Pluvianelle magellanique
Pluvianellus socialis
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Charadriiformes |
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VU D1 : Vulnérable
La Pluvianelle magellanique (Pluvianellus socialis) est une espèce d'Oiseaux charadriiformes de la famille des Pluvianellidae. Elle est présente uniquement à l'extrême sud de l'Amérique du Sud. Elle est parfois appelée Pluvianeau gris ou Pluvianelle sociable.
C'est un oiseau gris et blanc, aux pattes courtes, avec un bec fort qui lui permet de retourner les pierres pour se nourrir. Elle vit sur les berges de lacs et de mares, jusqu'à 1 200 m d'altitude. Ses mœurs hivernales sont mal connues, mais on peut voir des petits groupes chercher leur nourriture, principalement des arthropodes et des larves.
Son aire de répartition est limitée : elle ne se reproduit qu'en Terre de Feu et autour du détroit de Magellan, à l'extrême sud du Chili et de l'Argentine. En hiver, certains individus migrent vers les côtes atlantiques, jusqu'au centre de l'Argentine, et exceptionnellement en Uruguay et dans les îles Malouines.
Discrète et peu commune, la Pluvianelle magellanique ne compte qu'environ 330 individus matures. Elle est considérée comme une espèce vulnérable et est susceptible d'être impactée par le pâturage dans son aire de reproduction, les dérangements humains, le changement climatique, ou encore les marées noires et les décharges.
Anciennement classée parmi les Charadriidae, la Pluvianelle magellanique est génétiquement plus proche des Chionidae. C'est la seule espèce du genre Pluvianellus et de la famille Pluvianellidae.
Description
modifierDimensions et plumage
modifierLa Pluvianelle magellanique est un oiseau majoritairement gris et blanc, avec une silhouette trapue, des pattes courtes et une tête ronde[1]. Tout le dessus de son corps est gris. Ses lores sont assez sombres, alors que son front, sa gorge et son menton sont blancs, tout comme le ventre, le dessous de la queue et le dessous des ailes. En vol, le dessus des ailes est brun-gris, avec une barre blanche et noire sur le bord de fuite. Le croupion est gris avec les côtés blancs, et la queue est brun-noir au centre et blanche par ailleurs, avec un motif de vermiculures grises[2]. Les pattes, entre le rouge et le rose, sont courtes et robustes, avec des orteils plus ronds et forts que les autres limicoles et un pouce bien développé[1],[3]. Le bec est noir avec une petite tache rose à la base des mandibules et sa forme rappelle ceux des tournepierres. Les yeux sont entre le rouge et le rose[2]. Le plumage de la Pluvianelle lui permet d'être très discrète dans son environnement[4].
Il n'y a apparemment pas de dimorphisme sexuel ni de variations géographiques[2]. Joseph R. Jehl, dans une étude consacrée à l'espèce, note que les mâles sont en moyenne légèrement plus grands et plus lourds que les femelles. Dans les couples, l'un des deux partenaires est en général un peu plus grand et coloré[4].
La Pluvianelle mesure 19,5 à 21,5 cm de long. Ses ailes mesurent entre 13,2 et 14,2 cm, son bec 1,4 à 1,6 cm, ses tarses 1,7 à 2 cm et sa queue 5,8 à 6,5 cm[2].
Chez les juvéniles, les plumes du dessus du corps portent des franges ou des pointes blanches, et les plumes de couverture sont bordées de chamois pâle. La poitrine est mouchetée de gris et les lores ne sont pas foncés comme chez les adultes. Une tache jaunâtre est présente sur la moitié de la mandibule supérieure. Les pattes sont jaune orangé, et les yeux sont plus ternes que ceux des adultes[2],[5],[6].
- La Pluvianelle magellanique adulte a un plumage gris et blanc, un bec court noir et des pattes roses.
- En vol.
- Le juvénile se reconnaît à ses pattes jaune orangé, sa poitrine mouchetée de blanc et la tache jaune à la base supérieure du bec.
