ayant beaucoup influencé l'intérêt des historiens pour lui[I 32].

The Amazing Emperor Heliogabalus (1911) de John Stuart Hay surprend pour son époque. Hay dépeint Héliogabale comme un monothéiste instituant un « culte de la vie et de la lumière ». Il tente d'une analyse psychologique de l'empereur, dans la continuité des études sur la sexualité de Richard von Krafft-Ebing, le décrivant comme un « hermaphrodite psychosexuel » souffrant de « mauvaises tendances » sexuelles . Influencé par l'orientalisme, Hay le qualifie de « personne incroyablement généreuse, instinctivement confiante, ouverte et chaleureuse », possédant « la faiblesse et la douceur des races sémitiques ». L'essayiste français Roland Villeneuve continue cette étude psychologique dans Héliogabale, le César fou (1957) : considérant que l'ouvrage d'A. Artaud est une autorité en la matière, il diagnostique Héliogabale comme un névropathe exhibitionniste, atteint d'une « psychopathie religieuse » et présentant des signes de « dégénérescence »[I 34].

Déconstruction récente

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Après la Seconde guerre mondiale, Ronald Syme (The Roman Revolution, 1958) est l'un des premiers à étudier la fabrique de l'opinion par les empereurs. Mais c'est avec Augustus und die Macht der Bilder (1987), écrite par Paul Zanker, qu'il va y avoir une évolution de la façon d'aborder les historiens antiques et comment ils forgent le mythe d'un souverain, en l’occurrence d'Auguste. Il y eut une prise de conscience que les portraits des empereurs servent aussi à véhiculer certains messages et idées et de premières monographies émergent sur le règne d'Héliogabale. Georges Duviquet (Héliogabale raconté par les historiens grecs et latins, 1903) suit encore de près les sources classiques[I 32].

La thèse de G. R. Thompson (Elagabalus. Priest-Emperor of Rome, 1972) et l'ouvrage de R. Turcan (Héliogabale et le sacre du Soleil, 1985) n'apportent rien de neuf aux études héliogabaliennes, continuant de présenter ses scandales et ses excès comme des faits. Martin Frey (Untersuchungen zur Religion und zur Religionspolitik des Kaisers Elagabal, 1989) procède à la première véritable analyse des sources, mais il s'intéresse uniquement au culte d'Élagabal et son rôle durant le règne d'Héliogabale[I 35]. Dans un chapitre de son ouvrage[T 20] et une étude postérieure[77], Turcan conteste le caractère monothéiste et césaropapiste prêté à Héliogabale par le pseudo-Lampride, ne faisant que subordonner les autres divinités à Élagabal.

Saverio Gualerzi (Né uomo, né donna, né dio, né dea, 2005) soutient qu'Héliogabale s'est aliéné ses sujets par sa moralité et son luxe indécents, mais aussi en refusant les rôles sociopolitiques, sexuels et religieux traditionnels incombant aux empereurs romains. Artaud avait déjà souligné l'androgynie fondamentale du culte à Élagabal, mais cela n'avait pas été relevé par les auteurs postérieurs. Martin Sommers (Elagabal - Wege zur Konstruktion eines 'schlechten' Kaisers, 2004) est le premier à s'intéresser aux images d'Héliogabale plutôt qu'aux événements de son règne. Il va plus loin que Theo Optendrenk (Die Religionspohtik des Kaisers Elagabal im Spiegel der Historia Augusta, 1969), qui s'était préoccupé de savoir dans quelle mesure la politique religieuse d'Héliogabale, telle que présentée dans l’Histoire Auguste, était vraie. Quelques études ont été consacrées à la façon dont l'empereur se représentait lui-même, notamment celle d'Erika Manders. Les pages consacrées au règne d'Héliogabale dans The Cambridge Ancient History sont plus neutres dans la révision de 2005 que dans l'édition originale de 1939 : la réforme religieuse « maladroite » d'Héliogabale est toujours critiquée, mais les jugements moraux sur son efféminement et sa sexualité ont disparu[I 36].

