Saint-Séglin
Saint-Séglin est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine, en région Bretagne. Elle est membre de Vallons de Haute-Bretagne Communauté.
| Saint-Séglin | |||||
Église Saint-Séglin et calvaire. | |||||
| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Ille-et-Vilaine | ||||
| Arrondissement | Redon | ||||
| Intercommunalité | Vallons de Haute-Bretagne Communauté | ||||
| Maire Mandat |
Jean-François Daniel 2026-2032 |
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| Code postal | 35330 | ||||
| Code commune | 35311 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Séglinois | ||||
| Population municipale |
610 hab. (2023 |
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| Densité | 65 hab./km2 | ||||
| Population unité urbaine |
7 625 hab. | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 47° 51′ 15″ nord, 2° 00′ 18″ ouest | ||||
| Altitude | 42 m Min. 12 m Max. 74 m |
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| Superficie | 9,4 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Rennes (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Guichen | ||||
| Législatives | Quatrième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Ille-et-Vilaine
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | saint-seglin.fr | ||||
| modifier |
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Géographie
modifierCommunes limitrophes
modifierRelief
modifierGéologie
modifierLe sous-sol de la commune est constitué en majorité de schiste du Briovérien, veinés çà et là de poudingue de Gourin, de quartzites et de tufs[1]. Du calcaire lacustre tongrien est présent à Saint-Séglien[2].
Hydrographie
modifierLa commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Combs, les Grasses Noés[3],la Fontaine de Trouer[4],[5],[Carte 1].
Le Combs, d'une longueur de 22 km, prend sa source dans la commune de Val d'Anast et se jette dans l'Aff à Bruc-sur-Aff, après avoir traversé huit communes[6].

Le finage de Saint-Séglin est limité au sud par le Combs, partiellement à l'ouest et au nord-est par deux de ses affluents : le Ruisseau de Faugouré, et le Ruisseau venant de la Fontaine Trouée
Climat
modifierPlusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[7]. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec[8]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[9]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[10]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[11],[12].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 773 mm, avec 12,3 jours de précipitations en janvier et 0,6 jours en juillet[7]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Noë-Blanche à 21 km à vol d'oiseau[13], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 780,5 mm[14],[15]. La température maximale relevée sur cette station est de 41,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −11,6 °C, atteinte le [Note 2].
Paysages et habitat
modifierLe paysage agraire traditionnel de Saint-Séglin est le bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (villages) et fermes isolées[16], mais ce paysage a été transformé par le remembrement survenu.
Le bourg est implanté au carrefour des routes départementales 50 menant de Guer à Lohéac et 67 venant de Maure et se dirigeant vers Redon ; ces deux voies anciennes se croisent au sud de l'îlot central constitué par l'église paroissiale et le presbytère. Le bourg s'est agrandi modérément et de manière assez lâche depuis le fin du XIXe siècle[17].
Urbanisme
modifierTypologie
modifierAu , Saint-Séglin est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle est située hors unité urbaine[19]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rennes, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[19]. Cette aire, qui regroupe 183 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[20],[21].
Occupation des sols
modifierL'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (92,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (92,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (53,1 %), prairies (29,1 %), zones agricoles hétérogènes (10,1 %), forêts (4,6 %), zones urbanisées (3,1 %)[22]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
modifierLe nom de la localité est attesté sous les formes in parochia Sancti Siginini en 1101[23], Ecclesia Sancti Siginnuni en 1032, ecclesia Sancti Sisignii en 1202, Sancti Siginii en 1208, Sancti Signinii en 1442. Aucun saint portant le nom "Séglin"; ou un nom approchant, n'est connu.
En 843, Saint-Séglin est probablement l'une des sept chapelles qui dépend de l'ancienne paroisse primitive d'Anast ou Maure-de-Bretagne[24] (Anast en breton).
Le nom de la commune en gallo est Saint-Seguelin[25] prononcé [sɛ̃zgəlɛ̃] ou [sɛ̃ɪ̆zglɛ̃][26].
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Sant-Sewenn[27].
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 9,5 % des toponymes de la commune sont bretons[28].
