Lontra canadensis

espèce de mammifères
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Loutre du Canada, Loutre d’Amérique du Nord, Loutre de rivière

Lontra canadensis
Description de l'image Loutra canadensis.JPG.
1.800–0 Ma
34 collections
Depuis le Pléistocène inférieur (Calabrien) à l’Holocène (Présent).
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Super-ordre Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mustelidae
Sous-famille Lutrinae
Genre Lontra

Espèce

Lontra canadensis
(Schreber, 1777)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 04/02/1977

Répartition géographique

Description de l'image LontraCanadensisMap.svg.

Synonymes

Lontra canadensis, la Loutre du Canada, également connue sous le nom de Loutre d’Amérique du Nord, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Mustélidés.

Cette loutre (sous-famille des Lutrinae) est une espèce endémique du continent nord-américain, présente dans la majeure partie du Canada, le long des côtes des États-Unis et de ses voies navigables intérieures.

Il ne s’agit pas d’une loutre à proprement dite, mais une espèce du genre Lontra, bien plus grande que la loutre d’Eurasie. Un individu adulte peut atteindre une longueur dépassant les un mètre et peut peser entre 5 à 15 kg. Elle est protégée et isolée par un pelage épais et imperméable.

La loutre du Canada, aux habitudes semi-aquatique, est tout aussi polyvalente dans l'eau que sur terre. Elle vit à proximité du bord de l'eau dans des écosystèmes de rivières, de lacs, de marécages, de rivages côtiers, de estrans ou d'estuaires. En opposition à l’Énhydre marine appelée Loutre de mer, la loutre du Canada est le plus souvent désignée sous le nom de Loutre de rivière.

Son terrier, creusé à proximité de l’eau, possède généralement plusieurs ouvertures, dont l'une permet généralement d'entrer et de sortir du plan d'eau. Les femelles y mettent bas, donnant naissance à des portées de un à six petits[2].

Les loutres du Canada, chassent les espèces les plus facilement accessibles. Le poisson est leur aliment de prédilection, mais elles consomment également divers amphibiens (tels que des salamandres et des grenouilles)[3], des moules d'eau douce, des escargots d'eau douce, de petites tortues et des écrevisses. Les poissons les plus couramment consommés sont la perche, les meuniers et les poissons-chats[4]. Des rapports occasionnels indiquent également qu’elle mange d'autres petits animaux, tels que des souris, des écureuils, des oiseaux, et même des chiens qu'elle a attaqués et noyés[5],[6],[7].

L'aire de répartition de la loutre du Canada a été considérablement réduite par la perte d'habitat, commençant avec la Colonisation européenne des Amériques. Dans certaines régions, cependant, leur population est contrôlée pour permettre le piégeage et la récolte des loutres pour leur fourrure. Les loutres du Canada sont très sensibles aux effets de la pollution, ce qui est probablement un facteur du déclin continu de l’espèce. Un certain nombre de projets de réintroduction ont été lancés pour aider à stopper la réduction de leur population globale[8].

Dénominations

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Taxonomie et évolution

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Illustration d’une Loutre du Canada par Jacques de Sève, apparaissant notamment dans l’Histoire naturelle de Buffon.

Dans son histoire naturelle, Buffon ne considérait pas la loutre du Canada comme une espèce distincte de la loutre d'Europe, mais une simple variété. Il attribue sa plus grande taille et la beauté de son poil à l'influence du climat et de la nourriture en Amérique[14].

Dans la taxonomie moderne, la loutre du Canada a été décrite comme distincte pour la première fois par le naturaliste allemand Johann Christian Daniel von Schreber en 1777[15], sous le nom de Mustela lutra canadensis reprenant l’illustration de Jacques de Sève[16].

La loutre du Canada a d'abord été classée dans le genre Lutra, qui était le nom européen ancien (issu du latin)[17], et l'épithète spécifique canadensis[15] signifie « du Canada »[18].

Dans une nouvelle classification, l'espèce est nommée Lontra canadensis, où le genre Lontra comprend toutes les loutres de rivière du Nouveau Monde[19].

