Henri Maux

ingénieur des ponts et chaussées

Henri Maux (-) est un ingénieur des ponts et chaussées coloniaux, spécialiste de l'hydraulique agricole (irrigation et drainage) et l'un des premiers hauts fonctionnaires français à traiter le problème du chômage.

Henri Maux
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Biographie
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Carrière

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Il est élève de l'École polytechnique (X1920N)[1].

Ingénieur agronome en Indochine française

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Il effectue les dix premières années de sa carrière en Indochine : sept ans au Cambodge, puis trois ans en Cochinchine. Grâce à la politique des Grands Travaux décidée par la métropole, il multiplie par dix la production du riz dans la région du Transbassac[2] et fait remuer autant de terre que pour le creusement du canal de Suez[3],[4]. Au cours de ses voyages, il prend de nombreuses photos.

Mission internationale en Chine

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Il effectue ensuite une mission dans la Chine de Tchang Kaï-chek, pour le compte de la Société des Nations, au début de la guerre sino-japonaise[5] et prend de nombreuses photos[6].

Pendant la Seconde Guerre mondiale

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Il rentre en France à la déclaration de guerre en . Il est affecté comme capitaine du Génie sur la ligne Maginot, il est démobilisé lors de l'armistice[1].

Il accepte un poste dans le cabinet du ministre du Travail du régime de Vichy René Belin : commissaire adjoint à la lutte contre le chômage pour la zone sud[7]. Il y recrute des figures de la Résistance comme Berty Albrecht et Guy de Saint-Hilaire et devient ensuite correspondant du réseau Marco[1]. En lui est confiée la gestion du sort des étrangers établis en zone sud (70 nationalités), qui embarrasse le gouvernement de Vichy. Placé à la tête des Groupements de travailleurs étrangers, il semble qu'il ait pu assouplir leur régime discriminatoire et améliorer leur sort en leur assurant soit un salaire, soit des primes[8]. Il va protéger les Juifs, ce qui lui vaudra d'être nommé « Gardien de la Vie » par le Consistoire central de France[9].

Maux est à l'origine de l'extension de la riziculture en Camargue[10]. Survolant en avion avec son ministre, le delta du Rhône, en , il constate que « La Crau, la Camargue, ce sont des régions où tout reste à faire ! La Cochinchine a 50 ans d’avance sur elles, en particulier pour les questions d’hydraulique agricole » selon l'écrivain Alexandre Vialatte venu l'interviewer à deux reprises[11]. Il fait alors envoyer en Camargue environ 500 Indochinois[12] familiarisés avec la culture du riz, qui peuvent ainsi échapper au sort pénible qui leur est réservé dans les camps et les usines d’armement. La première récolte de riz en Camargue a lieu à l’automne 1942 et représente 125 tonnes de riz consommable, pour 250 hectares de rizières[10].

Malgré ses efforts pour dresser les contours d'une politique de lutte contre le chômage[13] Maux est mal perçu par Vichy en raison de son opposition aux Lois sur le statut des Juifs et des activités anti-gouvernementales qu’il couvre : camouflage des véhicules militaires depuis le début de 1941, refus du serment de fidélité des fonctionnaires au Maréchal Pétain et de la Francisque, fabrication de faux papiers, protection des Juifs[14],[1],[9],[15].

Il démissionne de ses fonctions en [8]. Avant de quitter son poste, Maux va obtenir le maintien de son service, qui protège près de 80 000 hommes : ce sera le « Service liquidateur du CLC » qui survivra encore deux ans, dans des conditions de plus en plus difficiles[réf. nécessaire].

Il est affecté début 1943 à Paris comme directeur du personnel au ministère des Colonies. Il intervient pour éviter le Service du travail obligatoire à ses jeunes administrés. Au début de 1944, il prend contact avec René Pleven, alors Commissaire aux Colonies du Comité français de libération nationale. À la Libération, son cas est traité par la commission d'épuration ; il échappe à des sanctions grâce à l'intervention de René Pleven[16].

Diplomate en Extrême-Orient

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En 1945, sur la proposition de René Pleven, il est nommé par le général de Gaulle pour créer et diriger la Mission économique française d’Extrême-Orient[16],[17].

Il a le statut de ministre plénipotentiaire, rapportant le dossier de la conférence inter-États, qui devait se réunir le à Pau[18], et participe aux conférences économiques de l'ECAFE[19]dédiées à l'Asie et à l'Extrême-Orient. Il disparaît le lors du crash en mer du DC-4 Air France[20] assurant la liaison entre Saïgon et l'île de Bahreïn ; c'est l'une des 86 victimes de la catastrophe des deux DC-4 d'Air France en [21],[22].

