Pyramide de Djedkarê Isési

Pyramide égyptienne

La pyramide de Djedkarê Isési est une pyramide de la Ve dynastie qui se situe sur le site de Saqqarah. On l'appelle Haram es-Shawâf (arabe : هَرَم ٱلشَّوَّاف, la pyramide sentinelle).

Pyramide de Djedkarê Isési
Plan du complexe funéraire
Pyramides d'Égypte
Commanditaire
Autre nom
Nefer Djedkarê, Nfr Ḏd-kʒ-Rˁ Djedkarê est parfait »)
ou
Nefer Isesi, Nfr Issi Isesi est parfait »)
ou Nom arabe : « Haram es-Shawâf » (La pyramide Sentinelle)
Nom (hiéroglyphes)
V10AN5R11D28V11AF35O24

ou
V10AM17O34O34M17V11AF35O24
Construction
entre 2411 et 2380 av. J.-C.
Type
Hauteur
52,40 mètres
100 coudées
Base
78,60 mètres
150 coudées
Coordonnées
Carte

Le complexe funéraire de Djedkarê Isesi comprend : une pyramide principale ; un temple funéraire situé sur la face est de cette pyramide ; un temple de la vallée enfoui sous l'actuelle Saqqarah ; une chaussée partiellement dégagée ; et une pyramide de culte. La pyramide principale possédait un noyau à six degrés, construit en calcaire grossièrement taillé et lié par un mortier d'argile, puis recouvert de calcaire blanc fin de Tourah, atteignant une hauteur maximale de 52,5 m. Le revêtement a été pillé et les trois degrés supérieurs du noyau ont disparu, réduisant la hauteur de la pyramide à 24 m. Les dimensions de base de la pyramide de Djedkarê ont été reprises par des rois illustres pour leurs propres monuments funéraires. À l'intérieur de la structure de la pyramide de Djedkarê Isesi, des restes funéraires ont été découverts, ainsi qu'une momie que l'on suppose être celle de Djedkarê Isesi. La momie et son linceul ont été datés au radiocarbone, donnant une fourchette temporelle généralement comprise entre 2886 et 2507 av. J.-C. La structure sous-jacente a par ailleurs été fortement endommagée par des voleurs de pierres qui extrayaient le calcaire du parement de Tourah.

Emplacement

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Plan d'une partie de Saqqarah

Les derniers rois de la Ve dynastie transférèrent leurs activités de construction funéraire d'Abousir à Saqqarah[1]. Djedkarê Isési fit construire sa pyramide à km de la nécropole d'Abousir, sur un site du sud de Saqqarah, à mi-chemin entre le le mastaba de Chepseskaf et le complexe funéraire de Sekhemkhet, sur un promontoire surplombant la vallée du Nil[note 1], en face de Memphis[1]. La raison de ce choix est diversement apprécié : il est possible que ce soit par un manque de place sur le plateau d'Abousir[2], ou alors une volonté de se rapprocher des origines de la royauté à l'instar du fondateur de la dynastie Ouserkaf, bien que plus loin du complexe funéraire de Djéser que ce dernier. Il abandonna également la tradition de la construction de temples solaires, ce qui indique un changement dans la signification religieuse, du culte de au culte d'Osiris[3].

