Josep Bartolí

homme politique espagnol et dessinateur du vingtième siècle

Josep Bartolí i Guiu[1],[2], né le à Barcelone et mort le à New York, est un artiste et homme politique espagnol d'expression catalane.

Josep Bartolí
Naissance
Décès
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New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Parentèle
Jordi Bartolí i Gandia (d) (oncle)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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En 1936, le Catalan Josep Bartolí fonde le Syndicat des dessinateurs à Barcelone, affilié à la confédération de l'Union générale des travailleurs (UGT), de tendance socialiste[3],[4].

Pendant la guerre d'Espagne, il devient commissaire politique du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM), parti socialiste révolutionnaire et anti-stalinien. En cette qualité, il est envoyé sur le front d'Aragon lors de la guerre d'Espagne, au sein de la 29e division, essentiellement composée de membre du POUM[4]. Il participe notamment à la bataille de Belchite où les combats furent particulièrement violents[5].

Après l'effondrement de la République, il fuit l'Espagne lors de la Retirada (près de 500 000 réfugiés) et traverse la frontière française le au niveau du village de Lamanère. Il est arrêté et incarcéré dans divers camps dans le sud de la France, dont celui du Barcarès, où il contracte le typhus[4] et dont il s'échappe, puis celui de Bram après une deuxième arrestation[3]. Pendant toute son incarcération, il témoigne des conditions de vie difficiles des réfugiés espagnols à travers ses dessins et participe à organiser une vie culturelle au sein des camps à travers le biais de spectacles ou de théâtre[4].

Alors qu'il doit être envoyé au camp de Gurs en vue d'une reconduction vers l'Espagne désormais franquiste, il s'échappe de nouveau et s'installe un temps à Paris et travaille dans le monde du théâtre, notamment aux Folies Bergère ou au Moulin-Rouge[6].

Lors de la défaite française face à l'Allemagne à l'issue du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il quitte Paris occupée par les Allemands et se rend à Bordeaux dans l'espoir de rejoindre le Mexique par bateau, pays où se trouve alors le gouvernement républicain espagnol en exil. De par son statut de réfugié espagnol d'obédience communiste et syndicaliste, il est activement recherché par la Gestapo qui le capture finalement à Vichy. Alors qu'il doit être déporté au camp de Dachau, il s'échappe encore une fois pour se rendre à Marseille, où il embarque à bord du Lyautey en direction de la Tunisie[6]. Il longe par la suite la côte nord-africaine jusqu'à Casablanca d'où il embarque finalement pour le Mexique en 1943[6],[4].

Après 1943, il devient l'amant de Frida Kahlo, avant de s'installer aux États-Unis, où il fréquente Rothko, Charles Pollock, Kline et De Kooning, et dessine dans la revue Holliday, dans le supplément Reporter du Saturday Evening Post. En 1944, il publie son recueil de dessins Campos de concentracion - 1939-1940.

En France, il illustre de nombreux ouvrages pour le Club français du livre. Il est également un peintre et un créateur de collages.

Il ne retourne en Catalogne qu’en 1977, deux ans après la mort de Franco.

Il meurt à New York en décembre 1995, âgé de quatre-vingt-cinq ans.

Œuvres

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Postérité

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En 2019-2020, les descendants de Josep Bartoli lèguent au Mémorial du Camp de Rivesaltes, près de trois cents de ses œuvres (dessins, peintures et collages)[7].

  • -  : Josep Bartoli. Les couleurs de l'exil, Mémorial du Camp de Rivesaltes[8],[9].

En 2020 sort le film Josep, réalisé par Aurel et retraçant une partie de la vie de Josep Bartolí, et notamment son passage dans un camp français après sa fuite d'Espagne en février 1939[10].

Notes et références

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  1. ↑ Prononciation en catalan oriental retranscrite selon la norme API : [ ʒuˈzɛp bər.tuˈɫi i ˈgiw]
  2. ↑ Les prénoms catalans ayant été interdits durant la dictature franquiste, il était officiellement connu sous le nom hispanisé de José Bartolí Guiu par les autorités espagnoles durant cette période.
  3. 1 2 Josep Bartolí, Laurence Garcia et Georges Bartoli, La retirada : exode et exil des républicains d'Espagne, Arles, Actes Sud, coll. « Actes Sud BD », , 164 p. (ISBN 978-2-7427-8040-2), p. 11
  4. 1 2 3 4 5 Camille Renard, « Josep Bartoli et l'exode espagnol : son crayon est une arme », sur radiofrance.fr, (consulté le ).
  5. ↑ Josep Bartolí, Laurence Garcia et Georges Bartoli, La retirada : exode et exil des républicains d'Espagne, Arles, Actes Sud, coll. « Actes Sud BD », , 164 p. (ISBN 978-2-7427-8040-2), p. 35
  6. 1 2 3 Josep Bartolí, Laurence Garcia et Georges Bartoli, La retirada : exode et exil des républicains d'Espagne, Arles, Actes Sud, coll. « Actes Sud BD », , 164 p. (ISBN 978-2-7427-8040-2), p. 12
  7. ↑ « Région Occitanie : 270 œuvres de Josep Bartoli données au Mémorial du Camp de Rivesaltes par la famille de l’artiste », site lartvues.com, 2 octobre 2020.
  8. ↑ Sylvia Zappi, « Exposition : Josep Bartoli, la mémoire retrouvée des exilés espagnols », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ Alice Rolland, « Au mémorial du camp de Rivesaltes : Josep Bartoli et "la conspiration du silence" », Artdeville, no 93,‎ juin - octobre 2021 (ISSN 2266-9736, lire en ligne).
  10. ↑ Philippe Ridet, « « Josep » : passage de témoin en dessins », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Georges Bartolí, La Retirada - Josep Bartolí, Actes Sud,

Audiovisuel

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  • Josep Bartoli et l'exode espagnol : son crayon est une arme / par Camille Renard • Jeudi 31 janvier 2019, France-Culture[1].
  • Josep, 2020, film d'animation d'Aurel retraçant la vie de l'artiste

Liens externes

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  1. ↑ Camille Renard, « Josep Bartoli et l'exode espagnol : son crayon est une arme », sur France Culture, (consulté le )