Photographie d'art
La photographie d’art ou photographie artistique est moins un genre photographique tels la photographie de paysages ou le portrait qu’une approche créative au moyen de laquelle un photographe vise à exprimer une idée, envoyer un message ou susciter une émotion grâce à l’image produite. On la retrouve dans la plupart des genres photographiques dès lors que le photographe, délaissant la reproduction fidèle de la réalité, met plutôt l’accent sur les formes, l’éclairage, la texture de l’objet ou du sujet, ou encore compose sa photo de façon à produire un effet spécifique.
| Type |
Photographie d’art ou photographie artistique |
|---|---|
| Usage |
Approche créative utilisant divers genres photographiques pour exprimer une idée, envoyer un message ou susciter une émotion |
| Date d'apparition |
Décennie 1950, exposition The Family of Man (1955) |
| Principaux photographes |
Ansel Adams, Alfred Stieglitz, Yousuf Karsch, László Moholy-Nagy , Duane Michaels, David Hockney, Wolfgang Tilmann. |
La photographie d’art apparait dès les débuts de la photographie, mais elle ne sera reconnue comme telle qu’après que la photographie elle-même, considérée au départ comme une simple technique, ne s’impose comme un « art » à part entière dans les années 1950 et fasse son entrée dans les musées (MoMA de New York) ou trouve sa place dans les média (création de l’agence Magnum).
La photographie d’art se reconnait généralement aux traits esthétiques qu’elle renferme, soit essentiellement la composition, l’éclairage, les couleurs et la tonalité, ainsi que les textures et les détails.
Les artistes pratiquant la photographie d’art le font généralement dans le cadre de leur spécialité respective. On pense par exemple à Ansel Adams et à la photographie de paysage, à Yousuf Karsh et au portrait, au couple Bernd et Hilla Becher et à la photographie des espaces urbains; d’autres cependant l’on fait dans plusieurs genres simultanément comme Alfred Stieglitz qui fut à la fois portraitiste et photographe de rue, ou László Moholy-Nagy qui, en plus d’enseigner, innova dans le domaine de la photographie abstraite tout en pratiquant la photographie d’architecture. D’autres enfin, l’incorporeront dans une pratique multidisciplinaire comme David Hockney, à la fois peintre, portraitiste et paysagiste, dessinateur, graveur, décorateur, photographe et théoricien de l'art.
Définition
modifier
La photographie d'art est un médium par lequel l’artiste utilise la photographie comme véhicule pour projeter une vision personnelle, une émotion, un concept ou un message[1]. Contrairement à la photographie documentaire, commerciale ou journalistique, lorsque celles-ci visent uniquement à représenter la réalité ou à promouvoir un produit[N 1], la photographie d'art se distingue par une intention créative et individuelle, souvent en dehors de toute commande externe[2]. Elle dépasse ainsi la simple capture d'une scène pour devenir une interprétation subjective du monde par laquelle l'artiste concrétise son potentiel créatif.
Certains pays comme la France se sont dotés d’une définition juridique de la « photographie d’art ». Ainsi l’article 98 A (annexe III) du Code Général des Impôts français stipule que sont considérées comme photographie d’art « les photographies prises par l'artiste, tirées par lui ou sous son contrôle, signées et numérotées dans la limite de trente exemplaires, tous formats et supports confondus »[2]. Pour utile qu’elle soit lorsqu’il s’agit de déterminer la propriété intellectuelle ou d’évaluer la valeur marchande d’une photographie destinée à être présentée dans un espace public ou privé, cette définition ne s’applique qu’au domaine juridique; plus généralement on reconnaitra une photographie d’art à son attrait esthétique, sa composition irréprochable et son engagement conceptuel avéré[1].
La photographie d’art peut dès lors se retrouver dans plusieurs autres genres photographiques comme la photographie de paysage, la photographie conceptuelle ou même dans certains cas la photographie commerciale[3]. On la retrouve, bien que plus rarement, dans d’autres genres photographiques s’attachant à illustrer la réalité comme la photographie documentaire ou le photojournalisme[4].
Historique
modifierAvant que la photographie artistique ne puisse être reconnue comme une catégorie particulière parmi divers genres photographiques, il fallait que la photographie elle-même soit établie comme un « art » alors qu’elle ne fut longtemps considérée que comme une « technique » (William Henry Fox Talbot)[5], voire un « artisanat » (Henri Cartier-Bresson)[6].
D’une technique à une forme d’art
modifier
Lorsque furent présentées les « Vues d’une fenêtre » réalisées par les trois pionniers de la photographie que furent Nicéphore Niépce (France, 1765-1833) de sa maison, Louis Daguerre (France, 1787-1851) de sa chambre et William Henry Talbot (Angleterre, 1800-1877) d’un hôtel, le public y vit un exploit technique certes, mais ne songea pas à leur attribuer une valeur artistique. Leurs concepteurs eux-mêmes ne visaient pas à leur donner une telle dimension : ces images étaient de très petits formats et se présentaient seulement en noir-et-blanc (ou plus généralement en sépia); l’image était inversée par rapport à la réalité et les surfaces réfléchissantes interféraient avec l’image selon la position dans laquelle on tenait le daguerréotype[7].
Le dessein initial des inventeurs était de reproduire aussi fidèlement que possible la réalité se trouvant devant leur objectif. William Henry Fox Talbot voyait dans l’appareil photographique « un simple instrument de travail (...) qui est mis dans les mains d’esprits ingénieux et de l’art »[8]. En même temps, l'invention du daguerréotype par Louis Daguerre en 1839, celle du « dessin photogénique » puis les essais de « camera obscura » par le même Talbot, permirent de croire que si l’appareil photographique était une mécanique, il pouvait s’ouvrir à une autre dimension. C’est ainsi que les premiers photographes tenteront d’imiter la peinture et créer ainsi des œuvres « artistiques ».
