Roussette de Savoie

région viticole

Une roussette de Savoie est un vin blanc tranquille de Savoie sec, gras, aux arômes de miel et d'amande, et à la robe jaune clair. Il est protégé par une AOC. L'appellation bénéficie de quatre dénominations géographiques complémentaires : les crus Frangy, Monthoux, Marestel, et Monterminod, produits sur moins de 50 hectares. La production annuelle est de l'ordre de 10 000 hectolitres.

Roussette de Savoie
Image illustrative de l’article Roussette de Savoie
Bouteille de roussette, millésime 2008.

Appellation(s) principale(s) comprend quatre DGC : frangy, marestel, monterminod et monthoux
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1954 (VDQS) et 1973 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Savoie
Localisation Savoie et Haute-Savoie
Climat semi-continental sous influence montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 894 heures (à Chambéry)[1]
Superficie plantée 215 hectares (en 2022)[2]
Cépages dominants altesse B[note 1]
Vins produits blancs
Production 12 257 hectolitres (en 2022)[2]
Pieds à l'hectare minimum 5 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 57 hl/ha (en 2022)[2]

Histoire

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Par l'arrêté du , les appellations d'origine (AO) « Vin de Savoie » et « Roussette de Savoie » obtiennent le label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS), pour les vins produits sur une aire de 34 communes[4]. En 1957, on passe à quatre AOVDQS que sont « Vin de Savoie », « Roussette de Savoie », « Vin de Savoie-Roussette », « Mousseux de Savoie » et « Vin de Savoie mousseux » ; pour la deuxième appellation est autorisé de rajouter le nom de quatre « crus » ; le titre d'alcool doit être au moins de 10,5° (11° pour un cru), produit sur une aire de 42 communes avec un rendement maximal de 32 hl/ha (30 pour un cru)[5]. Quatre caves coopératives sont créées. En 1963, l'aire est étendue à 55 communes[6]. En 1972, le degré d'alcool minimum descend à 10° (10,5° pour les crus)[7].

Par le décret du , les « Vin de Savoie » et « Roussette de Savoie » sont reconnues comme des appellations d'origine contrôlée (AOC), sur une aire de 59 communes ; le rendement des crus passe à 35 hl/ha[8]. En 1998, le rendement passe à un maximum de 59 hl/ha (53 pour les crus)[9]. Le cahier des charges de l'appellation est publié en [10], puis a été modifié en [11] et en [3].

Étymologie

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Le nom de la roussette, ou altesse, proviendrait d'un cépage de Chypre apporté par Anne de Chypre, en 1432, lors de son mariage avec Louis II de Savoie. Une autre source indique les vignes étaient cultivées sur les « coteaux des altesses », c'est-à-dire en terrasses étagées. Mais la première référence à ce cépage éminemment savoyard remonte à 1530 et donne comme lieu de culture Lucey sur les flancs du mont du Chat, un vignoble connu sous le nom de Marestel depuis 1563[12].

Vignoble

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Aire d'appellation

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Dénominations géographiques

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Le nom de l'appellation « roussette de Savoie » peut être complété par une des quatre dénominations géographiques complémentaires (DGC) suivantes[12] :

Orographie et géologie

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L'altesse est cultivée sur les contreforts des Alpes ou sur les coteaux et les pentes adossés au massif alpin. Les vignes de ce cépage ne dépassent pas une altitude de 500 mètres[13].

Le vignoble se complaît sur des sols à substrat calcaires ainsi que sur des moraines caillouteuses de mi-pentes[13]. On le retrouve aussi sur des marnes argileuses et calcaires[12].

Climatologie

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La Savoie a un climat tempéré de type semi-continental sous influence montagnarde en raison de la présence du massif alpin. La station météorologique de Chambéry (sur l'aéroport de Chambéry - Savoie-Mont-Blanc, à 235 mètres d'altitude : 45° 38′ 29″ N, 5° 52′ 41″ E)[14] est représentative de la partie méridionale du vignoble, notamment de la partie proche du lac du Bourget.

Relevés à Chambéry de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 6,4 8,5 13,4 17,3 21,3 25,3 27,8 27,1 22,3 17 10,6 6,9 17
Moyenne 2,9 4,1 8 11,4 15,6 19,4 21,4 20,9 16,8 12,3 6,9 3,4 11,9
Minimale moyenne −0,7 −0,4 2,5 5,6 10 13,5 15 14,6 11,3 7,7 3,1 0 6,8
Nombre de jours avec gel 17,7 15,4 8,1 1,5 0,1 0 0 0 0 0,9 6,9 15 65,6
Précipitations
Hauteur (mm) 102,6 79,1 93,1 87,9 101 94,5 91,7 97,6 104,3 113,3 114,6 124,2 1 203,9
Ensoleillement
Heures 76,6 101,8 157,8 176,2 202,3 236,3 261,6 237,1 180,7 123,8 74,5 66,3 1 894,9
6,4
−0,7
102,6
40 mm
80 mm
120 mm
jan.
8,5
−0,4
79,1
fév.
13,4
2,5
93,1
mars
17,3
5,6
87,9
avril
21,3
10
101
mai
25,3
13,5
94,5
juin
27,8
15
91,7
jui.
27,1
14,6
97,6
août
22,3
11,3
104,3
sep.
17
7,7
113,3
oct.
10,6
3,1
114,6
nov.
6,9
0
124,2
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Grappe d'altesse ou roussette, lithographie de l'Ampélographie Viala et Vermorel.

