Parc Roi Baudouin

parc à Jette, Bruxelles, Belgique

Le parc Roi Baudouin (en néerlandais : Koning Boudewijnpark) est un parc public belge situé au nord-ouest de Bruxelles dans les communes de Jette et Ganshoren[1]. Il est composé de zones boisées, marécageuses ainsi que de prairies et d'étendues d'eau[2]. Il est nommé en l'honneur du 5e roi des Belges, Baudouin.

Parc Roi Baudouin
Image illustrative de l’article Parc Roi Baudouin
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Subdivision administrative Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Commune Jette / Ganshoren
Superficie 115 ha
Cours d'eau Molenbeek
Histoire
Création 1981-1983-1989
Accès et transport
Tramway (T) (9) Exposition|Ancienne Barrière
Bus (B) (14) (88) Lorge

(B) (13) (83) Eugène Toussaint

Localisation
Coordonnées 50° 52′ 53″ nord, 4° 19′ 09″ est
Géolocalisation sur la carte : Bruxelles
(Voir situation sur carte : Bruxelles)
Parc Roi Baudouin

Histoire

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Au commencement était un projet autoroutier qui devait - dans des variantes changeantes - prolonger soit l'autoroute de la mer ou ce qui est aujourd'hui la route nationale 9 et/ou encore une future autoroute de Zelzate et Maldegem vers l'intérieur du ring. De l'autre côté un viaduc devrait, selon un des projets, enjamber le canal et la gare de Schaerbeek-Formation pour rejoindre l'autoroute du Maelbeek. Le seul tronçon jamais réalisé en format voie express se trouve juste en dehors du ring, a Zellik. Le projet fait partie des plans du « père des autoroutes belges », Henri Hondermarcq, en 1951, des plans Alpha 1, en 1964, et Alpha 2, en 1970[3],[4],[5],[6]. La commune de Jette commence à acheter des terrains d'une partie du parc du Sacré-Cœur que les sœurs ne pouvaient plus entretenir, dans l'immédiat après-guerre. Dans les années 1960 suivent des expropriations pour la nouvelle voie de pénétration[7]. Quand, en 1971, les plans des autoroutes urbaines fuitent vers le grand public, ils suscitent un tollé des protestations et le ministre Jos De Saeger déclare, le , de donner la priorité au ring et ne plus aux axes pénétrants[8],[9].

C'est en 1977, qu'un Comité d'action pour la défense de la vallée du Molenbeek lance l'idée d'utiliser les terrains réservés pour l'autoroute pour la création d'un parc. Sous le nouveau bourgmestre, Jean-Louis Thys, la commune se montre intéressée, de relier entre eux, par la vallée du Molenbeek (nord), le bois du Laerbeek, le marais de Jette-Ganshoren, le Poelbos, le bois de Dieleghem et le bois du Sacré-Cœur de Jette appartenant à l'école du même nom. Ainsi serait créé un vaste ensemble forestier et rural de 110 hectares dont 53 entièrement boisés. Il permettrait de réaliser au nord-ouest de Bruxelles un parc d'intérêt régional qui soit le pendant du bois de la Cambre au sud et du parc de Woluwe à l'est[10],[11].

Le plan peut se réaliser, au moment que la secrétaire d'État pour Bruxelles, Cécile Goor-Eyben met en place une politique systématique, à partir de 1980, de création des nouveaux parcs et jardins publics à Bruxelles[12]. Elle y réalise les recommandations d'une étude de la géographe Mireille Deconinck, entreprise en 1979 et 1980, qui montre la insatisfaction des habitants dans des quartiers dépourvus d'espaces verts[13]. Le parc Roi Baudouin est le plus grand parc ainsi crée[12].  

Mise à ciel ouvert du Molenbeek.

L'aménagement du parc s'est faite en trois phases, inaugurées respectivement le pour l'espace compris entre l'avenue du Sacré-Cœur et la rue Eugène Toussaint, le pour la partie située entre cette dernière et l'avenue de l'Exposition Universelle[14].

Les associations Jets Leefmilieu et Commission de l'environnement de Bruxelles-Ouest (CEBO), membre d'Inter-Environnement Bruxelles, avaient demandé, dès 1979, qu'on préserve des endroits à haute valeur écologique dans leur état naturel et ne sont pas contentes, quand ces deux premières phases artificialisent les lieux. Pour la troisième phase, un Concours International Parc Roi Baudouin à Jette est organisé par l'Association Belge des Architectes de Jardins et des Architectes Paysagistes. Le choix final se porte sur le projet du bureau Paysages de Lille. En guise de compromis entre paysagistes et défenseurs de la nature le site est partagé en trois zones : Le Marais de nature spontanée, le Parc autour du chalet de Laerbeek, traité comme parc du XIXe siècle ou nature composée, et la Campagne, ou la nature travaillée. La CEBO réussit en plus d'encore faire améliorer ce projet dans son sens, auprès du nouveau secrétaire d'État des affaires bruxelloises, qui n'est personne d'autre que le bourgmestre de Jette, Jean-Louis Thys[11]. Cette partie du parc est inauguré le [14].

En 2015, dans le cadre du projet SCALDWIN, le cours du Molenbeek (nord) est remis à ciel ouvert dans les phases 1 et 2, où il était voûté. L'aménagement du parc Roi Baudouin a permis de préserver en grande partie le caractère ouvert de la vallée du Molenbeek[15].

Description

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Vestige du Vondelvijver.

