Louis-Alexandre Expilly de La Poipe

homme politique français

Louis-Alexandre Expilly de La Poipe, né le à Brest et mort guillotiné le à Brest, est un ecclésiastique français, évêque constitutionnel du Finistère en , le premier évêque français choisi selon la procédure prévue par la Constitution civile du clergé.

Louis-Alexandre Expilly de La Poipe
Fonctions
Évêque constitutionnel
Diocèse du Finistère
-
Député de l'Assemblée constituante
Assemblée nationale constituante
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
BrestVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Consécrateurs
Condamné pour
Atteinte à la sûreté publique (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Blason.
signature de Louis-Alexandre Expilly de La Poipe
Signature.

Biographie

modifier

Il est le fils d'un capitaine d'une compagnie franche de la marine. Sa sœur est l'épouse de Michel Behic, maire de Morlaix, et l'une de ses petites-nièces la belle-sœur du général Moreau.[réf. nécessaire]

Prêtre et député

modifier

Bachelier de la Sorbonne, ordonné prêtre, il est nommé recteur de la paroisse Saint-Martin de Morlaix dans le Léon[1]. Avec dom Verguet, prieur de l'abbaye du Relecq, il l'un des deux députés élus par l'assemblée du clergé du Léon en pour la représenter aux États généraux dont les travaux ont déjà débuté[2]. Tous deux se joignent aux 57 autres députés bretons qui signent, à l'automne 1789, une Adresse au peuple breton des villes et campagnes : de la part de leurs députés à l'Assemblée nationale incitant « les Bretons à ne pas dédaigner une révolution que l'Europe admire »[3].

Le , Expilly est nommé membre du comité ecclésiastique de l'Assemblée constituante, qu'il préside à six reprises. Il préside la « section » (commission) des travaux relatifs à la constitution civile du clergé où siège Durand de Maillane. La consitution est promulguée le , réorganisant l'Église de France, notamment en créant un diocèse par département. Il est renouvelé le comme membre de ce comité alors réduit à 21 membres[4].

Évêque du Finistère

modifier

Le , l'évêque de Cornouaille, Toussaint Conen de Saint-Luc, meurt. Pour la première fois, la nouvelle législation est appliquée. Le corps électoral du Finistère, établi en , est convoqué à la cathédrale de Quimper pour le , malgré la fronde du chapitre qui, conformément au droit canonique, supplée l'évêque pendant la vacance du siège. Au troisième tour, Louis-Alexandre Expilly de La Poipe obtient 233 voix sur 380 votants (alors que Jean-François de La Marche, évêque de Léon, réfractaire réfugié à Londres et non-candidat, obtient 125 voix). Il est le premier à être élu évêque constitutionnel[5]. Sacré évêque le à l'Oratoire du Louvre, à Paris, par Talleyrand, ancien évêque d'Autun[6], il gagne rapidement Quimper pour prendre possession du nouveau siège de l'évêché départemental. Face à l'agitation du clergé finistérien, il se déplace en personne à Brest, « où il est reçu avec le plus grand faste » le 21 mars pour installer les nouveaux curés, Laligne pour Brest et La Goublaye pour Recouvrance, élus la semaine précédente[7]. À l'automne 1791, il revient à Paris, réside place du Palais-Royal[8] et figure dans la liste des membres du Club des Feuillants d'[9].

Avant même l'Assemblée nationale, l'Assemblée départementale du Finistère, à l'instigation d'Expilly, a décrété le bannissement des prêtres réfractaires entassés dans la prison de Brest. Elle s'élève cependant contre les excès de la Montagne en et ordonne de lever 400 hommes afin de lui faire barrage[10].

Arrêté en , impliqué dans l'affaire des Girondins, il compte parmi les 26 administrateurs du Finistère guillotinés le à Brest[11]. Le siège épiscopal reste ensuite vacant jusqu'à l'élection en d'Yves Marie Audrein, ancien professeur au collège de Quimper, ancien Conventionnel[12].

