Ponton (prison flottante)

prison flottante

Un ponton est un type de bâtiment de servitude servant de prison flottante en usage à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle. Servaient de pontons des navires de guerre désarmés — c'est-à-dire, dans le langage maritime, démunis de moyens de navigation, ce qui dans ce cas allait jusqu'à la suppression des mâts — et ancrés à proximité des côtes. On y entassait les prisonniers en grand nombre, l'avantage étant qu'un personnel réduit suffisait à surveiller les prisonniers.

HMS Discovery, converti en ponton à Deptford. Lancé en tant que sloop de 10 canons à Rotherhithe en 1789, le navire a servi de ponton de 1818 jusqu'à sa destruction en février 1834[1].

Les pontons ont été utilisés par les révolutionnaires français pendant la Terreur, et par les Anglais à Cadix pour garder les prisonniers de Trafalgar.

Espagne

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L'habitude d'enfermer des détenus dans les cales des navires ancrés au port a été prise bien avant Jean-Baptiste Carrier. Le procédé présente le double avantage d'isoler complètement les détenus et de limiter au minimum les risques d'évasion. En outre, par suite du blocus, il ne manque pas de bateaux disponibles. À Nantes, les détenus sont emprisonnés sur la Louise, le Thérèse, la Gloire. Plusieurs galiotes servent à dégorger la prison des Saintes-Claires.

Des prêtres réfractaires, pris parmi les plus âgés, sont ainsi internés sur le Thérèse en juillet 1793 ; fin octobre ils sont transférés sur un autre navire, la Gloire, qui est leur tombeau. Les transbordements des prisons aux navires préparent les noyades en facilitant leur exécution. Mais avant d'être noyés, les détenus risquent de périr d'inanition ou de maladie.

Rochefort

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Trois pontons ancrés en rade de Rochefort servent également à emprisonner des prêtres réfractaires pendant la période de la Terreur, durant la Révolution française. Ils attendent d'être envoyés au bagne de Guyane, mais le blocus de la Marine anglaise a bloqué les départs. Sur 829 ecclésiastiques, le bilan est tragique : 547 prêtres et religieux périssent entre avril 1794 et le début de l'année 1795, et 254 de ces martyrs reposent dans une fosse commune sur l'île Madame, près de Rochefort[2]. Les trois pontons avaient pour noms : Washington, Deux-Associés et Bonhomme Richard. Soixante-quatre prêtres martyrs ont été béatifiés par le pape Jean-Paul II en octobre 1995 et sont célébrés à différentes dates par l'Église catholique romaine, sous le vocable générique des martyrs des pontons de Rochefort.

Les pontons de la Commune de Paris

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Après la répression de la Commune de Paris, des communards ont été détenus sur des pontons[3]. Cette pratique transitoire n'aurait duré que quelques mois mais a été utilisée dans plusieurs ports, Brest, Lorient[4], Nantes, Rochefort. Au total environ 27 navires ont été utilisés dont le Tage, Les nombreux « rebelles » ou « insurgés » (appellation reprise dans les registres de détention) sont incarcérés soit sur les pontons des navires désarmés présents dans les rades des quatre ports concernés, soit dans des dépôts à terre, forts militaires ou prisons[5].

Royaume-Uni

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Chatham

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Plymouth

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Australie

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En Australie des prisons étaient parfois constituées par des bateaux hors d'usage transformés en geôles flottantes[6]. Le bateau Success (en) battant pavillon indien qui faisait du commerce entre les ports du sous-continent indien a été vendu aux britanniques et a fait plusieurs voyages avec des émigrants vers l'Australie, où l'équipage a déserté, avant d'être vendu au gouvernement du Victoria qui l'a utilisé en tant que prison flottante.

Dans la littérature

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Le bateau-prison HMS Warrior, d'après une illustration tirée de l'ouvrage The Criminal Prisons of London, and Scenes of Prison Life (1862).

Notes et références

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  1. Colledge 1987, p. 109
  2. Fête des bienheureux martyrs des Pontons de Rochefort, Notre-Dame de Chrétienté.
  3. Achille-Henri Baubeau de Secondigné, Les Pontons : Versailles, Satory, Brest ; histoire d’un évadé Arthur Lévy, Paris, 1871.
  4. Prisons versaillaises, automne 1871, les pontons transcription d'un article de Jules Mottu paru dans Le Radical, 16 octobre 1871. Sur le site Macommunedeparis.com.
  5. Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880), Article sur le site Communard-1871.fr
  6. « Les Australiens descendent-ils vraiment de bagnards anglais ? », sur orenok-geographie.fr, (consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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