Jacqueline Manicom

romancière et sage-femme française

Jacqueline Manicom est une écrivaine et sage-femme féministe française née le en Guadeloupe et morte le à Massy, en Essonne.

Jacqueline Manicom
Jacqueline Manicom
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 41 ans)
MassyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Œuvres principales
  • Mon examen de blanc (1972)
  • La graine : journal d'une sage-femme (1974)

Écrivaine féministe, engagée et indépendantiste, elle produit une œuvre autobiographique fondée sur la triple exploitation de classe, de race et de sexe. Elle a publié deux romans, Mon examen de blanc en 1972 et La graine : journal d'une sage-femme en 1974.

Elle est fondatrice du planning familial de Guadeloupe.

Biographie

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Jacqueline Manicom est née le en Guadeloupe[1], « dans une case de la Guadeloupe ». Elle est l'aînée des vingt enfants (donc dix survivent) d’une famille de paysans. Son arrière-grand-mère est originaire de Calcutta et est venue d'Inde dans les années 1860[2]. Elle passe les premières années de sa vie au Moule, où son père est le chauffeur du patron de l’usine de rhum Gardel[2]. Elle doit stopper ses études à 17 ans et renoncer à passer le baccalauréat et son rêve d'être médecin, pour aider sa mère alitée par une grossesse, mais l'intervention de la sage-femme qui la sauve lui donne un nouvel objectif[2]. En 1958, elle arrive en métropole devient sage-femme à l'hôpital Bichat à Paris[3]. Elle y rencontre Jacques, un interne en médecine blanc, qu'elle épouse le , mais dont la famille de celui-ci impose le divorce après la naissance de leur fils[2]. Elle retourne en Guadeloupe et exerce à la clinique Bellevue des Abymes, où elle se remarie à Yves Letourneur, un professeur de philosophie et militant anticolonialiste[2].

Jacqueline Manicom joue un rôle actif dans la promotion de la santé des femmes[4]. Elle milite pour la liberté de la contraception et de l'avortement et en 1964 et cofonde avec son mari, Marie-Antoinette Simet-Lutin, professeure de collège et le médecin Jacques Abel, l'association du Planning familial de la Guadeloupe[5].

De retour avec son mari à Paris en 1966, elle travaille à l'hôpital Boucicaut, dans un contexte transformé par l'adoption de la loi Neuwirth qui autorise la contraception le [2].

Jacqueline Manicom s'engage aux côtés de Simone de Beauvoir dans le Mouvement de libération des femmes (MLF) et participe à la création du mouvement de lutte pour la dépénalisation de l'avortement, Choisir la cause des femmes[6], avec Gisèle Halimi, qui la fait témoigner lors du procès de Bobigny en 1972[5]. Au sein de l'association elle est membre du secrétariat national et du collectif médical[7].

Jacqueline Manicom se suicide le [3], à Massy. Elle est enterrée dans le caveau familial, en Guadeloupe.

Carrière littéraire

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Écrivaine féministe, engagée et indépendantiste, Jacqueline Manicom produit une œuvre d'inspiration autobiographique fondée sur la triple exploitation de classe, de race et de sexe[3]. Elle est comparée à Michèle Lacrosil et Mayotte Capécia dans sa manière de réagir aux ouvrages de ses prédécesseurs masculins et notamment l'indifférence sexuelle de Frantz Fanon[4],[8].

Mon examen de blanc

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Jacqueline Manicom publie son premier roman Mon examen de blanc en 1972[9],[10]. Dans ce livre, l'héroïne, une jeune femme métisse, avorte par ses propres moyens de l'enfant qu'elle a avec un européen blanc, abandonne ses études de médecine et repart en Guadeloupe pour retrouver ses racines. L'histoire de l'héroïne résonne avec l'histoire de l'île colonisée où elle vit, et son parcours de jeune femme au travers de sa relation avec un européen. Elle se rend compte de son aliénation culturelle et part à la recherche de ses propres racines culturelles[11],[12].

La Graine : journal d'une sage-femme

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Deux ans plus tard, c’est avec La Graine : journal d'une sage-femme qu’elle rencontre véritablement le succès[3],[13]. L'histoire prend la forme d'un journal fictionnel où elle évoque son expérience de sage-femme, notamment la détresse des femmes qui n'ont pas souhaité l'enfant dont elles viennent d'accoucher.