Exploration du monument

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La pyramide fut brièvement visitée par John Shae Perring, puis peu après par Karl Richard Lepsius, qu'il répertoria comme « pyramide no XXXVIII » dans sa liste des pyramides. La substructure de la pyramide fut explorée pour la première fois en 1880 par Gaston Maspero, mais il ne découvrit pas les Textes des pyramides qu'il recherchait. Au milieu des années 1940, Alexandre Varille et Abdel Salam Hussein entreprirent la première étude complète de la pyramide, mais leurs travaux furent interrompus et leurs découvertes perdues[4]. Ils ont découvert les restes squelettiques de Djedkarê Isési dans la pyramide[5]. La tentative d'Ahmed Fakhry d'effectuer un examen complet dans les années 1950 fut tout aussi infructueuse. Les fragments de bas-relief découverts par Fakhry furent publiés ultérieurement par Mohamed Morsi. La zone autour de la chaussée et du temple funéraire fut fouillée par Mahmoud Abdel Razek[4]. Les plans architecturaux du complexe pyramidal furent publiés pour la première fois par Vito Maragioglio et Celeste Rinaldi entre 1962 et 1977[6]. Mohamed Megahed, Peter Jánosi et Hana Vymazalová (en) ont déterminé que ces plans étaient incohérents et inexacts[7]. Depuis 2010, Mohamed Megahed est le directeur en charge des pyramides de Djedkarê Isési et de Setibhor[8].

Complexe funéraire

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Les complexes funéraires de l'Ancien Empire, conçus avec différentes parties aux rôles précis et distincts qui s'articulaient en un ensemble cohérent destiné à assurer le culte du roi défunt, se composaient de cinq éléments essentiels : (1) un temple de la vallée ; (2) une chaussée ; (3) une pyramide, ou temple funéraire ; (4) une pyramide cultuelle, ou pyramide satellite ; et (5) la pyramide principale[9]. Le monument de Djedkarê Isési présente tous ces éléments. La pyramide principale est construite à partir de six degrés de blocs de calcaire[10]. Le temple de la vallée est enfoui sous les maisons modernes de Saqqara[11],[12]. La chaussée n'a pas encore été fouillée[1]. Le temple funéraire se trouve à l'est de la pyramide[13], et une pyramide cultuelle est située à l'angle sud-est de la pyramide principale[14], avec une substructure classique en forme de T[15]. En outre, il existe une pyramide associée située dans le coin nord-est du complexe pyramidal de Djedkarê Isési[15], appartenant à Setibhor[16], auparavant connue sous le nom de « pyramide de la reine inconnue »[17].

Chaussée

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Vestiges de la chaussée et des pylônes avec la pyramide de Djedkarê Isési en arrière-plan.

La chaussée menant au temple funéraire n'a pas été fouillée. On sait qu'elle comportait un chemin rectiligne en pente[1], orienté légèrement vers le sud[11] sur 220 m[18]. Le terrain où fut construit le temple funéraire descendait abruptement vers le désert, nécessitant d'importants travaux de préparation avant la pose des fondations[13]. Les dimensions de la chaussée restent hypothétiques, se basant uniquement sur les vestiges des fondations existantes. Ses murs avaient une épaisseur d'environ 2,4 m, et le chemin entre eux ne mesurait pas plus de 2,6 m de large[19]. Sa hauteur demeure inconnue, bien qu'il soit clair qu'elle était recouverte, comme en témoignent les blocs peints d'étoiles, un motif typique des plafonds. Elle semble avoir été entièrement construite en calcaire blanc, le même matériau que celui utilisé pour la chaussée menant à la pyramide de Sahourê, et ses murs étaient ornés de reliefs[20]. La chaussée relie le hall d'entrée du temple entre deux grands pylônes conçus sur un plan carré, en maçonnerie régulière et pleine[1],[13], une innovation par rapport à la pyramide de Niouserrê, qui étaient carrés avec des murs légèrement inclinés[21]. Les pylônes mesuraient autrefois m de haut, mais ils ont été réduits à 4,5 m[22]. Des escaliers menaient peut-être à la terrasse, mais il est probable qu'ils ne comportaient aucune pièce. Leur fonction reste incertaine[13]. Un drain d'eau, constitué de blocs de quartzite grossièrement taillés et posés sans soin, a été découvert le long de la chaussée[20].

