Khoulda

village palestinien expulsé en 1948

Khulda (arabe : خُلدة), également transcrit Khuldeh et Khoulda, est un village palestinien situé à 12 kilomètres au sud de Ramla[1].

Khoulda
La plus grande des maisons restantes de Khulda.
Géographie
Pays
Sous-district
Partie de
Superficie
9,5 km2
Altitude
150 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Carte topographique de Khulda au 1:20 000 (1942).
Démographie
Population
280 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
29,5 hab./km2 ()
Histoire
Événement clé
Dépeuplement
28 mai 1948
Carte

Appelé Huldre lors des Croisades, il est habité depuis lors. Il est dépeuplé lors de la guerre de Palestine de 1948 comme des centaines d’autres villages lors de l’opération Nachshon, puis détruit. Le kibboutz de Mishmar David est construit dès 1948 sur ses terres.

Toponymie

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Selon Palmer, le nom du village signifie le perpétuel[2],[3].

Géographie

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Khoulda est situé dans le sous-district de Ramle, à 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, au sommet d’une colline lui offrant une vue dégagée de tous côtés[1].

Le village était proche de la route reliant Gaza à la route de Jaffa à Jérusalem. D’autres routes secondaires reliaient le village à Ramla et d’autres routes principales[1]. Les villages voisins étaient Khuldre (kibboutz fondé en 1907) et Saydun au nord, Dayr Muhaysin à l'est, Khirbat Bayt Far au sud-est, Sajad au sud, Qazaza au sud-ouest et Shahama et Umm Kalkha à l’ouest[1].

En 1945, la surface totale des terres du village était de 9461 dounams (9,5 km²)[4] dont la propriété se répartissait en 112 dounams (11 hectares) de terres publiques et 9349 dounams (935 hectares) de terres appartenant à des Arabes[1]. Les terres incultes représentaient 458 dounams (46 hectares). Sur les 9003 dounams (900 hectares) de terres cultivables, 8994 dounams étaient dévolus aux céréales, 9 dounams (moins d’un hectare) étaient irrigués ou en vergers[5].

Histoire

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Moyen âge

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Pendant les Croisades, le village est appelé Huldre. Situé à 10 kilomètres ouest-sud-ouest d’Imwas, il était avant le 12e siècle sur la limite entre l’archevêché de Lydda et la circonscription ecclésiastique d’Emmaüs, rattachée ensuite par l’archiprêtré du patriarche orthodoxe de Jérusalem[6]

Sous les Mamelouks, Mujir al-Din (en) raconte comment le sous-gouverneur de Ramle a dû, en 1495, s’abriter des Bédouins dans un petit fort à Khulda[7],[8].

Empire ottoman

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La Palestine est conquise par les armées de l'Ottoman Sélim Ier en 1517, grâce à leur victoire sur les armées mameloukes à la bataille de Marj Dabiq, et annexée à l'Empire ottoman. En 1596, Khoulda relève de la nahié (sous-district) de Ramla et de la liwa de Gaza. Le defter (registre fiscal) de 1596 recense 12 foyers, soit 66 personnes, tous musulmans. Ils payaient un impôt à taux fixe de 25 % sur leurs productions agricoles, dont le blé, l’orge, les ruches et les chèvres, plus des taxes diverses, pour un total de 4500 akçe[9].

En 1863, Victor Guérin estime la population de Khouldah à environ 250 habitants ; le village est situé sur un plateau, 80 mètres au-dessus de la plaine[10].

Une liste de villages ottomane de 1870/1871 recense 28 maisons et 76 hommes à Khouldah, les femmes n’étant pas recensées dans ce document[11],[12]. Charles Simon Clermont-Ganneau visite Khulda en 1871 ; les habitants lui disent que le village était entouré d’un mur d’enceinte avec deux portes toujours en place. Selon Clermont-Ganneau, cela confirme ce que Mujir al-Din a écrit sur le village[13].

en 1882, le rapport du Palestine Exploration Fund décrit Khulda comme un grand village, construit en pierre et briques crues, situé sur une colline. Un puits maçonné se trouve à l‘est[14].

Mandat britannique

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En 1917-1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région de Khoulda est conquise entre fin novembre et début décembre 1917 et la Palestine est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.

Dix laboureurs de Khulda travaillent gratuitement pour le Fonds national juif au projet de drainage de Khulde, principalement sur les terres arabes de Khulda[15]. Ce projet était essentiel pour l’installation des Juifs en Palestine, la malaria ayant entravé l’installation des Juifs à Khulde en 1921[16].

Au recensement de la Palestine mandataire de 1922 conduit par les autorités britanniques, Khulda a une population de 53 habitants, tous musulmans[17] qui augmente à celui de 1931 à 178, tous musulmans, dans 29 maisons[18].

