Jacques Roux (1752-1794)
Jacques Roux, né le 21 août 1752 à Pranzac (Charente) et mort le 10 février 1794 à Bicêtre, est un prêtre constitutionnel et révolutionnaire français, surnommé le « curé rouge ». Installé à Paris en 1790, il devient vicaire de l'église Saint-Nicolas-des-Champs et s'engage dans la vie politique de la section des Gravilliers.
Détail d'une gravure de J.-Frédéric Cazenave d'après Charles Benazech, BnF, 1795.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Activités |
| Parti politique |
|---|
En 1793, il figure, avec Jean Varlet et Jean-Théophile Leclerc, parmi les principales figures des Enragés, une mouvance révolutionnaire radicale proche des sans-culottes. Face à la hausse des prix des denrées de première nécessité, il réclame leur taxation, la réquisition des grains et la répression des spéculateurs et des accapareurs. Le 25 juin 1793, il présente à la Convention nationale une pétition connue sous le nom de « manifeste des Enragés ».
Alors que certaines de leurs revendications sont reprises par la Convention, notamment avec l'adoption du Maximum général en septembre 1793, Roux est arrêté et emprisonné. Menacé de comparaître devant le Tribunal révolutionnaire, il tente une première fois de se suicider en janvier 1794, puis se donne la mort à Bicêtre le 10 février.
Biographie
modifierDes origines bourgeoises
modifierIssu d'une famille bourgeoise, Jacques Roux est le fils d'un ancien officier du régiment de Hainaut, devenu lieutenant et juge assesseur au marquisat de Pranzac, et d'une mère elle-même fille d'un médecin du Périgord.
Il bénéficie de la protection du seigneur de Pranzac, le comte de Pérusse des Cars, qui lui confère le titre de chanoine à l'âge de quinze ans et lui accorde une pension. Il étudie au collège Saint-Louis d'Angoulême, puis à l'université de Poitiers, où il obtient en 1769 le grade de maître ès arts. À l'âge de vingt ans, il enseigne la philosophie et la physique au séminaire d'Angoulême, avant d'être ordonné prêtre en 1779[1],[2].
Pendant cette période, il est mêlé à une affaire de meurtre. Le 18 juillet 1779, un frère subalterne de l'établissement, nommé Ancelet, fait feu sur un groupe de jeunes gens et tue l'un d'eux, le jeune chanoine Mioulle. De nombreux témoins affirment que les jeunes séminaristes, excédés par la sévérité de certains professeurs, particulièrement celle de Jacques Roux, lançaient des pierres contre les fenêtres de leurs professeurs.
Le supérieur et plusieurs prêtres sont arrêtés. Roux est appréhendé plus tard à Pranzac, tandis qu'Ancelet, auteur du coup de feu, n'est jamais retrouvé. Après trois mois de détention, les religieux bénéficient finalement d'une grâce royale[1]. Sans être davantage inquiété, Roux continue d'enseigner au séminaire jusqu'en 1784[3].
Un ecclésiastique atypique
modifierEn 1785, Roux est nommé aumônier au château de Montozier, auprès du comte de Crussol d'Uzès, qu'il quitte en mai 1786 avec une attestation élogieuse sur sa conduite. Après avoir été vicaire à Jonzac, il est nommé le 8 juillet 1787 à Cozes[4], où il fréquente les milieux protestants et publie un poème dans le Journal de Saintonge et d'Angoumois, qui suscite une vive polémique[5]. En septembre 1788, il est transféré à Saint-Thomas-de-Conac, où il demeure jusqu'en mai 1790.
Le 25 avril 1790, à la sortie de la messe, Morisset, officier municipal d'une paroisse voisine, annonce à tort l'abolition des droits féodaux. Des habitants s'en prennent alors aux bancs réservés du seigneur et du notaire dans l'église. Quelques jours plus tard, la tentative d'arrestation de Morisset par des hommes envoyés par le seigneur du Paty de Bellegarde déclenche une révolte paysanne. Plusieurs propriétés de ce dernier sont pillées et incendiées. Des détachements de la Garde nationale interviennent et 120 personnes sont arrêtées, dont 42 sont finalement poursuivies. Turpin de Jouhé, commissaire du roi chargé de la formation du département de la Charente-Inférieure, accuse Roux d'avoir encouragé les troubles par ses sermons, notamment en affirmant que les terres appartenaient également à tous et que les droits seigneuriaux ne devaient plus être acquittés[4].
Cette accusation reste cependant discutée. Depuis le 20 avril, Roux assurait le remplacement d'un curé à Ambleville, à environ 45 km du lieu des troubles. André Berland souligne que son sermon intitulé Le triomphe des braves parisiens sur les ennemis du bien public, dans lequel il célébrait la prise de la Bastille et louait Louis XVI, ne contenait aucun appel au partage des terres ni au refus des droits féodaux. Ce sermon n'étant pas daté, il ne permet toutefois pas de déterminer la teneur de ses autres prédications[4].