Temple funéraire

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Plan du temple funéraire de Djedkarê Isési. Dans l'ordre :
1) Chaussée menant au temple entre (1a-b) deux pylônes ;
2) Hall d'entrée ;
3(a-b) Magasins ;
4) Cour ;
5) Couloir transversal ;
6) Chapelle à cinq niches ;
7) Vestibule ;
8) Antichambre carrée ;
9(a-d) Magasins entourant la (10) Salle des offrandes ;
11(a-b) Cour de la pyramide ;
12) Pyramide de culte et enceinte ;
13) Grande structure à fonction inconnue ;
14) Portique ;
15) Cimetière

Temple externe

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Le hall d'entrée du temple, ou Chambre des Grands si l'on suit le modèle du temple funéraire de Sahourê en Abousir[note 2], possédait un sol pavé d'albâtre et probablement un plafond voûté, comme l'indiquent les dimensions des murs[14]. Il débouchait sur une cour ouverte péristyle sur ses quatre côtés et pavée d'albâtre et ornée de dix-huit colonnes palmiformes en granit rose d'Assouan[23],[24]. À l'instar du temple funéraire de Sahourê, les colonnes portaient les noms et titres du propriétaire du complexe, Djedkarê Isési[14]. La cour mesurait 23,45 m sur 15,7 m. Elle abritait un déambulatoire dont le plafond était décoré d'étoiles[25]. Des pilleurs de pierres ont endommagé ou emporté les colonnes, les murs et le dallage de la pièce, il ne reste aujourd'hui que quelques éléments de futs et chapiteaux brisés qui gisent sur le sol de la cour[26]. La cour était autrefois équipée d'un drain en quartzite rouge qui courait dans son axe, ainsi que d'un autel en albâtre orné de reliefs[27]. Cette cour était destinée à la présentation des offrandes et aux rites de purification d'usage dans tous les sanctuaires égyptiens. Elle ne comportait que deux accès dans l'axe principal du temple délimitant ainsi nettement, et pour une ultime fois, le profane du sacré inclus dans le péribole de la pyramide.

Au-delà de la porte occidentale, suivait donc un couloir transversal faisant office de vestibule à la partie intime du temple funéraire. Douze magasins, accessibles depuis le couloir transversal, flanquent le hall d'entrée[14],[15]. Deux couloirs, séparés par une porte, mènent aux magasins sud. Le couloir ouest est mal conservé ; le couloir est est en meilleur état. Ce dernier mesure 1,6 m de large et ses sections conservées s'étendent sur 14,25 m de long. Construit en calcaire, seul le sol pavé a été préservé. Un mur de m d'épaisseur séparait le couloir du pylône sud[28]. Les magasins avaient des murs d'environ 1,05 m d'épaisseur et mesuraient environ 2,6 m de large sur 8,75 m de long. Les magasins situées au nord du hall d'entrée sont de dimensions similaires, mais en bien plus mauvais état[29].

Temple interne

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Le mur ouest du couloir transversal, ouvert par ses deux côtés sur le péribole dont la partie méridionale comprenait la pyramide satellite du complexe funéraire royal, est percé d'un escalier bas menant au temple intérieur[14],[15]. Ce dernier occupait une surface de 29,55 m sur 41,56 m, construit sur une plateforme surélevée d'environ 66 cm de haut[30]. Les chambres du temple intérieur étaient à l'origine pavées d'albâtre, mais seuls les débarras en calcaire conservent des vestiges de leur sol d'origine[31].

Un petit passage menait à la chapelle et ses cinq niches à statues, suivi d'un vestibule donnant sur une petite pièce carrée avec une unique colonne de granit en son centre – l'antichambre carénée[14] – avant d'aboutir à la salle des offrandes[15],[32]. La chapelle est aujourd'hui en ruines ; ses dimensions sont indéterminées, de même que celles des niches à statues revêtues de granit rouge[33]. Au sud de la chapelle se trouvent les vestiges d'un vestibule mesurant 6,33 m sur 6,90 m. Cette pièce communiquait avec l'antichambre carrée, ainsi qu'avec une série de pièces plus au sud[34].