Histoire
modifierMoyen-Âge
modifierUne tradition conservée par les Bollandistes attribue la fondation de la paroisse à un prêtre écossais du nom de Siginus ou Signinus, francisé en Séglin, qui aurait vécu au VIIe siècle. Les plus anciens actes, relevés par Erwan Vallerie, mentionnent Sancti Siginunni en 1031 (cf. Preuves de Dom Morice), Sancti Sigininni en 1101 (cartulaire de Redon), Sancto Sisignii en 1202, Sancti Siginii en 1208. En revanche, en 1429, un mandement du duc Jean V fait bien état de Saint Sequelin. Une autre tradition rapportée par le chanoine Guillotin de Corson assure que l'église primitive se trouvait près du manoir de Jarossay, et Paul Banéat affirme que l'on y voyait encore au début du XXe siècle des substructions d'origine gallo-romaine et des ossements, vestiges d'un ancien cimetière au lieu-dit "le Champ des Déserts"[29].
L'acte conservé dans le cartulaire de Redon qui enregistre en 843 la donation de la paroisse d'Anast à l'abbaye Saint-Maur de Glanfeuil par le machtiern Anowareth ne mentionne pas Saint-Séglin parmi les confins de cette paroisse primitive. Guillotin de Corson conclut de cette indication que Saint-Séglin était alors l'une des sept chapelles d'Anast (aujourd'hui, Maure-de-Bretagne)[29].
La première mention de la paroisse de Saint-Séglin remonte l'an 1031. À cette date, la vicomtesse Roianteline de Porhoët en fit don à l'abbaye Saint-Georges de Rennes qui en reçu confirmation de l'évêque de Saint-Malo, Pierre Giraud, en 1202. La fondation du prieuré par des moniales bénédictines au lieu-dit "l'Abbaye" dut intervenir dans le courant du XIIIe siècle, car en 1299, le trésorier de l'église de Rennes, Alain de Châteaugiron avouait jouir de ses revenus. Jusqu'à la Révolution, la cure de Saint-Séglin, dépendante du prieuré, fut à la présentation de l'abbesse de Saint-Georges.
En 1430, les maisons nobles de l'endroit étaient : la Ville, la Haulière, la Sauvagère, le Jaroczai [Jarossay], Tréguhere, et l'hôtel de l'Abbaye, à l'Abbesse de Saint-Georges de Rennes[30].
Temps modernes
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Le seigneur de Maure était seigneur supérieur et fondateur (prééminencier) de Saint-Séglin, quoique l'abbesse de Saint-Georges prétendit au même honneur. Les seigneurs de la Sauvagère et de Tréguhaire disposaient aussi de quelques prééminences. Une confrérie du Saint-Nom-de-Jésus existait en 1677. L'église, en forme de croix latine, fut en partie (chœur et transept) reconstruite en 1736 ; la nef le fut en 1851, en style néogothique[29]
Saint-Séglin a possédé 3 chapelles : celle du Prieuré, celle de la Sauvagère (dans la cour du manoir éponyme, interdite en 1727 car elle menaçait ruine) et celle de la Hautière [Haultière] (dépendante de la maison forte éponyme, puis considérée comme chapelle frairienne ; M. de Piré, seigneur de Saint-Séglin, en présentait le chapelain ; cette chapelle fut sécularisée lors de la Révolution)[29].
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Saint-Séglin en 1778 :
« Saint-Séglin : dans un fond ; à 19 lieues au sud de Saint-Malo, son évêché ; à 8 lieues de Rennes et à 4 lieues de Plélan, sa subdélégation. Cette paroisse ressortit à Ploërmel, et compte 600 communiants[31] : la collation de la cure appartient à l'Abbesse de Saint-Georges. Le territoire, couvert d'arbres fruitiers et de buissons, renferme des terres en labeur (labour) de bonne qualité, des prairies, des landes, et le bois de la Sauvagère[30]. »
Révolution française
modifierSaint-Séglin est constituée en commune en 1790.
Jean Gicquel[Note 4], recteur de Saint-Séglin à partir de 1776, passa la Révolution caché dans sa paroisse et redevint officiellement recteur après le Concordat en 1803 ; il décéda en 1811[32].
Le maire de l'époque, Jean Durand[33] , racheta à cette date comme bien national l'église paroissiale désaffectée depuis la Terreur, afin d'y rétablir le culte.