Les vicaires généraux de Saintes prononcent néanmoins contre Roux une peine d'interdit, l'empêchant d'exercer ses fonctions sacerdotales. En mai 1790, il quitte la Saintonge pour Paris, où il reprend quelques mois plus tard son activité religieuse et s'engage dans la Révolution.
Ses débuts politiques
modifier
Il arrive à Paris en mai ou juin 1790 et y vit dans un premier temps sous le nom d'emprunt de Renaudy. À la fin de l'année, il reprend son identité et fréquente le Club des cordeliers. Le , il prête volontairement serment à la Constitution civile du clergé dans l'église Saint-Sulpice de Paris, alors qu'il n'occupe encore aucune fonction ecclésiastique[6].
Il devient ensuite vicaire constitutionnel de l'église Saint-Nicolas-des-Champs, située dans la section des Gravilliers, où se déroule l'essentiel de son activité politique. De juin à novembre 1791, il exerce également des fonctions ecclésiastiques à Pantin, où il célèbre la messe les dimanches et jours de fête[7].
Roux acquiert progressivement une certaine notoriété auprès des sans-culottes de la section des Gravilliers. Ses discours contre les émigrés, les tyrans, les agioteurs et les accapareurs trouvent notamment un écho auprès des femmes sans-culottes. Ses brochures et ses prêches patriotiques contribuent à sa popularité.
Il entretient d'abord des relations personnelles avec Jean-Paul Marat. Lorsque celui-ci doit se cacher, Roux l'héberge pendant six jours à sa demande. Selon son propre témoignage, il lui cède son lit et refuse toute rémunération. Il rappellera cet épisode dans sa brochure Jacques Roux à Marat, publiée en 1793[8],[9].
En septembre 1792, Roux figure, avec Léonard Bourdon, parmi les 33 électeurs désignés par la section des Gravilliers pour siéger à l'assemblée électorale de Paris[10].

Membre du conseil général de la Commune de Paris, il est chargé, avec Jacques Claude Bernard, d'accompagner Louis XVI à son exécution, le . En août 1793, Roux indique comme adresse le 120, rue au Maire, au cloître Saint-Nicolas-des-Champs, à proximité du prieuré Saint-Martin-des-Champs, dont l'enceinte longeait cette rue[11].
Ses relations avec Marat se détériorent et donnent lieu à des polémiques publiques. Après l'assassinat de celui-ci en juillet 1793, Roux prend néanmoins sa défense[12]. En 8 août, Simone Évrard dénonce Roux et Jean-Théophile Leclerc devant la Convention nationale, les accusant d'usurper le nom de L'Ami du peuple et de dénaturer les idées de Marat. Roux répond à ces accusations dans son journal, rappelant notamment l'hospitalité qu'il avait autrefois accordée à Marat.
Roux : Principale figure des « Enragés »
modifier
Dès la fin de 1792 Roux avait formalisé son programme[13], il avait été décidé par la section de l'Observatoire où ce discours avait été lu, qu'il serait imprimé et adressé aux 47 sections parisiennes, au corps électoral, aux sociétés patriotiques et aux municipalités du département[14]. Ce discours, exprimant ainsi le cœur des revendications populaires, avait donc connu une très large diffusion[15]. Derrière le discours économique de Roux contre les agioteurs et les accapareurs de denrées, les propositions politiques qui le sous-tendent seront aussi largement approuvées, qu'il s'agisse de l'expulsion des Girondins ou de la peine de mort pour les agioteurs et les accapareurs de comestibles.
L'action de Jacques Roux et des Enragés se situe entre février et septembre 1793. Sans être un meneur des Sans-culottes, les discours qu'il tient depuis déjà plusieurs mois trouvent un écho auprès d'eux, et en particulier auprès des femmes. Le renchérissement des denrées, notamment du sucre et du savon, les rendent sensibles aux propositions de taxation.
En les premiers incidents éclatent. Les manifestants, principalement des femmes mais aussi des hommes, se font livrer le savon, la cassonade, le sucre et les chandelles au prix qu'elles ont fixé. Les épiciers qui refusent voient leur boutique pillée. Jacques Roux justifie ces actions : « Je pense que les épiciers ne font que restituer au peuple ce qu'ils lui faisaient payer beaucoup trop cher depuis longtemps »[16].
Marat le premier s'oppose à leurs exigences, aux pétitionnaires venus le réclamer à la Convention la taxation générale des denrées, il répond avec violence : « Les mesures que l'on vient de vous proposer à la barre pour rétablir l'abondance sont si excessives, si étranges, si subversives de tout bon ordre, elles tendent si évidemment à détruire la libre circulation des grains et à exciter des troubles dans la République que je m'étonne qu'elles soient sorties de la bouche d'hommes qui se prétendent des êtres raisonnables et des citoyens libres, amis de la justice et de la paix […] Je demande que ceux qui en auront imposé à la Convention soient poursuivis comme perturbateurs du repos public. »[17]
Cette position des grandes voix de la Montagne est surprenante. Mais les Montagnards partageaient en fait avec les Girondins le dogme du caractère sacré de la propriété privée et du libéralisme économique. Le , Robespierre le traduisait clairement « Je ne dis pas que le peuple soit coupable, je ne dis pas que ses actes soient un attentat, mais quand le peuple se lève, ne doit-il pas avoir un but digne de lui, mais de chétives marchandises vont-elles l'occuper »[17] Cette approche idéaliste d'un peuple désincarné ne résistera pas à la pression des Sans-culottes, d'autant que la Montagne a besoin de leur soutien pour éliminer les Girondins.