Publications

modifier
  • L.-A. Expilly et 58 députés bretons, Adresse au peuple breton des villes et campagnes : de la part de leurs députés à l'Assemblée nationale, Paris, Imprimerie nationale, , 11 p. (lire en ligne).
  • Lettre pastorale de M. l'évêque du Finistère, Paris, Imprimerie nationale, coll. « Les archives de la Révolution française », (réimpr. 1989), 10 p. (BNF bpt6k45691s, lire en ligne).
  • Mandement de M. l'évêque du Finistère, à tous les fidèles de son diocèse, Imprimerie nationale, coll. « Les archives de la Révolution française », (réimpr. 1989), 2 p. (BNF bpt6k456924, lire en ligne).

Notes et références

modifier
  1. ↑ Pilven, p. 1.
  2. ↑ Kerviler, p. 278.
  3. ↑ R. Kerviler (voir bibliographie), prétend que le texte de cette adresse a été rédigé par Expilly.
  4. ↑ Jérôme Tissot Dupont, « Le Comité ecclésiastique de l’Assemblée nationale constituante (1788-1791) : De L’Histoire apologétique par Durand de Maillane à la recherche moderne », Revue d'histoire de l'Église de France, t. 90, no 225,‎ , p. 427-452 (lire en ligne).
  5. ↑ Louis Alexandre Expilly et Claude Eustache François Marolles, « Les nouveaux évêques des départements du Finistère et de l'Aisne sont accueillis par de nombreux applaudissements, lors de la séance du 24 février 1791 », Archives Parlementaires de la Révolution Française, vol. 23, no 1,‎ , p. 491–491 (lire en ligne, consulté le )
  6. ↑ Odon Delarc, L'Église de Paris pendant la Révolution française, 1789-1801, Paris, Desclées de Brouwer, 1893, t. 1 p. 411, t. 2 p. 235.
  7. ↑ Bruno Baron, Élites, pouvoir et vie municipale à Brest (1750-1820), Thèse pour le doctorat en histoire, Brest, Université européenne de Bretagne, 23 juin 2012, tome I, p. 415.
  8. ↑ Dominique Waquet, Dictionnaire de la rue Saint-Honoré et de son cloitre à Paris : Commerçants, Habitants, propriétaires, édifices et lieux remarquables (1788-1808), Suresnes, Causseul & Rougeret, , 622 p. (ISBN 978-2-494553-10-1, lire en ligne), p. 215.
  9. ↑ Augustin Challamel, Les clubs contre-révolutionnaires, Paris, Cerf, Noblet, Quantin, , 639 p. (lire en ligne), p. 304.
  10. ↑ Pilven, p. 129.
  11. ↑ Yves Le Gallo (dir.), Histoire de Brest, Toulouse, Privat, 1976, 396 p., voir p. 179.
  12. ↑ Irien, Celton, Sillons en Finistère.

Annexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • « Louis-Alexandre Expilly de La Poipe », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Jo Irien et Yann Celton, Sillons et sillages en Finistère : Deux mille ans de christianisation en Bretagne, Quimper, Minihi Levenez, , 141 p. (Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, lire en ligne), « La Révolution et la constitution civile du clergé », p. 77-83.
  • Jeanne l'Herron (préf. Yves-Pascal Castel), Un morlaisien dans la Révolution : L.A. Expilly, Recteur de Saint-Martin, Morlaix, Éditions du Dossen, , 79 p. (ISBN 978-2-906256-13-2)
  • René Kerviler, Recherches et notices sur les députés de la Bretagne aux États-généraux et à l'Assemblée nationale constituante de 1789, Nantes, Imp. Forest et Grimaud, , 431 p. (BNF bpt6k5840458m, lire en ligne), p. 277-297.
  • Jean-Marie Pilven, Le premier évêque constitutionnel français : Expilly, évêque du Finistère (1790-1794), Quimper, A. de Kerangal, , 141 p. (Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, lire en ligne).

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier