Pierre Parsus

peintre et illustrateur français

Pierre Parsus, né le à Paris et mort le à Nîmes, est un peintre et illustrateur français.

Pierre Parsus
Pierre Parsus en 2015.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 100 ans)
NîmesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Pierre Auguste Désiré ParsusVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Conjoint
Lucette Parsus (d) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Site web

Biographie

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Enfance et formation

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En 1934, Pierre Parsus suit les cours du soir de peinture de la Ville de Paris. Guidé par son professeur, Jean-Pierre Perroud, il choisit de s'adonner à la peinture et passe désormais ses dimanches au musée du Louvre.

Il est reçu premier en peinture et décoration à l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art en 1935. Durant trois années, il est élève des sculpteurs Charles Malfray, Jacques Zwobada et René Carrière, et des peintres Jacques Lecaron et Georges-Louis Claude[1]. Il se lie d'amitié avec le futur sculpteur René Babin.

Il découvre Paul Cézanne en 1935 au musée de l'Orangerie. À l’Exposition universelle de 1937, il visite l'exposition de Vincent van Gogh. En 1938, il suit le cours de modelage de Robert Wlérick et rencontre son futur mécène.

Seconde guerre mondiale

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Au début de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, il suit une formation de chaudronnier-formeur pour l’aviation aux Arts appliqués, puis, en juin 1940, il s’engage aux Compagnons de France afin de ne pas rester en zone occupée. En 1941, il est mobilisé neuf mois à Arudy, aux Chantiers de jeunesse qui tiennent lieu de service militaire ; il y réalise, comme aux Compagnons de France, des décorations murales.

Libéré en 1942 des Chantiers de jeunesse, il regagne Périgueux. Avec Yves Joly, Guy Bourguignon et Georges Croses[2], ils créent le « Théâtre du berger », spectacle de marionettes dans l’esprit du théâtre routier de Léon Chancerel[3].

En , Pierre Parsus est réquisitionné pour le Service du travail obligatoire à la Lokomotiv Fabrik de Vienne en Autriche. Il retrouve sa famille en à Paris, et se remet à peindre grâce à un mécénat privé.

Après-guerre entre Paris, l'Algérie et le Languedoc

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A Paris, il suit l’enseignement de Georges Gurdjieff, auprès de Jeanne de Salzmann. Il y côtoie des artistes et intellectuels tels que Pierre Schaeffer, Louis Pauwels, Yvette Étiévant, Véra Daumal, Étienne-Martin et Marie-Madeleine Davy.

En , il part peindre à Nîmes. Il y rencontre le peintre Auguste Chabaud. Un ami lui propose une maison, proche de la Tour Magne. À l'été 1946, il rencontre sa future épouse, Lucette Bouchet-Delluc. Ils s'installent à la Tour Magne.

En , il expose au Salon des moins de trente ans. Le critique d’art Gaston Diehl le qualifie pour concourir au prix de la Jeune Peinture. René Huyghe le soutient.

En , il fait sa première exposition particulière, galerie Jean Pascaud à Paris ; il est proposé pour le prix de la Critique[Lequel ?].

De 1950 à 1952, il participe aux luttes de la Jeune peinture, dont Paul Rebeyrolle est le chef de file ; il multiplie les expositions à Paris et à Nîmes où il vit et peint désormais. Il s'installe cinq mois durant chez son ami Bernard Kruger, au domaine de Saint-Michel, près d'Aimargues.

En , au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, il reçoit le prix Abd-el-Tif ; ce prix consiste à habiter et à peindre, pendant deux ans, dans un palais mauresque dominant la rade d’Alger, la villa Abd-el-Tif. Avant de partir, le peintre expose 35 toiles à Paris, galerie du Faubourg-Saint-Honoré.

Il arrive en Algérie avec son épouse le . De 1953 à , c'est une période de création intense entre Alger, Tipasa, la Basse et Haute-Kabylie, Biskra. Il y découvre selon ses mots « la couleur-musique et le Sacré de l’Orient »[réf. nécessaire]. Il se lie d’amitié avec Jean Amrouche, Jean Sénac et Edmond Charlot. Le musée national des Beaux-Arts d'Alger, les villes d’Alger et de Tipasa lui achètent des toiles. Il revient d’Algérie marqué par la guerre qui commence à la Toussaint 1954.

Dans des expositions particulières à Paris, Pierre Parsus remporte en 1957 le prix Fénéon ; dans le jury, siègent Louis Aragon, Jules Supervielle, André Chastel, Georges Besson, Marie Dormoy et le recteur Jean Sarrailh. La même année, il reçoit le prix René Cottet (le prix du Salon des orientalistes)[Quoi ?] et est élu sociétaire du Salon d'Automne pour une toile peinte lors d’un séjour à Malaga, en 1955, au retour d’Alger.

En , Lucette et Pierre Parsus quittent Nîmes et s’installent à Remoulins au bord du Gardon, près du pont du Gard.

En 1960, il commence à peindre sur le thème des Géorgiques de Virgile. Jean Giono l'invite à Manosque et préface son exposition à Marseille, en 1963. Avec Lucette, il acquiert une demeure à Castillon-du-Gard.

