Four à poterie japonais

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Les fours à poterie japonais (, kama?, litt. « four ») sont un ensemble de fours à poterie spécifiquement utilisés au Japon dans la fabrication de céramique. Suivant les besoins de production et leur période de conception, ces fours peuvent avoir des formes et caractéristiques techniques différentes.

Etymologie

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Le terme gama (窯), également lu kama, désigne en japonais aussi bien un four de cuisson qu'un atelier ou un centre de production céramique. Par extension, il peut désigner l'ensemble d'une tradition céramique associée à un lieu de fabrication. Ainsi, les Six anciens fours du Japon (Nihon Rokkoyō) correspondent à six centres historiques de production et non à six structures de cuisson isolées.

Histoire

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Les fours à céramique japonais ont connu une évolution progressive depuis la préhistoire. Durant la période Yayoi, les poteries étaient cuites dans des fours primitifs à faible température. À partir de la période Kofun, le Japon adopte, probablement depuis la Corée, le four à flanc de colline anagama (穴窯), qui permet d'atteindre des températures plus élevées et favorise le développement de la céramique Sue, un grès dur à cuisson réductrice. Ce type de four demeure en usage pendant plusieurs siècles et est à l'origine de traditions céramiques telles que celles de Bizen et de Tamba. À partir des XVe et XVIe siècle, de nouveaux modèles de fours sont introduits depuis la Corée, notamment le waritake-gama, à chambres communicantes, puis le noborigama (登り窯), ou « four grimpant », constitué d'une succession de chambres aménagées sur une pente. Ces innovations améliorent le rendement des cuissons, réduisent la consommation de combustible et permettent d'accroître la production céramique. À la fin du XVIe siècle, l'installation au Japon de potiers coréens à la suite des invasions de la Corée contribue à la diffusion de ces techniques et marque une étape décisive dans le développement de la céramique japonaise[1].

Hiérarchisation des fours

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Dans certaines sources, on trouvera une distinction entre le four principal, hon-gama 本窯, le four annexe, waki-gama 脇窯[2],[3] et les fours d'essai, shiken gama (試験窯?)[4.1]

Classification par mouvement des gaz

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Les fours peuvent être classés en trois catégories suivant le parcours que suit les gaz de combustion à l'intérieur du four

Les fours à tirage traversant

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Les fours à tirage traversant, appelés oenshiki-kama, partagent tous le fait que leurs gaz de combustions traversent de part en part le four avant de s'échapper[4.2].

Il existe plusieurs formes de four à tirage traversant :

  • le hiragama (平窯, litt. four horizontal?), qui peut aussi être nommé heichigama (平地窯, litt. four construit en terrain plat?) bien qu'il existe de subtiles différences
  • l'anagama (穴窯, litt. four-grotte?)[5], dont une version modernisée appelée genzai no anagama (現在の穴窯, litt. anagama moderne?)[4.2].
  • l'ōgama (大窯, litt. grand four?)[6]
  • le noborigama (登窯, litt. four montant?)[7], variante améliorée du ja-gama (蛇窯, litt. four serpent?) aussi appelé teppo-gama, ou parfois waridake-gama[4.2].
  • le renbōshikigama (連房式窯, litt. four à chambres reliées?)[6]

Un four à poterie japonais peut fusionner plusieurs caractéristiques, comme le renbōshiki noborigama.

On notera aussi l'existence de petits fours ne permettant pas d'atteindre les hautes températures des fours ogama et que l'on appelle des uchigamas.

Les fours à tirage ascendant

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Les fours à tirage ascendant, appelés shoenshiki-kama ou encore chokuenshiki-kama, partagent tous le fait que leurs gaz de combustions transversent de bas en haut le four pour s'échapper[4.3].

Il existe plusieurs formes de four à tirage ascendant :

Les fours à tirage descendant

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Les fours à tirage descendant, appelés toenshiki-kama, partagent tous le fait que leurs gaz de combustions transversent de haut en bas le four pour s'échapper[4.3].