L'antichambre carrée mesure 4,7 × 4,2 m. Ses murs nord, est et une partie de son mur sud ont disparu[32]. Sa colonne centrale soutenait le plafond et portait les noms et titres de Djedkarê Isési, ainsi qu'une image de Nekhbet, déesse de Haute-Égypte[note 3],[14]. En forme de palmier, elle était en granit rouge et mesurait 0,65 m de diamètre à son sommet et 0,73 m à sa base. Certains fragments de bas-reliefs découverts précédemment pourraient provenir de cette pièce. Ils représentent des scènes de divinités tenant des sceptres Ouas et des symboles Ånkh, des sanctuaires de Haute et Basse-Égypte, des actes de sacrifice rituel et des dignitaires s'inclinant[32].

Il y avait autrefois une porte en granit rouge sur le mur nord de l'antichambre qui donnait accès à la salle des offrandes[35]. La salle des offrandes du temple est semblable à d'autres salles d'offrandes contemporaines dans d'autres complexes, à l'exception du fait que la fausse porte était taillée dans la maçonnerie de la pyramide[14]. Les murs de la salle sont les plus épais de toutes les pièces du temple intérieur, avec une profondeur de 2,6 m, grâce à deux rangées de blocs de calcaire taillés en forme de voûte[36]. Le plafond, dont il ne reste que peu de choses, était peint en bleu foncé et décoré d'étoiles jaunes[37]. La chambre mesurait entre 15,7 m et 18 m de profondeur et 5,25 m de largeur, ce qui indique qu'elle était probablement plus grande que la moyenne de l'époque[37]. D'après des sources contemporaines, on peut supposer que la salle contenait un autel et une table en albâtre, un bassin et un système de drainage. Cependant, il ne reste rien de ces installations, hormis quelques fragments d'albâtre qui pourraient provenir de l'autel[38].

De part et d'autre du temple intérieur se trouvaient des entrepôts[14],[15]. On accédait aux entrepôts sud depuis le vestibule. Les quatre magasins mesuraient 12,2 m de profondeur, mais leur largeur diminuait progressivement à partir de 2,1 m. Fait remarquable, ces entrepôts s'étendaient jusqu'à la pyramide principale[35]. Les entrepôts nord étaient divisés en rangées. On accédait à la rangée orientale depuis la chapelle des statues, et aux rangées occidentales depuis la salle des offrandes. Elles n'étaient pas reliées entre elles. La rangée orientale comprend probablement huit chambres, dont six salles de stockage reconstituées, mesurant chacune 3,6 m sur 2,06 m. L'agencement de ces salles semble spécifique à ce temple[39]. Les rangées occidentales comportaient chacune quatre salles, chacune mesurant 6,3 m de profondeur et 2,1 m à 2,6 m de largeur. Comme pour les salles de stockage méridionales, la rangée la plus à l'ouest des salles de stockage nord s'étendait à l'intérieur de la pyramide[40]. Il est difficile de déterminer si les salles de stockage du temple comportaient deux étages, comme cela est attesté dans d'autres temples funéraires, car les murs sont mal conservés[41].

Artefects découverts

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Colonne palmiforme de la cour péristyle du complexe de Djedkarê Isési

Le temple fut en grande partie détruit durant la Deuxième Période intermédiaire et servit de lieu de sépulture sous la XVIIIe dynastie. Les décors en relief sont fragmentaires[1], les murs du temple ayant été fortement endommagés par des pilleurs de pierres[14]. Les vestiges indiquent que la qualité d'exécution, tant au niveau de la conception que de la réalisation, est comparable à celle d'autres œuvres contemporaines[14],[1].

Quatre piliers djed, dont trois ont été conservés, ont été mis au jour dans le temple funéraire. Ces piliers, d'une hauteur de 93 cm chacun, étaient ornés de symboles Djed sculptés sur deux faces et semblent avoir été utilisés comme élément architectural dans l'une des chambres du temple. Leurs sommets lisses suggèrent qu'ils pouvaient supporter un artefact. Deux piliers similaires, mais plus petits, ont été découverts dans le temple funéraire d'Ounas[42].

Des statues d'un lion et de deux sphinx ont été découvertes dans le complexe. La statue du lion, finement sculptée et détaillée, mesure 105 cm de haut et 107 cm de long. Elle représente un lion assis, les pattes étendues. Brisée, elle est par ailleurs très bien conservée[43]. En revanche, les deux statues de sphinx ne sont que partiellement conservées. Elles représentent des lions couchés, mais leurs visages sont endommagés. Elles semblent avoir orné un mur ou fait partie d'un autre élément, comme le suggère le fait qu'elles reposent sur des socles rectangulaires[44]. Les statues de sphinx sont rares dans l'Ancien Empire. On en trouve un parallèle dans le complexe d'Ounas. Une mention du sphinx de Djedkarê Isési figure dans une inscription biographique de Kaemtjenenet, chargé d'organiser l'installation du sphinx et de son socle dans le temple funéraire[45].

Des sculptures en calcaire représentant des captifs agenouillés ont été découvertes dans le temple. Ces statues sont courantes et ont été attestées dans les temples funéraire des pyramides de Néferefrê, Niouserrê, Ounas, Téti et Pépi Ier. Leur provenance probable est la chaussée ou le hall d'entrée du temple, où l'on trouvait généralement des scènes d'ennemis piétinés[46]. Des fragments d'une statue en albâtre de Djedkarê Isési ont été trouvés dans le temple, dont l'un porte une inscription[47].

Pyramide de culte

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Le complexe comprend une pyramide de culte typique à l'angle sud-est de la pyramide principale[14]. Cette pyramide était construite avec un noyau à six degrés[14]. Sa base mesurait 15,5 m de long et était inclinée à 65° vers le sommet, ce qui lui conférait une hauteur maximale de 16 m[48]. On accédait à la substructure par une porte située au milieu de sa face nord[14]. La substructure présentait un plan classique en forme de T[15], composé d'un couloir en pente descendante menant à une unique chambre rectangulaire légèrement en contrebas du niveau du sol, orientée est-ouest[14]. La pyramide de culte était entourée d'un petit mur d'enceinte[14].

La fonction de cette pyramide de culte demeure incertaine. Elle possédait une chambre funéraire, mais n'était pas utilisée à des fins funéraires ; il semble plutôt s'agir d'une structure purement symbolique[49] et a peut-être abrité le ka du souverain[50], ou une statue miniature du roi[51]. Il a peut-être été utilisé pour des performances rituelles centrées sur l'enterrement et la résurrection de l'esprit ka pendant la fête-Sed[51].

Structure à fonction inconnue

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Au sud du temple funéraire principal se trouvait un grand bâtiment de 21,8 m de long sur 19,85 m de large, de hauteur inconnue[52]. À l'intérieur, on apercevait apparemment cinq pièces rectangulaires orientées nord-sud, mesurant 14,3 m de long sur 2,15 m de large. Des blocs des fondations ont été conservés, mais aucun bloc d'un éventuel sol n'a été mis au jour. Il est possible que le sol ait été endommagé par l'extraction de calcite, comme cela s'est produit ailleurs dans le temple, mais les indices matériels suggèrent qu'un sol en calcaire est beaucoup plus probable. Dans ce cas, le sol devait être constitué de calcaire de qualité. Aucune porte ni aucun passage n'ayant été découvert, il est difficile d'identifier le point d'accès au bâtiment[22]. Un couloir a été identifié, partant de l'angle sud-ouest du pylône, longeant le côté sud du bâtiment, et rejoignant le mur d'enceinte de la pyramide de culte, où il bifurquait probablement vers le nord pour rejoindre le couloir transversal. Un second couloir potentiel a été identifié, longeant le côté est du bâtiment. Il semble que ce bâtiment fût distinct de ses voisins. La structure est par ailleurs mal conservée, et sa fonction demeure inconnue. Aucune structure similaire n'a été mise au jour dans les autres complexes pyramidaux contemporains de l'Ancien Empire, ni aucun bâtiment annexe au nord du temple funéraire[53].

