Vignoble de Bergerac

région viticole

Le vignoble de Bergerac s'étend dans le département de la Dordogne (dans le Sud-Ouest de la France), autour de la ville de Bergerac, sur 93 communes. Il reprend à peu près les limites de l'arrondissement de Bergerac. 1 200 viticulteurs y cultivent une superficie de 12 000 hectares. Il produit neuf AOC, des vins rouges, des vins blancs secs, moelleux et liquoreux et des vins rosés.

Vignoble de Bergerac
Image illustrative de l’article Vignoble de Bergerac
Carte des appellations du Bergeracois.

Désignation(s) Vignoble de Bergerac
Appellation(s) principale(s) bergerac, côtes-de-bergerac, montravel, haut-montravel, côtes-de-montravel, monbazillac, pécharmant, rosette, saussignac et périgord
Type d'appellation(s) AOC et IGP
Reconnue depuis 1936
Pays Drapeau de la France France
Région parente Vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) Bergeracois
Localisation Dordogne
Climat tempéré océanique dégradé
Superficie plantée 10 002 ha[1]
Cépages dominants cabernet sauvignon N, cabernet franc N, côt N, fer servadou N, mérille N et merlot N, chenin B, ondenc B, muscadelle B, sauvignon B, sémillon B et ugni blanc B
Vins produits rouges, rosés, blancs, moelleux et liquoreux
Production 500 562 hl[1]
Rendement moyen à l'hectare variable selon l'appellation

Histoire

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Étymologie

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Le nom de Bergerac viendrait de « Bragayrac », dérivé du gaulois braca fabricant de braies (pantalons amples des gaulois).

Antiquité

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Comme pour le vignoble bordelais voisin, la viticulture commence en Bergeracois avec l'arrivée des Romains. La vigne y prend un essor important, la Dordogne favorisant les échanges commerciaux sur sa partie navigable. La chute de l'Empire romain ne nuit que peu à la viticulture, les Wisigoths, nouveaux maîtres du pays étant buveurs de vin.

Moyen Âge

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Les razzias vikings et musulmanes vont porter un rude coup au commerce du vin. Les musulmans ordonnent l'arrachage des vignes[réf. nécessaire] et le danger représenté par les hommes du nord replie les communautés sur elles-mêmes, tuant le commerce.

Une relative stabilité s'instaure avec le royaume franc. La région devient possession anglaise avec le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II d'Angleterre. Un vaste marché s'instaure au départ de Bordeaux à destination de l'Angleterre et de l'Europe du Nord. Les vins de Bergerac ne sont pas touchés par le privilège bordelais. Cette pratique bloque le port de Bordeaux aux vins de l'amont de la Garonne avant Noël, favorisant ainsi la vente du vin local. Le vin de Bergerac y échappe, étant vendu par la Dordogne qui rejoint la Gironde en aval de Bordeaux. Au Moyen Âge, il fait partie des vins vendus par les négociants de Libourne.

Époque moderne

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Gabare en cale sèche sur la berge du port de Bergerac.

La Guyenne est une province où le calvinisme prospère. Quand les guerres de religion éclatent, nombre de protestants émigrent, notamment en Hollande. Leur attachement aux produits de leur région d'origine crée un engouement pour les vins de Bergerac. Le vignoble se reconvertit vers la production de vin blanc sec et liquoreux.

Henri III d'Angleterre, Charles de Valois (frère de Philippe IV le Bel) et Frédéric II de Prusse se fournissaient en barriques de vins de Bergerac. Rabelais cite les « douceurs suaves » des vins de Saussignac et Michel de Montaigne aimait les blancs de Montravel. Au XIVe siècle, les vins de Bergerac purent se distinguer en apposant un griffon et une tour sur les fûts, comme marque de reconnaissance.

La découverte des effets de la pourriture noble se fait probablement à la même époque qu'en Sauternais.

Gabares et tonneaux sur le quai de Bergerac au début du XXe siècle.

