Languedoc-pézenas

région viticole

Un pézenas[note 2], ou languedoc Pézenas[note 3], est un vin rouge produit autour de Pézenas, dans l'Hérault. Il s'agit d'une des dénominations géographiques au sein de l'appellation régionale languedoc.

Languedoc-pézenas
Image illustrative de l’article Languedoc-pézenas
Le vignoble de Cabrières au pied du pic Vissou.

Appellation(s) principale(s) languedoc
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOC / AOP
Reconnue depuis 2007 (DGC d'une AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Languedoc-Roussillon
Localisation Hérault
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 705 heures (à Montpellier)
Superficie plantée 188 hectares (en 2024)[1]
Nombre de domaines viticoles 4 coopératives et 40 vignerons
Cépages dominants grenache N[note 1], mourvèdre N et syrah N
Vins produits rouges
Production 4 356 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 23 hl/ha (en 2024)[1]
Site web aoplanguedocpezenas.com

Histoire

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L’activité viticole dans la région de Pézenas est attestée dès la fin du VIIe siècle av. J.-C. : on peut citer l'oppidum de Saint-Siméon dans la vallée de la Peyne dont l’activité parait significative. Elle était liée aux contacts que les populations indigènes développent avec les Étrusques et surtout les Grecs, établis à Marseille et à Agde et qui connaissent les techniques de vinification. Dès le Ier siècle apr. J.-C., Pézenas (Piscennae) parait avec sa qualité de ville latine, reconnue par Rome comme vrai municipe. C’était, de plus, un point stratégique sur les routes d’Agde à Lodève et de Montagnac à Béziers. De nombreux établissements gallo-romains attestent d’activités viticoles intenses dès l’Antiquité. Des fragments de dolia (grand vase semi-enterré de 1 000 à 1 800 litres permettant le stockage de l’huile ou du vin) ont été retrouvés sur près de 70 sites autour de Pézenas. On recense des ateliers d'amphores vinaires surtout aux alentours d'Aspiran qui témoigneraient d’une activité d’exportation.

Au XVIIIe siècle, de grands domaines viticoles sont fondés autour de Pézenas, qui se développent davantage à partir du milieu du XIXe siècle, le chemin de fer permettant d'expédier facilement le vin rouge produit en masse vers le Nord de la France[3]. En 1960, lors de la reconnaissance de l'appellation d'origine (AO) coteaux-du-languedoc comme ayant droit au label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS), la commune de Pézenas et ses voisines n'en font pas partie[4], la production locale est alors vendu sous le nom de « vin de pays de Pézenas ».

C'est le décret du , reconnaissant le coteaux-du-languedoc comme une appellation d'origine contrôlée (AOC), qui y intègre la commune de Pézenas, sans en faire une des douze dénominations géographiques complémentaires[5]. Par le décret du , l'appellation change de nom (avec mesure dérogatoire pour la vente sous l'ancien nom jusqu'au ), devenant l'appellation « languedoc », étendue à presque tout le vignoble du Languedoc-Roussillon[6] ; la dénomination pézenas est autorisée, concernant quinze communes. Les vins rouges languedoc Pezenas doivent respecter le cahier des charges de l'appellation, qui a été modifié en [2].

Étymologie

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Vignoble

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Aire de production

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Image externe
Orthophotos du parcellaire de la dénomination
Le vignoble de Lieuran-Cabrières.

Le vignoble s'étend sur quinze communes du département de l'Hérault : Adissan, Aspiran, Caux, Fontès, Fouzilhon, Gabian, Lieuran-Cabrières, Montesquieu, Neffiès, Nizas, Paulhan, Péret, Pézenas, Roujan et Vailhan[2].

Orographie et géologie

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Le substrat de l'aire d'appellation est formé de terrains sédimentaires du Miocène : calcaires coquilliers, grès de plage, sables et molasses marines[7].

Ces terrains sont localement recouverts de basalte. Le volcanisme des Baumes, actif au Pléistocène inférieur, a émis des coulées de lave datées entre 1,46 et 1,55 million d'années ; elles se sont épanchées en direction de Caux et de Lézignan-la-Cèbe, l'une d'elles s'étendant sur plus de huit kilomètres vers Pézenas[7]. Ces coulées se sont mises en place dans des vallées, c'est-à-dire dans les points bas du paysage d'alors.

Le vignoble doit une partie de sa physionomie actuelle à l'inversion du relief qui a suivi : le basalte résistant mieux à l'érosion que les calcaires et les molasses environnants, les anciens fonds de vallée se retrouvent aujourd'hui en position de plateaux perchés, dominant les terrains sédimentaires qui les entouraient[7]. Les sols de l'appellation mêlent ainsi basaltes, schistes, calcaires, alluvions, cendres et éboulis de cailloutis noirs[8].

Sur certains coteaux, notamment sur la commune de Caux, le basalte repose directement sur un socle de calcaire du Miocène. L'agronome Claude Bourguignon, qui a expertisé les sols du domaine de la Font des Ormes situé sur cette commune, estime que cette association du basalte et du calcaire ne concerne que 3,5 % des grands terroirs viticoles du monde[9].

Climatologie

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Le climat de ce terroir viticole est typiquement méditerranéen. Il se caractérise par des hivers doux, des étés chauds et secs et des précipitations rares et concentrées notamment en automne de septembre à décembre (les précipitations annuelles sont proches de 800 mm). Au contraire, l'été est souvent très sec, voire aride dans l'arrière pays des garrigues, avec seulement quelques précipitations en août liées aux orages. Les vents dominants sont la tramontane, vent sec et froid qui chasse les nuages, et le marin, vent humide qui au contraire amène les nuages. Il peut parfois être très violent.

