Louis Felten

résistant policier et Juste parmi les nations français

Louis Felten, né le à Guebwiller et mort le à Menton, est un policier et résistant français. Affecté au commissariat d'Héricourt, il renseigne l'Organisation civile et militaire sur les projets de l'occupant et prend part à des actions de sabotage. Avec son épouse Jeanne, il cache chez lui Yvan Rueff, un Juif réfractaire au Service du travail obligatoire, ce qui leur vaut d'être reconnus Justes parmi les nations.

Biographie

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À Guebwiller, Louis Felten et Jeanne, sa femme, née Kleisser à Soultz, se lient d'amitié avec Yvan Rueff, ancien adjoint au maire de la ville, et avec l'épouse de celui-ci, Maria, une catholique originaire de Wasserbourg. Touché par la crise économique, le couple Felten gagne le Doubs vers 1935-1936 : Louis Felten est embauché aux Forges d'Audincourt et la famille s'établit à Exincourt. Les Rueff viennent à leur tour s'y installer, Yvan Rueff ayant trouvé un emploi chez Peugeot à Sochaux. Trois enfants naissent au foyer Felten en 1937, 1940 et 1942 ; Maria Rueff est la marraine du deuxième[1],[2],[3].

En 1942, Louis Felten quitte les forges pour entrer dans la police. Après sa formation à Plombières-lès-Dijon, il exerce d'abord à Audincourt[1],[2],[3].

Engagement dans la Résistance

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Le , Louis Felten entre à la section Doubs-Lizaine de l'Organisation civile et militaire (OCM), où il a notamment pour chefs Charles Jeand'heur, dit « le Vieux trappeur », Marcel Elion et Charles Demougeot. En , il passe au commissariat d'Héricourt, qu'il ne quittera plus ; la famille s'installe rue du Faubourg-de-Belfort, à quelques pas de la Kommandantur. Sa parfaite maîtrise de l'allemand fait de lui l'informateur de l'organisation à l'intérieur même du commissariat : chargé des relations avec la Feldgendarmerie de Lure, il en tire de nombreux renseignements. Informé des rafles en préparation, il alerte les Juifs d'Héricourt et les autres personnes que l'occupant s'apprête à arrêter, afin qu'ils puissent se cacher à temps. Il se sert aussi des tampons du service pour établir de fausses cartes d'identité[4],[1],[2],[3].

Hors de son lieu de travail, il participe à des coups de main, à la réception de parachutages et convoie de nuit des armes et des munitions de Trémoins à Bavilliers. À partir de , il prend part à des sabotages à l'explosif sur la voie ferrée entre Montbéliard et Belfort ainsi qu'au pont de Bavilliers. Il met également hors d'état de nuire un agent allemand, assure le transport de blessés et soustrait aux recherches des patriotes que la Résistance a fait sortir de l'hôpital d'Héricourt. Lorsque ses collègues gagnent le maquis du Lomont, il demeure au commissariat sur ordre[4],[1],[2].

Sauvetage d'Yvan Rueff

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À Héricourt, 27 Juifs réfugiés, étrangers pour la plupart, sont arrêtés lors de trois rafles entre et , puis déportés à Auschwitz depuis Drancy. Lorsque la menace devient trop pressante, Louis et Jeanne Felten, bien que parents de trois jeunes enfants, proposent à Yvan Rueff, réfractaire au Service du travail obligatoire, de le cacher. Celui-ci vit sous leur toit entre le et le  ; pour déjouer la curiosité du voisinage, ils le font passer pour un lointain cousin resté célibataire. Sa femme, Maria, est arrêtée parce qu'on la croit juive et internée au camp de transit de Drancy, dont elle sort après avoir démontré qu'elle est catholique. Les parents et le frère d'Yvan Rueff, déportés, ne reviennent pas. Fin août, Louis Felten aide son protégé à rejoindre le maquis du Lomont[4],[1],[2],[3].

Arrestation et déportation

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Le , à la suite d'une lettre de dénonciation, Louis Felten est arrêté, comme l'ensemble des policiers d'Héricourt. Détenu à Belfort, il est ensuite transféré en Allemagne, à Offenbourg, Bietigheim et Heilbronn[4],[1],[2],[3].

Après la guerre

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À son retour d’Allemagne en 1945, il reprend ses fonctions à Héricourt, où il reste en poste jusqu'en 1968. Les liens unissant les Felten et les Rueff survivent à la guerre : Yvan Rueff devient le parrain de Josiane, quatrième enfant des Felten, née en 1950. Louis Felten meurt en 1994 à Menton[1],[2],[3],[5].

Reconnaissance

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Par une décision du , Yad Vashem reconnaît à titre posthume les époux Louis et Jeanne Felten comme Justes parmi les nations (dossier no 11443), pour avoir caché Yvan Rueff. La médaille et le diplôme d'honneur sont remis à leur famille lors d'une cérémonie organisée le à la mairie de Chagey[1],[2],[3].

Distinctions

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 Le Normand 2016.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 « Louis Felten », sur Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie (AJPN) (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 « Dossier n° 11443 – Louis et Jeanne Felten », sur Comité français pour Yad Vashem (consulté le )
  4. 1 2 3 4 5 Rudolph 2024, p. 1636.
  5. ↑ « Felten Louis », sur MatchID – Fichier des personnes décédées (consulté le )
  6. ↑ Base des déportés-résistants, « Felten Louis », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
  7. ↑ Liste unique des décorés, « Felten Louis Jean », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
  8. ↑ Base des médaillés de la résistance, « Felten Louis », sur www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )

Voir aussi

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie

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  • Luc Rudolph, 5000 policiers en Résistance : Répertoire de la Résistance policière (1940-1945), Neuvic-sur-l'Isle, Les Livres de l'Îlot, , 1759 p., p. 1636. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Bertrand Lachaud et Éric Le Normand, « Louis Felten », dans Éric Le Normand (dir.), La résistance des Alsaciens, Fondation de la Résistance, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Articles connexes

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Liens externes

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