Seule l'altesse B[note 1] est autorisée. L'ampélographe Louis Levadoux a inclus l'altesse dans la famille des Sérines. Elle serait donc d'origine locale et aurait pour prestigieuse famille la syrah, la mondeuse, le viognier, la marsanne ou la roussanne[15]. Hors l'appellation seyssel, la vinification de ce cépage représente 9 % de la production des vins blancs de Savoie[12].

Méthodes culturales et réglementaires

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La densité minimum de plantation est de 5 000 pieds par hectare. Le rendement maximum doit se situer entre 64 et 68 hectolitres par hectare pour l'AOC et entre 60 et 62 hectolitres par hectare pour les dénominations[16].

La roussette de Savoie est une des deux appellations régionales du vignoble de Savoie ; elle est produite uniquement en blanc. Sur son aire d'appellation, les vignerons peuvent aussi produire l'une des quatre dénominations géographiques complémentaires de l'appellation, de l'appellation régionale qu'est le vin de Savoie (qui se décline en blanc, rouge et rosé, mais aussi en mousseux blanc et rosé, ainsi qu'en crémant), une des seize dénominations de l'appellation savoie, du seyssel (sur une seule commune savoyarde, le reste dans l'Ain), deux indications géographiques protégées (IGP comtés-rhodaniens et vin des Allobroges) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

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En 2022, selon le service des Douanes[2], les données de production sont de 12 257 hl (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) sur 215 hectares, soit un rendement de 57 hl/ha.

Vinification et élevage

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Dans la vinification en blanc la fermentation se déroule en dehors de tout contact avec les parties solides de la vendange (pépins, peaux du raisin, rafles). Le but de cette vinification est de faire ressortir le maximum des arômes contenus d'abord dans le raisin, ensuite en cours de fermentation, enfin lors du vieillissement[17].

L'extraction du jus et sa séparation des parties solides peuvent être précédés par un éraflage, un foulage et un égouttage, pour passer ensuite au pressurage. Mais ces phases sont évitées par nombre de vinificateurs pour éviter l'augmentation des bourbes[17]. Le choix se porte sur une extraction progressive du jus puis un débourbage qui permet d'éliminer toute particule en suspension. La maîtrise des températures s'impose lors de la fermentation alcoolique. Elle se déroule entre 18 et 20 °C et dure entre 8 et 30 jours selon le type de vin désiré[18].

Gastronomie

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C'est un vin généralement sec, corsé et épicé, complexe et racé[12]. Il tire de son terroir, où l'exposition, l'altitude et les sols jouent un rôle déterminant[13], des arômes de fruits secs (noisette et amande douce), ainsi que des notes de violette, de bergamote et de miel[12].

Ce vin est caractérisé par des arômes de noisette, de bergamote, d'amande douce et de miel[19]. Une garde de quelques années est recommandée et il reste souvent étonnant par sa qualité.

Il s'accorde bien avec la tartiflette, la fondue savoyarde, le poisson, le fromage, les tartes et les gratins, les crustacés, ainsi que les crudités et les salades. Il se révèle parfait en apéritif[12].

Structure des exploitations

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En dépit de la taille moyenne des exploitations qui est de 7 hectares, le vignoble est exploité majoritairement par des caves indépendantes, les caves coopératives étant au nombre de trois[20].

Commercialisation

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L'AOC qui couvre 2 100 hectares produit annuellement 122 000 hectolitres. L'exportation ne représente que 2 %. Sa commercialisation est assurée pour une moitié par les caves indépendantes, l'autre l'étant par les coopératives et le négoce[20].

Liste des producteurs

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Les producteurs situés dans les communes marquées (A) ci-dessous font partie de l'aire de l'appellation, ceux situés dans d'autres communes voisines marquées (V) ci-dessous possèdent des vignes dans cette aire[12],[21].