Voix
modifierLa Pluvianelle magellanique a un répertoire plus varié et complexe que les autres limicoles[7]. Joseph R. Jehl répertorie une dizaine de sons. Le plus courant est un cri de contact doux, whée-you, émis par les Pluvianelles pour signaler leur position et auxquels leurs congénères répondent en répétant la dernière syllabe. Les cris d'alarme comprennent un appel vif, wheet ou oo-eet qui peut aussi être émis par les petits lorsqu'ils ont faim ou qu'ils ont été attrapés[7]. Les parents communiquent avec leurs petits par différents sons : pip-whéet ou pi-dée pour appeler à se cacher et pi-deedle-dée pour leur signifier qu'ils n'ont plus besoin de se cacher, un silencieux kuk-kuk-kuk-kuk pour annoncer le nourrissage et un rapide pupupupupu… suivi de péek-a-ta pour dire de suivre les parents[7]. Les petits émettent des pépiements variés[7].
Face à une menace, les adultes émettent d'abord un rapide ti-ti-ti-ti…, qui laisse place à un cri de détresse en pip-whéet ou whée-you intense si la menace augmente ou pour attaquer[7]. Un cri rapide et répété, pi-pedée, est lancé dans une posture relevée et agressive pour protéger le territoire. En cas d'agitation extrême, les Pluvianelles produisent un coo-coo-roo ressemblant au roucoulement d'une colombe et qui se répète rapidement[7].
Répartition et habitat
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- Présence permanente.
- Présence en période d'hivernage.
- Présence en période de migration.
La Pluvianelle magellanique est une espèce limicole, qui vit sur les berges de lacs et de mares peu profondes, dans des zones de steppes, jusqu'à 1 200 m d'altitude[8],[9]. Elle fréquente différents types de zones humides, principalement des lagunes sur la côte atlantique, des zones d'altitude ou des rives de grands lacs, comme l'Argentino et le Cardiel[10].
Période de reproduction
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C'est une espèce rare, avec une aire de répartition très restreinte : elle ne se reproduit qu'à l'ouest de la province de Santa Cruz en Argentine, au sud-est de la province de Magallanes au Chili, et au nord et au centre de la grande île de la Terre de Feu, ce qui en fait un oiseau endémique du sud de la Patagonie en période de nidification[8],[11],[12]. Des données actualisées en 2009 montrent que la Pluvianelle magellanique peut être observée assez loin à l'intérieur des terres et que son aire de distribution s'étend jusqu'à la cordillère des Andes, contrairement à ce qu'affirmaient des auteurs plus anciens qui la pensaient limitée aux côtes[13]. Le sud-ouest de la province de Santa Cruz semble être la principale zone de nidification de l'espèce[14].
Elle niche surtout dans des zones humides alcalines (marais, lacs, mares) peu profondes, sur des berges très ouvertes, avec des galets et peu de végétation[15],[16],[12]. Durant un suivi de l'espèce mené de 1998 à 2002, la zone étudiée en période de nidification présentait une température moyenne de 7,2 °C et était soumise à des vents assez forts, à 35 km/h en moyenne mais pouvant atteindre 150 km/h[12],[17].
À la fin de la période de reproduction, les Pluvianelles restent sédentaires ou se dispersent vers la côte atlantique[5]. Les mouvements vers les sites d'hivernage démarrent généralement entre mars et avril, puis le retour dans les zones de reproduction a lieu du début du mois d'août à septembre[18],[5],[19].
Période hivernale
modifierEn hiver, on peut trouver la Pluvianelle magellanique le long des côtes argentines jusqu'à la péninsule Valdés et au sud-est de la province de Buenos Aires[8]. La baie de San Sebastián, en Terre de Feu, accueille habituellement moins d'une dizaine d'individus, mais la population peut monter à une centaine au début de l'automne[10]. L'estuaire du río Gallegos et du río Chico del Sur, dans la province de Santa Cruz, est un site clé en hiver, qui peut compter plus d'une centaine d'individus[11]. Quelques-uns sont aussi régulièrement observés le long du río Coig, à 90 km plus au nord, et dans quelques localités des provinces de Chubut et Río Negro[10]. Des individus isolés sont parfois aperçus en Uruguay et dans les îles Malouines[8].
