LE B 1–5
Les B 1–5 sont des voitures de voyageurs de l'original chemin de fer du Mont-Cenis (MC). L'une d'entre elles, la B 5, est conservée en état de marche par le chemin de fer-musée Blonay-Chamby (BC).
| Exploitant(s) | LEB |
|---|---|
| Construction | 1865 - 1868 |
| Mise en service | 1873 - 1917 |
| Effectif | 5 |
| Disposition des essieux | 2' |
|---|---|
| Écartement | métrique (1 000 mm) |
| Tare | 3,0 t |
| Longueur HT | 4,4 m |
| Longueur totale | 5,1 m |
| Empattement du bogie | 1,8 m |
| Accès | 1 plateforme en bout |
| Intercirculation | passerelle |
| Places assises | 14 pl. |
Histoire
modifierEn 1864, Thomas Brassey, associé avec l’ingénieur anglais John Barraclough Fell et l'industriel Alexander Brogden, propose à l’empereur Napoléon III de construire une ligne de chemin de fer entre Saint-Michel-de-Maurienne en Savoie (France) et Suse (Italie), en passant par le col du Mont-Cenis[1]. Ainsi, entre et , la Société Chevalier, Cheylus Jeune & Cie va construire une série de cinq voitures : ce sont les B 1–5. Pour ce faire, l'entreprise réutilise du matériel issu du chemin de fer Lausanne-Échallens ; elle fabrique deux voitures de seconde classe (B 2 et 3) et trois voitures de troisième classe (C 2, 3 et 6), offrant chacune 14 places assises[2],[3]. Du fait du rayon prononcé des courbes, les voitures sont petites : trois mètres de longueur sur deux de large, pour un total de douze places. En seconde classe, par exemple, on trouve simplement deux planches, pas toujours rembourrées, l'une en face de l'autre et un passage au milieu[4]. La possibilité de se déplacer entre chaque rame, à l'aide de portes coulissantes, marque de nombreux journalistes de l'époque ; il s'agit d'une innovation dans le monde ferroviaire[5],[6],[7]. Les voitures de premières classes sont, comme les locomotives, équipées de roues additionnelles horizontales pour agripper le rail central[2].
Une de ces voitures est exposée à l'Exposition universelle de 1867 afin de mettre en avant le système de rail central inventé par John Fell[8].
Lorsque la ligne ferme, à la suite de l'ouverture du Tunnel ferroviaire du Fréjus, les voitures sont transformées et mises en service en 1873 sur la ligne chemin de fer de Lausanne à Échallens[9].
En 1893, elles sont renumérotées B 16–20.
En 1913, elles sont reclassées C 16–20.
En 1914, la voiture C 16 est renumérotée C 21.
En 1917 elles sont retirées du service et transformées en wagons à lait O 75-79[10].
B 5 au Chemin de fer-musée Blonay-Chamby (BC)
modifierEn le C 20 est retirées du service voyageur et transformées en wagons à lait O 79. La caisse est cédée comme cabane de jardin à un particulier à Saint-Cierges.
En 1981, à l’initiative de Monsieur Desmeules, directeur du chemin de fer Lausanne-Échallens-Bercher (LEB), cette caisse est récupérée et posée sur le châssis du wagon plat O 502, également originaire du Mont-Cenis.
En 2016, le LEB a décidé de céder la voiture au chemin de fer-musée Blonay-Chamby où il a été soumis à une révision totale.
Notes et références
modifier- ↑ Patrice Bouillin, Le chemin de fer en Maurienne : Du Rhône au Mont-Cenis et en Italie à travers les Alpes, Presse Editions Ferroviaires, 224 p..
- 1 2 Société des ingénieurs civils de France, Mémoires et compte rendu des travaux de la société des ingénieurs civils, vol. 21, Paris, Eugène Lacroix, , 746 p. (lire en ligne), p. 258, 567-568, 644
- ↑ S.Jarne et J.E.Seewer, Chemin de Fer-Musée Blonay-Chamby, « B 5 Lausanne Echallens » [archive], sur blonay-chamby.ch (consulté le )
- ↑ Jean Bellet, Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes, Saint-Jean-de-Maurienne, Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne, , 260 p. (lire en ligne), p. 113-124.
- ↑ Charles Boissay, Les mondes : revue hebdomadaire des sciences et leurs applications aux arts et à l'industrie, vol. XVIII, Paris, Bureaux des Mondes, , 788 p. (lire en ligne), p. 202-208
- ↑ C. Barbe, « Chemin de fer du Mont-Cenis », Journal de la Savoie, no 55, , p. 2 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Mont Cenis Railway », The Queensland Times, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Turgan, « Exposition universelle de 1867 », Journal de la Savoie, no 60, , p. 3 (lire en ligne)
- ↑ Jean Bellet, Le col du Mont-Cenis : Porte millénaire des Alpes, Saint-Jean-de-Maurienne, Société d'Histoire et d'Archéologie de Maurienne, , 260 p. (lire en ligne), p. 113-124.
- ↑ Gérald Hadorn et Jean-Louis Rochaix, Voies étroites de la campagne vaudoise, p. 135, 164
Bibliographie
modifier- Michel Grandquillaume, Gérald Hadorn, Sébastien Jarne, Jean-Louis Rochaix et Annette Rochaix (assistante) (ill. Francois Ramstein), Voies étroites de la campagne vaudoise, Lausanne, BVA, (ISBN 2-88125-004-1), p. 134-140