François Durand[Note 5], alors "apprenti-prêtre", prit les armes comme chouan et tua plusieurs républicains et même un prêtre jureur. Devenu capitaine chouan, à la tête des insurgés, il prit aux Bleus le port de Guipry le . Il fut par la suite recteur de Saint-Séglin entre 1812 et 1844, date de sa mort[34].
Le XIXe siècle
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A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Saint-Séglin en 1853 :
« Saint-Séglin (sous l'invocation de saint Séglin, saint inconnu, fêté le 29 novembre) : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui succursale. (..) Principaux villages : le Prais, le Moulin-Moureau, Courry, Goulet, l'Abbaye, la Brebaudière, la Vlolais, la Hayais. Maison importante : château de la Sauvagère. Superficie totale 939 hectares 50 ares, dont (..) terres labourables 441 ha, prés et pâturages 112 ha, vergers et jardins 40 ha, bois 18 ha, landes et incultes 295 ha (..). La commune est limitée au sud et un peu à l'est par la rivière de Combs. Bois de la Sauvagère. Géologie : schiste argileux. On parle le français [en fait le gallo][35]. »
Deux écoles congréganistes (une pour les garçons, une pour les filles) ouvrent en 1873 à Saint-Séglin à l'initiative de l'abbé Riaud, alors recteur de Saint-Séglin[36] ; celle des garçons est tenue par les Frères des écoles chrétiennes, celle des filles par deux religieuses des Filles du Saint-Cœur de Marie[37].
En 1880 les communes de Loutehel et Saint-Séglin furent exclues de la distribution des recours aux indigents décidés par le gouvernement car il ne se trouvait pas de personnes républicaines dans ces deux localités pour procéder à la répartition des aides prévues[38]. Or, selon le conseiller général du canton, Saint-Séglin est la plus pauvre commune de toute la région[39].
Lors des élections au Conseil général d'Ille-et-Vilaine du , une plainte en Conseil d'État concernant le canton de Maure allégua que dans les communes de Maure, de Saint-Séglin et de Mernel « les membres du clergé auraient fait de la propagande en faveur du candidat élu (Louis Charles de la Vigne[Note 6]) au moyen d'allocutions prononcées en chaire, le jour de l'élection[40].
Les travaux de construction d'une école des garçons sont adjugés en 1893 à M. Marchand, de Rennes[41].
À l'instar des communes voisines, Saint-Séglin a subi un double phénomène de reconstruction et de modernisation du bâti durant le siècle qui s'écoule approximativement entre 1850 et 1950. Quelques pièces d'architecture ancienne méritent d'être citées : les maisons de ferme de la Couériais et de la Croix Orain (XVIIIe siècle), celle de l'Abbaye (1835), la demeure d'Haudebert (1818), l'ancienne maison d'école (début du XIXe siècle)[42], le colombier et la chapelle de la Sauvagère (XVIIe siècle), enfin, l'église paroissiale et l'ancienne croix du cimetière. Dans un corpus patrimonial plus récent, on retiendra l'ancienne boucherie sur la place du bourg, une maison de ferme à la Hayais et le château de la Sauvagère.
Le XXe siècle
modifierLa Belle Époque
modifierL'école des filles de Saint-Séglin tenue par des religieuses est laïcisée à compter du en vertu de la loi sur les congrégations[43].
Un lecteur (Jean Rispas, du Cou) de La Dépêche bretonne écrit en 1906 : « Ni le maire, ni la municipalité, ne font rien pour faire nettoyer leur bourg. Le puits qui se trouve sur la place a été recreusé avant l'hiver, et toute la boue qui en est sortie est restée là. Personne ne l'enlève. Bien plus, il y a un fermier, dans le bourg, qui dépose tout son fumier à sa porte, sur le bord du chemin : voyez le bel effet que cela fait : le purin, le fumier, l'eau et la boue mêlés par les passants. C'est une infection véritable (..) »[44].
- L'église paroissiale et le calvaire au début du XXe siècle (carte postale, Musée de Bretagne).
- L'église et le presbytère au début du XXe siècle (carte postale).
- L'arrivée par la route de Maure au début du XXe siècle (carte postale).
- L'arrivée par la route de Pipriac au début du XXe siècle (carte postale).
- La mairie et l'école communale au début du XXe siècle (carte postale).
- L'école libre des filles au début du XXe siècle (carte postale).
