Ilurberrixus
Ilurberrixus est le nom traditionnellement donné à une divinité indigène des Pyrénées centrales, attestée par plusieurs inscriptions d'époque romaine. Les formes épigraphiques conservées sont notamment Ilurberrixo à Escunhau et I[lu]rberi deo à Saint-Pé-d'Ardet. Une troisième inscription, découverte à Tibiran-Jaunac, porte une lecture plus incertaine, Ilurbe[rr]ixo[2].
| Ilurberrixus | |
| Religion aquitaine | |
|---|---|
Copie de l’inscription CIL XIII 23. ILVRBERRIXO ANDEREXO Elle se trouve dans l’église Saint-Pèir d'Escunhau. L’original a été volé[1]. | |
| Caractéristiques | |
| Autre(s) nom(s) | Ilurberrixo, Ilurberixus, Ilurberi |
| Nom aquitain | Ilurberrixo |
| Fonction principale | Divinité locale aquitaine |
| Représentation | Inconnue |
| Lieu d'origine | Saint-Pé-d'Ardet, Tibiran-Jaunac et Escunhau |
| Période d'origine | Antiquité romaine |
| Groupe divin | Divinité aquitaine |
| Culte | |
| Région de culte | Pyrénées centrales |
| Mentionné dans | Inscriptions découvertes à Saint-Pé-d'Ardet, Tibiran-Jaunac et Escunhau |
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Attestations épigraphiques
modifierLa principale attestation provient d'Escunhau, dans le Val d'Aran. L'inscription, gravée sur un autel en marbre, conserve les deux noms ILVRBERRIXO et ANDEREXO. Sa lecture et son interprétation ont toutefois fait l'objet de discussions, notamment sur l'identification respective de ces deux noms[3].
À Saint-Pé-d'Ardet, une inscription votive porte la séquence I[lu]rberi d[e]o. Le mot deo indique que le nom qui précède est celui d'une divinité. Une autre inscription, provenant de Tibiran-Jaunac, conserve la séquence Ilurbe[rr]ixo, dont la restitution demeure incertaine[2].
Ces attestations se concentrent dans les Pyrénées centrales, de part et d'autre de la frontière actuelle, dans une zone où les inscriptions romaines conservent de nombreux noms indigènes généralement rattachés à l'aire aquitaine[2]. La forme d'Escunhau, Ilurberrixo, diffère de I[lu]rberi à Saint-Pé-d'Ardet, tandis que les lacunes de l'inscription de Tibiran-Jaunac imposent une certaine prudence[2].
Théonyme et interprétation linguistique
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La forme Ilurberrixus est un nominatif reconstruit utilisé dans la bibliographie moderne ; les formes directement attestées sont principalement Ilurberrixo et I[lu]rberi. Le choix d'Ilurberrixus comme titre suit la forme lexicalisée dans les études consacrées aux divinités aquitaines, sans masquer les incertitudes de la documentation épigraphique[2].
Le nom est généralement analysé en deux éléments, Ilur- et berrix-. Le premier apparaît dans plusieurs noms aquitains, notamment Iluron et Ilurgorri, ainsi que dans des toponymes antiques tels qu'Iluro. Le second a été rapproché du basque moderne berri, « nouveau »[2]. L'élément ilur- a également été rapproché d'une racine attestée dans l'onomastique ibérique et aquitaine, à laquelle certains chercheurs attribuent une valeur liée à la « cité » ou à l'« établissement »[4].
Une ancienne interprétation proposait ainsi de comprendre le nom comme un composé signifiant « ville neuve », par rapprochement avec des formes basques et aquitaines telles que Iliberri. Cette analyse, reprise dans la littérature consacrée à l'onomastique aquitaine, reste toutefois hypothétique. Le rapprochement avec le basque moderne doit être considéré avec prudence, car les données disponibles ne permettent pas toujours de déterminer directement le sens des formes aquitaines anciennes[4].
Fonction
modifierL'inscription de Saint-Pé-d'Ardet constitue une attestation explicitement religieuse grâce à la formule I[lu]rberi deo. Il est donc possible de considérer Ilurberi comme un théonyme dans cette inscription, tandis que les autres attestations doivent être examinées séparément en raison des incertitudes de lecture et d'interprétation[2].
Aucune fonction particulière ne peut être attribuée avec certitude à Ilurberrixus — dieu des villes, de la guerre, de la fertilité ou des montagnes, par exemple — sur la seule base du théonyme et de son étymologie supposée. L'interprétation traditionnelle d'Ilurberrixus comme un composé apparenté au basque iluro-berri, généralement compris comme « ville neuve », demeure une hypothèse linguistique et ne constitue pas une traduction certaine du nom divin[2],[5].
Notes et références
modifier- ↑ (oc) Jean-Luc Schenck-David, Era Val d'Aran ena epòca romana, Val d'Aran, Institut d'Estudis Aranesi - Acadèmia Aranesa dera Lengua Occitana, , 116 p. (ISBN 978-84-09-57283-0, lire en ligne)
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Jean-Luc Schenck-David, « Les divinités indigènes dans la cité des Convènes », Aquitania, vol. 22, , p. 165-178 (ISSN 0758-9670, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (la) Otto Hirschfeld, Corpus Inscriptionum Latinarum : Inscriptiones trium Galliarum et Germaniarum Latinae, vol. 13, t. 1, Berlin, Georg Reimer, , p. 23
- 1 2 Xavier Ravier, « Iluro / Oloron : une problématique épuisée ? », Nouvelle revue d’onomastique, vol. 51, , p. 201-233 (ISSN 0755-7752, DOI 10.3406/onoma.2009.1516, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Juan Carlos López-Mugartza Iriarte, « Las relaciones históricas entre los valles de Ansó (Aragón) y Roncal (Navarra) y su reflejo en la lengua y en la toponimia », Alazet, vol. 20, , p. 33-120 (ISSN 0214-7602, lire en ligne, consulté le ).