Nnamdi Azikiwe
Benjamin Nnamdi Azikiwe, né le à Zungeru et mort le , est un journaliste et homme d'État nationaliste nigérian. Il est l'un des principaux acteurs de la décolonisation du pays. Après avoir été premier ministre de la région Est, il devient le premier président du Nigeria.
| Nnamdi Azikiwe | |
Nnamdi Azikiwe en 1963. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Président de la république fédérale du Nigeria | |
| – (2 ans, 3 mois et 15 jours) |
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| Premier ministre | Abubakar Tafawa Balewa |
| Prédécesseur | Élisabeth II (reine du Nigeria) Fonction créée |
| Successeur | Johnson Aguiyi-Ironsi |
| Gouverneur général du Nigeria | |
| – (2 ans, 10 mois et 15 jours) |
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| Monarque | Élisabeth II |
| Premier ministre | Abubakar Tafawa Balewa |
| Prédécesseur | James Wilson Robertson |
| Successeur | Fonction supprimée (proclamation de la République) |
| Président du Sénat du Nigeria | |
| – (9 mois) |
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| Prédécesseur | Fonction créée |
| Successeur | Dennis Osadebay |
| Premier ministre du Nigeria oriental (en) | |
| – (~ 5 ans) |
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| Prédécesseur | Eyo Ita |
| Successeur | Michael Okpara |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Benjamin Nnamdi Azikiwe |
| Surnom | Zik Roi de l'Afrique |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Zungeru, Nigeria du Nord (Empire britannique) |
| Date de décès | (à 91 ans) |
| Lieu de décès | Enugu, État d'Enugu (Nigeria) |
| Nature du décès | Mort naturelle |
| Nationalité | Nigérian |
| Parti politique | Conseil national du Nigeria et du Cameroun (1944-1966) Parti du peuple nigérian (en) (1979-1983) |
| Conjoint | |
| Enfants | 7, dont Chukwuma Azikiwe (en) (fille) |
| Diplômé de | Université Howard Université Lincoln Université de Pennsylvanie |
| Distinctions | Ordre du Niger Ordre de la République fédérale |
| Religion | Christianisme |
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| Présidents de la République fédérale du Nigéria | |
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Biographie
modifierJeunesse et formation
modifierD'origine Ibo (ethnie qui domine l'Est du Nigeria), Nnamdi Azikiwe naît le à Zungeru[1],[2]. Après avoir étudié à Calabar puis à Lagos, il devient commis du département du Trésor en 1921. En 1925, il s'embarque clandestinement pour les États-Unis. Il y étudie à l’université Lincoln en Pennsylvanie, où il obtient en 1929 un doctorat d'anthropologie après avoir rédigé sa thèse Liberia in World Politics. Il est instructeur dans son université de Pennsylvanie entre 1930 et 1933[3],[2].
Carrière journalistique et militantisme
modifierIl rentre en Afrique de l'Ouest en 1934. Échouant à obtenir un poste de tuteur au King's College (en) de Lagos, il se tourne vers le journalisme. Il dirige pendant trois ans l'African Morning Post (en). Ses articles sont par la suite rassemblés dans l'ouvrage Renascent Africa dans lequel il promeut l'indépendance de l'Afrique de l'impérialisme colonial britannique. Après avoir été acquitté pour un vice de forme d'une accusation de publication d'article séditieux, il rentre au Nigéria en 1937 et fonde la société Zik’s Press. En novembre de la même année, il lance le premier numéro du West African Pilot (en). Le journal adopte un ton combatif et sensationnel, mettant en valeur les réalisations des Africains tout en critiquant le gouvernement colonial[2].
Il adhère également au Nigerian Youth Movement (en), la principale organisation nationaliste du pays, qui remporte les trois sièges de Lagos lors des élections du Conseil législatif de 1938. Toutefois, celui que l'on surnomme « Zik » juge rapidement les dirigeants du mouvement, plus âgés que lui, trop modérés[2].