En 1886, Peter Henry Emerson, photographe britannique (1856-1936) tenant de la « photographie naturaliste » influencé par les peintres français de cette école, prononça une conférence dans laquelle il défendit pour la première fois la légitimité artistique de la photographie[9]. L’expression « a pictorial art » utilisée alors donnera naissance au « pictorialisme », premier mouvement de photographie artistique à faire école dans les années 1880, lequel considérait que la photographie, en tant que forme d’art, devait mettre de l’avant la beauté, le mystère et le symbolisme entourant le sujet photographié plutôt que d’en être le simple rendu objectif, tout comme commençaient à le faire les impressionnistes en peinture[10].

Certains photographes entreprirent de donner à leurs images un cachet particulier. C’est le cas par exemple de Julia Margaret Cameron (Angleterre, 1815-1879), laquelle venue tardivement à la photographie donnera à ses portraits un reflet de douceur dans des « tableaux vivants » représentant des allégories inspirées par des peintres italiens du XVe siècle[11]. Charles Lutwidge Dodgson (Angleterre, 1832-1898), mieux connu sous son nom de plume de Lewis Carrol, fut de 1858 à 1880 un photographe-portraitiste renommé. Il photographia diverses personnalités comme Dante Gabriel Rossetti, Julia Margaret Cameron, Michael Faraday, Lord Salisbury, et Alfred Tennyson[12]. Utilisant le procédé récemment inventé du collodion, il retouchait ses photographies soit en les rendant plus floues, soit en leur appliquant des couleurs. Il mit fin à cette pratique toutefois après que ses collègues se soient mis au procédé de la plaque sèche permettant une production beaucoup plus rapide au plan technique et que le gout populaire se soit porté vers le modernisme au plan esthétique[13]. Oscar Gustave Rejlander (Angleterre, 1813 – 1875), portraitiste d’enfants, genre particulièrement apprécié à l’époque, produira également des scènes de genre[N 2], inspirées de la peinture hollandaise, et racontera de petites histoires en faisant se suivre plusieurs clichés, amorce de la photographie narrative. Travaillant à améliorer le calotype[N 3], il s'essaya à la composition photographique, ou photocomposition, procédé qui permettra l’avènement du photomontage. Rejlander s'en servit au départ pour corriger certains détails de ses photographies, mais l'utilisa bientôt pour créer des scènes originales[14]. L’étape décisive vers la reconnaissance de la photographie comme forme d’art fut franchie grâce aux efforts d’Alfred Stieglitz (États-Unis, 1864-1946), grand promoteur de l’art moderne, qui fut vice-président du Camera Club de New York, lieu de rencontre de « gentlemen » cherchant à échapper à la popularisation massive de ce médium dans les années 1880. Son magazine, le Camera Note publié à partir de 1897, se fera le champion de la photographie comme forme d’art grâce à des articles sur l’art et l’esthétique à côté de clichés provenant des plus éminents photographes américains et européens[15].
Autre photographe ayant contribué à la reconnaissance de la photographie comme forme d’art et à l’avènement de la photographie artistique, Man Ray (nom à la naissance : Emmanuel Radnitsky, originaire des États-Unis, ayant fait carrière en France, 1890-1976). Outre de photographier les grands artistes de son temps comme James Joyce, Gertrude Stein ou Jean Cocteau, il révolutionnera pendant vingt ans l’art photographique et contribuera à valoriser l’œuvre d’Eugène Atget en la faisant découvrir aux surréalistes de l’époque. Favorisée par le développement de la presse illustrée, la photographie acquiert alors son autonomie et s’affirme comme un médium à part entière, conservant des liens avec la peinture et la littérature[16].
Expansion de la photographie d’art
modifier
Déjà, plusieurs photographes actifs dans divers genres photographiques avaient voulu donner à leurs œuvres une dimension artistique. C’est le cas, par exemple, d’Ansel Adams (É.U.A., 1902-1984), environnementaliste avant que le terme ne soit répandu, dont les photos de paysages dépassent la simple reproduction de sites pour susciter chez l’observateur le désir de préserver le caractère de cette nature vierge[17]. Ce sera également le cas, dans leur genre propre, d’autres photographes comme Alfred Stieglitz (E.U.A. 1864-1946), André Kertész (Hongrie, 1894-1985), László Moholy-Nagy (Hongrie, 1895-1946).
Si l’on excepte la grande Exposition des associations (Werkbund-Austellung) tenue à Stuttgart en 1929 à laquelle participèrent des artistes comme Edward Weston, Imogen Cunningham et Man Ray, il faudra attendre les années 1950 et la grande exposition d’Edward Steichen, The Family of Man, au Musée d’art moderne (MoMA) de New York à laquelle prirent part 503 photographes de 68 pays en 1955 pour que la photographie soit reconnue comme une forme d’art par un large public[18]. Un pas important avait été fait dans cette voie avec la création en 1947 de l’agence de presse Magnum Photos, coopérative réunissant des photographes qui retenaient les droits sur leurs photos[19]. La qualité des photographies et des messages livrés par cette agence dans les média de masse contribuèrent à modifier la perception d’un large public quant à la photographie et à son rôle dans la société. De nos jours, nombre de clichés pris lors de missions de reportage pour des journaux et périodiques aboutissent, encadrés, sur les murs de galeries et de musées[20] ou font l’objet d’expositions comme celle, itinérante, de la World Press Photo[21].
Ce changement d’attitude se manifesta également par la multiplication d’expositions photographiques et la création de départements qui lui étaient consacrés dans les musées ou dans les universités[22]. Le MoMA de New York ouvrit la voie avec la création en 1940 d’un département de la photographie sous la direction de Beaumont Newhall[23].

En 1977, la rencontre internationale d’art de Kassel (Rép. Féd. Allemagne), Documenta 6, tint une exposition internationale dont la section « Photographie » fut consacrée aux 150 ans de la photographie, à ses développements techniques, mais aussi à sa relation avec l’art contemporain[24].