- La Ruchette, maison de notables, devenue école des garçons, au début du XXe siècle (carte postale, Musée de Bretagne).
Charles Coucoux, alors recteur de Saint-Séglin, écrivit le une lettre de protestation contre l'inventaire des biens d'église dans sa paroisse[45].
En septembre 1909 un décret attribua à la commune de Saint-Séglin les biens ayant appartenu à la fabrique de l'église jusqu'à leur confiscation lors de la querelle des inventaires[46].
En 1912 ouvre la ligne de tramways électriques des Tramways d'Ille-et-Vilaine allant de Bréal-sous-Montfort (correspondance avec la ligne de Rennes à Plélan-le-Grand) à Redon via Maure-de-Bretagne et Pipriac ; cette ligne desservait Saint-Séglin. Elle ferma en 1937.
La Première Guerre mondiale
modifierLe monument aux morts de Saint-Séglin porte les noms de 34 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux, 2 sont morts en Belgique (François Colin dès le à Tamines et Désiré Boivin le ) ; Auguste Renault est mort le en Bulgarie ; Louis Le Breton est mort en 1917 alors qu'il était prisonnier en Allemagne ; la plupart des autres sont morts sur le sol français[47].
L'Entre-deux-guerres
modifierL'érection de monument aux morts posa des problèmes : l'abbé Harel, recteur, eut le projet de remplacer le beau calvaire qui se trouvait sur la Place et qui avait été abattu par une tempête pendant la guerre, par un nouveau monument en granite et forme de croix : celle-ci était terminée lorsque son érection se heurta à un véto des autorités en raison d'une loi de 1913 qui interdisait de dresser des monuments portant un emblème religieux sur la voie publique ; la croix fut alors vendue à la municipalité de Sainte-Marie de Redon et un nouveau projet fut retenu[48].
Le monument aux morts, situé en face de la mairie, a la forme d'une colonne en granite surmontée d'une statue en fonte de Jeanne d'Arc debout portant son étendard (une statuaire de série sculptée par Ernest Toussaint, sculpteur à Donjeux (Haute-Marne) qui est une copie d'une œuvre du sculpteur Emmanuel Frémiet, la Statue équestre de Jeanne d'Arc ) ; la colonne est ornée d'une couronne de lauriers entourant une Croix de guerre et porte l'inscription "HONNEUR ET GLOIRE À CEUX QUI MEURENT POUR LA FRANCE", ainsi que la liste des morts pour la France[49]. Le monument fut inauguré le ; l'inauguration est décrite dzns le bulletin paroissial du canton de Maure-de-Bretagne d’octobre 1922 :
« C’est le dimanche 10 septembre qu’a eu lieu à Saint-Séglin l’inauguration du Monument aux Morts pour la Patrie. La fête fut exclusivement religieuse ; rien ne fut changé dans l’ordre des offices du dimanche. La grand’ messe fut chantée par le R.P.Umbricht, commandeur de la Légion d’honneur (..). Tout le monde se rendit processionnellement au Monument. Là les Pupilles se placèrent en face de la statue, les Anciens Combattants à droite et les femmes à gauche (..)[48]. »
En 1920, selon un journal, à Saint-Séglin, « il y a quatre écoles, deux écoles publiques et deux écoles libres. Or, depuis huit ans, les deux écoles publiques n'ont jamais eu un seul élève et, depuis ce temps, il y a toujours maîtres et maîtresses à chacune de ces deux écoles. (..) Quel gaspillage scandaleux de fonds publics ! Quand de tels abus finiront-ils ? »[50] (toutefois le journal L'Ouest-Éclair la du indique la « suppression provisoire » du poste d'instituteur public de l'école des garçons)[51]. En 1926 l'école libre des filles a 60 élèves et l'école publique 4[52].
Le monument aux morts est béni le [53] ; sur un socle en granite posé sur deux marches et qui porte les noms des victimes de la guerre est placée une statue en fonte bronzée, réalisée d'après une sculpture d'Ernest Toussaint, sculpteur à Donjeux (Haute-Marne), de Jeanne-d'Arc coiffée de son heaume[54]. « C'est le dimanche qu'a eu lieu à Saint-Séglin l'inauguration du Monument aux Morts pour la Patrie. La fête fut exclusivement religieuse (..). La grand'messe fut chantée par le R.P.Umbricht, commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de douze citations (..), amputé d'un bras »[55].
