Sikong Shu

fonctionnaire et poète chinois

Sikong Shu (chinois : 司空曙 ; chinois traditionnel : 司空曙 ; pinyin : Sīkōng Shǔ ; Wade : Sz’u-k’ung Shu) est un fonctionnaire et un poète chinois célèbre de la dynastie Tang. Selon l’anthologie Poésie complète des Tang son prénom de courtoisie est Wenming (文明)[a 1],[1] vol. 292. Originaire de Guangping, il naît en 720 et meurt en 790[2]. Dans sa carrière de fonctionnaire, il connaît un succès modéré[3]. Il est l’un des « Dix talents de l'ère Dali »[a 2],[4].

Sikong Shu
Naissance
Décès
(à 70 ans)
Nom dans la langue maternelle
司空曙 (Sikong Shu)
Nom de naissance
司空曙 (Sikong Shu)
Autres noms
nom de courtoisie : Wenming (文明) ; selon d’autres sources Wenchu (文初)
Nationalité
Activités
Autres activités

Biographie

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Sikong Shu naît à Guangping (aujourd’hui comté de Yongnian au Hebei) en 720[5]. À cause de la violence de la rébellion d'An Shi, il se réfugie dans le Sud où il connaît une vie d’exil. Quelques années plus tard, il retourne à Chang'an au Nord. Il réussit les examens impériaux et devient jinshi (lettré). Il aurait été secrétaire principal à Luoyang[5]. Il gravit les échelons et il exerce le poste de conseiller impérial de gauche. À Chang'an, il échange des poèmes avec, entre autres, Lu Lun, Dugu Ji et Qian Qi. Par la suite, à cause d’une affaire, il est rétrogradé au poste de sous-préfet de Changlin (aujourd’hui au nord-ouest de Jingmen, Hubei) où il vit un autre exil[a 3],[6].

Vers 785, lorsque Wei Gao (en) est nommé commandant militaire de Jiannan au Sichuan, il appelle Sikong Shu à rejoindre son état-major[7]. Ce dernier devient directeur adjoint honorifique au ministère des Travaux hydrauliques[8]. Il termine sa carrière en tant que comme directeur adjoint au ministère des Travaux publics. Il meurt en 790[1] vol. 292.

* * *

Comme sa carrière a été semée d’embûches et qu’il a connu de longs exils, il montre souvent une sollicitude profonde envers ses amis malheureux. De caractère droit et intègre, Shu ne cherche jamais à courtiser les puissants. Homme franc et doté d’un talent exceptionnel, il est l’un des « Dix talents de l'ère Dali », aux côtés d’écrivains contemporains tels que Lu Lun, Qian Qi et Han Hong[6].

Poésie

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Après avoir traversé la rébellion d’An Lushan, Sikong Shu se détache des affaires du monde et confie ses sentiments aux paysages et aux montagnes. Ses poèmes portent souvent une tonalité mélancolique et expriment parfois les sentiments laissés par les troubles de son temps. Ils traitent principalement des paysages naturels, des sentiments pour sa terre natale ou ses voyages ou des plaisirs simples de la vie rurale. Ils sont le plus souvent des compositions offertes lors de voyages et de séparations. Son style poétique, raffiné et élégant, lui vaut d’être l’un des « Dix talents de l'ère Dali ».

Sikong Shu excelle en poésie lyrique, et l’on trouve chez lui de nombreux vers célèbres, dont les deux premiers du poème qui suit.

Adieu à Han Shen à l’auberge Yunyang (云阳馆与韩绅宿别)

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Chinois

乍见翻疑梦,
相悲各问年。
江村月落后,
归去两三船。

Traduction libre

À te voir soudain, je crus d’abord rêver,
Tristesse partagée, nous nous demandons nos âges.
Dans le village sur la rivière, après le coucher de la lune,
Chacun de nous est retourné chez soi en bateau.


Le poème suivant de Sikong Shu est très célèbre.

Scène immédiate dans un village sur la rivière (江村即事)

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Chinois

钓罢归来不系船,
江村月落正堪眠。
纵然一夜风吹去,
只在芦花浅水边。

Traduction libre

Après la pêche, je rentre sans attacher la barque,
Dans ce village au bord de l’eau, la lune tombe et il est l’heure de dormir.
Même si le vent l’emporte durant la nuit,
Elle resterait parmi les roseaux, en eau peu profonde.

Notes et références

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  1. Selon d’autres sources ce serait Wenchu (文初)
  2. Avec Sikong Shu, les « Dix talents de l'ère Dali » sont Han Hong, Li Duan, Lu Lun, Ji Zhongfu, Qian Qi, Miao Fa, Cui Dong, Geng Wei, Xiahou Shen.
  3. Dans son poème Lettre à un ami exilé (寄遠方友人), Lu Lun parle de ses amis dispersés et tombés, tous exilés. « Ayant reçu le manuscrit de Geng Wei, je raconte les anciens amis de Chang’an dispersés et tombés… et Sikong Shu, magistrat de Changlin, tous exilés dans des contrées lointaines. » (Traduction libre de : 得耿湋司法書因敘長安故友零落…長林司空丞曙,俱謫遠方 »)

Références

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  1. 1 2 (zh) Sikong Shu, 全唐詩 (Poésie complète des Tang), Pékin, Zhonghua Shuju, (ISBN 9787101017168, lire en ligne)
  2. auteurs sous la direction de Rémi Mathieu, Anthologie de la poésie chinoise, Lonrai, Gallimard, coll. « La Pléiade », , 1547 p., p. 432
  3. (en) Albert Richard Davis, The Penguin Book of Chinese Verse, Penguin Books,
  4. (zh) « 司空曙 (Sikong Shu) », sur Sohu.com, Hebei, (consulté le )
  5. 1 2 (zh) 傅璇琮 (Fu Xuanzong), 唐代诗人丛考 (Étude des poètes de la dynastie Tang), Pékin, Zhonghua Shuju, (ISBN 7101035965), p. 527-539
  6. 1 2 (zh) « 司空曙 (Sikong Shu) », Pékin, (consulté le )
  7. (zh) 符載 (Fu Zai), 劍南西川幕府諸公寫真贊 (並序) (Éloge des fonctionnaires du bureau militaire de Jiannan Xichuan (avec préface),
  8. (zh) 吴迪 (Wu Di), 中国文学史 (第三版)辅导及习题集 [M] (Histoire de la littérature chinoise (3 ᵉ édition), guide et recueil d’exercices [M]), Presses de l’Université des Transports du Sud-Ouest, 2-13

Liens externes

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