Sans qu'il y ait de groupe réellement constitué[18] dont Roux aurait été le meneur, il n'est pas seul et d'autres poursuivent les mêmes buts, notamment Varlet et Leclerc. En plus de ces trois hommes, on peut aussi citer Pauline Léon et Claire Lacombe, toutes deux membres de la Société des républicaines révolutionnaires[20]. Leurs routes se croisent, tantôt ils se soutiennent, tantôt ils sont en concurrence et parfois même s'opposent.
L'Adresse du 25 juin : une critique cinglante du pouvoir
modifierLe , après qu'elle eut été chaudement approuvée par le club des Cordeliers dans sa séance 23, Jacques Roux expose cette adresse à la barre de la Convention. Elle passera à la postérité sous le nom de Manifeste des Enragés[21]. C'est un procès des représentants du peuple d'une grande violence. Dès les premiers mots le ton est donné : « Cent fois cette enceinte sacrée a retenti des crimes des égoïstes et des fripons ; toujours vous nous avez promis de frapper les sangsues du peuple. L’acte constitutionnel va être présenté à la sanction du souverain ; y avez-vous proscrit l’agiotage ? Non. Avez-vous prononcé la peine de mort contre les accapareurs ? Non. Avez-vous déterminé en quoi consiste la liberté du commerce ? Non. Avez-vous défendu la vente de l’argent monnayé ? Non. Eh bien ! Nous vous déclarons que vous n’avez pas tout fait pour le bonheur du peuple »[22]. Cette déclaration provoque une vive réaction de toutes les sensibilités de la Convention.
La séance est présidée par Thuriot, qui déclare à la fin de l'intervention : « Vous venez d'entendre professer dans cette enceinte les principes monstrueux de l'anarchie […] Cet homme est un prêtre digne émule des fanatiques de la Vendée »[23] ; mais, comme le fait remarquer Eric Hazan, en pleine contradiction avec ses propos, il termine sa diatribe par une proposition en accord avec le discours de Jacques Roux en demandant : « que les comités d'agriculture et du commerce soient chargés de faire un prompt rapport sur la motion qu'il [Jacques Roux] a faite de taxer les denrées »[23].
Face à ces réactions, un des membres de la délégation déclare que le texte qui vient d'être lu n'est pas celui qui a été approuvé par la section des Gravilliers. Tous les pétitionnaires, sauf Jacques Roux, sont admis aux honneurs de la séance. Robespierre, puis Billaud-Varenne et Legendre demandent qu'il soit chassé de la barre où il est resté. Cette proposition est adoptée[24].
Dès le à la tribune des Jacobins, Robespierre est plus menaçant, y compris et surtout, pour tous ceux qui pourraient se laisser séduire par la discours du prêtre : « S'il est vrai que l'on ait rendu à cet homme [Jacques Roux] la justice qu'il mérite, alors mon attente est remplie ; mais je ne puis que présumer mal de ceux, qui sous l'ombre de s'attacher plus fortement aux intérêts du peuple, voudraient donner de la suite aux vociférations délirantes de ce prêtre forcené »[25].
Marat, dans son journal Le Publiciste de la République française du , s'associe à cette critique : « Ces intrigants ne se contentent pas d’être les factotums de leurs sections respectives, ils s’agitent du matin au soir pour s’introduire dans toutes les sociétés populaires, les influencer et en devenir enfin les grands faiseurs. Tels sont les trois individus bruyants qui s’étaient emparés de la section des Gravilliers, de la Société fraternelle et de celle des Cordeliers : je veux parler du petit Leclerc, de Varlet et de l’abbé Renaudi soi-disant Jacques Roux »[19].
Quelques jours après l’assassinat de Marat, Roux réfute son argumentaire dans une adresse à Marat[26] qu'il rend responsable de son exclusion du Club des Cordeliers après son adresse à la convention le ; mais il est déjà trop tard et cette réplique dans le contexte de la mort de l'Ami du Peuple non seulement est de nul effet mais de plus est une lourde maladresse. Les républicaines révolutionnaires, y compris Pauline Léon et Claire Lacombe, le désavouent lors des funérailles de Marat, elles sont au cœur de la dramaturgie mise en scène par David. Le , elles forment la garde rapprochée lors de la translation du cœur de Marat au Club des Cordeliers.