Les développements technologiques favorisèrent également l’épanouissement de la photographie artistique. Au milieu de la décennie 1970, Josef H. Neumann (Allemagne, né 1953) développa le chemogramme qui réunit traitement de l’image photographique et application de couleurs sur le papier photographique. L’image étant modifiée après élargissement, chaque chemogramme était unique et ne pouvait être reproduit[25]. La qualité des papiers et des couleurs des films argentiques allant en s’améliorant, les photographes se mirent également à porter une plus grande attention à l’éclairage de leurs photographies, en même temps qu’ils soignaient la composition et la mise en scène de leurs tableaux. Des artistes comme Gregory Crewdson (E.U.A., né en 1962) et Jeff Wall (Canada, né en 1946) sont particulièrement renommés pour le soin donné à la mise en scène de leurs œuvres.
L’avènement de la photographie numérique a considérablement élargi le spectre de la photographie d’art, entre autres en favorisant le développement de la photographie abstraite, le degré d’abstraction d’une photographie pouvant varier d’un artiste à l’autre allant du « presque représentatif » comme les images d’Aaron Siskind (E.U.A. , 1903-1991) reproduisant des plaques de peinture pelées, jusqu’aux images créées sans caméra ou film de Marco Breuer (Allemagne, né en 1966) en exposant un matériau photographique à la chaleur, à la lumière ou à un abrasif[26] ou à celles de Paul-Émile Rioux au Canada crées entièrement dans l’espace numérique.
Caractéristiques de la photographie d’art
modifier
Selon la photographe et professeure de photographie Tina Tryforos, une photographie d’art comporte « un sujet captivant qui attire l’observateur, une excellente composition et un éclairage étudié». Ariel Wilson, également photographe et professeur de photographie, reprend ces trois caractéristiques : « [Les photographies artistiques] comportent un dessin esthétique et sont visuellement attirantes, elles sont bien construites et réalisées, en plus de contenir une certaine forme d’engagement conceptuel »[1].
Pour exprimer leur vision artistique et transformer des sujets souvent banals en œuvres d’art, les artistes s’appuient sur différents principes esthétiques[27] :
- Composition : alors que la photographie documentaire saisit un sujet dans le feu de l’action, la photographie d’art apportera un soin particulier à « composer un tableau » en se servant de la « règle des tiers ou de la « règle d’or » pour obtenir des proportions harmonieuses, en utilisant la symétrie ou l’asymétrie pour obtenir un impact visuel, en utilisant les lignes et les formes pour guider l’œil de l’observateur.
- Ombres et lumière : dépendant de l’éclairage une scène paraitra douce et intime ou violente et dramatique; le contraste entre ombres et lumière s’avère particulièrement utile en photographie monochrome; un éclairage par l’arrière et des silhouettes produiront un effet mystérieux.
- Palette de couleurs et tonalité : élément primordial en photographie d’art, le choix des couleurs visera à produire un effet particulier; l’harmonie de celles-ci produira un effet visuel équilibré; la gradation des couleurs contribuera à créer une atmosphère particulière.
- Texture et détails : en portant une attention particulière à ces deux aspects le photographe pourra donner une impression « tactile » à ses photographies; c’est le cas par exemple des structures naturelles comme le sable, les rochers, l’écorce des arbres; la texture de la peau permettra de produire des effets réalistes ou stylisés dans les portraits; de très gros plans de feuilles ou de roches permettront de souligner des aspects invisibles à l’œil nu.
Photo d’art et genres photographiques
modifierCes caractéristiques se retrouvent chez de nombreux photographes exerçant leur activité dans une gamme de genres photographiques.
Photographie d’art et photographie conceptuelle
modifier
La distinction entre ces deux genres s’avère difficile à établir puisqu’ils ont tous deux comme but de faire surgir une idée, d’exprimer une émotion ou d’envoyer un message.
Depuis les années 1970, des artistes dont l’œuvre peut être décrite comme appartenant à la photo artistique, tels Cindy Sherman, et par la suite Thomas Ruff et Thomas Demand ont été décrits comme « conceptualistes ». Même si leur travail ne ressemble guère à l’esthétique « lo-fi » de l’art conceptuel des années 1960, ils en utilisent à l’occasion certaines méthodes comme la documentation d’une performance (Sherman utilisant des autoportraits en noir-et-blanc pour évoquer divers rôles féminins[28]), l’illustration de types ou de genres (Ruff photographiant amis et relations sans aucune expression ou émotion, en grand format et haute résolution dans le style des photographies d'identité[29]), ou la reprise d’évènements (Demand et ses maquettes en papier, archétypes ou versions re-interprétées de lieux anodins ou défrayant l’actualité[30]).
La photographie de paysage
modifierIl s’agit probablement de la plus ancienne forme de photographie artistique lorsqu’elle n’a pas essentiellement pour but un motif commercial. Elle peut se subdiviser en photographie de paysages naturels et de paysages urbains[31].
Paysages naturels
modifierLa photographie artistique de paysages naturels se développa à partir des travaux de relevés topographiques effectués par Timothy O’Sullivan pour le compte du gouvernement des États-Unis entre 1867 et 1879, lesquels une fois imprimés en grand-format furent reconnus comme photographies artistiques[31],[32]. L’avènement du genre fut établi au siècle suivant par le Groupe f/64, fondé en 1932 par des photographes de San Francisco réagissant contre l’école des pictorialistes à la mode à cette époque; ses adeptes prônaient une « photographie pure » (straight photography) reproduisant la réalité aussi exactement et objectivement que possible. À la même époque, Ansel Adams par ses photographies des parcs Yosemite et de la Sierra Nevada définissait les canons de la photographie de paysage naturel[33].
Paysages urbains
modifier
Le premier photographe dont les clichés de paysages urbains seront reconnus comme appartenant à la photographie artistique fut probablement Eugène Atget (France, 1857-1927), connu pour ses photographies documentaires sur le Paris de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle qui seront découverts par les surréalistes, notamment Man Ray, grâce à son assistante Berenice Abbott (É.U.A., 1898-1991), elle-même photographe de paysage.