Commandes et rétrospectives

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En 1968, le père Jean Thibon lui commande onze verrières, le tabernacle et l’autel de l’église Saint-Joseph-des-Trois-Piliers à Nîmes, conçue par l’architecte André Planque[4]. Les vitraux représentant les grandes visions du christianisme ainsi que le tabernacle seront sculptés, gravés et peints dans l’altuglas, matériau nouveau à l’époque ; l’autel sera peint comme une fresque.

Il réalise en 1969, avec François Rouan, un cadran solaire monumental de 1 700 m2, au sol de la faculté des sciences de Montpellier. Victor Vasarely puis son fils Yvaral en assument l’accompagnement vertical, tandis que Philippe Jaulmes et Jean-Claude Deshom en sont les architectes.

En 1971, les Éditions du Grésivaudan, à Grenoble, lui commandent seize lithographies pour le roman Regain de Jean Giono. Devant le succès, le même éditeur lui demande en 1972 d’illustrer, par trente-deux lithographies, l'œuvre poétique de Georges Brassens, préfacée par Bernard Clavel. L’ouvrage est dévoilé le , à l’atelier de lithographie Grapholith à Paris. Les épreuves des lithographies seront exposées au musée Paul-Valéry de Sète. Cet ouvrage est édité en « grand luxe », puis réédité en « demi luxe ».

Parsus collabore en 1977 avec la galerie Gorosane, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris. Il y donne plusieurs expositions particulières jusqu’en 1986.

En 1979, il reçoit la médaille d’or du festival international d’Art plastique du Hainaut (Belgique).

En , une rétrospective de son œuvre a lieu au Cellier de Clairvaux, à Dijon. En vingt ans, le peintre s'est orienté plutôt vers le vitrail, les illustrations d’œuvres littéraires, le monde des mythes et des symboles. Depuis 1974, il peint moins de paysages et plus de présences humaines. Il aborde des sujets tels que « Le Phénix », « Le Diable et le Bon Dieu », « Le Lupanar de Dieu », « Golgotha », un « Sacré rédempteur ».

Après l’État français, entre 1949 et 1953, la Ville de Paris et le musée de Nîmes, le musée d’Alès, le musée de Mouscron en Belgique acquièrent ses œuvres. Le musée de Bagnols-sur-Cèze acquiert Le Jumeau céleste, d’esprit religieux, en 1987. Des expositions particulières ont lieu à Washington (1988) à New-York (1990), puis à Nîmes en 1995.

Son épouse meurt le . En 1999, Parsus expose quatre-vingt-dix toiles, en son hommage, au musée du Colombier d'Alès. En 2011, est créée l’Association « Pierre et Lucette Parsus ».

En , à l'occasion de l'inauguration de la salle Henri d'Estienne sur la peinture orientaliste au musée de Narbonne, Pierre Parsus fait don de trois de ses œuvres, issues de son séjour à Alger : Femmes Kabyles de retour du marché, Paysage de Kabylie et À Biskra.

En 2003, la Ville de Nîmes lui commande un grand tableau destiné au musée des Cultures taurines, qui servira d’affiche pour la Feria de Nîmes. À cette occasion, Parsus acquiert une toile d’Auguste Chabaud, l’offre à Nîmes, ville natale du grand peintre, et expose douze toiles au Carré d'art, médiathèque de la cité, sur le thème de Mithra et le Minotaure.

Parsus souhaite donner une nouvelle lecture du tableau d'Enguerrand Quarton, Le Couronnement de la Vierge, une œuvre de 1453, conservée au musée Pierre-de-Luxembourg à Villeneuve-lès-Avignon, qui fascine Pierre Parsus depuis l’été 1973 et son exposition à l’hospice de Villeneuve-lès-Avignon. En 2011, il commence à travailler sur un livre s'inspirant du retable, en collaboration avec Henri-Pierre Aberlenc, Christian Vayrette, Robert Prohin et Georges Vittori. En 2015, Henri-Pierre Aberlenc réalise un film : Pierre Parsus et le Couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton. En 2019 paraît de Que voyez-vous Monsieur ? Le message secret du Couronnement de la Vierge, un livre analysant de façon détaillée le tableau et qui tente de déchiffrer le contenu ésotérique et la part de mysticisme qui en émane.

En , le musée de Bagnols-sur-Cèze accueille trois toiles de Parsus, tandis que six autres toiles rejoignent les collections du musée d’Art sacré de Pont-Saint-Esprit.

Du au , une rétrospective intitulée « Du figuratif au sacré, du visuel à la vision » est consacrée à l'artiste dans la salle d'exposition Jean-Luc Fiches du pont du Gard ; le commissaire officiel est Christian Vayrette[5]. Elle présente quatre-vingt-trois œuvres et accueillera quatre-vingt mille visiteurs[réf. nécessaire].

En sort Peindre l'invisible, un film de 26 minutes de Raymond Achilli, sur Pierre Parsus. Le film est projeté au musée du Pont-du-Gard. L'année suivante, le film sera modifié pour atteindre une durée totale de 52 minutes.