Des techniques de biologie moléculaire ont été utilisées pour déterminer à quel moment la loutre du Canada et la Loutre géante (Pteronura brasiliensis) d'Amérique du Sud ont divergé. Ces analyses suggèrent une divergence au cours de l'époque du Miocène, il y a 23,03 à 5,33 millions d'années, ce qui est « bien plus tôt » que ce qu'indique le registre fossile[20]. Des fossiles d'une loutre géante datant de 3,5 millions d'années (pendant le Pliocène)[21] ont été découverts dans le Midwest américain ; cependant, les fossiles de la loutre du Canada moderne ne sont apparus en Amérique du Nord qu'il y a environ 1,9 million d'années[22],[23]. Les loutres de rivière du Nouveau Monde descendent de celles de l'Ancien Monde à la suite d'une migration via le pont terrestre de Béring, qui a existé par intermittence entre 1,8 million et 10 000 ans. Les loutres ont migré vers l'Amérique du Nord, puis vers le sud en traversant le pont terrestre panaméen, formé il y a 3 millions d'années[24] .

Sous-espèces

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Liste des sous-espèces selon ITIS ()[25] :
Nom et auteur Répartition Description Synonymes
L. c. canadensis
(Schreber, 1777)
Loutre du Canada[26]
Est du Canada, États-Unis et Terre-Neuve. Sous-espèce nominale. Taille moyenne, pelage sombre et dense. Lutra canadensis (Schreber, 1777)
L. c. kodiacensis
(Goldman, 1935)
Île Kodiak et îles adjacentes (Alaska). Adaptée aux milieux insulaires, crâne légèrement plus large que la forme continentale.
L. c. lataxina
(Cuvier, 1823)
Loutre de la Caroline
États-Unis (principalement l'Est et le Sud-Est). Pelage souvent plus clair (brunâtre) et taille légèrement plus réduite que la nominale. Lutra lataxina (Cuvier, 1823)
L. c. mira
(Goldman, 1935)
Sud-est de l'Alaska et Colombie-Britannique. Grande taille, souvent rencontrée dans les fjords et les zones côtières.
L. c. pacifica
(J. A. Allen, 1898)
Loutre du Pacifique[26]
De l'Alaska au centre de la Californie, Nevada et nord-est de l'Utah. Très large répartition ; forme robuste adaptée aux réseaux hydrographiques de l'Ouest. Lutra pacifica (J. A. Allen, 1898)
L. c. periclyzomae
(Elliot, 1905)
Loutre de la reine Charlotte[26]
Îles de la Reine-Charlotte (Colombie-Britannique). Sous-espèce endémique de cet archipel, isolée géographiquement.
L. c. sonora
(Rhoads, 1898)
Sud-ouest des États-Unis et Nord du Mexique. Adaptée aux climats plus arides et aux bassins versants du Sud. Lutra sonora (Rhoads, 1898)

Description

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Se référer à la légende
Crâne d'une loutre du Canada.
Une loutre du Canada glissant à la surface de l'eau.
La forme profilée de la loutre du Canada lui permet de glisser dans l'eau.

La loutre du Canada possède des moustaches longues et fines qui lui servent à détecter ses proies dans les eaux sombres[27],[23]. Un mâle adulte pèse en moyenne environ 11,3 kg contre une moyenne de 8,3 kg pour la femelle. La longueur de son corps varie de 66 à 107 cm[28]. Environ un tiers de la longueur totale de l'animal est constitué d'une longue queue effilée[23], dont la taille varie entre 30 et 50 cm[28] . Les grands mâles peuvent dépasser un poids de 15 kg[29]. Elle se distingue de la Loutre d'Eurasie par son cou plus long, sa face plus étroite, l'espace plus réduit entre les oreilles et sa queue plus courte[30].

Les mâles et les femelles présentent un dimorphisme sexuel[31], les premiers étant généralement plus imposants[23].

La loutre du Canada peut vivre de 21 à 25 ans en captivité[31],[23], et de 8 à 13 ans à l'état sauvage[31],[23].

Adaptations

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Une loutre du Canada allongée sur l'herbe, surveillant attentivement
Ses moustaches sensibles lui permettent de détecter des proies dans les eaux troubles.
La loutre du Canada possède de petites oreilles.

La loutre du Canada a une certaine tendance à approcher à quelques mètres d'un bateau ou d'une personne sur le rivage en raison de sa myopie, conséquence d'une vision adaptée à la vue sous l'eau. Elles possèdent une paupière interne transparente, des membranes nictitantes, pour protéger leurs yeux lorsqu'elles nagent[24],[32],[33].