La Pluvianelle magellanique est sensible aux dérangements[20]. Dans l'estuaire du río Gallegos, qui est proche de la ville du même nom et soumis à de nombreux dérangements humains, on trouve la Pluvianelle uniquement dans les zones peu modifiées, avec peu de déchets et une faible présence de chiens[16],[21]. Elle cherche sa nourriture dans la zone intertidale, où elle suit la marée basse, comme le Pluvier des Falkland (Anarhynchus falklandicus) et le Bécasseau sanderling (Calidris alba)[16].
Écologie et comportement
modifierAlimentation
modifierVoir une vidéo de Pluvianelles magellaniques en train de se nourrir : Sebastián Saiter V., « Chorlo de Magallanes, Magellanic Plover (Pluvianellus socialis) », sur YouTube, .

La Pluvianelle magellanique présente plusieurs comportements lorsqu'elle cherche sa nourriture : elle picore, gratte, retourne des débris ou frappe le sol avec ses pattes[6]. Picorer en marchant est la méthode la plus lente, mais elle lui permet d'attraper de grosses proies. Son bec fort lui permet de retourner des petites pierres ou des débris, comme le font les tournepierres, et elle peut aussi gratter et creuser le sol avec ses pattes en tournant sur elle-même[2],[6],[22]. Alors que les Charadriidae font trembler le sol en faisant vibrer leurs pattes, la Pluvianelle présente un comportement différent et caractéristique[4] : elle creuse le sol avec ses pattes en tournant régulièrement sur elle-même et en changeant de sens tous les un à quatre tours, puis elle picore ensuite très rapidement autour d'elle[6],[22]. Le comportement typique des Charadriidae, qui consiste à effectuer des petites courses, s'arrêter brusquement puis picorer, est absent chez la Pluvianelle[23].
Son régime comprend principalement des petits arthropodes durant la période de reproduction, et des larves de Chironomidae en hiver[8]. Dans son habitat hivernal, elle se nourrit surtout en haut de la zone intertidale, loin de l'eau, dans des estuaires boueux avec quelques galets[20]. Un comportement spécifique durant la période de reproduction a été décrit : un membre d'un couple peut chasser dans l'estran, attraper une dizaine de vers puis les apporter à son partenaire resté à l'écart. L'individu qui chasse tient les vers dans son bec à la manière d'un Macareux moine (Fratercula arctica), avec les vers pendant de chaque côté[24]. La Pluvianelle se nourrit fréquemment autour de petits cours d'eau douce à proximité des lacs salés où elle niche[15].
Comportement
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C'est un oiseau très discret grâce à son plumage qui se fond dans son environnement. Même son ombre est difficile à repérer du fait de ses pattes très courtes[2], qui sont parfois le premier élément qui permet de la voir de loin, grâce à leur couleur rose vif[24],[4]. Sur le terrain, les ornithologues la repèrent souvent à son chant[15]. Son vol est rapide et fort, souvent erratique[2].
En hiver, on peut la voir chercher sa nourriture en petits groupes silencieux, où les individus restent espacés de plusieurs mètres les uns des autres[25],[8]. Ils évoluent souvent à proximité d'autres limicoles comme le Bécasseau à croupion blanc (Calidris fuscicollis), le Bécasseau de Baird (Calidris bairdii), le Pluvier des Falkland (Anarhynchus falklandicus), l'Huîtrier d'Amérique (Haematopus palliatus) et l'Huîtrier noir (Haematopus ater) mais n'interagissent pas avec eux[26]. Les groupes comprennent des adultes et des juvéniles et peuvent compter quelques dizaines d'individus[27]. Les comportements agressifs sont rares[25].
En période de reproduction, les individus présentent deux comportements principaux selon s'ils sont reproducteurs ou non. Les oiseaux non reproducteurs ne montrent pas de comportements agressifs et ne s'associent pas aux autres oiseaux. Ils parcourent d'assez grandes distances, entre 500 m et deux kilomètres, pour chercher leur nourriture pendant plusieurs heures d'affilée[28]. À l'inverse, les oiseaux reproducteurs sont agressifs envers leurs congénères ou des oiseaux d'autres espèces, émettent des vocalisations à l'approche d'un intrus et restent à proximité de leur partenaire et de leur nid[28],[1].
