Texte alexandrin

une des quatre traditions manuscrites du Nouveau Testament

Le texte alexandrin est l'un des types de texte que la critique textuelle distingue dans la tradition manuscrite du Nouveau Testament, avec les textes occidental, césaréen et byzantin[1]. Ce classement est discuté : Kurt et Barbara Aland ne tiennent pour établis que le texte alexandrin, le texte byzantin et celui du Codex Bezae[2], et la notion même de type de texte n'a pas de définition admise[3].

Fin du livre des Actes des Apôtres du Codex Alexandrinus, qui suit la forme du texte alexandrin.

Le texte alexandrin est la forme du Nouveau Testament la plus fréquente dans les premiers manuscrits grecs et coptes ; dans les sources manuscrites ultérieures (postérieures au IXe siècle), c'est plutôt le texte byzantin qui domine de loin et qui, pour cette raison constitue plutôt la référence pour l’Église grecque orthodoxe. Le texte byzantin est aussi celui qui a le plus inspiré les traductions protestantes à l'époque de la Réforme.

Aujourd'hui, cependant, la plupart des éditions bilingues grecques du Nouveau Testament, comme la 28e édition du Novum Testamentum Graece (2012), dont le texte reprend celui de la 27e sauf pour les épîtres catholiques[4], se fondent sur ce que l'on appelle l’éclectisme raisonné, et cela aboutit à un texte de caractère nettement alexandrin[5].

Traits caractéristiques

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Plusieurs passages manquent dans des témoins du texte alexandrin, notamment le Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus, sans que leur absence soit toujours propre à ces témoins[6] :

  • Matthieu 16,2b-3 : absent de א, B, Γ, f13 et 579.
  • Marc 16,9-20 (la finale longue) : absent de א, B, 304, de la version syriaque sinaïtique et de manuscrits sahidiques et arméniens. L, Ψ, 083, 099 et 579 portent à la fois une finale brève et la finale longue ; A, C, D, W, Θ, f13 et la majorité des manuscrits portent la finale longue seule.
  • Luc 22,43-44 : absent de 𝔓75, A, B, N, T, W et 579. Dans le Codex Sinaiticus, il figure dans la main première (א*), a été supprimé par un correcteur (א2a) et rétabli par un autre (א2b) ; il figure aussi dans D, L, Θ, Ψ et la majorité des manuscrits.
  • Jean 5,4 : absent de 𝔓66, 𝔓75, א, B, C*, D, T, Ws et 33.
  • Jean 7,53-8,11 : absent notamment de 𝔓66, 𝔓75, א, B, N, T, W, Θ, Ψ, 33 et 565.
  • Romains 16,24 : absent de 𝔓46, 𝔓61, א, A, B, C, 81, 1739 et 2464.

Le texte alexandrin représenté par :

Signe Nom Date Contenu
66 Bodmer II c. 200 Évangiles
46 Chester Beatty II c. 200 Épîtres de Paul
72 Bodmer VII/VIII III/IV 1-2 Peter; Jude
75 Bodmer XIV-XV IIIe siècle fragmenta Luc — Jean
א Codex Sinaiticus 330-360 NT
B Codex Vaticanus 325-350 Matthieu - Hbr 9, 14
A Codex Alexandrinus c. 400 (sauf Évangiles)
C Codex Ephraemi Rescriptus Ve siècle (sauf Évangiles)
Q Codex Guelferbytanus B Ve siècle fragmentes Luc - Jean
P Codex Porphyrianus IXe siècle NT (except. Évangiles)
T Codex Borgianus Ve siècle fragmenta Luke - John
Z Codex Dublinensis VIe siècle fragmenta des Matt.
L Codex Regius VIIIe siècle Évangiles
33 — IXe siècle NT (except Apoc.)
2427 — XIIIe siècle Marc
Autres manuscrits

Papyri :

  • 1
  • 4
  • 5
  • 6
  • 8
  • 9
  • 10
  • 11
  • 12
  • 13
  • 14
  • 15
  • 16
  • 17
  • 18
  • 19
  • 20
  • 22
  • 23
  • 24
  • 26
  • 27
  • 28
  • 29
  • 30
  • 31
  • 32
  • 33
  • 34
  • 35
  • 37
  • 39
  • 40
  • 43
  • 44
  • 45
  • 47
  • 49
  • 51
  • 53
  • 55
  • 56
  • 57
  • 61
  • 62
  • 64
  • 65
  • 70
  • 71
  • 72
  • 74
  • 77
  • 78
  • 79
  • 80 (?)
  • 81
  • 82
  • 85 (?)
  • 86
  • 87
  • 90
  • 91
  • 92
  • 95
  • 100
  • 104
  • 106
  • 107
  • 108
  • 110
  • 111
  • 115
  • 122

Onciali :

Codex Coislinianus, Porphyrianus (sauf Actes, Apoc), Dublinensis, Sangallensis (seulement Marc), Zacynthius, Athous Lavrentis (en Marc et Épîtres catholiques), Vaticanus 2061, 059, 071, 073, 076, 077, 081, 083, 085, 087, 088, 089, 091, 093 (1 Pierre), 094, 098, 0101, 0102, 0108, 0111, 0114, 0129, 0142, 0155, 0156, 0162, 0167, 0172, 0173, 0175, 0181, 0183, 0184, 0185, 0189, 0201, 0204, 0205, 0207, 0223, 0225, 0232, 0234, 0240, 0243, 0244, 0245, 0247, 0254, 0270, 0271, 0274, 0275.

  1. ↑ (en) Bruce M. Metzger et Bart D. Ehrman, The Text of the New Testament : Its Transmission, Corruption, and Restoration, New York / Oxford, Oxford University Press, , 4e éd. (ISBN 978-0-19-516122-9), p. 306-307
  2. ↑ (en) Kurt Aland et Barbara Aland (trad. Erroll F. Rhodes), The Text of the New Testament : An Introduction to the Critical Editions and to the Theory and Practice of Modern Textual Criticism, Grand Rapids, Eerdmans, , 2e éd. (ISBN 978-0-8028-4098-1), p. 67
  3. ↑ (en) Peter J. Gurry, « Text-Types and the Coherence-Based Genealogical Method », dans Sidnie White Crawford et Tommy Wasserman (dir.), The Oxford Handbook of Textual Criticism of the Bible, New York, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-758131-5), p. 459
  4. ↑ (de) Barbara Aland (dir.), Kurt Aland (dir.), Johannes Karavidopoulos (dir.), Carlo M. Martini (dir.) et Bruce M. Metzger (dir.), Novum Testamentum Graece, Stuttgart, Deutsche Bibelgesellschaft, , 28e éd., p. 9
  5. ↑ Toutefois certaines traductions modernes rompent avec le respect strict du texte alexandrin et adoptent certaines leçons du texte byzantin et des autres traditions ; par exemple, la préface au Comprehensive New Testament signale que l’English Standard Version ne coïncide qu'à 83% avec le Novum Testamentum Graece. Un petit nombre de traductions modernes, dont la « Nouvelle Bible du roi Jacques » (1982), conservent le texte des réformateurs, tout en signalant les principales variantes.
  6. ↑ Apparat critique à Matthieu 16,2-3, Marc 16,8, Luc 22,43-44, Jean 5,4 et 7,53-8,11, Romains 16,24, dans (de) Barbara Aland (dir.), Kurt Aland (dir.), Johannes Karavidopoulos (dir.), Carlo M. Martini (dir.) et Bruce M. Metzger (dir.), Novum Testamentum Graece, Stuttgart, Deutsche Bibelgesellschaft, , 28e éd.

Bibliographie

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