Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse
La Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse, connue sous le nom des Petits chanteurs à la croix potencée de Toulouse jusqu'en 2009, est un chœur d'enfants et une manécanterie.
| Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse | |
Petits Chanteurs à la Croix Potencée en 1968 | |
| Pays de résidence | |
|---|---|
| Ville de résidence | Toulouse |
| Lieux d'activité | Cathédrale Saint-Étienne de Toulouse |
| Type de formation | chœur d'enfants |
| Style | Musique religieuse |
| Direction | Dimitri Ayache |
| Fondateur | abbé Rey |
| Création | 1935 |
| Site web | Site officiel |
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Historique
modifierAu fil des siècles, plusieurs membres de la maîtrise deviennent célèbres. Mathieu Lanes (1660-1725) remplace son père Guillaume, le , à la tribune de Saint-Etienne. Organiste, il assurera par ailleurs, l'intérim de la maîtrise après le départ d'André Campra. Les compositeurs André Campra (1660-1744) et Jean Gilles (1668-1705) sont maîtres de musique à la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse respectivement en 1683 et 1697.

Pierre de Jélyotte (1713-1797) a été formé au chant au sein de la maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne. Il est remarqué par le prince de Carignan, inspecteur général de l'Opéra, et débute au Concert Spirituel de Paris en 1733 dans Hippolyte et Aricie, première tragédie lyrique de Rameau[1],[2]. Le compositeur Charles Levens (1689-1764) est présent à Toulouse à partir de 1724. En tant que maître de musique il perçoit une rétribution de 1 500 livres avant son départ pour Bordeaux en 1738[3].
En 1846, selon l'historien toulousain Alexandre Du Mège, le Chapitre métropolitain comprend une centaine d'ecclésiastiques sans compter les 26 prêtres du chœur et de la Chapelle de Musique[2].
Le chœur d'enfants a été refondé en 1936 par l'abbé Georges Rey[4], ami de l'abbé Maillet, sur la volonté du cardinal Jules Saliège. Mêlant à l'origine scoutisme et chant, leur aumônier prend modèle sur les Petits Chanteurs à la croix de bois pour créer la manécanterie des Petits Chanteurs à la croix potencée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils accueillent à Blagnac leurs homologues parisiens, dans les premiers mois de leur exode. En souvenir, ils ont l'honneur de porter le drapeau français sur leur insigne et rejoignent la Fédération française des Pueri cantores.
Le chœur connaît son apogée dans les années 1970, après des tournées à l'étranger : Europe, Jordanie, États-Unis, Canada, Liban et Israël[5] (messe de minuit en Terre sainte). Le chœur compte alors une centaine d'enfants.
Les petits chanteurs ont officié à la cathédrale en présence du Président de la République Jacques Chirac, lors de la cérémonie de deuil organisée en septembre 2001, après l'explosion de l'usine AZF de Toulouse ; ils ont chanté Toulouse pour les obsèques du chanteur de variétés Claude Nougaro à la basilique Saint-Sernin de Toulouse en mars 2004[6] ; pour l'accueil de la reine Élisabeth II, en avril 2004, dans la cour Henri IV de l'Hôtel de Ville, pendant que le carillon de l'église Notre-Dame du Taur sonnait le God Save the Queen, selon la tradition ; et pour l'avant-match d'une rencontre de Top 14 en 2013 au stade Ernest Wallon au milieu de la pelouse du stade toulousain où les chanteurs ont entonné Toulouse de Claude Nougaro et Vive le vent.
En , le chœur fête son 70e anniversaire par un concert à l'église Saint-Pierre des Cuisines.