Comme la plupart des mustélidés, la loutre possède 36 dents spécialisées, notamment des canines pointues et des carnassières qui infligent des morsures mortelles aux proies. Elle possède également de grandes molaires utilisées pour broyer des objets durs, tels que les coquilles de mollusques[34]. Des prémolaires supplémentaires peuvent être présentes[23].

Distribution et habitat

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L'espèce habite les zones côtières, telles que les marécages.

La loutre du Canada se trouve dans toute l'Amérique du Nord, habitant les voies navigables intérieures et les zones côtières du Canada, du Nord-Ouest Pacifique, des États de la côte Atlantique et des États bordant le golfe du Mexique. Elle peuple également les régions forestières proches de la côte Pacifique en Amérique du Nord. L'espèce est aussi présente dans toute l'Alaska, y compris les Îles Aléoutiennes et le versant nord de la Chaîne Brooks.

L'urbanisation et la pollution ont cependant entraîné une réduction de l'aire de répartition de l’espèce aux États-Unis[35]. Elle est désormais absente ou rare dans l'Arizona, le Kansas, le Nebraska, le Nouveau-Mexique, le Dakota du Nord, l'Ohio, l'Oklahoma, le Dakota du Sud et le Tennessee. Des projets de réintroduction ont permis d'élargir sa distribution ces dernières années, notamment en Virginie-Occidentale[36], et particulièrement dans le Midwest des États-Unis. Depuis sa réintroduction au Kentucky au début des années 1990, la population s'est rétablie au point qu'une saison de piégeage a été mise en place en 2006, et l'espèce se trouve désormais dans toutes les principales voies navigables de l'État[37]. En 2010, le Département de la faune du Colorado a rapporté que la loutre du Canada, réintroduite dans l'État dans les années 1980, était « florissante » et a recommandé que son statut de protection soit reconsidéré[38]. Fin 2012, une loutre surnommée Sutro Sam s'est installée aux environs de l'ancien site des Bains Sutro à San Francisco, marquant la première observation de loutre de rivière dans cette ville depuis les années 1950[39]. Les loutres du Canada occupent toutes les provinces et territoires canadiens, à l'exception, jusqu'à récemment, de l'Île-du-Prince-Édouard[35]. Les loutres ont récemment commencé à se réinstaller sur l'Île-du-Prince-Édouard[40].

Au Minnesota, les populations de loutres ont rebondi grâce aux efforts de réintroduction des années 1980[41], à l'amélioration de la qualité de l'eau, à la restauration de l'habitat et à la réglementation de la chasse[42]. Bien que les loutres soient plus communes dans le nord du Minnesota[43], on peut les observer dans les zones urbaines, y compris les Twin Cities[44].

Les archives historiques indiquent que les loutres du Canada étaient autrefois **abondantes** dans la plupart des grands bassins hydrographiques de la zone continentale des États-Unis et du Canada avant l'arrivée des Européens. Les populations les plus importantes d'Amérique du Nord se trouvaient dans des zones offrant une abondance et une diversité d'habitats aquatiques, telles que les marécages côtiers, la région des Grands Lacs et les zones glaciaires de la Nouvelle-Angleterre. De plus, les habitats riverains des régions intérieures abritaient des populations de loutres plus restreintes[35]. La loutre du Canada était présente sur toutes les parties de la côte Pacifique, y compris le rivage et les ruisseaux et lacs intérieurs[45]. Au Mexique, les loutres du Canada vivaient dans les deltas du Rio Grande et du fleuve Colorado[31].

Une loutre du Canada dans le San Anselmo Creek.

Bien que communément appelée « loutre de rivière », la loutre du Canada vit dans une grande variété d'habitats aquatiques, tant en eau douce qu'en zone marine côtière, notamment les lacs, les rivières, les zones humides dans l’intérieure des terres, les rivages côtiers, les marais et les estuaires. Elle peut tolérer une large gamme de températures et d'altitudes. Son mode de vie aquatique la lie presque exclusivement aux bassins des versants permanents[23]. Ses principales exigences sont un approvisionnement alimentaire constant et un accès facile à un plan d'eau, mais elle est sensible à la pollution et disparaît des zones contaminées[31].