Le lieutenant-colonel Claude-Pierre Thoux[Note 7], qui habitait le château de la Sauvagère, fut le premier de la commune à disposer d'un téléphone (il avait le "1 à Saint-Séglin")[56].
Une agence postale ouvre à Saint-Séglin le [57]. En 1926 une enquête publique amorce la création d'un réseau électrique desservant Saint-Séglin et les communes avoisinantes par la "Société Énergie électrique de la Basse-Loire"[58].
Le nouveau cimetière, remplaçant l'ancien situé dans l'enclos paroissial, ouvre en 1926 ; d'anciennes pierres tombales servent de mur de soutènement le long de la rue Saint-Michel[59].
En 1930 le tribunal correctionnel de Rennes eut à juger une affaire de mouillage de lait[Note 8] dans lequel deux anciens laitiers-fromagers de Saint-Séglin, Biotteau et Guionnet, ainsi que des paysans des communes avoisinantes, étaient compromis[60].
Le foyer Saint-Michel, sous l'impulsion de l'abbé Jugdé, vicaire instituteur, commence ses activités, notamment théâtrales, pendant l'Entre-deux-guerres. La salle Saint Michel est inauguré le . Ce foyer poursuivi quelque temos son activité après la Seconde Guerre mondiale. La salle Saint-Michel fut détruite pour laisser place à la salle multifonctions actuelle en 1992[61]
La Seconde Guerre mondiale
modifierLe monument aux morts de Saint-Séglin porte les noms de 2 personnes (L. Geffroy et E. Richard) mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale[47].
L'après Seconde Guerre mondiale
modifierEn 1950 Saint-Séglin comptait deux épiceries (veuve Lieux et E. Nouvel) pour 667 habitants[62].
Michel Lelièvre raconte son enfance gallésante dans la décennie 1950 à Saint-Séglin dans un livre intitulé "Dans les années 50 au pays de Saint-Séglin"[63].
Le moulin de Saint-Séglin fut détruit par un incendie dans la nuit du 4 au [64]
Saint-Séglin fut une des premières commune en France à connaître le remembrement. Le plan adopté pour le réseau des chemins a été qualifié de "néo-colonial" : au lieu d'un simple quadrillage comme dans de nombreux remembrements effectués antérieurement, « le réseau des chemins suit les courbes de niveau (..) L'effet sera sans doute meilleur quand, au long de ces chemins, des arbres plantés ou spontanés, auront poussé »[65].
Le club de football Le Réveil singlinois a été créé en 1969[66] ; il adhérait alors à la FSCF[67].
Le XXIe siècle
modifierLe lotissement d'Haudebert, avec 14 terrains constructibles, amorce sa commercialisation en 2024[68].
Un projet initial d'implantation d'éoliennes porté par la société "Neoen" a fait l'objet d'une opposition de la part de la municipalité et des riverains, conduisant à une contre-proposition axée sur l'agrivoltaïsme que cette société a accepté de développer : ce projet est d’une puissance d’environ 14 MW et implanté au lieu-dit "Les Mesnils".<[69].
Entre fin 2025 et juin 2026, le bourg de Saint-Séglin a été rénové ; l'inauguration a eu lieu le en présence de la ministre Françoise Gatel[70].
Politique et administration
modifierDémographie
modifierL'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[75]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[76].
En 2023, la commune comptait 610 habitants[Note 19], en évolution de +7,77 % par rapport à 2017 (Ille-et-Vilaine : +5,7 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Enseignement
modifierLieux et monuments
modifier- L'église paroissiale Saint-Séglin : en forme de croix latine, elle date en partie de 1736 (chœur et transept, en plein cintre) ; la nef et le clocher ont été reconstruits par l'architecte Édouard Brossais-Saint-Marc (frère de l'archevêque de Rennes Godefroy Brossay-Saint-Marc[79]. L'église contient un mobilier religieux d'intérêt patrimonial (118 œuvres recensées)[80], dont notamment une statue de saint Séglin datant du 4e quart du XIXe siècle[81].
- Saint-Séglin : l'église et son calvaire au début du XXe siècle (carte postale).
- Église et calvaire : vue d'ensemble.
- L'église et le calvaire.
- Façade de l'église.