Plus près de nous, Bernd et Hilla Becher (Allemagne; Bernd, 1931-2007; Hilla, 1934-2015), photographes d’architecture sont connus pour leurs photographies frontales d'installations industrielles où des formes géométriques ou tortueuses se répètent au long des séries; ils sont également reconnus comme photographes d’art en montrant qu'un protocole rigoureux, fondé sur la répétition, la série et l'observation objective, pouvait constituer une véritable pratique artistique. Leurs travaux tiennent à la fois de la photographie de paysage, de la photographie conceptuelle et de la photographie d’art[34].
En 1975, l’exposition New Topographics tenue au George Eastman House ( aujourd’hui le George Eastman Museum, Rochester, N.Y.) verra l’entrée dans un musée de la photographie de paysages transformés par l’homme en tant que positionnement esthétique. Tenant de la « photographie pure » (straight photography), les artistes participant à l’exposition, rejetant le style romantique d’un Ansel Adams, s’attachent à reproduire fidèlement les traits de l’architecture urbaine banale et industrielle dans l’environnement contemporain[35],[36].
Portrait
modifier
L’art du portrait a été l’un des principaux sujets de la photographie artistique depuis ses débuts. Celle-ci tente de mettre en valeur les traits esthétiques ou psychologiques du sujet ou de donner au portrait un élément conceptuel, plutôt que de réaliser une simple ressemblance utilisée à des fins pratiques telles les photos de passeport[37]. Parmi les premiers photographes du genre furent Julia Margaret Cameron (Angleterre, 1815-1879) et Félix Nadar (France, 1820-1910)[38]. Le livre Menschen des 20. Jahrhunderts (Les gens du 20e siècle) d’August Sander (Allemagne, 1876-19645) fut considéré pour la photographie comme le fondement de l’école allemande de la Nouvelle Objectivité (en allemand : Neue Sachlichkeit) qui réunit dans l’Allemagne de l’après Première Guerre des artistes et intellectuels, lesquels provenant souvent du mouvement dadaïste, prenaient conscience de leur responsabilité politique et de leur « devoir contestataire »[39]. De nos jours les portraits de Yousuf Karsch (Canada, 1908-2002) et Richard Avedon (É.U.A., 1923-2004) ont fait l’objet de maintes expositions en traduisant sur le plan photographique la personnalité de leurs sujets.
Le nu
modifier
Peu de genres photographiques ont conservé aussi longtemps les liens unissant photographie et peinture. La photographie servira souvent aux peintres comme études pour leurs toiles comme en témoigne l’étroite collaboration entre le peintre Eugène Delacroix et le photographe Eugène Durieu (France, 1800-1874) qui travailleront de concert pour produire les quelque 36 études qui ont survécu et qui constituent un des sommets artistiques des premières photographies de nu[40].
Edgar Degas utilisa ses propres photographies comme référence pour ses toiles[41]. Thomas Eakins utilisa également des photographies pour nombre de ses œuvres comme The Swimming Hole[42].
La représentation du corps humain, homme et femme, s’avéra plus controversée en photographie qu’elle ne l’avait été en peinture. Pour échapper à cette critique, les photographes continuèrent la tradition de représenter leurs modèles dans des poses de la peinture classique, combattant idéal ou athlète pour les hommes, divinité ou scène de la littérature classique pour les femmes[43].
Progressivement, la photographie d’art abandonna ces images allégoriques classiques; les photographes tant féminines que masculins y virent un medium permettant d’approfondir d’autres thèmes comme la représentation de l’identité, la sexualité et le voyeurisme[44]. Alfred Stieglitz, Imogen Cunningham, Man Ray et Diane Arbus pratiquèrent ce genre.
Bien que la plupart des photographes s’étant appliqués à la photographie de nu l’aient fait dans des formes conventionnelles où les corps peuvent être considérés comme des représentations culturelles, certains comme Wilhelm von Gloeden (Allemagne, 1856 –1931) parmi les artistes d’avant-guerre, ou plus près de nous, Robert Mapplethorpe (É.U.A., 1946 – 1989) ont délibérément brouillé la limite entre érotisme et art.
Natures mortes
modifier
Comme c’est le cas en peinture, la photographie de natures mortes représente des éléments inanimés (aliments, gibiers, fruits, fleurs, objets divers...) organisés de façon à faire désirer un produit (photographie commerciale) ou de façon à présenter un caractère symbolique ou évocateur (photographie artistique). Dans son aspect artistique, elle suit le courant amorcé au XVIIe siècle, dit « Vanité », où était représentée de façon allégorique la fragilité de la vie humaine et la fatuité de l’attachement des humains à des objets matériels durant leur vie[45].
Des pionniers comme Willliam Henry Fox Talbot produisirent des natures mortes qui sont à la fois des documents, des compositions esthétiques et des proto-publicités[46]. Dans les années 1920, des photographes modernistes comme Albert Renger-Patzsch et Edward Weston créent des œuvres qui tiennent à la fois de la nature morte et de la publicité[46]. Appartenant comme Renger-Patzsch (Allemagne, 1897-1966) au mouvement de la Nouvelle Objectivité, Karl Blossfeldt (Allemagne, 1865-1932) est connu pour son inventaire des formes et des structures végétales fondamentales. Devenu professeur de beaux-arts, son premier livre Urformen der Kunst (Les Formes originelles de l'art) paru en 1928 le rendra célèbre[47]. En 2010, le musée Paul Getty de Los Angeles présenta une exposition In Focus : Still Life (Plein feux sur la nature morte) qui comprenait des œuvres d’artistes comme Paul Outerbridge, Paul Strand, André Kertész, Albert Renger-Patzsch, Josef Sudek, Jan Groover, Sharon Core, et Martin Parr[48].