Comme les autres loutres, la loutre du Canada vit dans un terrier, construit dans ceux d'autres animaux ou dans des cavités naturelles, comme sous une bûche ou dans les berges des rivières. Une entrée, qui peut être sous l'eau ou au-dessus du sol, mène à une chambre de nidification tapissée de feuilles, d'herbe, de mousse, d'écorce et de poils[31].

Comportement

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Glisser sur la glace est un moyen de transport efficace. Notez la longue queue effilée.

Les loutres du Canada ne s'établissent que dans des zones composées de végétation, de tas de rochers et d'une couverture suffisante[46].

Les loutres du Canada sont réputées pour leur sens du jeu. Le jeu consiste principalement à lutter avec des congénères. La poursuite est également un jeu courant. Elles comptent sur ces sessions d’amusement pour apprendre des compétences de survie, telles que le combat et la chasse[34].

Traces dans la neige.

Prédateur très actif, la loutre du Canada s'est adaptée à la chasse dans l'eau et se nourrit d'animaux aquatiques et semi-aquatiques. La vulnérabilité et la disponibilité saisonnière des proies régissent principalement ses habitudes alimentaires et ses choix de ciblée[47]. Cette disponibilité est influencée par la détectabilité et la mobilité des proies, la disponibilité de l'habitat pour les différentes espèces de proies, les facteurs environnementaux, tels que la profondeur et la température de l'eau, ainsi que les changements saisonniers de l'approvisionnement et de la distribution des proies, en correspondance avec l'habitat de recherche de nourriture de la loutre[48],[49] .

Le régime alimentaire de la loutre du Canada peut être déduit en analysant soit les excréments obtenus sur le terrain[50], soit le contenu stomacal de loutres piégées[51]. Le poisson est le principal composant du régime alimentaire tout au long de l'année[52]. Chaque étude réalisée sur ses habitudes alimentaires a identifié diverses espèces de poissons comme étant l'élément principal. Par exemple, une étude menée en Alberta, au Canada, a analysé 1 191 échantillons d’excréments d’individus collectés à chaque saison[53]. Des restes de poissons ont été trouvés dans 91,9 % des échantillons. De plus, une étude dans l'ouest de l'Oregon a révélé que des restes de poissons étaient présents dans 80 % des 103 voies digestives examinées[52].

Les crustacés comme les écrevisses, lorsqu'ils sont disponibles à l’échelle régionale, sont les deuxièmes proies les plus importantes. Les crustacés peuvent même être consommés davantage que le poisson. Par exemple, une étude menée dans un marécage du centre de la Californie a indiqué que les écrevisses constituaient près de 100 % du régime alimentaire à certaines périodes de l'année[54]. En tant que prédateurs opportunistes, elles profitent immédiatement d'autres proies lorsqu'elles sont facilement accessibles[55]. Parmi les autres éléments composant son alimentation, figurent les fruits, les plantes aquatiques, les reptiles, les amphibiens, les oiseaux, particulièrement les canards en période de mue, ce qui les empêche de voler et facilite leur capture, les insectes aquatiques, les petits mammifères et les mollusques[31],[47],[56].

Les loutres du Canada ne sont pas des charognards ; elles évitent de consommer des charognes[49],[57]. Elles ne s'attaquent généralement pas à des proies de grande taille par rapport à elles, mais ont parfois été observées en train d'embusquer et de tuer des tortues serpentines adultes alors que ces dernières hibernent[58]. Des restes de castors, beaucoup plus grands, ont été trouvés dans leurs excréments dans certaines régions, bien que la plupart des études ne les montrent pas comme des prédateurs réguliers du castor, sauf peut-être pour les juvéniles[57],[53].

Impacts écologiques sur les espèces de proies

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Lorsqu'elles ne sont pas régulées, les loutres peuvent être des ravageurs importants dans certaines circonstances, par exemple dans des écloseries de pisciculture. L'impact peut être considérable lorsque les poissons sont confinés physiquement, comme dans des étangs peu profonds. Pour protéger les poissons dans ces cas, les loutres peuvent devoir être déplacées. Même dans de plus grands plans d'eau, elles peuvent profiter des concentrations saisonnières de poissons. Même les poissons rapides comme la truite ralentissent dans les eaux extrêmement froides, ce qui les rend vulnérables[34].