Le taux d'ensoleillement journalier moyen est de 7 h 22, largement supérieur à la moyenne française de 4 h 46[10]. En outre, relativement "protégée" du Mistral et de la Tramontane par l'avancée des reliefs cévenols, Montpellier est la ville la moins ventée du golfe du Lion. De plus, la proximité de la mer favorise l'installation de la brise marine qui tempère les excès thermiques en été.

La température annuelle moyenne est de 14,2 °C, supérieure à la moyenne nationale de 12,2 °C[10].

Encépagement

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L'encépagement de l'ensemble des parcelles d'une exploitation déclarées comme produisant du pézenas doit comprendre comme cépages principaux (dont la proportion doit être ensemble supérieure à 70 % de l'encépagement, mais chacun est limité à 75 %) le grenache N[note 1], le mourvèdre N et la syrah N (ces deux derniers doivent représenter au minimum 20 %) ; s'y rajoutent les cépages accessoires que sont le carignan N (si le carignan est présent, il faut au minimum 20 % de grenache) et le cinsault N[2].

Méthodes culturales

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Vendanges mécaniques à Fontès.
La hiérarchisation des AOC languedociennes.

Le pézenas est une dénomination géographique complémentaire (DGC) au sein de l'« appellation régionale » (selon la hiérarchie mise en place par le CIVL)[11] languedoc (languedoc Pézenas), uniquement en rouge. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer du languedoc rouge, rosé ou blanc, du terrasses-du-larzac (sur une petite partie du nord de l'aire), de la clairette du Languedoc (sur le nord-est de l'aire), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi et pays-d'hérault) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

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Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :

Annéelanguedoc Pézenas
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
20221695 61833
20231824 83527
20241884 35623

Gastronomie

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Ce vin rouge permet une gamme d'accord étendue.Tout d'abord avec des apéritifs puisqu'il peut être marié à un fricandó catalan, des grotillons, du saucisson de pays, notamment celui de Vallabrègues, des samoussas au bœuf ou encore avec une terrine de sanglier[12].

Il est parfait aussi avec des entrées telle que la soupe corse à l'os, la pipérade aux poivrons, la crème andalouse, les blettes farcies à l'agneau ou bien encore avec une garbure aux haricots tarbais[12].

Il s'impose avec des mets régionaux tels que la brageole, le boudin de l'Aude, les différents cassoulets, la pouteille du Gévaudan, une côte de bœuf de l'Aubrac grillée ainsi qu'avec un carré d'agneau au miel et romarin[12].

Commercialisation

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La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les Cafés-Hôtels-Restaurants (C.H.R), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S).

Économie

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Liste de producteurs

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L'organisme de défense et de gestion de l'appellation recense trente et un domaines adhérents[13] :

  • Chartreuse de Mougères
  • Château Belles Eaux
  • Domaine Allegria
  • Domaine Croix Saint André
  • Domaine de Bellefontaine
  • Domaine de l’Aster
  • Domaine de la Resclauze
  • Domaine de Nizas
  • Domaine des Griffes
  • Domaine du Clos Roca
  • Domaine La Grange
  • Domaine Le Conte des Floris
  • Domaine Monplezy
  • Domaine Picaros
  • Domaine Terres des Perdrix
  • Domaine van Aalderen
  • Domaines Paul Mas
  • Famille Bruno Lafon
  • La Clairette d’Adissan
  • La Font des Ormes
  • Les Caves Molière
  • Les Trois Puechs
  • Les Vignerons d’Alignan-Neffiès
  • Les Vignerons de Fontès
  • Marc-Olivier Bertrand
  • Mas des Auribelles
  • Mas Farchat
  • Mas Gabriel
  • Sauta Roc
  • Villa Symposia
  • Villa Tempora

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
  3. ↑ Selon le cahier des charges de l'appellation, la dénomination est « Languedoc Pézenas »[2] ; comme nom commun, ça donne un « languedoc-pézenas » ou un « languedoc Pézenas », sans qu'une de ces deux formes fasse autorité.

Références

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  1. 1 2 3 4 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « LANGUEDOC » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. ↑ « Histoire », sur aoplanguedocpezenas.com (consulté le ).
  4. ↑ « Arrêté du 16 décembre 1960 fixant les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Coteaux du Languedoc » », publié au JORF du .
  5. ↑ « Décret du 24 décembre 1985 définissant les conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « coteaux du Languedoc » », publié au JORF du .
  6. ↑ « Décret du 30 avril 2007 modifiant le décret du 24 décembre 1985 modifié définissant les conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « Coteaux du Languedoc » », publié au JORF no 103 du .
  7. 1 2 3 Jérôme Ivorra et A. Diaz, « Les paysages du volcanisme », sur Archéodyssée, Communauté d'agglomération Hérault Méditerranée, (consulté le ).
  8. ↑ « AOP Languedoc Pézenas », sur Syndicat des vins de l'AOC Languedoc (consulté le ).
  9. ↑ Anne Serres, « Pézenas : à la découverte du terroir de basalte », Terre de vins,‎ (lire en ligne).
  10. 1 2 La population et la géographie de Montpellier - Portail Ville de Montpellier
  11. ↑ « Le socle et la hiérarchie », sur languedoc-aoc.com (consulté le ).
  12. 1 2 3 Accord mets/vin
  13. ↑ « Les domaines », sur AOP Languedoc Pézenas, Organisme de défense et de gestion de l'appellation (consulté le ).

Voir aussi

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Liens externes

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Articles connexes

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