Photographie de rue
modifier
Distincte du photojournalisme, la photographie de rue a comme sujet principal la présence humaine, directe ou indirecte, dans des situations spontanées et dans des lieux publics comme la rue, les parcs, les plages ou les manifestations. Elle se développa comme genre à part entière à partir d’Henri Cartier-Bresson (France, 1908-2004) dont le livre « L'instant décisif » paru en 1952 est considéré comme le fondement du genre[49].
Il s’agit d’un concept difficile à cerner qui peut recouper d’autres catégories ou genres comme la photographie documentaire, la photographie sociale et le photojournalisme. Si la photographie de rue peut servir d'outil documentaire en capturant des instants reflétant des réalités sociales et culturelles, elle peut également capter des moments historiques et des états d'esprit collectifs, devenant ainsi l’expression des émotions d’une époque. Ainsi, la photographie de rue agit comme un pont entre le documentaire et l’art, regroupant la créativité et la capacité à révéler des vérités humaines. Son histoire a été marquée par des photographes tels Diane Arbus, Robert Frank, Lee Friedlander et Garry Winogrand qui ont enrichi son aspect documentaire d’ « objectifs plus personnels »[50].
Photographie abstraite
modifier
La photographie abstraite a pratiquement toujours des visées artistiques, mettant en relief les couleurs, les formes, les textures et la lumière. Délaissant la stricte documentation de la réalité, elle vise à susciter des émotions ou à explorer des concepts. Il s’ensuit que l’interprétation de l’image, basée jusque-là sur l’identification « image/réalité », sera avec la photographie abstraite, subjective et laissée à l’imagination de l’observateur qui pourra l’interpréter à sa guise, sans se référer nécessairement à l’intention de l’artiste qui l’a conçue[51].
Elle nait dès les tout débuts de la photographie alors que des chercheurs comme John William Draper en 1842 et Anna Atkins l’année suivante arrivent à créer des effets de lumière sans l’aide d’une caméra grâce à des substances fixant ces effets sur divers supports. Ill s’agissait alors d’une démarche scientifique sans but artistique. Les premières images que l’on reconnait maintenant comme « photographies abstraites » furent la série « Régularités symétriques de formes naturelles » présentée par Erwin Quedenfeldt à Cologne en 1914[52]. Dans les années 1920 et 1930, nombreux furent les photographes expérimentant en ce sens. En Europe, Prague devint le centre de la photographie d’avant-garde avec František Drtikol, Jaroslav Rössler, Josef Sudek et Jaromir Funke, tous inspirés par le cubisme et le futurisme[53].
Après 1930, deux tendances se développent. D’un côté, László Moholy-Nagy présente à partir de 1937 un travail dans lequel la conception des éclairages fait appel aux luminogrammes et photogrammes dans la tradition constructiviste[54]. De l’autre, d’autres artistes s’inspireront du surréalisme et du futurisme comme Man Ray, Maurice Tabard, Curtis Moffat et Filippo Masoero dont les travaux remettent en question à la fois la réalité et la perspective. Bien que surtout connu pour ses photographies réalistes, André Kertész, aussi associé au mouvement dadaiste, se signale par ses compositions qui distordent lumière, perspectives et représentations classiques pour générer des formes nouvelles et originales[55].
Les décennies 1950 et 1960 verront des photographes comme Frederick Sommer, Ray K. Metzer, Robert Heinecken, innover pour repousser les limites du médium[56]. Vers le milieu de la décennie 1970, Joseph H. Neumann fait appel à la chimie avec ses chemogrammes ou photographies résultant d’un développement photographique dans lequel l’image originale était transformée après l’étape d’agrandissement par l’ajout de teintures chimiques lui donnant l’aspect d’une photographie abstraite[57],[58]. L’avènement de l’ordinateur permit aux artistes des années 1990 d’explorer de nouvelles techniques dans la création photographique. Des photographes comme Thomas Ruff, Barbara Karsten, Tom Friedman, Carel Barth créèrent ainsi des œuvres où se juxtaposaient photographie, sculpture, impression et images générées par ordinateur[59].
De la « photographie d’art » à l’ « art numérique »
modifier
Depuis le début de la décennie 1960 s’est développée une gamme de catégories de création utilisant des langages de programmation et des dispositifs numériques, ordinateurs, interfaces ou réseaux[60]. John Whitney produisit alors les premières œuvres d’art en utilisant des opérations mathématiques[61].
Utilisant une technique dite de la « Photomosaïque», Salvador Dali créa entre 1974 et 1977 deux grands canevas de Gala contemplant la Méditerranée, lesquels à une distance de 20 mètres se transforment en un portrait d’Abraham Lincoln (Hommage à Rothko)[62], l’autre constitué de tirages du portrait de Lincoln en Dalivision, travaillé sur ordinateur par Leon Harmon[63].
En juillet 1985, Andy Warhol créa une image digitale en utilisant un ordinateur Amiga lorsque celui-ci fut présenté au Lincoln Center. Une image de Debbie Harry fut captée en monochrome par une caméra vidéo, puis numérisée en graphique que Warhol manipula ensuite en y rajoutant des couleurs[64].
En avril 1995, le Domus Museum (Espagne) présenta à son public la Gioconda Sapiens, une représentation de la Mona Lisa élaborée au moyen de photographies de 10 062 personnes en provenance 110 pays[65].
Depuis le début du nouveau millénaire, divers artistes qui avaient opté pour la photographie numérique, se consacreront à la recherche des multiples possibilités offertes par ce médium pour créer des œuvres qui ne seront plus des manipulations de photographies numériques, mais seront produites directement dans l’univers numérique. C’est le cas notamment de l’artiste montréalais Paul-Émile Rioux pour qui, depuis 2000, le numérique est devenu le matériau et l’espace dans lequel l’image est construite, transformée et générée[66].
Quelques photographes d’art et leur genre photographique
modifier- Wilhelm von Gloeden (Allemagne, 1856-1931) – Photographe portraitiste, surtout connu pour ses études de nus montrant de jeunes mâles siciliens généralement entourés d’accessoires suggérant la Grèce ou la Rome antique.