Comportement social

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Deux loutres de rivière dans le zoo de San Francisco.
Un couple de loutres en captivité au Phillips Park Zoo à Aurora.

Une loutre du Canada peut avoir un territoire allant jusqu'à 78 km2, mais son territoire habituel est d'environ 8 à 39 km2. Cela peut changer pendant les saisons de reproduction[59].

Bien que considérées comme des animaux sociaux, elles peuvent aussi survivre seules. Leur corps leur permet d'éviter les prédateurs efficacement, car elles peuvent plonger, s'enfouir et se tordre pour s'échapper. Elles aiment jouer ensemble, ce qui crée des liens sociaux forts, améliore les compétences de chasse et permet de marquer le territoire. Elles ne sont pas agressives pour des raisons territoriales, mais marquent fréquemment certains endroits de leur odeur pour signaler leur présence[59].

Reproduction et cycle de vie

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L'implantation différée distingue l'espèce de la loutre d'Europe, qui ne possède pas cette caractéristique[60],[61].

Au début du printemps, les futures mères commencent à chercher un terrier pour mettre bas. Elles ne creusent pas le leurs, mais comptent sur d'autres animaux, comme les castors, pour fournir des environnements appropriés. Une fois établies, elles donnent naissance à plusieurs petits[28]. La taille de la portée peut atteindre cinq petits, mais varie généralement de un à trois[23]. Chaque nouveau-né pèse environ 140 g[28].

Les mères élèvent leurs petits sans l'aide des mâles adultes. Lorsque les petits ont environ deux mois et que leur pelage a poussé, la mère les introduit au milieu aquatique. Ce sont des nageurs naturels et, sous surveillance parentale, ils acquièrent facilement les compétences nécessaires[28]. Les loutres peuvent quitter le terrier vers l'âge de huit semaines et sont capables de subvenir à leurs besoins à l'automne, mais elles restent généralement avec leur famille jusqu'au printemps suivant. Avant l'arrivée de la portée suivante, les jeunes de l'année partent à l’aventure à la recherche de leur propre domaine vital[62] .

Écologie

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Régime alimentaire

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Loutre du Canada mangeant un meunier noir au Seedskadee National Wildlife Refuge (Wyoming).
Groupe de loutres du Canada remontant à la surface pour manger du poisson.

Le régime alimentaire de la loutre du Canada est varié et se compose principalement de poissons, de grenouilles, d'écrevisses, de tortues, d'insectes et de quelques petits mammifères. Elles sont connues pour chasser en couple ou seules, aussi bien sur terre que dans l'eau. C’est est un prédateur adapté à la chasse en milieu aquatique. La vulnérabilité et la disponibilité saisonnière des proies déterminent principalement leurs habitudes alimentaires et leurs préférences[63].

Poissons

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Les loutres du Canada consomment une grande variété d'espèces de poissons, allant de 2 à 50 cm, qui fournissent un apport calorique suffisant pour une dépense d'énergie minimale[49]. Elles se nourrissent généralement de proies abondantes et faciles à attraper. Par conséquent, les poissons nageant lentement sont consommés plus souvent que les poissons de pêche sportive lorsque les deux sont également disponibles[51],[55]. Parmi les espèces lentes figurent les meuniers (Catostomidae), les poissons-chats, les crapets et les achigans (Centrarchidae), les vandoises, les carpes et les ménés (Cyprinidae)[48]. Par exemple, les Catostomidae sont le principal composant alimentaire des loutres dans le bassin supérieur du fleuve Colorado[64]. De même, la carpe commune (Cyprinus carpio) est une espèce privilégiée dans d'autres régions du Colorado[64]. Les poissons fréquemment trouvés dans leur régime incluent les meuniers (Catostomus spp.) et les chevaliers (Moxostoma spp.), les carpes (Cyprinus spp.), les mulets (Semotilus spp.), les naseux (Rhinichthys spp.) et les ménés (Notropis et Richardsonius spp.), ainsi que les barbottes et poissons-chats (Ictalurus spp.)[34]. D'autres poissons essentiels sont ceux vivant en bancs, comme les crapets (Lepomis spp.), les dardillons (Etheostoma spp.) et les perches (Perca spp.)[34],[51],[52]. Les espèces de fond, immobiles jusqu'à l'approche d'un prédateur, comme l'ombre de vase et les chabots (Cottus spp.), sont également vulnérables[34],[51],[52]. Les poissons de pêche sportive comme la Truite (Salmonidae) et le brochet (Esocidae) ne sont pas des composants majeurs de leur régime[49],[51], car ils nagent vite et disposent de meilleurs abris. Cependant, les loutres en consomment lors du frai[52]. Elles ont également été observées consommant la carpe asiatique, une espèce invasive.