Producteurs classés par commune.
Commune Cave
Aix-les-Bains (V) Xavier Jacqueline, œnologue-viticulteur
Apremont (A) Le P’tiou Vigneron EARL, Jean-François Maréchal ; SCEA Chapot Philippe, Philippe Chapot ; EARL Le Cellier du Palais, René et Béatrice Bernard, Tardy Gilbert
Chapareillan (V) Domaine Uchet, Yannick Uchet
Chignin (A) Denis & Didier Berthollier, André et Michel Quenard ; Caveau de la Tour, Catherine et Jean-François Quenard
Cruet (A) Cave coopérative des vins fins de Cruet, SAS Maison Philippe Grisard, Philippe Grisard, Philippe et François Tiollier
Frangy (A) Vincent Courlet
Fréterive (A) Guy Laurent ; Domaine G. & G. Bouvet, D. et F. Garanjoud ; SCEV Domaine Grisard, Jean-Pierre et Marie-Jo Grisard ; EARL Vullien Jean et fils, David et Olivier Vullien
Jongieux (A) Château de La Mar ; EARL Justin, Guy Justin ; La Cave du Prieuré, Raymond Barlet et fils ; Éric Masson ; EARL Domaine Eugène Carrel et fils, Eugène Carrel, Maison Perret, Nicolas Perret
Les Marches (A) Adrien Vacher ; Les Rocailles, Pierre Boniface
Lucey (A) Château de Lucey, Christophe Martin
Ruffieux (V) Cave de Chautagne
Saint-Baldoph (A) Denis Fortin
Saint-Jean-de-Chevelu (A) EARL Million-Rousseau, Xavier et Michel Million-Rousseau
Saint-Jean-de-la-Porte (A) Domaine de Méjane, Anne Bellemin-Laponnaz
Saint-Pierre-d'Albigny (A) Domaine Saint-Germain, Étienne et Raphaël Saint-Germain
Serrières-en-Chautagne (V) Alain Bosson

Notes et références

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  1. 1 2 Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.

Références

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  1. 1 2 « Fiche 73329001 Chambéry-Aix » [PDF], sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  3. 1 2 3 4 « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Roussette de Savoie » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  4. « Arrêté du 26 novembre 1954 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Vins de Savoie », (suivie du nom de la section ou de la dénomination « Roussette ») eu sous l'appellation d'origine « Roussette de Savoie » », publié au JORF du .
  5. « Arrêté du 17 septembre 1957 sur les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant des appellations d'origine « Vin de Savoie », « Roussette de Savoie » ou « Vin de Savoie-Roussette », « Mousseux de Savoie » ou « Vin de Savoie mousseux » employées seules ou suivies d'un nom de cru », publié au JORF du .
  6. « Arrêté du 27 septembre 1963 concernant les appellations « Vin de Savoie », « Roussette de Savoie » ou « Vin de Savoie Roussette », « Mousseux ou pétillant de Savoie » ou « Vin de Savoie mousseux ou pétillant » », publié au JORF du .
  7. « Arrêté du 1 juin 1972 sur les conditions d'attribution du label Vins délimités de qualité supérieure aux vins bénéficiant des appellations d'origine « Vins de Savoie » et « Roussette de Savoie » employées seules ou suivies d'un nom de cru », publié au JORF du .
  8. « Décret du 4 septembre 1973 concernant les appellations contrôlées « Vin de Savoie » et « Roussette de Savoie » employées seules ou suivies d’un nom de cru », publié au JORF no 0225 du .
  9. « Décret du 18 mars 1998 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Vin de Savoie » et « Roussette de Savoie » », publié au JORF no 67 du .
  10. « Décret n° 2009-1306 du 27 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Vin de Savoie » ou « Savoie », « Roussette de Savoie », « Seyssel », « Côtes de Bordeaux-Saint-Macaire », « Cadillac », « Entre-deux-Mers », « Sainte-Foy-Bordeaux » et « Graves de Vayres » », publié au JORF no 0250 du .
  11. « Décret n° 2011-1179 du 23 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Roussette de Savoie » », publié au JORF no 0224 du .
  12. 1 2 3 4 5 6 7 8 La roussette de Savoie sur le site macaveavins.com.
  13. 1 2 3 « Roussette de Savoie » [archive du ], sur ve2f.com.
  14. « 73329001 – CHAMBERY-AIX – AERODROME » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  15. La famille des serines sur le site de l'Académie du Vin
  16. Décret du 23 septembre 2011.
  17. 1 2 Berger 1986, p. 76.
  18. Berger 1986.
  19. Oz, Clarke, Grapes and Wines Websters International Publishers, New York, 2001, p. 206.
  20. 1 2 Analyse économique sur le site cnaoc.org « Copie archivée » (version du sur archive.org)
  21. Producteurs de roussette de Savoie.

Voir aussi

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Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

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  • Jean-Luc Berger, « Les filières de la vinification », Science et Vie, no 155, numéro hors série La vigne et le vin, , p. 72-79 (ISSN 0151-0282).
  • Philippe Gilbert et François Gaillard, Les Vins de Savoie, éd. Solar, (ISBN 2263017771).
  • André Combaz, Les Vins des terroirs de Savoie, Suresnes, éd. J.-P. Taillandier, (ISBN 2876360950).

Liens externes

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Articles connexes

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