North American FJ-1 Fury

North American Aviation

Le North American FJ-1 Fury fut le premier avion à réaction opérationnel en service dans la marine américaine, et fut développé par le constructeur américain North American Aviation sous le nom de projet NA-135[1].

North American FJ-1 Fury
Vue de l'avion.
Un FJ-1 en vol, en 1947.

Constructeur North American Aviation
Rôle Chasseur de jour
Statut Retiré du service
Premier vol
Mise en service
Date de retrait
Nombre construits 1 prototype + 30 exemplaires
Équipage
1 pilote
Motorisation
Moteur Allison J35-A-2
Nombre 1
Type Turboréacteur à simple flux sans postcombustion
Poussée unitaire 17,8 kN
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 11,63 m
Longueur 10,48 m
Hauteur 4,52 m
Surface alaire 20,50 m2
Masses
À vide 4 010 kg
Carburant Interne : 1 315 kg
Avec armement 6 854 kg
Performances
Vitesse maximale 880 km/h (Mach 0,72)
Vitesse de décrochage 194 km/h
Plafond 9 753 m
Vitesse ascensionnelle 1 005 m/min
Rayon d'action 1 203 km
Charge alaire 195,60 kg/m2
Rapport poussée/poids 0,38
Armement
Interne mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm (total de 1 500 cartouches)

Le FJ-1 fut en fait un avion de transition qui ne connut qu'un succès assez limité, produit à seulement 30 exemplaires et utilisant des gouvernes, des ailes et une verrière dérivées de celles du célèbre chasseur à pistons P-51D Mustang de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, son évolution vers une architecture disposant d'ailes en flèche devint la base de développement pour le prototype XF-86 du chasseur basé à terre F-86 Sabre, qui connut lui un succès indiscutable. Ironiquement, les premiers dessins du F-86 possédaient pourtant une aile droite très semblable à celle du FJ-1. Le F-86 servit à son tour de base de développement pour les successeurs du FJ-1, les FJ-2 et FJ-3 Fury.

Conception et développement

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Fin 1944 et début 1945, l'US Navy commanda quatre prototypes de chasseurs à réaction embarqués : le Vought XF6U Pirate, le McDonnell XFD-1 Phantom, le McDonnell XF2D-1 Banshee et le North American XFJ-1 Fury. On espérait que ces quatre appareils seraient opérationnels à temps pour l'Opération Downfall, prévoyant l'invasion du Japon pour [2],[3].

Sous la désignation de XFJ-1, le Fury débuta son existence en tant que chasseur à ailes droites et train d'atterrissage tricycle, doté d'un turboréacteur traversant le fuselage. Les ailes, empennages et verrières étaient très proches de celles du P-51D Mustang, avec toutefois une verrière fortement avancée par rapport à celle de ce dernier, afin d'offrir au pilote une bonne visibilité vers l'avant pour les opérations depuis les ponts des porte-avions et, plus prosaïquement, pour ne pas laisser le pilote "à cheval" sur le moteur.

En , l'US Navy avait commandé 100 FJ-1 de série, commande qui fut ensuite réduite à 30. Les numéros de série étaient désignés de 120342 à 120371. Ils étaient connus sous le nom de NA-141 sur les registres de la compagnie North American[3].

Le premier vol de l'unique prototype XFJ-1 se déroula le , avec aux commandes le pilote d'essai Wallace A. « Wally » Lien[4], la première des trente livraisons étant effectuée en . Aux couleurs de l'escadron VF-5A de la marine américaine, le FJ-1 effectua le premier appontage opérationnel d'un avion à réaction sur un porte-avions en mer[Note 1], le à bord de l'USS Boxer (CV-21) au large de San Diego[4], inaugurant les opérations aériennes d'avions à réaction depuis les porte-avions et soulignant le besoin par la Navy de disposer de porte-avions dotés de catapultes. En fait, le Fury pouvait être lancé sans aide de la catapulte, mais sur un pont d'envol encombré la capacité était d'un usage limité. Un décollage sans catapulte obligeait le FJ-1 à effectuer une montée lente et périlleuse, qui avait été jugée comme trop risquée pour les opérations normales.