Nécropole

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En 2018, une vaste zone, délimitée par le pylône nord à l'est, le temple funéraire au sud, le mur d'enceinte de la pyramide du roi à l'ouest, l'enceinte et le complexe pyramidal de Setibhor au nord, a été fouillée. Le dégagement du site a révélé trois couches de débris. La couche supérieure était composée de sable éolien et de fragments de calcaire. La couche intermédiaire contenait des sépultures dans des cercueils en calcaire et en céramique, ainsi que des poteries. La couche inférieure présentait deux secteurs distincts : ouest et est. Le secteur ouest contenait principalement des déchets accumulés datant de la fin de l'Ancien Empire et de la Première Période intermédiaire, notamment des poteries, des sceaux d'argile et d'autres petits objets. On y a trouvé peu de sépultures. Le secteur est contenait des sépultures et des poteries de la Deuxième Période intermédiaire et du Nouvel Empire. Sous ces couches de débris se trouvait le niveau du sol. À ce niveau, de multiples fosses funéraires d'une profondeur comprise entre 0,2 m et 0,4 m ont été découvertes. Ces sépultures contenaient les plus anciennes de la région, estimées dater de la période du culte funéraire de Djedkarê Isési à la fin de la Ve dynastie jusqu'à la Première période intermédiaire[54].

Cet espace semble être le seul point d'accès au complexe pyramidal de Setibhor, accessible à partir du coin nord-est de cette zone. Ce complexe possédait un véritable temple de culte aux proportions plus modestes mais comportant une cour cérémonielle à portique, des magasins et des pièces cultuelles ainsi qu'une petite pyramide satellite soit tous les éléments nécessaires au culte funéraire de la reine. Les deux complexes sont donc dépendants, le second du premier[15],[11].

Pyramide

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Superstructure

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Le noyau de la pyramide était construit en six étapes, composé de petits blocs de calcaire local irréguliers liés par un mortier d'argile, l'ajustement par couches successives se régularisant au fur et à mesure que l'on progressait vers les faces de la pyramide[55]. La base de la pyramide mesurait 78,75 m[1], chaque étape étant construite à environ m de hauteur[55], convergeant vers le sommet avec une pente de 52°, ce qui donnait à la pyramide une hauteur initiale de 52,5 m[1], soit autant que la pyramide de Niouserrê en Abousir. Ces proportions furent utilisées par les souverains Téti, Pépi Ier, Mérenrê Ier[note 4], et Pépi II pour leurs complexes pyramidaux[56]. Les trois dernières étapes de la pyramide ont disparu, et ce qui reste aujourd'hui atteint une hauteur d'environ 24 m[55]. La pyramide était à l'origine revêtue de calcaire blanc fin de Tourah[55]. La majeure partie du boîtier a depuis été pillée, bien qu'une partie soit restée intacte et ait été bien conservée[55].

Infrastructures

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Plan des infrastructures de Djedkarê Isési. Dans l'ordre :
1) Chapelle nord ;
2) Couloir descendant ;
3) Vestibule ;
4 et 5) Herse en granit ;
6) Antichambre ;
7) Serdab ;
8) Chambre funéraire ;
9) Sarcophage.
Le granit est représenté en rouge, le calcaire en jaune.
Vue axonométrique des appartements funéraires.