Postérité

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Son parcours sous le régime de Vichy est évoqué en arrière-plan du rôle d'Henri Marre dans le film Notre salut d'Emmanuel Marre en 2026[23].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 « Gérard Brunschwig. La lutte contre le chômage à Vichy. La Jaune et la Rouge, septembre 2002 », sur La Jaune et la Rouge, .
  2. ↑ Maux 1953
  3. ↑ La Belle Aube. Jeune ingénieur en Indochine 1927-1936, A.Maux-Robert, Les Presses du Midi, 2014
  4. ↑ Conférence sur l’Hydraulique Agricole en Indochine, par H. Maux, 1944 à la Ligue Maritime et coloniale, puis à la Sorbonne; Note sur les canaux mixtes de Basse Cochinchine par H. Maux, Bulletin de l’association internationale des Congrès de Navigation, janvier 1937.
  5. ↑ Le Dragon de l’Est. En mission dans la Chine en guerre 1937-1939 , A. Maux-Robert, Champflour, 1999, édité avec le concours du ministère des Affaires étrangères
  6. ↑ (en) « Livret de l'expo La Chine des années 30 vue par l'ingénieur Henri Maux - Bibliothèque des Ponts » [archive du ], sur Issuu via Internet Archive (consulté le ).
  7. ↑ Peter Gaida. La main-d’œuvre encadrée. Hypothèses, 11 mars 2024.
  8. 1 2 Vincent Viet. La France immigrée. Fayard, 2014 (ISBN 9782213658841), note 64.
  9. 1 2 « Olivier Herz. Henri Maux (X20N), Bâtir, résister, diriger. La Jaune et la Rouge, 2025, n°809 », sur La Jaune et la Rouge, .
  10. 1 2 « Le Riz en Camargue » [archive du ], sur Guide de tourisme Camargue.fr via Internet Archive (consulté le )
  11. ↑ Interview Alexandre Vialatte, journaliste au Petit Dauphinois, Vichy, août 1941
  12. ↑ « Indochinois en Camargue renaissance de la culture du riz », sur www.travailleurs-indochinois.org (consulté le )
  13. ↑ Sarah Fishman, La France sous Vichy : autour de Robert O. Paxton, Paris, Éditions Complexe - IHTP/CNRS, (ISBN 2-8048-0002-4, lire en ligne), Henri Maux, Chômage et reclassement, La revue des Hautes Études Politiques, Sociales, Économiques et Financières no 6, juin 1942, p. 8
  14. ↑ Denis Peschanski, Les camps français d’internement (1938-1946), Doctorat d’État en Histoire, Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2000, p. 385.
  15. ↑ Robert Belot. La Résistance sans De Gaulle : politique et gaullisme de guerre. Fayard, 2006 (ISBN 9782213629544), p. 243.
  16. 1 2 Anne-Aurore Inquimbert, Antoinette Maux-Robert, La lutte contre le chômage à Vichy : Henri Maux, le Juste oublié. 1939- 1945, persee.fr, Paris, Lavauzelle, 2002 (note bibliographique). Revue historique des Armées 2003 (231) : 133
  17. ↑ Philippe Bonnichon, Pierre Gény et Jean Nemo, Présences françaises outre-mer, XVIe – XXIe siècles Tome 1, Histoire; périodes et continents, Paris, Académie des Sciences d'Outre-Mer - Karthala, , 1816 p. (ISBN 978-2-8111-0743-7 et 2-8111-0743-6, lire en ligne), p 726-730
  18. ↑ "Les accidents des 12 et 14 juin font rebondir les commentaires au sujet du trafic des piastres", article dans "Le Monde" du 17 juin 1950
  19. ↑ UN Intellectual History Project, from ECAFE to ESCAP
  20. ↑ « | SNPNC », sur www.snpnc.org, (consulté le ).
  21. ↑ (en) « 45 Personns Missing After Plane Crash », The Daily Iowan,‎ , p. 1 (lire en ligne [PDF]).
  22. ↑ « Henri Maux », Le Monde,‎ .
  23. ↑ Marie Sauvion, « “Notre salut”, d’Emmanuel Marre : le portrait d’un collabo ordinaire, dans un film sur Vichy stupéfiant » Accès limité, sur Télérama.fr, (consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Henri Maux, Étude sur le Transbassac, Paris, Commandement des forces terrestres du Sud Viet-Nam, (lire en ligne [PDF]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Antoinette Maux-Robert, La lutte contre le chômage à Vichy - Henri Maux, le Juste oublié 1939-1944, Éditions Charles Lavauzelle, Panazol, 2002 Document utilisé pour la rédaction de l’article.

Articles connexes

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Liens externes

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