Hiérarchie des normes en droit belge

En Belgique, la hiérarchie des normes définit et organise la prévalence des normes juridiques et des actes administratifs du droit belge ainsi que l'application des différents traités internationaux signés par le royaume.

La Constitution de la Belgique se trouve au sommet de la hiérarchie des normes juridiques belges, après le droit international.

Elle se base sur le principe de séparation des pouvoirs ainsi que sur la théorie de la hiérarchie des normes d'Hans Kelsen, s'opposant au principe d'équipollence des normes. La philosophie générale veut que chaque norme soit conforme à l'ensemble des normes qui lui sont hiérarchiquement supérieures et que son respect soit contrôlé par le pouvoir judiciaire.

Les organes de contrôles sont la Cour constitutionnelle, le Conseil d'État et la Cour de cassation, en fonction de leur domaine de compétence.

Hiérarchie

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La pyramide de la théorie de hiérarchie des normes d'Hans Kelsen.

Le droit belge établit la pyramide suivante pour sa hiérarchie des normes[1],[2] :

Elles ont une valeur juridique quasi égale entre elles (très légèrement inférieure pour les ordonnances) et ne sont pas censées entrer en conflit puisqu'elles portent sur des matières et des territoires différents.

  • Les règlements, adoptés par le pouvoir exécutif en application des normes dictées par le pouvoir législatif sous la forme :
  • Les circulaires : ordres ou recommandations contenant l'interprétation administrative des normes en vigueur mais n'ayant pas force de loi.
  • Les résolutions ou les motions : généralement considérées comme se trouvant hors du spectre de l'activité juridique. Il s'agit de textes adoptés par une assemblée parlementaire mais qui ne relèvent pas de l'activité législative de cette dernière et qui vise « soit à porter à la connaissance du gouvernement un certain nombre d'informations, généralement dans le but d'orienter la politique de ce dernier, soit à définir les grandes orientations du travail parlementaire »[3]. Un exemple notoire est la résolution du parlement de la Communauté française de Belgique du , décidant de faire usage de l'appellation « Fédération Wallonie-Bruxelles » pour désigner usuellement la Communauté française de Belgique[4], ce qui est jugé anticonstitutionnel et suscite de vives réactions dans le monde politique, tout particulièrement dans la communauté flamande[5].

Règle en cas d'équipollence et de contradiction

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Lorsque deux normes se trouvent au même niveau et se contredisent, on applique les deux principes suivants[6] :

  • Lex posterior derogat priori : la loi la plus récente prime sur la loi la plus ancienne ;
  • Lex specialis derogat legi generalis : la loi la plus spécifique prime sur la loi la plus générale.

Spécificités

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Organes de contrôle

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Les hôtels de Coudenberg abritent notamment la Cour constitutionnelle.

En Belgique, les trois organes de contrôle dépendant du pouvoir judiciaire et sont[7] :

  • Le Conseil d'État : il vérifie la conformité des actes administratifs par rapport aux règles supérieures. Le Conseil d’État ne peut toutefois pas annuler une norme législative ;
  • La Cour constitutionnelle : elle vérifie la conformité d’une loi, d'un décret ou d'une ordonnance eu égard à la Constitution de la Belgique ;
  • La Cour de cassation : elle vérifie les décisions juridictionnelles au regard du droit interne.

Critiques

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Les juristes ne sont pas tous d’accord sur la place que chaque norme devrait avoir dans la pyramide belge et plusieurs arrêtés sont contradictoires. Le débat porte essentiellement sur la place du droit européen par rapport à la Constitution de la Belgique, qui lui est subordonnée[8]. En effet, le principe de primauté du droit de l’Union européenne sur le droit des états-membres fait jurisprudence depuis plusieurs jugements de la Cour de justice de l’Union européenne, comme l'arrêt « Costa contre Enel » du , l'arrêt « Internationale Handelsgesellschaft » du ou encore l'arrêt « Marleasing » du [9].

Ce n'est cependant pas le cas dans tous les pays de l'Union, comme par exemple en droit français où la hiérarchie des normes est différente. En Belgique, la question a souvent fait débat et déclenché de multiples controverses[10],[11] mais la Cour constitutionnelle a fini par reconnaitre la primauté du droit européen, même à l’encontre de certains arrêts de la Cour de cassation au début des années 2020[12].

Voir aussi

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Notes et références

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  1. ↑ « Hiérarchie des normes », sur CRISP - Centre de recherche et d'information socio-politique (consulté le )
  2. ↑ « Aux sources de vos droits : lois, décrets et arrêtés », sur Confédération des syndicats chrétiens (consulté le )
  3. ↑ « Résolution », sur CRISP - Centre de recherche et d'information socio-politique (consulté le )
  4. ↑ « Proposition de résolution relative à l'utilisation de la dénomination « Fédération Wallonie-Bruxelles » dans les communications de la Communauté française », sur L'aménagement linguistique dans le monde (consulté le )
  5. ↑ Mireille Smekens, « Fédération Wallonie-Bruxelles: la Flandre avale de travers », RTBF,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ « Hiérarchie des normes », sur Femmes de Droit (consulté le )
  7. ↑ « La hiérarchie des normes en Belgique », sur studylabs.be (consulté le )
  8. ↑ « Introdcution au droit public belge - Chapitre 8: l'État de droit. », sur Université de Liège (consulté le )
  9. ↑ Maxime Bizeau, « Le principe de primauté du droit de l’Union européenne », sur fiches-droit.com (consulté le )
  10. ↑ Joe Verhoeven, Sur les traces laissées en droit belge par le droit international public, vol. 22, Bruxelles, Presses de l'Université Saint-Louis, coll. « Revue interdisciplinaire d'études juridiques », , p. 205-223
  11. ↑ W. J. Ganshof van der Meersch, « Le juge belge et le droit international », sur Revue belge de droit international (consulté le )
  12. ↑ Nicolas de Sadeleer, « La Cour constitutionnelle reconnaît la primauté du droit européen, même à l’encontre de certains arrêts de la Cour de cassation », Justice-en-ligne,‎ (lire en ligne, consulté le )