Imm al-Zinât

village palestinien arabe du sous-district de Haïfa

Imm al-Zinât (en arabe : أُم الزينات) était un village palestinien arabe du sous-district de Haïfa. Il a été expulsé durant la première guerre israélo-arabe en deux étapes, les par le 4e bataillon de la brigade Golani. Il se trouvait à 20,5 km au sud-est d’Haïfa.

Imm al-Zinât
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Géographie
Pays
Sous-district
Superficie
22,16 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
1 470 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
66,3 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Carte

Le village était situé à 325 m d‘altitude[1].

Histoire

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Des céramiques byzantines ont été découvertes sur le territoire du village[2].

Des tombes en pierre taillée ont été trouvées au sud et au sud-est du village, datant de l’ère chrétienne[3].

Le nom du village signifie le "lieu des festivals"[4].

Période ottomane

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En 1859, le consul du Royaume-Uni Rogers estime la population à 350 personnes, cultivant 25 feddans[5].

En 1870, Victor Guérin estime sa population à 450 personnes. Certains jardins sont entourés d’épineux. La medhafeh, ou maison des invités, sert aussi de mosquée[6].

En 1882, l’enquête du PEF's sur la Palestine décrit un village de bonne taille, construit sur une croupe, aux maisons principalement de pierre et un puits au sud. Le site a l’air ancien, avec des tombes taillées dans la roche[5].

Le recensement de 1887 compte 750 habitants, tous musulmans[7].

Une école primaire pour garçons est fondée en 1888.

Mandat britannique

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Dans le recensement de la Palestine mandataire de 1922, Imm al-Zinât était peuplé de 787 habitants, dont 782 musulmans et 5 chrétiens[8], tous melchites[9]. Elle augmente à 1 020 musulmans et 9 chrétiens, dans 209 maisons, au recensement de 1931[10].

En 1945, les Statistiques de Village estiment la population à 1470 habitants en 1945 dont 1450 musulmans et 20 chrétiens[11],[12] et 22 156 dunams de terres[12]. 1742 dunams étaient plantés de vergers ou irrigués, 9879 destinés aux céréales[13] et 69 dunams construits[14].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique

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Maisons du moshav Eliakim. D‘après Ariella Azoulay, les tas de terre alignés au premier plan sont les traces de la destruction des maisons d‘Umm az-Zinat, soigneusement déblayés mais mélangeant la terre et les pierres des maisons palestiniennes détruites (référence dans la légende de l’image suivante).
Installation du panneau d‘entrée du moshav Elyakim, construit à la place du village palestinien. L‘érection du panneau fait partie du programme de désarabisation et d'hébraïsation de la Palestine. Tout comme la propriété des Palestiniens n’est pas reconnue, leur culture et les noms de lieux arabes ne sont pas reconnus et effacés pour être remplacés par des noms de lieux hébreux[15].

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Imm az-Zinât est attribué à l’État arabe[16].

Au début de la guerre de Palestine de 1948, une unité sioniste portant des uniformes britanniques attaque le village dans la nuit du 19 au 20 janvier. Aucune victime n’est mentionnée[1].

Le 30 avril, les habitants d’Al-Rihaniyya quittent leur village car « nous n'avions pas d'armes pour le défendre ». Ils trouvent refuge à Umm az-Zinat et en sont à nouveau expulsés par la Haganah (d'après les villageois, sans provocation de leur part) et ils s’enfuient « sans rien d'autre que nos vêtements », à Ijzim. Ils y sont restés pendant plusieurs mois, jusqu'à ce que les forces sionistes ne les en expulsent à nouveau. Les informateurs de Rosemarie Esber se sont ensuite retrouvés à Umm al-Fahm[17].