Époque contemporaine

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Au XXe siècle, lors de la délimitation du vignoble de Bordeaux, les limites sont fixées à celles du département de la Gironde. Les vins de Bergerac, longtemps vendus sous le nom générique Bordeaux, doivent se créer du jour au lendemain une image. Le négoce de Libourne, traditionnel vendeur de ces vins, écoule en priorité les vins labellisés bordeaux, puis tente ensuite de trouver des marchés pour leurs autres vins.

Vignoble

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Surfaces

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Le vignoble de Bergerac correspond au sud du département de la Dordogne, c'est-à-dire à l'arrondissement de Bergerac, soit l'essentiel du vignoble du département. Trois communes à l'extrémité occidentale du département font partie de l'aire d'appellation du cognac (Parcoul-Chenaud, La Roche-Chalais et Saint Aulaye-Puymangou). Le vignoble du département s'étend en 2024 sur un total de 10 419 hectares[2] de vignes déclarés en production, soit 1,4 % du vignoble français (d'un total de 733 621 ha).

Superficies produisant du vin en Dordogne, en hectares[2]
2020[3] 2021[4] 2022[5] 2023[6] 2024[2] 2025[7]
Surface en AOP 10 14910 0599 9199 7329 1678 143
Surface en IGP 532464545468601577
Surface en VSIG 468605585575626475
Surface pour de la fine 212123232523
Surface tout vins 11 17011 14911 07110 79910 4199 219

Géologie et orographie

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Panorama du vignoble avec Bergerac en arrière-plan, vu depuis le château de Monbazillac.

Le terroir s'articule selon une progression d'ouest en est, dictée par la nature de la roche-mère et l'influence des cours d'eau :

  • à l’ouest, une roche-mère calcaire d’origine marine, notamment le calcaire à astéries du stampien (ancien nom de la partie inférieure de l'Oligocène) donne des sols bruns à cailloux calcaires. Ces formations sont géologiquement identiques à celles de l’est de la Gironde ;
  • au sud-ouest, les formations de molasses du Paléogène engendrent des boulbènes constituées de sables et limons lessivés, formant des sols pauvres ;
  • au nord de la Dordogne (entre Le Fleix et Bergerac), la roche-mère est constituée de sables et argiles à graviers du Périgord. Elle donne des sols bruns délavés acides avec une accumulation de minéraux en profondeur créant un horizon imperméable appelé tran (variante locale de l'alios).
  • au sud-est, le calcaire lacustre (secteurs de Monbazillac et Issigeac) produit un sol brun caillouteux, dont l'épaisseur varie selon la topographie ;
  • de part et d’autre de la Dordogne, les dépôts alluviaux de graviers du Quaternaire forment des terrasses. Ces sols argilo-graveleux, acides et peu fertiles, assurent un bon régime hydrique grâce à leurs propriétés drainantes.

Les sols les plus caractéristiques de la zone se résument ainsi :

  1. des rendzines et sols bruns calcaires (sur substrats marins ou lacustres) ;
  2. des boulbènes (sols lessivés) sur les molasses et les sables du Périgord ;
  3. des sols alluviaux argilo-graveleux sur les terrasses de la rivière.

Cette configuration de sols pauvres permet une maîtrise optimale de la production et une régulation hydrique favorable à la culture de la vigne.

Climatologie

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La station météorologique de Bergerac – Roumanière (sur l'aéroport de Bergerac-Dordogne-Périgord, à 49 mètres d'altitude : 44° 49′ 22″ N, 0° 31′ 27″ E)[8] est représentative du climat du Bergeracois.

