Rosette (AOC)

région viticole

Un rosette[note 2] est un vin blanc moelleux du vignoble de Bergerac dans le Sud-Ouest de la France. Il bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée (AOC). C'est une appellation locale du vignoble de Bergerac : son aire de production couvre six communes de la Dordogne et est incluse dans celle des appellations régionales bergerac et côtes-de-bergerac. Il fait partie du vignoble du Sud-Ouest.

Rosette
Image illustrative de l’article Rosette (AOC)
Vignoble de l'AOC rosette.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1946
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) Bergeracois
Localisation Dordogne
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 021 heures (à Bergerac)
Superficie plantée 42 hectares (moy. 2022-2024)[1]
Cépages dominants muscadelle B, sauvignon B et G et sémillon B[note 1]
Vins produits blancs moelleux
Production 1 300 hectolitres (moy. 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 39 hl/ha (en 2023)[1]

L'AOC a été reconnue par décret le [3]. La superficie de production est de 42 hectares (moyenne 2022-2024[1]). Les vins sont moelleux et issus d'un assemblage[2].

Histoire

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Son territoire correspond à celui qui a été délimité en 1322 sous l'appellation de « vinée de Bergerac »[4].

Le rosette est reconnu conne une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du [3]. Tombé dans l'oubli, le vignoble est à nouveau exploité dans les années 1960 grâce à quelques rapatriés d'Afrique du Nord. En , un nouveau décret précise le caractère moelleux de ce vin blanc (moût avec minimum 204 g/l de sucre avant enrichissement, un degré d'alcool entre 12 et 15°, et entre 8 et 54 g de sucre résiduel)[5].

Le cahier des charges de l'appellation est publié en (pour être reconnu comme AOP)[6], puis modifié en [7] et en [2].

Vignoble

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Aire d'appellation

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Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

L'appellation rosette est issue d'une aire délimitée sur six communes ou anciennes communes du département de la Dordogne : Bergerac, Creysse, Ginestet, Lembras, Maurens (ancienne commune intégrée à Eyraud-Crempse-Maurens) et Prigonrieux[2]. Elle tire son nom d'un lieu-dit de la commune de Bergerac[4],[8]. Elle s'étend sur un arc de cercle, de l'ouest au nord de la ville de Bergerac.

L'aire d'appellation du rosette est commune à celle du pécharmant (qui est un vin rouge) sur les communes de Bergerac, Creysse et Lembras.

Climatologie

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Le vignoble de rosette subit le même climat que la ville de Bergerac. Cependant, elle bénéficie d'un microclimat particulièrement favorable de par sa forme : un amphithéâtre de collines exposées plein sud face à la Dordogne.

Géologie et orographie

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Le vignoble est établi sur un sol de roches détritiques du Pléistocène. Ce sont des sables argileux mêlés de graviers et riches en fer qui ont été amenés par le fleuve. Ils sont issus de l'érosion d'arènes granitiques du Massif central et se sont déposés en couches relativement épaisses sur le substrat sédimentaire de la région[9] (calcaire).

Ce sol est à pH à tendance acide. Ce sont des sols bien drainants peu fertiles qui se réchauffent vite au printemps. Cela en fait un facteur favorable à la culture de la vigne, entrainant une bonne précocité et plus tard une maturité optimale.

Encépagement

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Les cépages autorisés par le cahier des charges de l'appellation sont la muscadelle B[note 1], le sauvignon B, le sauvignon gris G, et le sémillon B[2].

La règle de proportion exige au moins 15 % d'un des deux sauvignons et limite leur présence combinée à 70 % de l'encépagement[2]. Il n'y pas d'autre règle d'assemblage.

Pratiques culturales

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La densité de plantation est de 4 000 pieds de vigne par hectare au minimum. Les rangs ne doivent pas être écartés de plus de 2,50 mètres et l'écartement entre ceps doit être au moins de 90 centimètres. Les tailles longues (guyot) ou courtes (cordon de Royat, gobelet) sont préconisées avec une limite maximale de 12 yeux par cep de vigne. Ces yeux ou bourgeons porteurs de grappe peuvent être un peu plus nombreux à condition que le vigneron enlève les yeux surnuméraires lors de l'épamprage[2].

Le feuillage doit atteindre une hauteur égale à au moins 0,6 fois l'écartement entre les rangs de vigne. Cette mesure doit favoriser une surface foliaire suffisante pour la photosynthèse[2].