Reproduction
modifierChoix du site de nidification
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La Pluvianelle magellanique présente une faible densité de population en période de reproduction[5]. Les sites propices à la nidification sont rares, notamment à cause du niveau d'eau instable dans les zones humides[5]. Certains sites occupés une année peuvent être abandonnés l'année suivante, s'il s'agit par exemple d'un lac asséché par intermittence[29].
Le couple établit son territoire dans des terrains pierreux, au bord de zones humides qui sont parfois encore gelées (la température peut y descendre jusqu'à −19 °C)[30]. Il peut s'établir près d'un point d'eau douce ou d'un lagon saumâtre, jusqu'à 1 200 m d'altitude[8],[2]. Les rives de grands lacs salés sont l'habitat le plus utilisé pour nicher[15].
Le nid est placé sur des galets, sur des berges dépourvues de végétation[8],[11]. D'après une étude publiée en 2012, la Pluvianelle magellanique choisit les berges balayées par le vent, où la végétation est absente. Elle évite de nicher sur de la terre argileuse, qui retient l'humidité et refroidit les œufs, et choisit de préférence des galets[15]. Le choix d'un site très ouvert permet de repérer rapidement les prédateurs[15].
De la formation du couple à l'envol
modifierVoir une vidéo d'une parade nuptiale de Pluvianelles magellaniques : Sebastián Saiter V., « Chorlo de Magallanes, Magellanic Plover (Pluvianellus socialis) », sur YouTube, .
C'est un oiseau très territorial. On observe les premiers comportements territoriaux durant la première moitié d'août, ce qui marque le début de la période de reproduction[8],[2],[16]. Ces démonstrations territoriales comprennent des vols et des cris agressifs, afin de chasser les intrus (de la même espèce ou d'autres espèces), ainsi que des postures agressives au sol, réalisées par les deux membres du couple côte à côte[19]. La parade nuptiale, plus élaborée que chez les autres limicoles, comprend des poses au sol avec la poitrine relevée et gonflée et des mouvements coordonnés[31],[2],[1].
Le nid est situé au bord d'un lac ou d'un étang, à quelques mètres de l'eau et sur un sol caillouteux[32]. Il est souvent invisible : les œufs sont posés à même le sol, parfois avec quelques galets pour les entourer[16],[33]. Entre octobre et janvier[16], la femelle pond un ou deux gros œufs qui sont couvés par les deux parents pendant environ 24 jours[16]. Des pontes sont quelquefois observées bien plus tôt, dès la fin du mois d'août, ou plus tard, jusqu'en février[34],[35]. Les œufs sont de couleur variable entre beige pâle et gris verdâtre pâle, avec des taches, des points et des petites lignes brunes ou noires sur leur surface, comme des éclaboussures, qui les rendent très discrets sur le sol[35]. Lorsqu'il y a plusieurs œufs dans un même nid, ils peuvent être très différents les uns des autres et sont séparés de quelques centimètres[35].
À la naissance, les poussins sont très difficiles à repérer grâce à leur plumage cryptique et restent généralement immobiles à côté du nid. Ils peuvent chercher leur nourriture seuls dès leurs premiers jours et s'immobilisent dès qu'un intrus approche[1]. Lorsqu'il y a deux œufs, les parents abandonnent généralement le deuxième poussin, qui meurt peu de temps après[13],[20],[36]. Bien que les poussins puissent se nourrir seuls, presque toute leur alimentation est fournie par leurs parents pendant les deux premières semaines[1]. Ils sont bien plus faibles que les poussins des Charadriidae et montrent beaucoup de difficulté à se déplacer seuls[37]. Ils continuent probablement à être nourris même après l'envol, principalement par régurgitation[2], ce qui distingue cette espèce des autres limicoles[12],[24],[38]. Il arrive qu'un même couple produise deux ou trois couvées à la suite[13].