Au cours de la même opération dite Bi’ur Hametz (nettoyage de Passover), la population d’Imm az-Zinât est expulsée en [18]. D’après Morris, les femmes et les enfants sont évacués début mai[19]. D’après un des villageois, « La veille de la chute du village, trois hommes de la colonie d’Ein HaEmek sont entrés dans notre village pour nous avertir que la Haganah se préparait à entrer dans notre village, leur but étant de nous intimider et de nous pousser à fuir et abandonner le village. Quelques uns ont eu peur et ont fui, et d’autres sont restés et ont attendu leur destin[20]. »

La brigade Golani prend le village le , et expulse les villageois restant. En août, l’armée israélienne revient, avec l’ordre de tuer les hommes et d’expulser les femmes qu’elle trouverait dans le village. Au moins deux hommes palestiniens sont tués, et des femmes sont expulsées[21],[22],[23].

En 1949, le moshav d’Eliakim est fondé au sud du site du village[24]. En 1992, Khalidi décrit le site du village : « Les maisons sont réduites à des tas de gravats qui ont été dispersés sur tout le site. Le site lui même est envahi d’épineux, de buissons, de cactus, de grenadiers et figuiers. Un petit bois couvre une partie du site. Le cimetière du village est toujours visible. Les terres environnantes sont utilisés par les Israéliens pour faire paître le bétail et par des plantations d’oliviers et d’arbres fruitiers[24]. ».

En 2005, 77 familles d’Umm az-Zinat étaient réfugiées au camp de Jalazone en Cisjordanie. Un quartier du camp porte le nom du village[25]

Notes et références

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  1. 1 2 « Umm al-Zinat — أُم الزِينات  », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 6 juin 2026.
  2. ↑ Dauphin, 1998, p. 694.
  3. ↑ Conder and Kitchener, 1882, SWP II, p. 71-72.
  4. ↑ Palmer, 1881, p. 155.
  5. 1 2 Conder and Kitchener, 1882, SWP II, p. 43.
  6. ↑ Guérin, 1875, p. 244-245, 299.
  7. ↑ Schumacher, 1888, p. 178].
  8. ↑ Barron, 1923, Table XI, sous-district of Haifa, p. 33.
  9. ↑ Barron, 1923, Table XVI, p. 49.
  10. ↑ Mills, 1932, p. 97.
  11. ↑ Département des statistiques, 1945, p. 15.
  12. 1 2 Département des statistiques du gouvernement de Palestine, 1945, Village Statistics, avril, 1945. cité par Hadawi, 1970, p. 49.
  13. ↑ Gouvernement de Palestine, Département des statistiques, Statistiques par village, avril, 1945., cité par Hadawi, 1970, p. 92.
  14. ↑ Gouvernement de Palestine, Département des statistiques, Statistiques par village, avril, 1945., cité par Hadawi, 1970, p. 142.
  15. ↑ Ariella Aïsha Azoulay, « Architecture of Destruction, Dispossession, and Appropriation », Scapegoat, été-automne 2013, no 5, p. 163.
  16. ↑ Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
  17. ↑ Esber, 2008, p. 261
  18. ↑ Morris, 2004, p. , village #164.
  19. ↑ Morris, 2004, p. , note #67, p. .
  20. ↑ « الرفيق ابراهيم الفحماوي-أبو وائل- من أم الزينات الى الحليصة.بقلم د. خالد تركي - حيفا »,‎ .
  21. ↑ Morris, 2004, p. , notes #618-622, p. .
  22. ↑ Morris, 2004, p. .
  23. ↑ Morris, 2004, p. , note #192, p. .
  24. 1 2 Khalidi, 1992, p. 200.
  25. ↑ « Al-Jalazone Refugee Camp », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 6 juin 2026.

Annexes

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Bibliographie

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En français

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  • Mohammed al-Assad (auteur), Joseph Algazy (commentaires), Sara Descamps-Wassif (traductrice), Mémoires d’un village palestinien disparu, Paris : Albin Michel, 2002, 169 pages.

En anglais

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Liens externes

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