Les villageois avaient une mosquée et deux puits[19]. Ils élevaient des animaux, le district de Lydda ayant un des plus importants marchés aux bétail de Palestine, avec celui de Nazareth ; cependant, dans le sous-district de Lydda, les animaux d’élevage étaient souvent affamés, ceux de Khulda étant même décrits comme des « un spécimen typique de débilité extrême »[20].

Dans les Statistique de Village de 1945, la population est estimée à 280 habitants[21],[4].

Guerre de 1948 et nettoyage ethnique

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Ruines à Khulda.

Dans le plan de partage de la Palestine voté par l’assemblée générale des Nations unies le 29 novembre 1947, Khulda est attribué à l’État arabe, une partie de ses terres se retrouvant dans l’État juif[22].

Khulda est conquis par les milices juives le 6 avril 1948[23] durant l’opération Nachshon, les ordres étant de liquider (hisul) et nettoyer (tihur) les villages[24]. Il n’y a apparemment pas de combat[1]. Le village est détruit par des bulldozers le 20 avril[24]. Les combats durent autour de Khulda encore quelques semaines[1].

Période israélienne

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Après la guerre, le village est annexé par Israël.

Le kibboutz de Mishmar David est créé dès 1948, à 500 mètres à l’ouest du site de Khoulda. Tal Shachar est proche, à 2 km au sud, mais pas sur les terres du village[19],[25].

Andrew Petersen, archéologue spécialise d’architecture islamique visite Khulda en 1993, et note les restes d’au mois quatre bâtiments de pierre, deux seulement ayant conservé leur élévation. Le premier est rectangulaire (12 m sur 6,5) avec deux pièces séparées, chacune disposant de sa propre entrée. Chaque porte se trouve entre deux fenêtres larges. Les portes et les fenêtres disposent de linteaux sous des arcs de décharge. Une inscription au-dessus d’un des linteaux a été effacée. Le toit est fait de poutrelles et de béton armé, les murs en pierre calcaire maçonnée. Selon Petersen, le bâtiment a dû avoir un usage public et date probablement de la fin de l’ère ottomane ou des années 1920[26].

Le second bâtiment, au nord du premier, fait 6 m x 6 m. Le toit est construit de la même manière que le précédent. Les murs sont maçonnés de gravats et de rochers liés au mortier de terre. Ue petite niche dans le mur sud peut êtreun mihrab. Les murs sont ornés de frises au pochoir de palmiers et de palmettes bleu-vert. Une inscription à peine lisible la date du 14e siècle AH (fin 19e siècle CE)[26].

Voir aussi

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Bibliographie complémentaire

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Articles connexes

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Liens externes

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 « Khulda — خُلْدَة »Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 8 juin 2026.
  2. Conder, 2009, p. 268.
  3. Palmer, 1881, p. 268.
  4. 1 2 Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 67.
  5. Government of Palestine, Department of Statistics. Village Statistics, April, 1945. Cité par Hadawi, 1970, p. 116.
  6. Pringle, 1993, p.  53
  7. Mujir al-Din, 1866, p. 702 (Arabe, publié par Bulak, Le Caire), cité par Clermont-Ganneau, 1896, II, p. 251-252.
  8. Moudjir ed-dyn, 1876, (français) p. 294.
  9. Hütteroth, Abdulfattah, 1977, p. 153. Cité par Khalidi, 1992, p. 389.
  10. Guérin, 1869, p. 34.
  11. Socin, 1879, p. 151.
  12. Hartmann, 1883, p. 140, note 28 maisons.
  13. Clermont-Ganneau, 1896, II, p. 467.
  14. Conder, Kitchener, 1882, SWP II, p. 408. Cité par Khalidi, 1992, p. 389.
  15. Sufian, 2007, p. 324. N.B. Dans ce texte, Khulda est appelé Khuldeh el-Islam, probablement pour le distinguer de la colonie juive de Khulde, devenue Houlda.
  16. Sufian, 2007, p. 103.
  17. Barron, 1923, Table VII, Sub-district of Ramleh, p. 21.
  18. Mills, 1932, p. 21.
  19. 1 2 Khalidi, 1992, p. 389.
  20. El-Eini, 2006, p. 398.
  21. Department of Statistics, 1945, p. 29
  22. Sami Hadawi, « Palestine - Index to villages & settlements », Palestine Arab Refugee Office, 1949.
  23. Morris, 2004, p. xix, village #261. Also gives cause of depopulation.
  24. 1 2 Morris, 2004, p. 235.
  25. Morris, 2004, p. xxi, settlement #37.
  26. 1 2 Petersen, 2001, p. 200. « https://web.archive.org/web/20161010172730/http://archive.org/stream/surveyofwesternp01conduoft »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?),

Bibliographie

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