Héliogabale dans les arts et la culture

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La présence littéraire et les représentations figurées d'Héliogabale sont rares avant le XIXe siècle, où il devient une inspiration majeure pour les Décadents. Héliogabale cesse d'être une simple allusion, il devient souvent un personnage négatif ou un antagoniste. Les anecdotes scandaleuses de l’Histoire Auguste sont très populaires. Depuis la seconde moitié du XXe siècle, sa figure connait particulièrement un essor artistique et littéraire en tant qu'icône homosexuelle et trans[78],[79].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Son prænomen de naissance est incertain.
  2. Orthographié Ἐλε(ο)γαβάλος (Ele(o)gábalos) par Dion Cassius et Ἐλαιαγάβαλος (Elaiagábalos) par Hérodien. La forme Heliogabalus (en grec : Ηλιογάβαλος / Hēliogábalos) est une contraction avec le nom d'Hélios, personnification grecque du Soleil. Elle est utilisée pour la première fois par Aurelius Victor au IVe siècle[I 1]. Les formes Ele(o)gabalus, Elagabalus, Aelagabalus ou Ælagabalus sont attestées en latin[I 2] Des auteurs modernes et contemporains ont soutenu que le nom vient de l'araméen אלהא גבילא (ʾĕlāhaʾgabāl), « [le] dieu créateur »[F 1],[1]. Une autre proposition est El-Gabal, « [le] dieu Gabal », assimilé au dieu Gibil[2]. Cependant, le consensus actuel est « le dieu de la montagne », lecture proposée par Jean Starcky en 1975, d'après l'araméen ou l’arabe إله الجبل (ilah al-jabal)[T 1],[I 2],[Mc 1].
  3. Comme les Grecs, les Romains ne différencient généralement pas la Syrie et l'Assyrie[40].
  4. « Antoninus Heliogabalus. Sub quo Marcellus Caesar et Sallustius Uranius Seleucus atque Taurinus tyranni fuerunt »
  5. Dans une tentative de légitimation, Macrin avait donné les titres d'Antoninus, de Severus et d'auguste à Diaduménien[I 10].
  6. AQVA•TRIAN(A)•Q(VINTVS)•ANICIVS•Q(VINTI)•F(ILIVS)• ANTONIAN(VS)•CVR(ATOR)•THERMARVM•VARIANARVM (en français : « Aqueduc de Trajan. Quintus Anicius Antonianus fils de Quintus, curateur des thermes de Varius »).
  7. Louis Couperus pense que la violation d'une vestale est une insulte délibérée envers Rome, où il ne se sentait pas chez lui.
  8. Et non dans sa sixième année de règne, comme l'affirme Hérodien[H 15].
  9. Soit en français : « Commandant et césar Marc Aurèle Antonin, fils du divin et grand Antonin le Pieux [Caracalla], petit-fils du divin [Septime] Sévère, pieux, heureux, auguste, grand-prêtre du dieu soleil invaincu Élagabal, grand-pontife, détenteur de la puissance tribunitienne pour la quatrième fois, acclamé commandant pour la quatrième fois, consul pour la cinquième fois, père de la patrie. »
  10. L’Histoire Auguste fait de Zoticus l'époux d'Héliogabale et Hiéroclès un de ses nombreux amants[HA 1].
  11. On retrouve ces poncifs au Ier siècle chez Quintilien : « on pourra dire qu'un corps épilé, une attitude brisée, une robe traînante, sont dans un homme les signes d'un caractère mou et efféminé, s'il est vrai que […] ces manières décèlent la dépravation des mœurs, comme des traces de sang décèlent un meurtre »[76].
  12. Le pseudo-Lampride utilise aussi tour à tour les noms Varius Héliogabale, Antonin Varius ou encore Antonin Héliogabale.
  13. Nom donné par le pseudo-Lampride, reprit par Boccace.

Références

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Primaires

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  • Dion Cassius :
  1. LXXΙΧ:3
  2. 1 2 3 LXXΙΧ:9
  3. LXXΙΧ:20
  4. 1 2 LXXΙΧ:15
  5. 1 2 3 LXXΙΧ:14
  6. 1 2 LXXΙΧ:16
  7. LXXΙΧ:19
  8. LXXΙΧ:21
  9. LXXΙΧ:8
  • Hérodien :
  1. V:8
  2. V:9
  3. V:10
  4. V:4
  5. V:12
  6. V:15
  7. V:6
  8. V:16
  9. V:17
  10. 1 2 V:18
  11. V:19
  12. V:20
  13. V:21
  14. V:22
  15. V:13.
  16. 1 2 3 V:14
  • Histoire Auguste :
  1. Antonin Héliogabale, X.
  2. 1 2 Antonin Héliogabale, I
  3. Antonin Héliogabale, II

Modernes

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  1. 1 2 3 Icks 2008, p. 13-14.
  2. 1 2 Icks 2008, p. 32.
  3. 1 2 Icks 2008, p. 49.
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Autres références

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Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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