Lucien Cadène

peintre français

Lucien Cadène, né le à Montauban et mort et inhumé dans la même ville le , est un peintre français.

Lucien Cadène
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
MontaubanVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Lucien Pierre CadèneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Distinctions

Biographie

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Dès l'âge de 13 ans, il suit les cours du peintre Henri Marre, professeur de cours municipal qui a formé de nombreux peintres à Montauban. Il reçoit aussi des leçons du sculpteur de bois Jules Soureilhan, l'un des plus merveilleux ébénistes de l'Art Nouveau, professeur adjoint au cours public de dessin, et neveu de Marre. Ainsi la profession de Lucien Cadène sur sa fiche signalétique est donnée comme 'sculpteur'.

Pendant ses séjours à Paris, il travaille comme décorateur chez le céramiste André Metthey et habite d'abord quai d'Asnières chez Metthey, Là il rencontre Derain, Roualt, Maillol, Mary Cassatt, Vlaminck et Van Dongen. Puis en 1914 il habite à 'La Ruche' dans le 15e arrondissement. Il a exposé cinq toiles au Salon des Indépendants en 1911, trois en 1912, et en 1913. Cadène faisait partie de tout un groupe d'artistes renommés qui ont exposé, tels : Robert Delaunay, Maximilien Luce et Albert Gleizes en 1911, 1912 et 1913 ; Fernand Léger, Henri Le Fauconnier, et Roger de la Fresnaye en 1911 et 1912 ; Jean Metzinger en 1912 et 1913 ; Marc Chagall en 1912 et Piet Mondrian en 1913.

Rappelé le à la suite de la mobilisation générale, il est blessé le à Vermelles pendant la première bataille d'Artois (qui avait débuté en ). Blessé par balles pénétrantes dans l'avant-bras gauche après un éclat de grenade, suivi d'une fracture compliquée de la cuisse droite entrainant une amputation de la cuisse, il était décoré de la médaille militaire le et fut déclaré grand invalide de guerre.

Décoré de la croix de guerre avec palmes, il se retire rue Valières à Montauban, et rayé des contrôles de l'armée le .

Il retourne à La Ruche en 1917, et retravaille avec Metthey jusqu'en 1920, où Metthey meurt. Pendant ces trois ans il côtoie tout un groupe d'artistes dans le capitale. A la mort de son mentor Metthey, il accepte le poste de Professeur Municipal d'Art à Montauban, suite au départ à la retraite de son ancien maître, Henri Marre. Grand invalide de guerre replié dans sa ville natale, il mit toute sa vie à l'épreuve la leçon de Paul Cézanne et de Georges Braque, l'inclinant vers un classicisme[1] Toute son œuvre s'inscrit dans un dialogue constant avec les grands maîtres de son temps: Cézanne et Braque pour la composition, Monet pour le plein air, Van Gogh pour la pureté chromatique, ainsi que Henri Rousseau pour les aplats. Il puise ainsi dans le cubisme (volumes et simplification des formes), dans le fauvisme (audace des tonalités) et l’impressionnisme (vibration lumineuse), tout en évitant l'écueil de la copie. Il peint de nombreux paysages de Tarn-et-Garonne et surtout de Montauban, Saint-Antonin-Noble-Val, et les environs, ainsi que des portraits et natures mortes.

Il fait partie de l'école dite "de Montauban" avec Marcel Lenoir, Lucien Andrieu, François Desnoyer[2].

Le élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur, désormais réserviste jusqu’à sa nomination à la Légion d’honneur, il est décrit comme « un réserviste très honorablement connu à Montauban, avec une conduite et moralité parfaite » par l’adjudant Dubarry de la gendarmerie de Montauban. Lucien Cadène a épousé Suzanne Marie Oulières à Vazerac le . Suzanne Oulières, née à Cahors le et lauréate de l’École des Beaux-Arts, était aussi un peintre qui a exposé.

Peintre du quotidien et de l'intime, ses toiles et aquarelles s'attachent à capturer la vie sous toutes ses formes : le travail, les scènes de rue, les natures mortes, les moments partagés en famille, mais aussi les tourments de la guerre. il a développé tout au long du XXe siècle une œuvre qualifiée de "traditionnaliste dans sa modernité", célébrant les scènes de la vie quotidienne.

La grande toile 'Le Déjeuner à Ardus', (1935) fut exposée à l'inauguration de La Maison du Peuple à Montauban, et ensuite pendant plusieurs années dans l’entrée du musée Ingres à Montauban. Le tableau est maintenant dans Le Centre d'Interprétation de l'Architecture et du Patrimoine (CIAP) à Montauban.

En 1939, avec le peintre Hubert Bergère (1893–1983), il est allé offrir des tableaux pour une tombola organisée en soutien aux réfugiés du camp d'internement de Septfonds.

Pour Les Pendus de Montauban (1944), il avait réalisé un dessin préparatoire en cachette au matin du , puis un tableau. L'inscription sur le tableau final - Hommage aux Martyrs de la Gestapo et de la Milice de Darnand - condamne ouvertement les responsables de ces répressions sanglantes : les nazis et leurs collaborateurs français, et témoigne ses sentiments en faveur de la Résistance et les réfugiés.

En mai, juin, juillet 2026, la ville de Montauban organise une exposition de peintures et dessins de l'artiste, avec l'édition d'un catalogue présentant les photos des œuvres exposées.

Décorations

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Œuvres

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Quelques-unes de ses œuvres sont exposées au musée Ingres à Montauban, notamment La libération de Montauban 1944. 'Hommage aux Martyrs de la Gestapo et de la Milice de Darnand' est dans le Musée de la Résistance et du Combattant à Montauban. La grande peinture Un dimanche à Ardus 1935 est exposée au CIAP à Montauban. Quatre paysages sont dans les salles de l’hôtel des Intendants dans la préfecture du Tarn et Garonne à Montauban. La peinture Les abords du Tarn à Montauban (1927) est au musée Massey de Tarbes, Le portrait de Paul Rolland (1934) est à la villa des Peintres à Montricoux, et Nature morte aux fleurs mélangées (1947) est exposée dans la salle des mariages de l'hôtel de ville de Saint-Porquier.

Il a illustré :

  • René Boylesve, Le Confort Moderne, 1925, treize dessins et le frontispice
  • Pierre-Étienne Martel, Vin rouge, Les Cahiers occitans, , 491 p. le frontispice, des lettrines et culs-de- lampe
  • Maria-Carlota Girard, Seguida Bearneza, 1925, le frontispîce
  • Prosper Montagné, La Gastronomie Méridionale dans Les Feuillets Occitans, 1927, une gravure sur bois
  • Joseph Rouzoul, Notre Terroir : Glanes sur Tarn et Garonne, éd. Forestier, 1933, quatre gravures

Notes et références

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  1. Pierre Barousse, L'École de Montauban (Marcel-Lenoir, Andrieu, Cadène), catalogue du musée Ingres, 1972.
  2. Evelyne Cadène-Giggins, avec Paul Giggins et Oliver Cadène-Giggins, Lucien Pierre Cadène L'homme, sa vie, son œuvre, Toulouse, brousseseditions@gmail.com, , 407 p. (ISBN 979-1041-593767)

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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