Conflits avec l'administration coloniale
modifierAvant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939, Azikiwe noue de bonnes relations avec le gouverneur Bernard Bourdillon, qui l'aide à acquérir des terres sous contrôle gouvernemental pour ses presses et le nomme au sein de plusieurs comités officiels. Cependant, les conséquences de la guerre, comme l'inflation, poussent Azikiwe à adopter une position beaucoup plus critique à l'égard du régime britannique. La période allant de 1944 à 1948 est marquée par de vives tensions au Nigéria, au cœur desquelles se trouve Azikiwe. Le gouverneur Bourdillon est remplacé par Arthur Richards, un dirigeant plus rigoureux déterminé à combattre le mouvement nationaliste incarné par Azikiwe[2].
En 1944, Azikiwe et le vétéran nationaliste Herbert Macaulay fondent le Conseil national du Nigeria et du Cameroun. Tandis qu'Azikiwe réclame l'autonomie gouvernementale dans un délai de quinze ans, la nouvelle Constitution de Richards, conçue pour préserver le contrôle britannique, est sur le point d'être adoptée malgré l'octroi d'une majorité non officielle au Conseil législatif. En juin 1945, Azikiwe soutient une grève générale mobilisant 30 000 travailleurs, ce qui amène le gouvernement à interdire deux de ses journaux le mois suivant. Peu après, il affirme avoir découvert un complot gouvernemental visant à l'assassiner, des allégations prises au sérieux par l'intéressé et largement médiatisées grâce à ses talents de journaliste, bien que le bureau colonial britannique les ignore[2].
Carrière politique
modifierRéformes constitutionnelles et divisions politiques
modifierEn août 1948, les Britanniques annoncent le remplacement de la Constitution de Richards, influencés en partie par la nécessité de s'aligner sur les réformes entreprises sur la Côte de l'Or à la suite des émeutes d'Accra en février 1948, bien que certains historiens estiment que la pression exercée par Nnamdi Azikiwe et ses partisants accélèrent le calendrier des réformes[2].
Malgré sa popularité, Nnamdi Azikiwe est rejetés par les groupes ethniques non Igbo. Les émirs du nord du Nigéria et le Nigerian Youth Mouvement se dissocient de lui dès 1941. Le parti d'opposition de l'Action Group (en) se forme à l'ouest et le Northern People’s Congress (en) au nord. Azikiwe est relégué au poste de Premier ministre de la région est de 1957 à 1959[2].
Accession à l'indépendance et présidence
modifierÀ l'indépendance en 1960, Nnamdi Azikiwe devient président du Sénat, puis rapidement gouverneur général, des fonctions principalement honorifiques, le véritable pouvoir résidant au niveau régional et entre les mains du Premier ministre fédéral. Il devient finalement président du Nigeria, lors de la proclamation de la république en 1963, avec Abubakar Tafawa Balewa comme Premier ministre[2].
Après l'indépendance, il contribue à la fondation de l'université du Nigéria à Nsukka[2].
Il est renversé, avec le reste du gouvernement civil, pendant un voyage à l'étranger, lors du coup d’État militaire du mené par le général Johnson Aguiyi-Ironsi et sert de conseiller au gouvernement militaire de la région orientale[2].
Fin de carrière
modifierAu cours de la guerre du Biafra (1967-1970), Nnamdi Azikiwe fut le porte-parole de la république sécessionniste et le conseiller de son président, Odumegwu Emeka Ojukwu. Il proposera en 1969 un plan de paix en 14 points que les deux parties rejetteront.
Après la guerre, il devint chancelier de l’université de Lagos, de 1972 à 1976. Il fonde le Parti populaire du Nigeria en 1979 mais échoue, la même année, à l’élection présidentielle, battu par Shehu Shagari. Il se représente en 1983, sans succès, avant de quitter la politique en 1986.
Fin de vie
modifierHommages
modifier- L'université Nnamdi Azikiwe dans l'État d'Anambra porte son nom.
Notes et références
modifier- ↑ « Nnamdi Azikiwe - president of Nigeria ».
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Kevin Shillington, Encyclopedia of African history, Fitzroy Dearborn, (ISBN 978-1-57958-245-6, 978-1-57958-453-5 et 978-1-57958-454-2), p. 116-118
- ↑ Cécile Laronce, Nkrumah, le panafricanisme et les Etats-Unis, KARTHALA Editions, (ISBN 978-2-86537-999-6, lire en ligne)
Liens externes
modifier- Archives conservées par : bibliothèque de l'université de Californie à Los Angeles
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