Succès reproducteur et longévité
modifierLe succès reproducteur est plus élevé que pour d'autres limicoles sud-américains, comme le Pluvier des Falkland et le Pluvier de Wilson (Charadrius wilsonia), ce qui pourrait s'expliquer par le nid extrêmement discret de la Pluvianelle[15]. Une génération dure environ 4,6 ans[8].
Effectifs, menaces et conservation
modifierEffectifs
modifierLa Pluvianelle magellanique est une espèce rare, avec une population réduite. Un comptage des nids a eu lieu en 2021 sur 80 % de l'aire de reproduction : 180 nids et 264 individus matures ont été repérés. En 2022, 300 individus ont été comptés, dont 55 juvéniles. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime la population mature totale à 330 individus en 2022[8].
On ne connaît pas précisément la tendance démographique. De précédentes études estimaient le nombre d'individus entre 1 500 et 7 000, ce que l'UICN estime très exagéré dans son rapport sur l'espèce de 2023. Des visites régulières sur des sites de reproduction dans les 30 dernières années montrent une tendance démographique plutôt stable[8]. Dans les résultats d'une étude menée entre 1998 et 2002, des ornithologues soulignent la difficulté à évaluer la population totale à cause de la dispersion de l'espèce. Les sites d'hivernage les plus importants peuvent accueillir un peu plus d'une centaine d'individus, mais d'autres s'éparpillent en très petits groupes disséminés, ce qui rend les comptages difficiles[5].
Menaces
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La principale menace pour la Pluvianelle magellanique est la dégradation de son habitat[1]. L'habitat côtier est dégradé par les marées noires, les décharges et le déversement d'eaux usées. Ses zones de reproduction sont dégradées par le pâturage et l'utilisation des points d'eau par le bétail, qui peut également écraser les nids[8],[20],[1],[36]. Selon Joseph R. Jehl, l'introduction du bétail en Patagonie et la destruction des nids qui en découle ont pu causer une diminution des effectifs de la Pluvianelle depuis le XIXe siècle[36]. Certains lagons propices à sa reproduction ont disparu, sans qu'on puisse déterminer si cette disparition est due à l'élevage, aux activités humaines ou à des cycles naturels[8]. Elle est aussi victime de la prédation par les chiens et les chats errants et elle pourrait être vulnérable à l'urbanisation et aux dérangements humains croissants[8],[20]. Enfin, les précipitations faibles et la désertification dues au changement climatique risquent de l'affecter, et la construction de parcs éoliens pourrait entraver ses routes migratoires[8].
En période de reproduction, les nids sont susceptibles d'être détruits par des vagues et les œufs peuvent être mangés par des Culpeaux (Lycalopex culpaeus). Certains grands oiseaux, comme le Grand Labbe (Catharacta skua), le Goéland dominicain (Larus dominicanus) et le Caracara huppé (Polyborus plancus), sont susceptibles de capturer quelques poussins[36].
Statut et conservation
modifierÉtant donné sa population très réduite, la Pluvianelle magellanique est considérée comme une espèce vulnérable par l'Union internationale pour la conservation de la nature[8]. Elle a le statut d'espèce en danger au Chili et en Argentine et est inscrite à l'annexe I de la convention de Bonn depuis 2024[1].
La Pluvianelle magellanique est déclarée monument naturel d'Argentine par la loi no 3373 de 2014[39],[40]. En 2025, un plan d'action binational est mis en place avec des scientifiques, des autorités et des spécialistes chiliens et argentins pour assurer la conservation de l'espèce. Ce projet vise à apporter des informations fiables et à jour sur l'état de la population (notamment grâce au baguage et au comptage des nids) et discuter d'actions prioritaires pour sa conservation[1],[39],[41]. Lors de la 15e Conférence des Parties à la Convention sur les espèces migratrices tenue au Brésil en 2025, la délégation chilienne fait approuver deux propositions de conservation visant la Pluvianelle magellanique et la Barge hudsonienne (Limosa haemastica), une espèce migratrice menacée[42].