Le , au Paraïs, la maison de Jean Giono à Manosque, dans le cadre du festival des Correspondances, est présentée Arsule et Panturle, œuvre peinte en 2018, offerte par Pierre Parsus à l'Association des amis de Giono, exposée en permanence dans le salon du Paraïs.

D' à , une exposition se tient au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée de Marseille pour le cinquantenaire de la disparition de Giono. Y figure La jeune femme aux cerises, toile offerte par le peintre à Jean Giono, après l'exposition Les Géorgiques.

En , Pierre Parsus publie un ouvrage sur les vitraux de l’église Saint-Joseph-des-Trois-Piliers de Nîmes : Par le feu des vitraux. En 170 pages, il y raconte l’aventure de la création de l’église, enrichie de soixante-dix reproductions couleurs des vitraux.

Pierre Parsus meurt le à l'âge de cent ans[6].

Expositions posthumes

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En 2022, du 10 février au , une exposition Peindre l’invisible est à voir au musée Chabaud à Graveson[7].

Le , l’Association « Les Amis du peintre Pierre Parsus » est créée, Elle a pour but de mettre en œuvre des actions permettant de recenser, faire connaître, mettre en valeur, sauvegarder et pérenniser l’œuvre de Pierre Parsus.

De mai à , à Sète, dans l'Espace Georges-Brassens, se tient une exposition « Parsus-Brassens »[8].

Du au , une exposition « Pierre Parsus et le chemin de l’âme » est organisée à l’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle[9].

Le , Christian Vayrette donne une conférence au musée Pierre-de-Luxembourg à Villeneuve-lès-Avignon, sur « Pierre Parsus et le Couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton »[10].

Du au , une exposition « Pierre Parsus, un peintre dans son village » est organisée à Castillon-du-Gard[11].

Du au , une exposition « Pierre Parsus illustre les chansons de Georges Brassens » est visible au tiers lieu « Le 21 » à Uzès[12].

Récompenses

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Publications

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  • Carnets d'atelier N°6, Paris/Aigues-vives, Éd. Mémoire Vivante-Paris, , 102 p. (ISBN 2-903011-20-6).
  • L'Art singulier (préf. Alain Girard, conservateur en chef du Patrimoine, directeur de la conservation des musées du Gard), Castillon-du-Gard, Pierre Parsus (à compte d'auteur), , Imprimerie CIAM-Langlade éd., 264 p. (ISBN 2-9525512-0-0). — Livre d'art.
  • Pictor, Pierre Parsus (à compte d'auteur), , Imprimerie CIAM-Langlade éd., 360 p. (ISBN 978-2-9525512-1-2). — Autobiographie.
  • Rétrospective Pierre Parsus 2017 au Pont-du-Gard, à compte d'auteur, 160 p. (ISBN 978-2-9525512-3-6).
  • Que voyez-vous Monsieur ? (préf. Aude de Keros et Henri-Pierre Aberlenc), Pierre Parsus (à compte d'auteur). 224 p. (ISBN 978-2-9525512-4-3).
  • Par le feu des vitraux, 2021, 164 p. (ISBN 978-2-9525512-5-0)

Notes et références

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  1. « Georges-Louis Claude (1879-1963) », sur data.bnf.fr (consulté le )
  2. « Georges Croses - Livres, Biographie, Extraits et Photos | Booknode », sur booknode.com (consulté le )
  3. « Parsus Pierre - Portail des Arts de la Marionnette », sur artsdelamarionnette.eu (consulté le )
  4. « église Saint-Joseph-des-Trois-Piliers - Inventaire Général du Patrimoine Culturel », sur inventaire.patrimoines.laregion.fr (consulté le )
  5. « Pierre Parsus : peindre est « un chemin vers l’ailleurs, une transcendance » », sur www.lemonde.fr, (consulté le )
  6. « CASTILLON-DU-GARD Le peintre Pierre Parsus s'est éteint à l'âge de 100 ans », sur Objectif Gard (consulté le )
  7. Pierre PARSUS, « Presse et blogueurs », sur Ville de Graveson en Provence (consulté le )
  8. « Inauguration d' Exposition "Parsus-Brassens" - Affiche », sur espace-brassens.opacweb.fr (consulté le )
  9. « Exposition : Pierre Parsus et le chemin de l'âme », sur Radio Alliance Plus (consulté le )
  10. « Pierre Parsus et Le Couronnement de la Vierge d'Enguerrand Quarton »
  11. « Une exposition retrace le parcours de Pierre Parsus », sur midilibre.fr (consulté le )
  12. « Exposition Parsus Brassens – Le 21 » (consulté le )

Annexes

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Bibliographie

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  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 10, éditions Gründ, , 13440 p. (ISBN 2-7000-3020-6), p. 599
  • Elizabeth Cazenave, La Villa Abd-el-Tif un demi-siècle de vie artistique en Algérie 1907-1962, Paris, éditions Abd el Tif, (réimpr. 2002), 319 p. (ISBN 2-9509861-1-0)

Liens externes

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