Il existe plusieurs formes de four à tirage descendant :

Classification par source d'énergie

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Avec l'arrivée des technologies modernes, les systèmes de cuisson se sont diversifiés. Néanmoins, les anciens fours sont tous des Makigama (薪窯, litt. four à bûches?) dans lequel on fait du Maki shōsei (薪焼成, litt. cuisson céramique au bois?).

Aujourd'hui, les céramistes japonais peuvent utiliser[4.5] :

  • Four au gaz : gas-gama (ガス窯?))
  • Four à l'électricité : denki-gama (電気窯?)
  • Four au charbon : sekitan gama (石炭窯?)
  • Four au fioul lourd : jūyu gama (重油窯?)
  • Four au pétrole/kérosène : sekiyu gama (石油窯?)
  • Four à huile usagée : haiyu gama (廃油窯?)
  • Four à huile : aburagama (油窯?), qui peut avoir deux noms : pour la cuisson du biscuit on l'appellera suyakigama (素焼き窯?)[4.1], et pour la cuisson de glaçure, on l'appellera honyakigama (本焼き窯?)[4.1]

Classification par rattachement institutionnel

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Les fours peuvent être classés selon leur statut administratif ou leur mode de gestion :

  • goyō-gama (御用窯, litt. four officiel?) : four placé sous le patronage d'une autorité, produisant des céramiques destinées à son usage ou à des présents officiels[8],[9].
  • han'yō (藩窯, litt. four du domaine?) : type de goyō-gama dépendant d'un domaine féodal (han).
  • oniwa-yaki (御庭焼, litt. céramique de jardin?) : production réalisée dans un four appartenant directement à un seigneur.
  • minyō-yaki (民窯焼, litt. four privé?) : four privé
  • Han-gama (半窯, litt. four moitié?) : four privé mais administré[6]

Fours à usage particulier

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Fours à tuile

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Certains four sont dédiés à la cuisson des tuiles japonaises (kawara). On les appelle les kawara-gama (瓦窯?).

Ces fours sont parfois regroupés sur des sites que l'on appelle des kawara-gama ato (瓦窯跡?).

Fours à glaçure

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Certains styles de poterie ont développé des fours spécialement conçu pour la cuisson de la glaçure. Ils sont nommés Uwae-gama.

Voir aussi

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Références

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  1. Dr Herbert H. SANDERS et Kenkichi TOMIMOTO, Connaître et réaliser la céramique The World of Japanese Ceramics »], vol. 1, Japon, Office du Livre Dessain et Tolra, , 251 p., p. 21, 22, 31
  2. The International Academic Forum (IAFOR) (en), « The IAFOR Academic Review Volume 1 | Issue 2 », The IAFOR Academic Review, vol. 2, no 2, , p. 37 (lire en ligne Accès libre [PDF])
  3. (en) Louis-Frédéric, Japan Encyclopedia, Harvard University Press, (ISBN 978-0-674-01753-5, lire en ligne)
  4. (en) Penny Simpson, Kanji Sodeoka et Lucy Kitto, The Japanese Pottery Handbook, Kodansha International, (ISBN 978-0-87011-373-4, lire en ligne)
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  5. « Le four anagama », sur La Borne, (consulté le )
  6. 1 2 3 Michel Maucuer, Céramiques Japonaises : Un choix dans les collections du musée Cernuschi., Paris, PARIS musées, , 184 p. (ISBN 978 - 2 7596 - 0038 - 0), p. 33, 109
  7. « Le Grand Feu - Hélène Bertin, Manon Prigent - Palais de Tokyo », sur palaisdetokyo.com (consulté le )
  8. « KARATSU AREA POTTERIES », sur karatsuyaki-kamamoto.jp (consulté le )
  9. (en) « RESOURCE | KOGEI STANDARD | Online Media for Japanese Crafts », sur KOGEI STANDARD, (consulté le )