Les vignes ne peuvent pas comporter un taux de ceps morts ou manquants supérieur à 20 %, sinon le rendement de la parcelle est amputé du pourcentage de ceps manquants. Le vigneron doit entretenir la parcelle pour assurer un bon état sanitaire de la vigne. Pour cela, il traite contre les maladies cryptogamiques (oïdium, mildiou, black rot, excoriose, etc.) et tond ou laboure sous les ceps pour ne pas entretenir une humidité propice aux maladies[2].

Récolte

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Le raisin doit être récolté bien mûr. Il doit comporter au moins 196 grammes de sucre par litre de moût[2]. Le vigneron doit attendre la publication du ban des vendanges pour commencer à récolter. La machine à vendanger n'est pas interdite mais elle ne permet pas de faire de tris successifs.

Rendements

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La quantité de raisin à la parcelle est limitée à 8 000 kilogrammes par hectare. Le rendement fixé par le cahier des charges est de 50 hl/ha, le rendement butoir étant de 60 hl/ha[2].

La production en rosette peut être déclassée par le producteur (après validation par l'ODG de la déclaration de repli[note 3]) en appellation côtes-de-bergerac blanc, qui est plus générale[10].

Volumes

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Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[1], sont :

Annéerosette
superficie (ha)production (hl)rendement (hl/ha)
2022451 25128
2023391 52639
2024411 11727

Vinification

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À l'arrivée au chai, le raisin est pressé ou peut subir une courte macération pelliculaire. Après pressurage, le moût est mis en cuve, parfois en barrique, pour y effectuer la fermentation alcoolique. Généralement, la fermentation malolactique n'est pas effectuée, le vigneron préférant garder plus d'acidité pour avoir un bon équilibre en bouche entre sucre et vivacité.

Le vin fini est élevé quelques mois avant d'être embouteillé pour la commercialisation.

Critères analytiques

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Le vin fini doit avoir un titre alcoométrique volumique naturel d'au moins 12 %, dont 11 % acquis. La quantité de sucre non fermenté est comprise entre 25 et 51 grammes par litre[2].

La teneur en acidité volatile est limitée à 0,70 gramme par litre[2] (exprimé en H2SO4). Cette disposition exclut presque la pourriture noble sur la vendange.

Les vins ne dépassent pas, après enrichissement, un titre alcoométrique volumique total de 15 %.

Gastronomie

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Le vin de rosette a une couleur jaune paille pâle. Les arômes en nez sont fruités (agrumes, fruits exotiques, pêche, etc.) et floraux (chèvrefeuille, fleur d'acacia, etc.)[11],[9]. En bouche, le sucre donne une onctuosité sans excès qui s'équilibre bien avec une pointe de vivacité en fin de bouche[9].

C'est un vin d'apéritif ou de plat de volailles ou de poissons en sauce. Avec le fromage, il accompagne bien les fromages à pâte persillée comme le bleu d'Auvergne. Pierre Casamayor le recommande avec un foie gras de canard chaud aux pommes[12].

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Le vin appelé le rosette (masculin) porte le nom d'un lieu-dit de la commune de Bergerac, tandis que la rosette (féminin) est un saucisson lyonnais.
  3. Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, et « article D644-9 » du Code rural.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « ROSETTE » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. 1 2 « Décret n° 46-401 du 12 mars 1946 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Rosette » », publié au JORF du .
  4. 1 2 Journal Sud Ouest, édition Dordogne du 28 février 2011.
  5. « Décret du 24 octobre 1967 concernant l'appellation d'origine contrôlée « Rosette » », publié au JORF du p. 10651.
  6. « Décret n° 2009-1262 du 19 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Fronton », « Madiran », « Montravel », « Côtes de Montravel », « Haut-Montravel », « Pécharmant », « Rosette », « Saussignac », « Côtes du Marmandais » et « Cahors » », publié au JORF no 0244 du .
  7. « Décret n° 2011-1401 du 26 octobre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Rosette » » publié au JORF no 0252 du .
  8. « Rosette » sur Géoportail (consulté le 20 février 2026).
  9. 1 2 3 Fiche de l'appellation rosette sur le site inao.gouv.fr, consulté le 5 janvier 2010.
  10. « Replis entre AOC », sur fv-bergerac.fr (consulté le ).
  11. Source : Le Guide Hachette des vins 2010, p. 888.
  12. Pierre Casamayor, L'école des alliances, les mets et les vins, Paris, Hachette pratique, , 301 p. (ISBN 978-2-01-236461-5), p. 288.

Voir aussi

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