Comme la recherche allemande sur l'aérodynamique des ailes en flèche n'était pas encore disponible quand la conception du FJ-1 fut finalisée, l'avion effectua sa courte carrière avec des ailes droites. En outre, il ne possédait aucun équipement de repliage des ailes, caractéristique fréquente des avions embarqués, car il était doté de freins de piqué (en anglais : « dive brakes », des aérofreins de grande taille), ce qui empêchait d'installer un tel mécanisme. Afin de conserver un peu d'espace sur les ponts des porte-avions, l'avion était doté d'un système unique, constitué d'une roulette de nez qui « s'agenouillait » et d'une roue de train principale pivotante, qui permettait au FJ-1 d'être parqué la queue en l'air à côté d'un autre FJ-1[5]. L'avion possédait une dérive verticale assez haute et des surfaces de contrôle horizontales dotées d'un dièdre positif de 10°, ce qui plaçait les surfaces de la queue en dehors des ondes de choc produites par les ailes à grande vitesse et augmentait la stabilité de l'appareil[5]. Le dièdre apportait également un meilleur contrôle de l'avion aux basses vitesses nécessaires pour les opérations d'appontage sur les porte-avions. Les ailes pouvaient être dotées de réservoirs largables d'extrémité, qui étaient dotés de feux de position supplémentaires[5].

Carrière opérationnelle

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Bien qu'ayant été commandé en série, la commande initiale pour 100 exemplaires fut ramenée à seulement 30 exemplaires, qui furent finalement surtout utilisés pour des tests à la Naval Air Station North Island, en Californie. Le VF-5A, rapidement redésigné VF-51, utilisa l'appareil en service à partir d'. Même si le VF-51 opéra en mer sur le porte-avions Boxer vers , les FJ-1 furent retirés du service en mer en faveur du F9F-2 Panther de Grumman[4].

Terminant sa courte carrière dans les unités de réserve de la marine américaine, le FJ-1 fut finalement retiré du service en 1953. L'unique point fort de sa carrière fut la victoire du VF-51 dans la course du trophée Bendix, catégorie jets, en . L'unité présenta sept FJ-1 à cette course, volant de Long Beach (Californie) à Cleveland (Ohio), et les avions de l'unité raflèrent les quatre premières places, devant deux P-80 Shooting Star de la Garde nationale aérienne de Californie (en)[1].

Accidents

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  •  : FJ-1 no 120342. Le lieutenant commander Robert P. Friesz (29 ans) s'est tué après avoir échoué à se redresser après un piqué à 3 miles de NAS Patuxent River, Maryland[6].
  • 3 Mai 1948 : FJ-1 no 120367. Atterrissage brutal sur l'USS Princeton dans le Pacifique. L'aile gauche se brise au niveau du fuselage. L'avion bascule sur le côté et finit sa course dans la mer, le pilote est secouru indemne. L'atterrissage a été filmé et fait partie du film « L'Escadrille panthère » (1954) (1 h 11 min 23 s)[7].
  • 26 Mai 1948 : FJ-1 no 120359 est contraint d'amerrir et a coulé près de l'entrée de la baie de San Diego. Le pilote, le lieutenant de vaisseau Al E. Nauman, a été secouru par un bateau de pêche après être resté à bord de son appareil pendant environ une heure. Il effectuait une mission opérationnelle depuis la base aérienne de North Island[8].
  • 10 Août 1948 : FJ-1 no 120371. L'avion s'est écrasé au large de la plage de La Jolla suite à une rupture de structure. Le pilote, l'enseigne de vaisseau de 2e classe Constantine Pierozzi (25 ans), a sauté en parachute[9].
  •  : FJ-1 no 120350. Crash sur l'USS Tarawa[10].
  •  : FJ-1 no 120370. Le réacteur s'est coupé et l'appareil a amerri au large de la côte continentale des Îles Coronado. L'enseigne de vaisseau de 2e classe M.E. Bail a flotté en gilet de sauvetage jusqu'à sa récupération par une vedette de North Island[11].
  •  : FJ-1 no 120355 s'est écrasé près de Lost Hills, en Californie. Contraint d'effectuer un atterrissage d'urgence en essayant de rejoindre son porte-avions USS Boxer lors de manœuvres[12].
  •  : FJ-1 no 120348. Crash après le décollage de la base aéronavale de San Diego[13].
  •  : FJ-1 no 120361. Disparu lors d'un exercice de tir air-air près des îles Coronado, en Californie. Pilote : Lieutenant Harvey Avants (27 ans)[14].
  • : Accident au décollage. L'avion a percuté une clôture et traversé une autoroute à l'ouest de l'aéroport de Los Angeles. Le pilote d'essai de North American, John C. Bryan (40 ans), est indemne[15].
  •  : FJ-1 no 120360. Détruit après avoir dévié de la piste à l'atterrissage sur la base aéronavale de Los Alamitos, en Californie[16].
  • 22 Octobre 1950 : FJ-1 no 120354. L'avion s'est écrasé après la rupture d'une aile lors d'une manœuvre de redressement en piqué près de Baldwin Park (Californie). Le pilote a été tué[17].
  •  : FJ-1 no 120362. Gravement endommagé lors d'un atterrissage trop court sur la Base aéronavale d'Olathe, Kansas. Pilote Max F. Snavely indemne.