Un dénouement sans surprise
modifierLe , Robespierre entre au Comité de Salut Public. Il s'agit désormais de faire accepter le fait accompli de l'élimination des Girondins par les classes moyennes et possédantes.
Dès lors, les rapports du Gouvernement avec les mouvements populaires vont rapidement se tendre. Dans un premier temps sectionnaires, sans-culottes, membres de clubs y compris cordeliers et jacobins, soutenus par les commissaires des assemblées primaires représentants les patriotes des départements, imposèrent à la Convention la levée en masse et réclamèrent la Terreur et le maximum.
La proposition de Danton de transformer le Comité de Salut Public en comité de gouvernement déclencha une nouvelle offensive où l'on retrouva Leclerc en première ligne : « C'est un Capet à neuf têtes que l'on crée à la place de celui qui n'est plus », écrit-il dans l'Ami du peuple du [27].
Il est rejoint par François-Nicolas Vincent, secrétaire général du département de la guerre, qui jouit d'une forte influence au ministère de la Guerre mais qui n'a pas grande audience auprès des sans-culottes.
C'est à Leclerc et à Jacques Roux, qui pourtant n'a pas pris position dans ce débat, que s'en prend Robespierre : « Deux hommes salariés par les ennemis du peuple, deux hommes que Marat dénonça, ont succédé ou cru succéder à cet écrivain patriote […] pour pouvoir tomber sur les patriotes vivants avec plus de fureur »[28].
En août la polémique s'envenime, nourrie au Jacobins par Robespierre, Roux est toujours silencieux.
Le , coup de théâtre: La veuve de Marat, Simone Évrard s'éleva contre « les écrivains scélérats » qui usurpent le nom de l'Ami du Peuple, dénonça tout à la fois Roux et Mercier leur prêtant les pires intentions pour les prochaines journées des [29],[30].
Les attaques de Leclerc avec le soutien de la Société des Républicaines Révolutionnaires, de Roux avec celui de la section des Gravilliers se poursuivent toute la deuxième quinzaine d'août. Hébert, qui ne veut pas leur laisser le champ libre, intervient avec son journal et aux Jacobins le en prenant soin de masquer son attaque du pouvoir par une diatribe à l'encontre de Jacques Roux, tout en critiquant néanmoins l'organisation du pouvoir exécutif[31]
Dès le Roux est arrêté, il est l'objet de dénonciation multiples, auxquelles il peut répondre avec succès au cours des trois interrogatoires qu'il subit. Il fut décidé le de le traduire devant le tribunal de police correctionnel et en l'attente de prononcer sa mise en liberté conditionnelle sous la caution de deux citoyens.
Dans des conditions pour le moins confuses, il est arrêté le ; le lendemain, le Comité de Salut public du département de Paris décide son internement à Sainte Pélagie[32].
Jacques Roux continue de sa prison à publier son journal et en durcit même le ton : « On ne fait pas aimer et chérir un gouvernement en dominant les hommes par la terreur », écrit-il dans le no 265 du Publiciste. Il en vient à se faire adepte de la légalité et blâme les excès du pouvoir « Si l'on ne met un frein à ces emprisonnements qui souillent l'histoire de la Révolution et dont on ne trouve pas d'exemples dans les annales des peuples les moins civilisés la guerre civile ne tardera pas à s’enflammer », écrit-il dans le No 265 de son journal. Dans le numéro suivant, il est encore plus menaçant : « Encore quelques jours le masque sera arraché aux ennemis de la liberté, nous verrons s'ils se perpétueront dans leur place, s'ils nous ont fait une Constitution sublime que pour l'enfreindre à chaque instant, que pour violer les propriétés et les personnes. »
Varlet, Leclerc, sa femme Pauline Léon, Claire Lacombe animatrice de la Société des républicaines révolutionnaires, tous et toutes seront arrêtés au cours de la période qui précède la mort de Jacques Roux, mais tous et toutes passeront entre les mailles du filet. Restait Jacques Roux, le vrai chef du parti selon Albert Mathiez ; une dernière tentative de ses soutiens des Gravilliers auprès de la Commune pour le faire libérer échouera le . Les derniers numéros de son journal sont de véritables brûlots. Il perd ses derniers soutiens. Le le Comité Révolutionnaire des Gravilliers décidait l'arrestation des derniers partisans de Jacques Roux dans la section qui sont conduits dès le à la prison de La Force.
Le , Jacques Roux devait être déféré au tribunal correctionnel du Châtelet, mais le tribunal se déclara incompétent et le renvoya devant le tribunal révolutionnaire. À la lecture du jugement, lui qui avait fait preuve d'une absence totale de sensibilité à l'occasion de l'exécution de Louis XVI, se blesse de plusieurs coups de couteau au côté gauche de la poitrine. Soigné par un chirurgien, Jacques Roux est transporté à l'infirmerie de Bicêtre. Mais il n'a pas renoncé au suicide et employait tous les moyens pour épuiser sa santé comme l'écrivait le l'officier chargé de sa surveillance à Fouquier-Tinville. La tentative du est la bonne : il meurt dans la journée à Bicêtre et est enterré au cimetière de Gentilly.