Une loutre adulte peut consommer entre 1,0 et 1,5 kg de poisson par jour[55]. Une étude sur des loutres captives a révélé qu'elles préféraient les poissons de 15 à 17 cm plutôt que les petits de 8 à 10 cm, et qu'elles avaient des difficultés à attraper les poissons de moins de 10 cm ou de plus de 17 cm[47]. Les loutres emportent généralement les gros poissons sur terre pour les manger, tandis que les plus petits sont consommés dans l'eau[55].

Crustacés

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Les loutres peuvent préférer les crustacés, en particulier les écrevisses (Cambarus, Pacifastacus) et les crabes, lorsqu'ils sont localement et abondants en saison[31],[48]. En Géorgie, les écrevisses représentaient les deux tiers des proies durant l'été. Une étude en Arkansas a montré une corrélation entre la consommation d'écrevisses, de poissons et le niveau de l'eau[65]. En hiver et au printemps, quand l'eau est haute, elles chassent davantage l'écrevisse (73 % des excréments en contenaient). En période d'étiage, les écrevisses se cachent tandis que les poissons se concentrent, devenant des proies plus faciles[48].

Reptiles et amphibiens

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Les amphibiens sont consommés au printemps et en été, comme le montrent de nombreuses études[51],[53]. Les plus fréquents sont les grenouilles (Rana et Hyla)[52]. Les espèces incluent la rainette faux-grillon boréale, le crapaud du Canada, la Grenouille des bois, l'ouaouaron, la Grenouille verte, la Salamandre foncée, la salamandre géante de Californie, le triton rugueux et les couleuvres rayées (Thamnophis)[34],[52].

Oiseaux

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Se nourrissant de sauvagine en Californie.

La sauvagine, les râles et certains oiseaux coloniaux sont chassés, surtout en été et en automne[51],[64]. Les loutres capturent parfois des canards d'Amérique ou des sarcelles d'hiver en période de mue. Parmi les autres espèces figurent le canard pilet, le Canard colvert, le Fuligule à dos blanc, l'Érismature rousse et la Foulque d'Amérique[52]. Bien qu'elles mangent des oiseaux, elles ne consomment pas leurs œufs[47].

Insectes

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Les invertébrés aquatiques font partie intégrante de leur régime[34],[53],[55],[64]. La consommation augmente en été. La plupart appartiennent aux ordres des Odonates (nymphes de libellules), des Plécoptères (en forme de nymphes) et des Coléoptères (en forme adultes)[53],[64]. Ces invertébrés pourraient parfois être des proies secondaires, provenant de l'estomac des poissons ingérés[50],[52].

Mammifères

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Les mammifères sont rarement consommés[49],[50]. Il s'agit généralement de petites espèces des zones ripariennes : Rat musqué, Campagnol des prairies, Lapin à queue blanche et Lièvre d'Amérique[53],[55]. Les rapports sur la prédation du Castor du Canada varient selon les régions : si certains trappeurs l'affirment, la plupart des études scientifiques ne trouvent que peu ou pas de restes de castors dans les excréments[65].

Prédateurs

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Les prédateurs aquatiques de la loutre du Canada incluent l'Alligator d'Amérique (Alligator mississippiensis), le Crocodile d'Amérique (Crocodylus acutus) et l'Orque (Orcinus orca), bien qu'ils coexistent rarement avec elle[66]. Les prédateurs terrestres incluent le Lynx roux, le Cougar, le Coyote, le Chien, le Loup gris, l'Ours noir, le Pygargue à tête blanche, le Renard roux, ainsi que le Grizzli et l'Ours polaire dans les régions les plus septentrionales[67].

La loutre du Canada et l’Homme

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Menaces

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Les loutres du Canada sont chassées et piégées pour leur fourrure précieuse.