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Exemplaires préservés

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Deux exemplaires du FJ-1 ont été préservés et sont exposés dans des musées aux États-Unis. Le no 120349 est visible au Yanks Air Museum (en) à Chino, en Californie[18], et le no 120351 est exposé au National Air and Space Museum à Washington, D.C[19].

Galerie photographique

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Notes et références

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  1. Le premier avion entièrement à réaction à décoller et atterrir sur un porte-avions américain fut un McDonnell XFD-1 Phantom, le depuis l'USS Franklin D. Roosevelt (CV-42), mais les tests ne furent pas réalisés en conditions opérationnelles.

Références

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  1. 1 2 (en) « The FJ-1 Fury », sur f-86.tripod.com (consulté le ).
  2. (en) « North American FJ-1 "Fury" », sur si.edu (consulté le ).
  3. 1 2 « North American FJ-1 Fury », sur aircraftinformation.info (consulté le ).
  4. 1 2 3 (en) John Pike, « FJ Fury », Global Security.org, (consulté le ).
  5. 1 2 3 (en) « FJ Fury », sur boeing.com, Boeing, (consulté le ).
  6. « Accident north american fj-1 fury 120342, thursday 20 november 1947 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  7. « Accident north american fj-1 fury 120367, monday 3 may 1948 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  8. « Accident north american fj-1 fury 120359, wednesday 26 may 1948 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  9. « Accident north american fj-1 fury 120371, tuesday 10 august 1948 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  10. « Accident north american fj-1 fury 120350, monday 27 september 1948 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  11. « Accident north american fj-1 fury 120370, tuesday 7 december 1948 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  12. « Accident north american fj-1 fury 120355, wednesday 2 march 1949 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  13. « Accident north american fj-1 fury 120348, thursday 10 march 1949 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  14. « Accident north american fj-1 fury 120361, wednesday 25 may 1949 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  15. « Incident north american fj-1 fury 120..., wednesday 15 june 1949 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  16. « Accident north american fj-1 fury 120360, sunday 16 april 1950 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  17. « Accident north american fj-1 fury 120354, sunday 22 october 1950 », sur aviation-safety.net (consulté le ).
  18. (en) « North American NA-141 Fury (FJ-1) », Yanks Air Museum (consulté le ).
  19. (en) « North American FJ-1 "Fury" », National Air & Space Museum (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (en) John W.R. Taylor, Jane's All The World's Aircraft 1965-66, Londres, Sampson Low, Marston & Company Ltd.,
  • (en) Ray Wagner, The North American Sabre, Londres, Macdonald & Co Ltd.,
  • (en) Jim Winchester, Military aircraft of the Cold War (The Aviation Factfile), Londres, Grange Books, (ISBN 1-840-13929-3)