Interprétations historiographiques
modifierLa place de Jacques Roux dans l'histoire de la Révolution française a donné lieu à des interprétations divergentes. Ses revendications économiques et sociales, fondées sur la défense des pauvres contre les accapareurs et les spéculateurs, ont été rapprochées des origines du socialisme. Walter Markov souligne notamment son attachement au droit concret « à la vie et à la sécurité, au pain et au travail »[33].
Dans La Sainte Famille (1845), Karl Marx et Friedrich Engels inscrivent Roux et Jean-Théophile Leclerc dans un courant révolutionnaire qui, du Cercle social à la Conjuration des Égaux de Gracchus Babeuf, aurait contribué à l'émergence de l'idée communiste. Cette interprétation a influencé une partie de l'historiographie marxiste[34].
Cette filiation a toutefois été discutée. Dans The Enragés: Socialists of the French Revolution? (1965), R. B. Rose souligne que le terme « Enragés » désignait à l'origine diverses formes de radicalisme révolutionnaire, sans correspondre à un parti organisé. L'identification de Roux, Varlet et Leclerc à un groupe politique distinct s'est progressivement imposée dans l'historiographie du XIXe siècle[35].
Dominic Rousseau insiste, pour sa part, sur la radicalisation progressive d'un prêtre engagé dans les luttes populaires parisiennes, tout en s'interrogeant sur la pertinence de son assimilation rétrospective au socialisme[36].
Roux et les Enragés ont également retenu l'attention des penseurs anarchistes. En 1891, Pierre Kropotkine salue leur volonté d'orienter la Révolution au profit du peuple, tout en reconnaissant que leur programme reste insuffisamment connu pour être évalué[37].
Selon Jean Tulard, l'arrestation de Roux peut être considérée comme un tournant de la Révolution, révélant la volonté de la Convention de préserver le droit de propriété et les limites sociales de la révolution bourgeoise[38].
Citations
modifier« La liberté n'est qu'un vain fantôme, quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément. L'égalité n'est qu'un fantôme, quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La république n'est qu'un vain fantôme, quand la contre-révolution s'opère de jour en jour par le prix des denrées auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes »[39].
« Le despotisme qui se propage sous le gouvernement de plusieurs, le despotisme sénatorial est aussi terrible que le sceptre des rois, puisqu'il tend à enchaîner le peuple, sans qu'il s'en doute, puisqu'il se trouve avili et subjugué par les lois qu'il est censé dicter lui-même »[40].
« De tout temps, on s'est servi des hommes de caractère pour faire les révolutions. Quand on n'a plus besoin d'eux, on les brise comme du verre »[41]« Les lois ont été cruelles à l'égard du pauvre parce qu'elles n'ont été faites que par les riches et pour les riches »[42].
« Par quelle fatalité après avoir décrété la liberté indéfinie de la presse, le respect des propriétés et des personnes, quelques intrigants insultent-ils dans leur frénésie sanguinaire, précipitent-ils dans des cachots obscurs celui qui met au grand jour, leur orgueil, leur insolence, leur cupidité, l’abus de leur autorité consulaire, et de leur puissance tribunitionnelle ? Eh quoi ! il n’est plus permis d’émettre son opinion sur le compte de ceux qui tiennent les rênes du gouvernement ! Scélérats, qui n’avez du républicanisme que le masque, apprenez que vous n’avez aucun droit pour enchaîner la pensée de l’homme. Elle appartient à toute la nature. Le génie de la liberté que vous voulez étouffer, franchira malgré vous les montagnes et les mers, et la foudre que vous appelez sur l’homme de bien, vous écrasera bientôt. La onzième heure est sonnée… ! Tremblez, usurpateurs… ! »[43].
« Prêtres avides et cruels, où avez-vous trouvé que le sacerdoce dût planer sur tous les empires, que Rome dût subjuguer par sa puissance théocratique, les opinions de l’univers ! Où avez-vous lu que le législateur suprême ait dévoué à l’enfer d’un éternel esclavage, des millions de citoyens, de génération en génération, pour avoir invoqué la liberté, et s’être élevés contre les oppresseurs du monde ? Comment osez-vous embastiller dans vos tabernacles, un Dieu qui remplit tous les lieux de son immensité ? »[44].