- Paul Strand (É.U.A., 1890-1976) – Photographe et cinéaste, actif dans divers genres de photographie dont la photographie abstraite, la photographie sociale, les natures mortes, il est l’un des photographes modernistes qui, avec Alfred Stieglitz et Edward Weston, fondateurs de la Photo League, parvinrent à élever la photographie au niveau de l’ « art ».
- László Moholy-Nagy (Hongrie, É.U.A., 1895-1946) – Artiste multidisciplinaire, il explorera différentes techniques en photographie, dont le photogramme, marquant les débuts de la photographie abstraite. Dans l’entre-deux guerres, il travailla également à la photographie d’architecture pour le compte de l’Architectural Review. Rejetant la spécialisation académique, il travailla à intégrer diverses méthodes artistiques, technologiques et scientifiques.
- Jaroslav Rössler (Tchèque, 1902-1990) – Un des pionniers de la photographie abstraite. Influencé par le cubisme et le futurisme, il expérimente d’abord diverses techniques comme les photogrammes, les photomontages, les collages et le dessin, avant de créer sa propre technique de « prizmata » (prismes), photographies prises en se servant de prismes biréfringents.
- Ansel Adams (É.U.A., 1902-1984) – Photographie de paysage. Écologiste convaincu, ses photos de la Sierra Nevada, et plus particulièrement du parc national de Yosemite, veulent montrer la beauté de ces paysages et susciter le désir de les conserver.
- Alfred Stieglitz (É.U.A., 1907-1946) – Portraitiste et photographe de rue. Conformément au courant « pictorialiste » mettant de l’avant le côté artistique de la photographie, ses photos se rapprochent de la peinture par leur composition soignée et l’utilisation d’éléments naturels comme la pluie ou la neige ainsi que par leur tirage platine-palladium produisant des images aux tons riches et variés.
- Yousuf Karsch (Canada, 1908-2002) – Portraitiste. Photographe des célébrités les plus marquantes des milieux politiques, artistiques, scientifiques, ses portraits allient beauté plastique et rendu de la personnalité du sujet.
- Henri Cartier-Bresson (France, 1908-2004) – Photographe de rue, il est reconnu pour la précision de ses compositions, jamais retouchées au tirage, ainsi que pour son habileté à être présent à des moments significatifs, ce qu’il appellera « l’instant décisif », c’est-à-dire cet instant crucial où des événements importants se décideront en changeant le cours des choses.
- Richard Avedon (É.U.A., 1923-2004) – Portraitiste. Après une période consacrée à la photographie de mode, Avedon se consacra au portrait, photographiant des représentants des mouvements de défense des droits civils, des personnalités culturelles, ainsi que des patients d’hôpitaux psychiatriques, visant toujours à révéler la personnalité propre à chaque sujet au moyen d’éclairages et d’accessoires appropriés.
- Duane Michels (É.U.A., 1932-2026) – Photographie conceptuelle et narrative. Utilisant la surimpression, le flou et les reflets, il représente des phénomènes invisibles dans des séquences mises en scène, souvent accompagné d’un court texte écrit à la plume, racontant une rencontre, un rêve ou une transformation.
- David Hockney (Grande-Bretagne, 1937-1026) – Montages photographiques. Artiste travaillant avec divers média, il crée dans les années 1970 des photographies assemblées « en jointure », c’est-à-dire composées de photos reproduisant une scène et prises sous différents angles pour les juxtaposer par la suite, créant une nouvelle image dont les composantes semblent se heurter.
- Ricardo L. Castro (Canada, 1942- ) – Photographe d’architecture. Professeur d’université, photographe et critique d’architecture, il s’intéresse particulièrement au rôle de l’architecture dans l’espace urbain. Il développe le concept de syndesis (action de relier les choses entre elles) pour traduire à la fois « le tangible et le conceptuel ».
- Robert Mapplethorpe (É.U.A., 1946-1989) – Photographe surtout connu pour ses portraits monochromes très stylisés (autoportraits, portraits de célébrités, agencements de fleurs, nus masculins). Ses photos documentant la culture sado-masochiste dans la communauté homosexuelle de New York déclenchèrent de nombreuses controverses comme celle sur le financement de ce genre d’art par les pouvoirs publics.
- Josef H. Neumann (Allemagne, 1953- ) Photographe d’art. Il inventa le chemogramme, forme d’art expérimentale, laquelle comme le chemigramme implique la manipulation de négatifs photographiques à l’aide de produits chimiques pour obtenir des photographies aux couleurs vives inusitées.
- Andreas Gursky (Allemagne, 1955- ). Photographe d’art. Tenant du réalisme photographique pour ses compositions, mais influencé par Andy Warhol et le pop art pour le choix de ses thèmes, il est surtout connu pour photographies monumentales, composées d’assemblages numériques, où foules humaines, fenêtres, et autres objets se confondent sans que l’on puisse distinguer une silhouette d'une autre.
- Wolfgang Tillman (Allemagne, 1968- ) – Photographie conceptuelle. D’abord documentariste de sa génération, il tente d’exprimer son concept de liberté. Il développe par la suite sa propre vision du monde à travers divers genres comme le portrait, la photographie de paysages (entre autres la photographie aérienne), dans lesquels il exprime ses propres intérêts esthétiques et politiques.
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fine-art photography » (voir la liste des auteurs).
Notes
modifier- ↑ À noter que la photographie journalistique peut transmettre des scènes traduisant une extrême émotion comme celles de Dorothea Lange (É.U.A., 1895-1065) et sa série Migrant Mother, Nipomo, California, ou encore la célèbre photographie de Nick Ut (Vietnam/E.U.A., né en 1951) montrant une jeune Vietnamienne nue fuyant sur la route après que son village ait été arrosé de napalm.
- ↑ Représentation d'une scène à caractère anecdotique ou familier, fort répandu en peinture depuis le Moyen-Âge.
- ↑ Procédé photographique inventé par William Henry Fox Talbot permettant d'obtenir un négatif papier direct et donc de reproduire des images positives par simple tirage contact.