Après la révélation en 2004 d’une affaire d’agressions sexuelles sur mineurs impliquant un chef de chœur, la manécanterie, alors en perte de vitesse et réduite à une dizaine de garçons, change de nom en 2009 pour devenir la Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse. Sous l’impulsion de l’archevêque de Toulouse, Robert Le Gall, une maîtrise de filles est créée à côté de la maîtrise de garçons. Elles se réunissent et se produisent régulièrement ensemble. En 2010, une pré-maîtrise voit également le jour, tandis qu’un partenariat est établi avec l’école du Caousou. Robert Le Gall confie au chœur d'enfants la mission de « transmettre la parole de Dieu par le chant et la voix ».
L’arrivée de Luciano Bibiloni à la direction relève le niveau du chœur, comme en témoigne l’interprétation, en novembre 2012 à la cathédrale Saint-Étienne, du Messie de Haendel avec orchestre et plusieurs chœurs invités.
En , avec la participation de chanteurs d'Andorre, de Béziers, de Perpignan et du Puy-en-Velay, la maîtrise donne un concert à l'occasion de son 75e anniversaire devant près de 1 000 personnes dans la cathédrale Saint-Étienne. Le Gloria de Vivaldi est chanté en , avec l'intervention d'autres maîtrises, comme celle d'Andorre et de Béziers, et la participation d'anciens petits chanteurs, lors d'un concert donné à l'occasion de son 80ème anniversaire. Le , ils chantent la messe d'enterrement du colonel Arnaud Beltrame.
Agressions sexuelles et autres affaires judiciaires
modifierEn 2004, le chef de chœur de la Maîtrise de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse en exercice[Note 1], est dénoncé par des enfants auprès de deux prêtres et du responsable de la chorale qui n'interviennent pas. Lors d'une nouvelle tournée un autre enfant est victime d'agression. Une famille informe alors directement l'évêque Émile Marcus qui signale les faits à la justice[8]. Le mis en cause est condamné en 2008 à cinq ans de prison, dont trois ferme, pour des attouchements sexuels sur huit enfants de 9 à 11 ans entre 1997 et 2004[9],[10].
Début , Denis Dupays, chef de chœur de cette même maîtrise de 1977 à 1979 est mis en accusation pour viol par le Tribunal judiciaire de Nancy, devant la Cour criminelle départementale de Meurthe et Moselle. Cette audience devrait se tenir au second semestre 2025 ou début 2026. Denis Dupays ayant reconnu la matérialité des faits, il sera jugé pour viol[11].
Notes et références
modifierNote
modifierRéférences
modifier- ↑ Sabine de la Rochefoucauld, « Les mouches du contre-ténor », Grande Galerie - Le Journal du Louvre, no 56, , p. 106.
- 1 2 Machard 1974.
- ↑ « Levens Charles (1689-1764). », sur Philidor.cmbv.fr MUSEFREM - Base de données prosopographique des musiciens d'Église en 1790, (consulté le ).
- ↑ « La Maîtrise de Toulouse fait étape en Pays basque. », sur Sud Ouest, (consulté le ).
- ↑ « Saint-Gaudens. Les Petits chanteurs à la croix potencée. », sur La Dépêche, (consulté le ).
- ↑ « 10.000 Toulousains assistent aux obsèques de Nougaro », sur nouvelobs.com, (consulté le ).
- ↑ « Décision Tribunal judiciaire de Paris : RG n°25/56586 », sur Cour de cassation, (consulté le ).
- ↑ Gastaldi, Martinière et Périsse 2017, p. 371.
- ↑ « Trois ans ferme pour pédophilie. », 20 minutes, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Toulouse. Le chef de chœur pédophile avoue les attouchements », La Dépêche, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Après des accusations d’agressions sexuelles, un ancien chef du chœur de Radio France sera jugé pour viol », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Roberte Machard, « Les musiciens de la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse (1682-1790) », Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, t. 86, no 118, , p. 297-320 (lire en ligne)
- Daphné Gastaldi, Mathieu Martinière et Mathieu Périsse, Église, la mécanique du silence, Lattès, , 374 p. (ISBN 978-2-7096-5938-3).