Notes et références
modifier- 1 2 André Berland, « Jacques Roux en Saintonge. Les débuts d'un grand révolutionnaire (1752-1790) », Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie en Saintonge maritime, no 11, , p. 14 et suivantes (lire en ligne)
- ↑ Dominic Rousseau, Le Curé rouge : Vie et mort de Jacques Roux, Spartacus, , 18-20 p. (ISBN 9782902963669)
- ↑ Dominic Rousseau, Le Curé rouge : Vie et mort de Jacques Roux, Spartacus, , 20-22 p. (ISBN 9782902963669)
- 1 2 3 André Berland, « Jacques Roux en Saintonge. Les débuts d'un grand révolutionnaire (1752-1790) », Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie en Saintonge maritime, no 11, , p. 15-16 (lire en ligne)
- ↑ Jacques Roux, « La fête manquée ou la hure de sanglier portée du Château de M près Baigne à Barbezieux », Journal de Saintonge et d'Angoumois, no 52, , p. 409-410
- ↑ Dominic Rousseau, Le Curé rouge : Vie et mort de Jacques Roux, Spartacus, , 61-68 p. (ISBN 9782902963669)
- ↑ Roland Gotlib, « Jacques Roux et les Jacquesroutins », Annales historiques de la Révolution française, no 221, , p. 478-485 (DOI 10.3406/ahrf.1975.5004)
- ↑ Jacques Roux, Jacques Roux à Marat, Paris, 1793, p. 2.
- ↑ Dominic Rousseau, Le Curé rouge : Vie et mort de Jacques Roux, Spartacus, , 70-77 p. (ISBN 9782902963669)
- ↑ Catherine Dupuy, « L'électorat de la section de Gravilliers 1791-1792 », dans Michel Vovelle (dir.), Paris et la Révolution, Publications de la Sorbonne, 1988, p. 97-103, DOI 10.4000/books.psorbonne.66914.
- ↑ Jacques Roux, Le Publiciste de la République française, no 259, 22 août 1793, adresse figurant à la fin du numéro
- ↑ « ROUX Jacques », dans Le Maitron, Maitron/Éditions de l'Atelier, (lire en ligne)
- ↑ Jacques (1752-1794) Auteur du texte Roux, Discours sur le jugement de Louis-le-dernier, sur la poursuite des agioteurs, des accapareurs et des traîtres ; prononcé... par Jacques Roux,..., (lire en ligne)
- ↑ Section de L'Observatoire, Extrait du registre des délibérations de l'assemblée générale du 1 décembre 1792, (lire en ligne), p. 16
- ↑ Albert (1874-1932) Auteur du texte Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur. Tome 1, Paris, (lire en ligne), p. 335-336
- ↑ François Furet et Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution Française, vol. 2 acteurs, Paris, Flammarion, 2017 (3e édition) (ISBN 978-2-08-140856-2), article "Enragès" par Denis Richet pages 331 à 339)
- 1 2 François Furet et Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution Française, vol. 2 acteurs, Paris, Flammarion, 2017 (3e édition) (ISBN 978-2-08-140856-2), article "Enragès" par Denis Richet page 337)
- ↑ David Gilles, « Représentation et souveraineté chez les Enragés (1792-1794) », dans Collectif, Le concept de Représentation dans la pensée politique : actes du colloque d'Aix-en-Provence (mai 2002, Aix en Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, coll. « Histoire des idées politiques » (no XV), , 493 p. (ISBN 978-2-8218-5324-9, lire en ligne), p. 253-286
- 1 2 Marat in Le publiciste de la République française, Paris, no 233, 4 juillet 1793
- ↑ C'est Marat qui les réunira dans le même groupe d'agitateurs dans le no 233 du Publiciste de la République Française du 4 juillet 1793[19]
- ↑ Jacques Roux, Manifeste des Enragés (lire sur Wikisource)
- ↑ « Manifeste des Enragés », sur fr.wikisource.org (consulté le )
- 1 2 Eric Hazan, Une histoire de la Révolution française, Paris, La Fabrique Editions, , p. 218-219
- ↑ Maximilien Robespierre et École pratique des hautes études (France) Société des études robespierristes, Œuvres de Maximilien Robespierre, Paris, PUF, (lire en ligne), Tome IX - Discours, 4e Partie, page 593
- ↑ Jacques de Cock, Les Cordeliers dans la Révolution française : Textes et documents : Volume 2, fantasques éditions, , 1679 p. (ISBN 978-2-913846-08-1, lire en ligne), p. 1233
- ↑ l'imprimeur prend soin d'affirmer que la réponse de Jacques Roux était imprimée avant l’assassinat commis sur la personne de l'ami du peuple, Jacques Roux à Marat - 1793
- ↑ Société d'histoire moderne et contemporaine, « Revue d'histoire moderne et contemporaine / Société d'histoire moderne », (consulté le )
- ↑ Journal de la Montagne, 7 août 1793, cité par Albert Soboul, « Robespierre et la formation du gouvernement révolutionnaire 27 juillet - 10 octobre 1793 », Revue d'histoire moderne et contemporaine, , p. 284 (lire en ligne)
- ↑ Albert Mathiez (1874-1932), La vie chère et le mouvement social sous la Terreur. Tome 1, Paris, Payot- Le regard de l'histoire, (lire en ligne), p. 273.
- ↑ Albert Soboul, « Robespierre et la Formation du Gouvernement Révolutionnaire (7 juillet -10 octobre 1793) », sur Gallica, Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, (consulté le )
- ↑ Le 20 août avait lieu la désignation du Ministre de l'intérieur, Hébert était candidat, Paré lui fût préféré. Dès le lendemain, alors qu'il n'avait rien écrit depuis le 10 août, Hébert reprend sa campagne contre le gouvernement.