Références
modifier- 1 2 3 Ariel Wilson, « S'initier à la photographie artistique », sur Adobe (consulté le ).
- 1 2 « Qu’est-ce que la photographie d’art ? », sur yellowkorner.com (consulté le ).
- ↑ Voir par exemple les remarquables photographies d’objets de luxe de grandes marques exposées sur le site : https://www.prophotostudio.net
- ↑ (en) Sean O’Hagan, « Why conceptual photography is having a prized moment », The Guardian, .
- ↑ (en) Vi Whitmire, « William Henry Fox Talbot,1800-1877 », sur iphf.org (version du sur archive.org).
- ↑ Koetzle 2011, p. 232-241.
- ↑ Koetzle 2011, p. 19.
- ↑ (de) Andrea Gem, « Kunstlexikon Fotografie », sur Hatje Verlag, (consulté le ).
- ↑ (en) Jeanne Willette, « Peter Henry Emerson (1856-1936) », sur arthistoryunstuffed, (consulté le ).
- ↑ (en) « Pictorialism », sur National Galleries of Scotland, (consulté le ).
- ↑ (en) Malcolm Daniel, « Julia Margaret Cameron (1815–1879) », sur The Met, (consulté le ).
- ↑ (en) Morton Cohen, Lewis Carroll: A Biography, Londres, J.M. Dent, (ISBN 978-0679745624), p. 100-104.
- ↑ (en) Edward Wakeling, Lewis Carroll's Photography : An Exhibition From the Jon A. Lindseth Collection of C. L. Dodgson and Lewis Carroll, New York, The Grolier Club, (ISBN 0-910672-23-7), p. 55-67.
- ↑ (en) O. G. Rejlander, « On Photographic Composition with a Description of “Two Ways of Life” », Journal of the Photographic Society, no 65, , p. 193.
- ↑ (en) Christian A. Peterson, Alfred Stieglitz's Camera Notes, New York, Norton, , 204 p. (ISBN 978-0393035346), p. 9-60.
- ↑ « Artiste/personnalité-Man Ray-Peintre, Photographe », sur Centre Pompidou, (consulté le ).
- ↑ (en) Ansel Adams et Mary Stree Alinder, Ansel Adams, an Autobiography, Boston (Mass), Little, Brown, (ISBN 978-0-8212-1596-8), p. 316.
- ↑ Romain Girtgen, « The Family of Man, Mémoire du Monde de l'UNESCO », sur steichencollections-cna (consulté le ).
- ↑ Valérie Duponchelleauteur2=Isabelle Stassart, « Magnum, le Saint Graal de la photo », Le Figaro (encart : le Figaro et vous), , p. 32-33
- ↑ (en) Andy Grunberg, « Art; photojournalism lays claim to the realm of esthetics », New York Times, (lire en ligne).
- ↑ (en) « The Exhibition 2026 is touring worldwide », sur World Press Photo, (consulté le ).
- ↑ (de) Susan Sontag, Über Fotographie 17., Frankfurt am Main, Fischer Taschenbuch Verlag, (ISBN 978-3-596-23022-8), p. 135 et sq.
- ↑ (en) Christopher Phillips, « The Judgment Seat of Photography », October, no 22, , p. 27-63.
- ↑ (en) Manfred Schneckenburger, « Documenta 6 26 Jun - 02 Oct 1977 », sur artmap, (consulté le ).
- ↑ (en) Gabriele Richter, « Joseph H. Neumann. Chemogramme », Color Foto, no 12, , p. 24.
- ↑ (en) Barbara Karsten, « Second Nature: Abstract Photography Then and Now », sur deCordova Sculpture Park and Museum, (consulté le ).
- ↑ (en) Jan-Ole Schmidt, « Fine Art Photography - Principles and Conceptual Approaches », sur White Hall (consulté le ).
- ↑ Michel Guerrin, « Cindy Sherman, l'autoportrait à vie », Le Monde, .
- ↑ Michel Guerrin, « Thomas Ruff, photographe », Le Monde, .
- ↑ (en) Lucy Davies, « Thomas Demand: One I Made Earlier », The Daily Telegraph, .
- 1 2 (en) Liz Wells, Land Matters: Landscape Photography, Culture and Identity, I.B. Tauris, (ISBN 978-1-84511-864-8).
- ↑ Szarkowski, John. The Photographer and the American Landscape. New York: Museum of Modern Art, (1963)
- ↑ (en) Trudy Wilner Stack, « Intimate Nature: Ansel Adams and the Close View », sur Center for Creative Photography, University of Arizona (consulté le ).
- ↑ (en) « Who are Hilla and Bernd Becher? », sur Tate Modern, (consulté le ).
- ↑ (en) Juliet Hacking, Photography: The Whole Story, Londres, Thames and Hudson, (ISBN 9780500296103), p. 401.
- ↑ (en) Robert Hirsh, Seizing the Light: A History of Photography, Boston, McGraw Hill, (ISBN 9780697143617), p. 414.
- ↑ (en) Aurélie Debaene, « The Truthful Portrait: Can Posing Be a Tool for Authenticity in Portraiture? », The Journal of Aesthetics and Art Criticism, vol. 79, no 4, , p. 440-451 (lire en ligne).
- ↑ (en) Karine Antaki, « Chapter Five, THE MODERN PORTRAIT in Photography and Impressionist Painting », sur Concordia University, (consulté le ).
- ↑ (en) Dorothea Dietrich, « Micro-Vision: Karl Blossfeldt's Urformen der Kunst », Art on Papeer, vol. 3, no 1, , p. 35-40.
- ↑ Koetzle 2011, p. 40-45.
- ↑ (en) « After the Bath, Woman Drying Her Back,1896 », sur Getty Museum collection (consulté le ).
- ↑ (en) W. Douglass Paschall, Thomas Eakins, Philadelphia, Philadelphia Museum of Art (ISBN 0-87633-142-8), p. 251, 238.