Le plan du caveau adopte un nouveau dispositif plus complexe s'inspirant largement du plan du mastaba de Chepseskaf. Une innovation qui sera systématiquement reproduite dans les futurs tombeaux royaux. L'accès aux infrastructures se faisait par le côté nord de la pyramide ; toutefois, fait inhabituel, l'entrée se situe sous le dallage de la cour, et non sur la face nord[55]. Une chapelle nord se dressait à cet emplacement à l'origine ; il n'en subsiste aujourd'hui que des vestiges[57]. L'entrée donne sur un couloir d'accès en pente douce, revêtu de granit[1],[58]. Ce couloir présente une légère inclinaison vers l'est et est le dernier construit avec cette configuration[58]. Il débouche sur un vestibule, qui permet d'accéder à un second couloir revêtu de calcaire : le passage horizontal[1],[58]. Des fragments de vases brisés ont été découverts dans le vestibule, suggérant que certains rites funéraires y avaient été pratiqués[58]. Le passage horizontal était gardé par trois herses en granit près de son entrée et une quatrième près de son extrémité[58]. La sortie du passage horizontal mène à l'antichambre, une pièce mesurant 4,02 m sur 3,1 m[1]. À l'est se trouvait une pièce, le serdab, contenant trois niches de rangement[58],[59], une caractéristique de plus en plus fréquente des pyramides de cette époque[1]. À l'ouest se trouvait la chambre funéraire[1],[58], mesurant 7,84 m sur 3,1 m[1], qui contenait autrefois le sarcophage en basalte du souverain[58]. Des fragments du sarcophage ont été découverts dans une dépression de 13 cm de profondeur dans le sol. À la manière des pyramides d'Abousir, le toit de l'antichambre et de la chambre funéraire était construit à partir de deux, voire trois, couches de blocs de calcaire inclinées, ce qui est traditionnellement nommée « voûte en chevrons », permettant de préserver la chambre funéraire des masses considérables qui la recouvraient[58],[1],[60]. Ces blocs mesuraient 5,25 m de long[61]. Ce plan sera précisément celui qu'adoptera Ounas successeur de Djedkarê pour son propre caveau. L'absence de textes gravés sur les parois chez Djedkarê semble donc indiquer qu'une certaine évolution dans l'aménagement du caveau royal était à l'œuvre et dont l'aboutissement serait l'invention des Textes des pyramides.

État actuel de l'entrée des appartements funéraires sur la face nord de la pyramide.

Les pièces des appartements funéraires ont été gravement endommagées par des pilleurs de pierres qui ont exploité le calcaire de Toura pour constituer les murs des chambres[59]. Cette exploitation a rendu difficile la reconstitution du plan initial[58]. Le serdab a été épargné, conservant ainsi sa structure et son toit plat. Le noyau de maçonnerie a été mis au jour dans les autres chambres ; il est composé de blocs grossièrement taillés et de petits éclats de calcaire empilés pour former les infrastructures de la pyramide. Le mur séparant l’antichambre et la chambre funéraire a été entièrement démoli[61]. les appartements funéraires ont fait l’objet d’importants travaux de restauration au fil des ans, notamment la consolidation du noyau de la pyramide et des murs de l’antichambre et du serdab[62].

Le sarcophage de Djedkarê Isési se trouvait initialement près du mur ouest de la chambre funéraire. À son pied sud-est, des vases canopes en albâtre étaient autrefois enfouis dans une petite fosse[1],[58]. Sous les décombres, seuls des fragments du sarcophage et des vases en albâtre ont été retrouvés[1], ainsi que le corps momifié d'un homme d'une cinquantaine d'années, présumé être le souverain Djedkarê Isési[note 5],[58]. La momie a été datée, de même que des fragments de linceul et du charbon de bois prélevés dans la tombe. Ces échantillons ont permis d'établir une fourchette de dates allant de 3340 à 2460 av. J.-C., avec une fourchette commune de 2886 à 2507 av. J.-C. Miroslav Verner remarque que ces résultats concordent mieux avec les datations de règne proposées antérieurement, mais contredisent les datations astronomiques précédentes qui privilégient des datations de règne plus récentes[63].

Nécropole attenante

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En 1952, Fahkry explora une nécropole comprenant dix-sept tombes en briques crues, située au sud de la chaussée et jouxtant le côté est du temple funéraire[64]. Il rédigea un bref compte rendu indiquant que les tombes avaient été pillées. En 2016, l'une de ces tombes, le mastaba MS1, fut partiellement fouillée et explorée. La structure est datée de la VIe dynastie[59]. La tombe mesure environ 5,5 m sur m et comporte six dispositifs souterrains disposés sur deux rangées[65]. Elle est également reliée à une autre tombe située plus à l'est[66].