- ↑ Albert Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur. Tome 1, Paris, Payot - Le Regard de l'Histoire, (lire en ligne), p. 336
- ↑ Walter Markov (trad. Stéphanie Roza), Jacques Roux : Le curé rouge, Libertalia et Société des études robespierristes, (ISBN 978-2-37729-013-0), p. 401
- ↑ Jean Bruhat, « La Révolution française et la formation de la pensée de Marx », Annales historiques de la Révolution française, no 184, , p. 125-170 (DOI 10.3406/ahrf.1966.3873)
- ↑ R. B. Rose, The Enragés: Socialists of the French Revolution?, Melbourne University Press, 1965, p. 3-5.
- ↑ Dominic Rousseau, Le Curé rouge : Vie et mort de Jacques Roux, Spartacus, , 188-192, 197 (ISBN 9782902963669)
- ↑ Pierre Kropotkine, « L'Idée anarchiste et ses développements », La Révolte, , p. 1 (lire en ligne)
- ↑ Jean Tulard, De Louis XVI à Napoléon, Le Grand Livre du mois, (ISBN 9782702804322), p. 165
- ↑ « Manifeste des Enragés », sur wikisource.org
- ↑ Albert Mathiez, p. 148, La révolution française.
- ↑ Jacques (1752-1794) Auteur du texte, Jacques Roux à Marat, Paris, De l'Imprimerie de la Société typographique, rue et collége des Cholets., (lire en ligne)
- ↑ Maurice Dommanget, p. 74, Enragés et curés rouges en 1793 : Jacques Roux et Pierre Dolivier.
- ↑ Jacques Roux, « Le Publiciste no 268 », (consulté le ).
- ↑ Jacques Roux, « Le Publiciste no 271 », (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierSources primaires
modifier- Jacques Roux, Discours sur le jugement de Louis-le-dernier, sur la poursuite des agioteurs, des accapareurs et des traîtres, (lire en ligne).
- Jacques Roux, Manifeste des Enragés (lire sur Wikisource)
- Jacques Roux, Scripta et acta : textes présentés par Walter Markov, Berlin, Akademie Verlag, 1969, VIII-688 p.
- Jacques Roux, Jacques Roux à Marat, Paris, De l'Imprimerie de la Société typographique, rue et collége des Cholets, (lire en ligne)
Bibliographie et webographie
modifier- « Maxime Kaci, « Daniel Guérin, Bourgeois et bras-nus : guerre sociale durant la Révolution française 1793-1795 », Annales historiques de la Révolution française, no 381, pages 254-256 », (consulté le )
- « Serge Bianchi, Analyse "Walter Markov,Jacques Roux, le curé rouge, co-édition Libertalia et Société des études robespierristes, Paris, 2017" ».
- André Berland, Un grand révolutionnaire charentais, l'abbé Jacques Roux : les débuts en Angoumois et en Saintonge du futur chef des Enragés, 1752-1794, Libr. B. Sepulchre, 1988.
- Andrè Berland, « Jacques Roux en Saintonge Les débuts d'un grand révolutionnaire (1752-1790) », Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie en Saintonge maritime, no 11, , p. 14 et suivante (lire en ligne)
- Serge Bianchi, « Les curés rouges dans la Révolution française », Annales historiques de la Révolution française, no 249, , p. 364-392 (JSTOR 41913631).
- Maurice Dommanget, Les Enragés dans la Révolution française, Paris, Éditions Spartacus, coll. « Spartacus. Série B » (no 139), , 132 p. (ISBN 2-902963-19-X).
- Maurice Dommanget, Enragés et curés rouges en 1793 : Jacques Roux, Pierre Dolivier, Paris, Éditions Spartacus, coll. « Spartacus. Série B » (no 149), , 171 p. (ISBN 2-902963-31-9).
- François Furet La Révolution, avec Denis Richet, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1965 ; 2e éd., La Révolution française, Paris, Hachette Littératures, 1999, coll. « Pluriel » (ISSN 0296-2063) no 950, 944 p. (ISBN 2-01-278950-1).
- François Furet Dictionnaire critique de la Révolution française (dir. avec Mona Ozouf), Paris, Éditions Flammarion, 1988, 1 154 p. (ISBN 2-08-211537-2) ; nouvelle éd., coll. « Champs » (ISSN 0151-8089) no 735-738 et 746, 2007, 5 vol., 2 017 p.
- Florence Gauthier, « Critique du concept de « révolution bourgeoise", Raison présente, no 123, 1997 » (consulté le )
- (en) Geoffrey Ellis, « The « Marxist Interpretation » of the French Revolution », The English Historical Review, Oxford University Press, vol. 93, no 367, , p. 353-376 (JSTOR 567066).