L'estuaire du río Gallegos et du río Chico del Sur est considéré comme un site clé pour sa conservation, puisqu'il accueille une population importante en hiver[5]. Les dérangements doivent être limités pour y protéger l'espèce, ainsi que d'autres limicoles qui partagent cet habitat, comme l'Huîtrier de Garnot (Haematopus leucopodus), le Pluvier des Falkland (Charadrius falklandicus), le Pluvier de d'Urville (Charadrius modestus), le Bécasseau de Baird (Calidris bairdii) et le Bécasseau à croupion blanc (Calidris fuscicollis)[20]. La conservation de la steppe patagonienne est peu abordée dans les discussions sur la protection de l'environnement, alors qu'elle constitue un habitat important pour la Pluvianelle[1].
Taxonomie
modifierClassification
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La Pluvianelle magellanique est décrite par George Robert Gray en 1846, sous le nom binominal Pluvianellus socialis[43].
Elle fait partie de l'ordre des Charadriiformes, qui compte 380 espèces répandues à travers le monde[44]. Elle y était auparavant classée dans la famille des Charadriidae, mais elle présente des différences biologiques, écologiques et comportementales avec les espèces de cette famille[11], comme le fait de nourrir ses petits par régurgitation[12],[24],[1]. En 1975, dans une étude complète dédiée à la Pluvianelle, Joseph R. Jehl lui crée sa propre famille dont elle est l'unique espèce, Pluvianellidae[43],[45].
Des études phylogénétiques ont validé cette classification. D'après une étude parue en 2022 et qui sert de base à la classification du Congrès ornithologique international, la Pluvianelle magellanique forme un groupe frère avec les Chionidae. Leurs deux familles auraient divergé il y a un peu plus de 15 millions d'années, durant le Miocène[44].
Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1, 2025)[45], c'est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces).
Noms et étymologie
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Le premier nom employé pour cette espèce en français est Pluvianelle sociable, proposé par les naturalistes Jacques Bernard Hombron et Honoré Jacquinot qui accompagnent le capitaine Jules Dumont d'Urville dans son expédition en Antarctique[46],[47],[48]. Quelques années plus tard, en 1846, George Robert Gray latinise Pluvianelle sociable pour en faire le nom scientifique de l'espèce, Pluvianellus socialis[46],[49]. Pluvianelle et Pluvianellus sont liés étymologiquement au Pluvian fluviatile (Pluvianus aegyptius), une espèce décrite au XVIIIe siècle[49].
L'ornithologue suisse Paul Géroudet propose en 1990 le nom Pluvianeau gris : « En Patagonie, j’ai rencontré Pluvianellus socialis, bien distinct des pluviers malgré son nom anglais de Magellanic Plover. [Pierre] Devillers a trouvé pour lui "Pluvianelle sociable", ─ mais est-il plus sociable que d’autres oiseaux de rivages ? Je préfère Pluvianeau gris, qui ne fait pas hésiter sur le genre masculin et qui met en évidence la teinte si spéciale de son plumage »[46]. La Commission internationale des noms français des oiseaux opte finalement pour Pluvianelle magellanique[46],[50], similaire au nom anglais Magellanic plover en référence au détroit de Magellan[51]. Le terme Pluvianelle, sans adjectif, ne désigne que cette espèce, et la famille Pluvianellidae peut être francisée en pluvianellidés[46].
Les Selknams, peuple indigène de la Terre de Feu, appellent cet oiseau Toish-te[52]. Il porte plusieurs noms en espagnol : Chorlito ceniciento en Argentine, Chorlo de Magallanes au Chili et Chorlito de Magallanes en Espagne[43].
Dans la culture
modifierLa Pluvianelle magellanique est un emblème pour plusieurs associations de protection de l'environnement, notamment l'Asociación Ambiente Sur en Argentine et Manomet Conservation Sciences[1]. Elle est représentée par une mascotte créée par Ambiente Sur, Pluvi, qui a notamment fait l'objet d'une pièce de théâtre[1],[53],[54].
Références
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Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages généraux
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Articles spécialisés
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Liens externes
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