Moyennes des relevés à Bergerac – Roumanière de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 9,9 11,7 15,7 18,2 22 25,5 27,7 27,9 24,4 19,8 13,7 10,4 18,9
Moyenne 5,9 6,5 9,7 12,1 15,8 19,3 21,1 21,1 17,6 14,2 9,2 6,3 13,2
Minimale moyenne 2 1,3 3,7 6 9,6 13,1 14,6 14,3 10,8 8,6 4,7 2,2 7,6
Nombre de jours avec gel 11,4 12,4 6,9 1,8 0,1 0 0 0 0 1,5 5,2 10,7 50
Précipitations
Hauteur (mm) 67 53,2 53,7 76,1 77,4 63,2 57 61,5 66,2 65,2 76,2 76,2 792,9
Ensoleillement
Heures 82,8 113,6 167,9 183,2 211,2 235,7 256,2 247,1 204,2 144 93,4 82,1 2 021,3
9,9
2
67
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
11,7
1,3
53,2
fév.
15,7
3,7
53,7
mars
18,2
6
76,1
avril
22
9,6
77,4
mai
25,5
13,1
63,2
juin
27,7
14,6
57
jui.
27,9
14,3
61,5
août
24,4
10,8
66,2
sep.
19,8
8,6
65,2
oct.
13,7
4,7
76,2
nov.
10,4
2,2
76,2
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Le nombre de jours de pluie est de 116, ceux de « beau temps » de 196 réparti entre 123 jours de faible ensoleillement et 73 jours de fort ensoleillement[10].

Le climat de Bergerac est océanique tempéré[11]. Les précipitations sont bien réparties durant la période de végétation de la vigne. Le mois d'avril est humide, favorisant la pousse de la vigne et éloignant les gelées printanières dévastatrices. L'été est chaud et relativement sec, conditions nécessaires à une bonne maturité. Quatre mois consécutifs de mai à août dépassent le seuil de 200 heures d'ensoleillement. C'est le soleil qui fournit l'énergie indispensable à la photosynthèse. Septembre et octobre conditionnent les grands millésimes. Le sec en septembre concentre les arômes du raisin et une humidité modérée en octobre favorise le développement de la pourriture noble indispensable à l'élaboration des grands vins liquoreux. Les pluies de novembre et décembre permettent de reconstituer les réserves en eau du sol.

Encépagement

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Les rouges sont assemblés à partir de cabernet sauvignon N, de cabernet franc N et de merlot N, parfois complété de côt N, plus rarement du fer servadou N ou le mérille N. Ils ont souvent une couleur sombre, un bouquet généreux et des saveurs corsées.

Les blancs sont assemblés à partir des cépages sémillon B, sauvignon blanc B et gris G, muscadelle B essentiellement, auxquels s'ajoutent parfois ugni blanc B, ondenc B et chenin B. Ils permettent d'élaborer des vins blancs secs fruités, élégants et puissants ou des vins moelleux et liquoreux suaves, aromatiques, puissants et très longs en bouche.

Le château de Monbazillac (propriété de la cave de Monbazillac).
  • Le bergerac : vin blanc sec, rosé et rouge ; ce sont des vins de plaisir à consommer dans les deux ans sur leur fruit.
  • Le côtes-de-bergerac : vin rouge de garde, vin blanc moelleux et doux ; ce sont des vins puissants et généreux. Ils nécessitent quelques années de cave pour atteindre leur optimum.
  • Le montravel : vin blanc sec et vin rouge ; c'est un vin parfumé.
  • Le haut-montravel : vin blanc doux ; c'est un vin aromatique et suave.
  • Le côtes-de-montravel : vin blanc doux ; c'est un vin aromatique et suave.
  • Le monbazillac : vin blanc liquoreux de longue garde.
  • Le pécharmant : vin rouge. C'est un vin fin, élégant de moyenne garde.
  • Le rosette : vin blanc doux. Cette appellation, la plus petite du vignoble produit un vin confidentiel moelleux à liquoreux, fin et élégant.
  • Le saussignac : vin blanc liquoreux de moyenne à longue garde.

Notes et références

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  1. 1 2 Source: le guide hachette des vins 2010, page 870.
  2. 1 2 3 « 2024 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
  3. « 2020 - Relevé par département de la production des vins » [xls], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
  4. « 2021 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
  5. « 2022 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
  6. « 2023 - Relevé par département de la production des vins - Chiffres consolidés » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
  7. « 2025 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
  8. « 24037005 – BERGERAC ROUMANIERE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  9. « Fiche 24037005 Bergerac » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. Relevés des normales à la station météo-france de Bergerac, consultés le 4 janvier 2010.
  11. Le climat en Périgord pourpre au pays de Bergerac sur le site pays-de-bergerac.com, consulté le 4 janvier 2010.

Voir aussi

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