Le premier dispositif, à l'angle nord-ouest, est accessible par un puits de 4,73 m de profondeur menant à une chambre funéraire voûtée de 2,64 m sur 0,85 m. La chambre et le puits sont en briques crues. Le tombeau a été vidé, à l'exception de quelques restes humains. Deux autres puits de 2,8 m de profondeur, l'un directement au sud du premier et l'autre à son sud-est, semblent avoir été construits simultanément. Ils mènent chacun à une chambre funéraire aux proportions très similaires, mesurant 3,5 m de long sur 0,95 m de large. La chambre funéraire sud contenait des fragments de restes humains. Celles-ci étaient également entièrement construites en briques crues[67]. Elles sont reliées par un passage voûté de m de profondeur. On accède au dispositif central de la rangée nord par un puits de 4,96 m de profondeur. Il contient une chambre funéraire voûtée en briques crues mesurant 2,62 m sur 1,05 m. Cette chambre a été murée[67]. Le dispositif sud-est abrite une chambre funéraire voûtée en briques crues de 1,2 m sur 1,3 m. Son ajout semble être postérieur à la construction initiale[68]. Des restes humains ont été découverts dans la chambre, mais leur origine demeure incertaine. Parmi les autres objets mis au jour figurent des perles de faïence et un sceau représentant un lion assis face à un ennemi accroupi. Ce type de sceau peut être daté de la VIe dynastie ou de la Première Période intermédiaire[59].

Le dispositif nord-est est le plus vaste et le plus important du tombeau. On y accède par un puits de 4,75 m de profondeur. La chambre funéraire voûtée en briques crues qui s'y trouve mesure m de long, 1,3 m de large et 1,8 m de haut. Elle contenait une chambre funéraire en calcaire ornée, mesurant 2,9 m de long, 1,02 m de large et 1,07 m de haut, initialement fermée par des dalles de calcaire. Le plafond de la chambre funéraire était peint en noir et rouge pour imiter le granit rouge. Ses parois latérales étaient décorées de peintures représentant des scènes d'offrandes et un motif de façade de palais, et sont bien conservées, à l'exception de leur partie sud[67]. Des inscriptions au-dessus des décorations identifient le propriétaire de la sépulture : Pépyânkh Setjou[69]. Au-dessus de la chambre funéraire, dans l'espace au plafond voûté en briques de terre crue, une table d'offrandes portant le nom d'Isési a été découverte[68].

Images virtuelles

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Notes et références

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  1. Cette position dominante lui vaudra l'appellation de « pyramide sentinelle » donnée par la suite par les Arabes (Lehner 1997, p. 153).
  2. il s'agit de la partie où s'arrêtait la procession funéraire et où le corps du roi ou les offrandes destinées à son culte quotidien étaient confiés aux prêtres qui seuls avaient accès aux parties cultuelles.
  3. La colonne se trouvait au sud de l'axe principal est-ouest du temple, et donc sous la protection de Nekhbet (Verner 2001a, p. 328).
  4. Les dimensions exactes de la pyramide de Mérenrê Ier sont inconnues, car la structure a été détruite et n'a pas encore été entièrement fouillée, bien qu'il soit supposé que Mérenrê Ier avait conçu la pyramide selon les mêmes dimensions standard que les pyramides de son prédécesseur (Lehner 1997, p. 160).
  5. La qualité de l’embaumement et le fait que Djedkarê ait régné un peu plus d'une trentaine d'années selon les propres annales égyptiennes, incitent les égyptologues à penser qu'il s'agit des restes du roi lui-même. Ce serait l'une des rares momies royales de l'Ancien Empire à avoir été retrouvée, de surcroît dans son propre tombeau.

Références

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Bibliographie

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Liens externes

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