Publications

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  • Mon Examen de blanc, Sarrazin, , 208 p. (OCLC 5388988).
  • La Graine : Journal d'une sage-femme, Paris, Presses de la Cité, , 219 p. (ISBN 9782258187719).
  • La Graine (préf. Cloé Korman, ill. Hina Hundt), Paris, Gallimard, coll. L'imaginaire n°773, , 240 p. (ISBN 9782073135957).

Héritage

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Depuis 2025, une école du 20e arrondissement de Paris porte son nom[5].

Références

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  1. ↑ (en) Mary Ann Gosser Esquilín, « Manicom, Jacqueline », dans Dictionary of Caribbean and Afro–Latin American Biography, Oxford University Press, (ISBN 9780199935796, lire en ligne)
  2. 1 2 3 4 5 6 Doazan 2025.
  3. 1 2 3 4 Cottenet-Hage, Becker et Eisinger 1996.
  4. 1 2 Vincent Obidiegwu, « Histoire antillaise et évolution des écritures des femmes antillaises », Journal of Languages, Linguistics and Literary Studies (JOLLS),‎ , p. 195 (lire en ligne [PDF])
  5. 1 2 3 Samuel Piqueur, « Femmes d'Outre-mer : Jacqueline Manicom, la grande oubliée », sur Outre-mer La 1ère, (consulté le )
  6. ↑ Mélanie Bonvard, « Ce documentaire poignant revient sur l'histoire de cette femme méconnue qui a pourtant changé la vie de nombreuses de femmes », sur Cosmopolitan.fr, (consulté le )
  7. ↑ Bibia Pavard, Si je veux, quand je veux. Contraception et avortement dans la société française (1956-1979), Rennes, Presses universitaires de Rennes, , 356 p. (ISBN 9782753520264), p. 190
  8. ↑ Sam Haigh, « L'écriture féminine aux Antilles : une tradition féministe ? », LittéRéalité,‎ inconnue (lire en ligne [PDF])
  9. ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Pluie et vent sur Télumée miracle, de Simone Schwarz-Bart, Mon examen de blanc, de Jacqueline Manicom », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ (en) Betty Wilson, « Sexual, Racial, And National Politics: Jacqueline Manicom's "Mon examen de blanc" », Journal of West Indian Literature, vol. 1, no 2,‎ , p. 50–57 (ISSN 0258-8501, lire en ligne, consulté le )
  11. ↑ Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises, Karthala Editions, (ISBN 978-2-8111-4019-9, lire en ligne)
  12. ↑ Bibia Pavard, Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel, Ne nous libérez pas, on s'en charge, La Découverte, (ISBN 978-2-348-05567-6, lire en ligne)
  13. ↑ Claude Sarraute, « Jacqueline ou la vraie vie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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Ouvrages, articles

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  • Stéphanie Bérard, « Jacqueline Manicom », sur Dictionnaire universel des créatrices (consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Madeleine Cottenet-Hage, Mary-Helen Becker et Erica Mendelson Eisinger, Dictionnaire littéraire des femmes de langue française : de Marie de France à Marie NDiaye, Karthala, (ISBN 978-2-86537-676-6, OCLC 36626988), p. 398-400. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Blandine Doazan, « Sage femme en rage », Socialter, vol. 68, no 2,‎ , p. 96–97 (ISSN 2270-6410, lire en ligne, consulté le ).
  • Hélène Frouard, Jacqueline Manicom, la révoltée, Éditions de l'Atelier, , 200 p. (ISBN 9782708254428).
  • Chantal Maignan-Claverie, Le métissage dans la littérature des Antilles françaises, Karthala Editions, (ISBN 978-2-8111-4019-9, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Lizabeth Paravisini-Gebert, « Feminism, Race, and Difference in the Works of Mayotte Capécia, Michèle Lacrosil, and Jacqueline Manicom », Callaloo, vol. 15, no 1,‎ , p. 66–74 (ISSN 0161-2492, DOI 10.2307/2931400, lire en ligne, consulté le ).
  • (en) Betty Wilson, « Sexual, Racial, And National Politics: Jacqueline Manicom's "Mon examen de blanc" », Journal of West Indian Literature, vol. 1, no 2,‎ , p. 50–57 (ISSN 0258-8501, lire en ligne, consulté le ).

Documentaires, télévision

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Liens externes

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