- David Gilles, « Représentation et souveraineté chez les Enragés (1792-1794) », dans Le concept de Représentation dans la pensée politique : actes du colloque d'Aix-en-Provence (mai 2002), Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, coll. « Histoire des idées politiques » (no XV), , 493 p. (ISBN 978-2-7314-0367-1, lire en ligne), p. 253-286
- Roland Gotlib ( éd.), « Jacques Roux et les Jacquesroutins », Annales historiques de la Révolution française, no 221 « La Fête révolutionnaire », , p. 478-485 (lire en ligne).
- Daniel Guérin, La lutte de classes sous la Première République : bourgeois et « bras nus » (1793-1797), vol. 1 et 2, Paris, Éditions Gallimard, coll. « La Suite des temps » (no 16),
- Jacques Guilhaumou, « « Moment actuel » et processus discursifs : le Père Duchesne d'Hébert et le Publiciste de la république française de J. Roux (14 juillet – 6 septembre 1793) », Bulletin du Centre d'Analyse du Discours de l'Université de Lille III, no 2, , p. 147-173.
- Claude Guillon, Notre patience est à bout, 1792 - 1793 : les écrits des enragés, Paris, IMHO, coll. « Radicaux Libres », , 174 p. (ISBN 978-2-915517-36-1), p. 10
- Jean-Marc Le Guillou, Jacques Roux, 1752-1794 : l'annonce faite à la gauche, Paris, Éditions des Écrivains, , 242 p. (ISBN 2-84434-350-3, présentation en ligne).
- Walter Markov, « Les Jacquesroutins », Annales historiques de la Révolution française, no 160, , p. 163-182 (JSTOR 41926264).
- Walter Markov, « Jacques Roux avant la Révolution », Annales historiques de la Révolution française, no 174, , p. 453-470 (JSTOR 41914845).
- Walter Markov ( éd.), « le placard de Jacques Roux contre Epellet », Annales historiques de la Révolution française, no 180, , p. 204-210 (lire en ligne).
- (it) Walter Markov, « La collera del prete rosso », Studi Storici, Fondazione Istituto Gramsci, no 4, 6e année, , p. 629-649 (JSTOR 20562775).
- (it) Walter Markov et Gian Mario Bravo, « Jacques Roux e Karl Marx : Come gli Enragés entrarono nella Sacra famiglia », Studi Storici, Fondazione Istituto Gramsci, no 1, 6e année, , p. 41-54 (JSTOR 20563422).
- (de) Walter Markov, Die Freiheiten des Priesters Roux, Berlin, éd. Akademie-Verlag, 1967, 430 p., présentation en ligne.
- (de) Walter Markov, Exkurse zu Jacques Roux, Berlin, éd. Akademie-Verlag, 1970, 371 p., présentation en ligne, présentation en ligne.
- Walter Markov (trad. Stéphanie Roza), Jacques Roux : Le curé Rouge, Paris, Libertalia et Société des études Robespierristes, , 513 p. (ISBN 978-2-37729-013-0)
- Albert Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur, vol. 1, Paris, Payot, (lire en ligne), p. 134
- Albert Mathiez, La révolution française, Volume 1, Armand Colin, 1922.
- Albert Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur, t. 1, Paris, Payot, coll. « Le regard de l'histoire », (1re éd. 1927) (ISBN 2-228-27110-1, lire en ligne).
- Albert Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur, t. 2, Paris, Payot, coll. « Le regard de l'histoire », (1re éd. 1927) (ISBN 2-228-27120-9, lire en ligne).
- Eric Négrel, « Le journaliste-orateur : rhétorique et politique sans-culottes dans Le Publiciste de la République française de Jacques Roux (juillet-septembre 1793) », dans Hans-Jürgen Lüsebrink et Jeremy Popkin (dir.), Enlightenment, Revolution and the Periodical Press, Oxford, Voltaire Foundation, 2004 (SVEC), p. 158-177 (lire en ligne).
- Dominic Rousseau, Le curé rouge : vie et mort de Jacques Roux, Spartacus, 2013, présentation en ligne.
- (en) Morris Slavin, « Jacques Roux : A Victim of Vilification », French Historical Studies, Duke University Press, vol. 3, no 4, , p. 525-537 (JSTOR 286155).
- Albert Soboul, « Robespierre et la formation du gouvernement révolutionnaire 27 juillet - 10 octobre 1793 », Revue d'histoire moderne et contemporaine, , p. 283-294 (lire en ligne)
- Albert Soboul, « Sur les « curés rouges » dans la Révolution française », Annales historiques de la Révolution française, no 249, , p. 349-363 (JSTOR 41913630).
- Albert Soboul, La Civilisation de la Révolution française, Arthaud, 1988.
- Michel Vovelle, Paris et La Révolution : actes du Colloque de Paris I, 14-16 avril 1989, Paris, Sorbonne, , 395 p. (BNF 35070036)
Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- L'Éphéméride anarchiste : notice biographique.
- Encyclopédie Larousse : notice biographique.
- Les amis de Robespierre : notice biographique.
- Courte description, biographie, citations : republique.de