Les menaces pesant sur les populations de loutres du Canada varient selon les régions. Leur présence est influencée par le type, la distribution et la densité des habitats aquatiques, ainsi que par les caractéristiques des activités humaines. Avant la colonisation de l'Amérique du Nord par les Européens, les loutres du Canada étaient répandues dans les habitats aquatiques sur la majeure partie du continent. Le piégeage, la perte ou la dégradation des zones humides, ainsi que le développement des industries du charbon, du pétrole, du gaz, du tannage et du bois, ont entraîné des extinctions locales ou des déclins de population dans de nombreuses régions. En 1980, une étude sur les populations de loutres aux États-Unis a déterminé qu'elles étaient localement éteintes dans 11 États et qu'elles avaient subi des déclins importants dans 9 autres. Les baisses les plus graves ont eu lieu dans les régions situées à l’intérieure des terres, où les habitats aquatiques étaient moins nombreux. Bien que leur répartition ait été réduite dans certaines régions du sud du Canada, la seule extinction à l'échelle d'une province a eu lieu sur l'Île-du-Prince-Édouard[35].

Au cours des années 1970, de meilleures techniques de gestion des ressources naturelles sont apparues, parallèlement à une préoccupation croissante concernant le déclin de l'espèce. En conséquence, de nombreux organismes de protection de la faune ont élaboré des stratégies pour restaurer ou renforcer les populations, notamment par des projets de réintroduction. Depuis 1976, plus de 4 000 loutres ont été réintroduites dans 21 États américains. Toutes les provinces canadiennes (sauf l'Île-du-Prince-Édouard) et 29 États américains possèdent désormais des populations viables permettant une récolte annuelle. Si les stratégies de chasse actuelles ne menacent pas le maintien des populations, elles peuvent limiter leur expansion dans certaines zones[35].

Les marées noires représentent une menace localisée, en particulier dans les zones côtières. La pollution de l'eau et la dégradation des zones humides peuvent limiter la répartition des loutres et poser des menaces à long terme si les normes de qualité de l'eau ne sont pas respectées. Le drainage acide des mines de charbon est un problème persistant dans certaines régions, car il élimine les proies de la loutre, ce qui empêche la recolonisation ou la croissance des populations. Récemment[C'est-à-dire ?], les conséquences génétiques à long terme des projets de réintroduction sur les populations reliques ont fait l'objet de discussions. De même, de nombreuses menaces perçues, telles que la pollution et les modifications de l'habitat, n'ont pas encore été rigoureusement évaluées. Enfin, peu d'efforts ont été consacrés à l'étude des maladies chez les populations sauvages, un sujet qui reste donc mal documenté[35].

Conservation

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L'amélioration de la qualité de l'eau et les projets de réintroduction ont été particulièrement précieux pour restaurer les populations de loutres dans de nombreuses régions d'Amérique du Nord.

Lontra canadensis est inscrite à l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Elle a été pratiquement éliminée d'une grande partie de son aire de répartition, en particulier aux abords des zones densément peuplées du Midwest et de l'Est des États-Unis[68]. L'Annexe II répertorie les espèces qui ne sont pas nécessairement menacées d'extinction actuellement, mais qui pourraient le devenir si le commerce n'est pas étroitement contrôlé[69].

La loutre du Canada est considérée comme une espèce de préoccupation mineure selon la Liste rouge de l'UICN, car elle ne décline pas actuellement à un rythme suffisant pour intégrer une catégorie de menace. Au début des années 1900, les populations de loutres du Canada avaient diminué dans de grandes parties de leur aire de répartition historique. Cependant, l'amélioration de la qualité de l'eau (grâce à l'adoption de réglementations) et les techniques de gestion des animaux à fourrure ont permis aux loutres de regagner certaines parties de leur territoire. Les projets de réintroduction ont été particulièrement efficaces aux États-Unis, bien que l'espèce reste rare ou absente dans le Sud-Ouest du pays. La qualité de l'eau et l'urbanisation freinent le rétablissement des populations dans certaines zones. L'espèce est désormais largement distribuée et les populations se sont rétablies dans de nombreux endroits grâce aux initiatives de conservation. Notons toutefois que la réintroduction peut poser un problème en risquant de contaminer la structure génétique des populations indigènes résiduelles[35].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
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Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie externe

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Liens externes

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