- ↑ (en) Jean Sorabella, « The Nude in Western Art and Its Beginnings in Antiquity », sur The Met, (consulté le ).
- ↑ (en) Peter Weiermair, The male nude: A male view: An anthology, Zurich, Édition Stemmle, .
- ↑ (en) « Art of Arrangement: Photography and the Still Life Tradition », sur Science + Media Museum, (consulté le ).
- 1 2 (en) David Campany, « Out in the World: Still Life Photography between Art and Commerce », sur David Campany, (consulté le ).
- ↑ (en) Dorothea Dietrich, « Micro-Vision: Karl Blossfeldt's Urformen der Kunst », Art on paper, vol. 3, no 1, , p. 35-40 (lire en ligne).
- ↑ (en) « In Focus: Still Life », sur The Paul J. Getty Museum, (consulté le ).
- ↑ (en) Stephanie Schwartz, « Street Photography Reframed », sur MDPI, (consulté le ).
- ↑ (en) D. Blumenkrantz, « Street Photography: A Bridge Between Documentary and Art. », Visual Communication Quarterly,, vol. 16, no 2, , p. 108-116.
- ↑ Murielle Buisson, « Photographie d’art abstraite : Comment appréhender et savourer l’esthétique ? », sur Une image pour rêver, (consulté le ).
- ↑ (en) « Abstract Photography », sur artspan (consulté le ).
- ↑ (en) Vladimir Birgus, Czech Photographic Avant-Garde 1918-1948, Cambridge, MIT Press, (ISBN 0-262-02516-7), p. 102.
- ↑ (en) Richard Kostelanetz, Moholy-Nagy : An Anthology, New York, DaCapo Press, (ISBN 978-0306804557), p. 54.
- ↑ (en) Jane Corkin et B. Lifson, André Kertész: A Lifetime of Photography, London, Thames and Hudson, (ISBN 0-500-54085-3), p. 9-11.
- ↑ (en) Robert C. Morgan, « Frederick Somme’s Paradigm of Art and Reality », sur The Brooklyn Rail.
- ↑ (de) Hannes Schmidt, « Bemerkungen zu den Chemogrammen von Joseph Neumann. Austellung in der Fotographik Studio Galerie von Prof. Pan Walther », Photo-Press, no 22, , p. 6.
- ↑ (de) Gabriele Richter, « Joseph H. Neumann. Chemogramme », Color Photo, no 12, , p. 24.
- ↑ (en) Lyle Rexer, The Edge of Vision : The Rise of Abstraction Photography, New York, Aperture Foundation, (ISBN 978-1597112420), p. 144.
- ↑ Mountassir Bay Tamsamani, « Émotion et subjectivité simulée : entre art, humanités numériques et intelligence artificielle », sur Université Bordeaux-Montaigne, (consulté le ).
- ↑ (en) Mick Grierson, « Creative Coding for Audiovisual Art: The CodeCircle Platform (PDF) » (consulté le ).
- ↑ (es) Antoni Pitxot, Guía - Teatro-Museo Dalí - Figueres, Barcelone, Fundació Gala-Salvador Dalí - Triangle Books (ISBN 978-84-8478-714-3), p. 97.
- ↑ (en) Leon Harmon, « The Recognition of Faces », Scientific American, vol. 229, no 5, , p. 70-82 (lire en ligne).
- ↑ (en) Jeremy Rimer, « A history of the Amiga, part 4: Enter Commodore », Artstechnica.com, .
- ↑ (es) « Gioconda 'sapiens' », sur El Pais, (consulté le ).
- ↑ « Paul-mile Rioux Art », sur 1stDIBS, (consulté le ).
Bibliographie
modifierOuvrages généraux
modifier- (en) The Photography Book, London, Phaidon Press, , 512 p. (ISBN 0-7148-36346).
- Beaumont Newhall, The History of Photography: From 1839 to the Present, New York, Museum of Modern Art, (ISBN 9780870703812).
- (en) Bruce Bernard, The Sunday Times Book of Photodiscovery : A Century of Extraordinary Images 1840-1940, London, Thames and Hudson, , 262 p. (ISBN 0-500-54065-9).
- Michel Frizot, Nouvelle histoire de la photographie, Paris, Éditions Larousse, , 776 p. (ISBN 2-0350-5280-7).
- (en) Hans-Michael Koetzle, Photo Icons, Köln, Taschen, , 427 p. (ISBN 978-3-8365-7774-8).
- (en) Mary Warner Marien, Photography: A Cultural History, Laurence King Publishing, , 568 p. (ISBN 978-1786277855).
- Christian Sixou, Les grandes dates de la photographie, Éditions V.M., , 227 p. (ISBN 2-8625-8208-5).
Sur la photographie d’art
modifier- (en) Susan Bright, Art Photography Now, Thames and Hudson Ltd, , 240 p. (ISBN 978-0500289426, lire en ligne).
- (es) Ramos Molina, Antonio Luis. La magia de la química fotográfica: El quimigrama. Conceptos, técnicas y procedimientos del quimigrama en la expresión artística (thèse de doctorat, Université de Grenade), 2018.
- (en) Charlotte Cotton, The Photograph As Contemporary Art, Thames & Hudson, , 248 p. (ISBN 978-0500204016, lire en ligne).
- (en) Mary Warner Marien, Photography: A Cultural History (3rd Edition), Pewarson, , 560 p. (ISBN 978-0205708000, lire en ligne).
Voir aussi
modifierLiens internes
modifierLiens externes
modifier- (en) « The 1896 Washington Salon & Art Photographic Exhibition », sur National Museum of American History (consulté le ). - Une exposition tenue il y a plus d’un siècle qui fut une étape essentielle dans l’acceptation de la photographie en tant qu’art.
- (en) Douglas Eklund, « Conceptual Art and Photography », sur The Met, (consulté le ).
- Martin Osner, « Qu’est-ce que la photographie d’art? », sur You Tube, (consulté le ) (en 22 chapitres).