La première partie du parc Roi Baudouin couvre 17 hectares repris à l'ancienne propriété du Sacré-Cœur. Pour l'essentiel, il a gardé l'aspect du parc d'autrefois. Pourvu d'une large promenade piétonne et d'une piste cyclable, il comprend une grande prairie bordée de jeux, un étang de pêche, un chemin pavé et un chenal pittoresque, parsemé de rocailles, qui sillonne la vieille hêtraie, tapissée d'ail des ours au printemps. L'étang est un des derniers vestiges du Vondelvijver, réservoir-vivier du moulin à eau de l'abbaye de Dieleghem[16].

La deuxième partie, située entre la rue Eugène Toussaint et l'avenue de l'Exposition Universelle, est occupée en son centre par un étang qui sert de bassin de retenue aux crues du Molenbeek jusqu'à sa remise à ciel ouvert. Ses 8 hectares ont été aménagés à l'emplacement d'anciens potagers et de marécages. L'étang est agrémenté de plantes aquatiques que l'on peut découvrir à partir d'un ponton aménagé en 1992. Il est bordé principalement de saules, d'aulnes glutineux et d'un févier. Derrière les buissons de la face nord, se trouve le lit canalisé du Molenbeek qui alimente l'étang et disparaît ensuite dans un vaste collecteur souterrain[16].

Prairies du parc Roi Baudouin (phase 3).

La troisième partie, de loin la plus vaste, commence à l'avenue de l'Exposition Universelle et s'étend jusqu'au bois du Laerbeek, à la ligne de chemin de fer vers Termonde et aux installations hospitalières de l'Universitair Ziekenhuis Brussel (UZ Brussel). Elle est reliée aux autres parties du parc par une passerelle piétonne qui surplombe l'avenue. L'aménagement tire parti des erreurs commises lors des deux premières phases qui n'ont pas respecté l'aspect original du site, ni ses caractères botaniques. Ce dernier tronçon est découpé en trois espaces correspondant à leur usage : le parc ou la nature composée dans l'espace XIXe siècle qui entoure le chalet du Laerbeek de style normand (1908) ; la campagne ou la nature travaillée aux différents registres : le bois, l'enclave, le bocage et la prairie ; le marais ou la nature spontanée accessible uniquement par un bâtiment à vocation pédagogique et des passerelles[16].

Etirée sur près d'un kilomètre et demi, la vallée comprise entre l'avenue de l'Exposition Universelle, le cimetière de Ganshoren et le chemin de fer comprend une zone humide très riche – le marais de Jette-Ganshoren – des pâturages qui fleurissent au printemps, des potagers, un verger, quelques champs encore cultivés et un bois. Renfermant de nombreuses sources qui affleurent, le site est sillonné par de petits chemins campagnards pittoresques et parcouru par le Molenbeek, bordé de peupliers et de saules têtards. Ce dernier est alimenté par les eaux de ses affluents, le Laerbeek et le Poelbos[17].

Les bois et réserves naturelles suivantes en font partie :

Notes et références

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  1. ↑ Le parc Roi Baudouin sur le site bruxellespourtous.be. Consulté le 23 octobre 2012.
  2. ↑ Le parc Roi Baudouin sur le site ecli.net. Consulté le 23 octobre 2012.
  3. ↑ Christian Dessouroux, Espaces partagés, espaces disputés. Bruxelles, une capitale et ses habitants, Bruxelles, CIRHIBRU-ULB, (ISBN 978-2-9600749-0-1), p. 104
  4. ↑ (nl) Michel De Beule, Brussel, geplande geschiedenis, Bruxelles, Meert, (ISBN 978-2-8047-0558-9), p. 309, 315, 360
  5. ↑ (en) Michael Ryckewaert, Building the highway system. Planning & mass motorization in Belgium since 1945, Heverlee, K.U.Leuven (lire en ligne Inscription nécessaire [PDF]), p. 1 et 7
  6. ↑ Thierry Demey, Bruxelles, chronique d'une capitale en chantier, t. 2, Bruxelles, Paul Legrain, , p. 32
  7. ↑ Demey 2003, p. 57.
  8. ↑ Demey 1992, p. 37.
  9. ↑ Jacqueline Gilissen, « Le Quartier européen est aussi un quartier habité ! », dans Bruxelles l'Européenne, capitale de qui ? Ville de qui ?, coll. « Les cahiers de la Cambre Architecture » (no 5), , p. 234
  10. ↑ Thierry Demey, Bruxelles en vert, Bruxelles, Badeaux, (ISBN 2-9600414-0-2), p. 48
  11. 1 2 Jean Rommes, La Commission de l'environnement de Bruxelles-Ouest (CEBO) : 50 ans d'actions en faveur de la nature en ville, (lire en ligne), p. 9-13
  12. 1 2 « Espaces verts publics, spécial Bruxelles », Dossiers de l'aide sociale, no 47B,‎ , p. 12-13
  13. ↑ « Espaces verts publics, spécial Bruxelles », Dossiers de l'aide sociale, no 47B,‎ , p. 6-9
  14. 1 2 Demey 2003, p. 58.
  15. ↑ « 2/3 du Molenbeek coule depuis peu à ciel ouvert », sur Escaut sans Frontières,
  16. 1 2 3 Demey 2003, p. 63.
  17. ↑ Demey 2003, p. 64.

Sources

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  • Thierry Demey, Bruxelles en vert, le guide des jardins publics, Bruxelles, Guides Badeaux, , 554 p. (EAN 9782930609003), p. 57-68.

Voir aussi

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