Rikka
Rikka (立花, litt. fleurs dressées) est un style d'Ikebana[1].


Histoire
modifierLes origines remontent aux offrandes florales bouddhiques, dans lesquelles les fleurs étaient disposées verticalement dans des vases. Ce style, appelé tatehana (立て花), s’établit durant l’époque de Muromachi (1333-1568).
Le terme devint au XVe siècle un synonyme courant de l’ikebana, époque à laquelle le rikka devint un élément caractéristique de la décoration intérieure des salles de réception dans les résidences des chefs militaires, des membres de la noblesse et des prêtres de l’époque[2]. Il connut un renouveau au XVIIe siècle et fut utilisé comme technique décorative lors de cérémonies et de festivités.
Parmi les promoteurs du rikka figurait Senkei Ikenobō (池坊専慶). Les principes fondamentaux de cette forme furent précisés par Sen'ō Ikenobō (池坊専伝) (1482-1543) dans le manuscrit Ikenobō Sen'ō kuden (池坊専応口伝). Aujourd’hui encore, le rikka est pratiqué par l’école d’art floral Ikenobō.
Le rikka évolua par la suite vers une forme moins formelle. Sa popularité fut finalement supplantée par celle du style shōka, dont l’apparence demeurait classique, mais dont la structure était asymétrique[1].
L’école Saga Go-ryū (嵯峨御流) possède des racines bouddhiques et la forme d’offrande florale utilisée sur l’autel obéit à des règles similaires. Elle est appelée shōgonka (荘厳華)[3],[4].
Caractéristiques
modifierLe style rikka reflète la magnificence de la nature et sa représentation. Par exemple, les branches de pin symbolisent l’endurance et l’éternité, tandis que les chrysanthèmes jaunes symbolisent la vie. Les arbres peuvent représenter les montagnes, tandis que les herbes et les fleurs peuvent évoquer l’eau.
Jusqu’en 1700, la composition comportait sept lignes principales ; à partir de 1800 environ, elle en comptait neuf, chacune étant complétée par d’autres lignes secondaires. Des règles précises ont été établies concernant la nature des lignes, leur longueur et les associations de végétaux, ainsi que l’utilisation du kenzan ou du komiwara, etc. La réalisation d’une composition dans ce style ne peut être maîtrisée qu’au terme d’une pratique régulière et prolongée.
L’axe principal, souvent constitué d’une branche, est généralement disposé perpendiculairement. Il est fréquemment formé de branches de pin et constitue l’élément le plus caractéristique de la composition. Les deux autres lignes sont disposées dans la partie inférieure. Le centre de la composition est garni comme un bouquet de fleurs.
Les compositions de style rikka peuvent être réalisées à l’occasion de cérémonies ou d’expositions. Elles sont généralement de grande taille, de 1,5 à 4,5 m, et leur réalisation requiert un très haut niveau de maîtrise technique et artistique[1].
Le rikka shōfūtai (立花正風体) s’appuie sur les principes de l’esthétique traditionnelle du rikka. La composition utilise sept ou neuf lignes principales. Elle doit être variée et exprimer la diversité de la nature, ce qui constitue une caractéristique essentielle de cette forme.
Le rikka shimpūtai (立花新風体) a été introduit en 1999. Cette forme se caractérise par une composition de lignes donnant naissance à neuf à onze branches ou tiges. Elle repose avant tout sur l’équilibre, l’harmonie, la perspective et le mouvement, tout en s’inscrivant dans la tradition du rikka. Il n’est pas nécessaire d’observer nombre des règles qui s’imposent au rikka classique. Des végétaux exotiques peuvent être utilisés aux côtés de végétaux traditionnels, tels que la sauge ou le pin.
Galerie
modifierVoir aussi
modifierRéférences
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Rikka » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 3 « Rikka - floral arrangement » (consulté le )
- ↑ Genshoku Chado Daijiten, ed. Iguchi Kaisen et al. (Kyoto: Tankosha Publishing Co., 10th printing, 1975) (in Japanese). (ISBN 4-473-00089-3) Entry for Kadō.
- ↑ « About Arrangement Styles – Saga Goryu Kado Helsinki Study Group »
- ↑ « Ikebana » [archive du ] (consulté le )