- Église : porte.
- Croix de cimetière, sur la place de l'église : elle date du XVIe siècle ; coiffée d'une bâtière, elle porte une crucifixion à l'avers avec deux personnages (la Vierge et saint Jean probablement) et une Vierge à l'Enfant au revers accompagnée de deux anges[82].
- L'ancien presbytère date de 1713[83].
- La fontaine Sainte-Julitte (sainte Julitte est surtout honorée dans l'évêché de Vannes, tout proche) : c'est un simple trou d'eau, avec une croix : on y venait en procession en temps de sécheresse pour obtenir de la pluie[84].
- Le monument aux morts[85].
- Le château de la Sauvagère : il date du XIXe siècle (reconstruit en 1886 par l'architecte Charles Langlois pour le docteur Mahé), avec remparts datant du XVIe siècle[86].
- Le château de la Sauvagère au début du XXe siècle (carte postale).
- Manoir de Jarossay (disparu)
- La Ruchette (4e quart du XIXe siècle)[87].
- La Ruchette au début du XXe siècle (carte postale).
- Le moulin de la Lande : il n'en reste que des ruines (il cessa son activité au début du XXe siècle)[88].
Personnalités liées à la commune
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- Jean-Jacques Bertier, né le à Saint-Séglin, vicaire général de Saint-Brieuc, supérieur des Petit et Grand séminaires de Dinan, décédé le à Dinan.
- Anne-Marie Ménand ou Menans, née le à Saint-Séglin, communarde, accusée d'avoir été incendiaire[89].
- Mathurine Fourchon, septième femme chevalière de la Légion d'Honneur, épouse de Geffroy Perrault, né le à Saint-Séglin, officier d'artillerie de la Grande Armée.
Bibliographie
modifier- Yvonne Thoux, St-Seglin : petite histoire locale, 1988[90].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
- ↑ Les records sont établis sur la période du au .
- ↑ La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
- ↑ Jean Gicquel, né le à Chenot en Saint-Séglin, décédé le à la Croix Orain en Saint-Séglin.
- ↑ François Durand, né le à Pipriac, décédé le à Saint-Séglin.
- ↑ Louis Charles de la Vigne, propriétaire du château de la Lohière, maire de Loutehel.
- 1 2 Claude-Pierre Thoux, né le à Épinal (Vosges), décédé le à La Sauvagère en Saint-Séglin. Habitait le château de la Sauvagère.
- ↑ Mouiller le lait signifie y ajouter de l'eau pour en accroître la quantité.
- ↑ Yves Perrault, né le à Trughaire en Saint-Séglin, décédé le à Saint-Séglin.
- ↑ Pierre Delannée, né le à la Violais en Saint-Séglin, décédé le au bourg de Saint-Séglin.
- 1 2 André David, né le à La Lacune en Bruc-sur-Aff (Ille-et-Vilaine), décédé le à Haudebert en Saint-Séglin.
- ↑ Mathurin Ropert, né le à La Chauvinais en Mernel, décédé le à La Chauvinais en Mernel.
- ↑ Joseph Pérotaux, né le 15 messidor an V () à Couesry en Saint-Séglin, décédé le à Maure-de-Bretagne.
- ↑ Pierre Durand, né en 1826 à Haudebert en Saint-Séglin, décédé le à Haudebert en Saint-Séglin.
- ↑ Jean-Joseph Barre, né le à La Couériais en Saint-Séglin, décédé le à La Couériais en Saint-Séglin
- ↑ Jean-Marie Renault, né le à La Bréhaudière en Saint-Séglin, décédé le à Saint-Séglin.
- ↑ Marcel Thoux, né le à Poitiers (Vienne), décédé le à Rennes.
- ↑ Marie-Thérèse Monvoisin, née en 1946.
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Cartes
modifier- ↑ « Réseau hydrographique de Saint-Séglin » sur Géoportail (consulté le 12 mai 2025).
- ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
Références
modifier- ↑ « Présentation de la commune de Saint-Séglin », sur patrimoine.bzh, (consulté le ).
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- ↑ « Service de l'Inventaire du Patrimoine Culturel », sur bibliotheque-patrimoine.bretagne.bzh (consulté le ).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Vallons de Haute Bretagne Communauté
- Saint-Séglin sur le site de l'Insee
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.

