Timothy Montgomerie, né le 24 juillet 1970 à Barnstaple, est un militant politique, blogueur et chroniqueur britannique. Il est mieux connu comme cofondateur du Centre pour la justice sociale ainsi que créateur du site ConservativeHome, qu'il édite de 2005 à 2013, lorsqu'il devient responsable de la rubrique « Courrier des lecteurs » au Times[1]. Il démissionne de son poste au Times en mars 2014[2].

Timothy Montgomerie
Montgomerie en 2012
Biographie
Naissance
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Partis politiques
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Conservative Christian Fellowship (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement

En 2009, Daniel Finkelstein qualifie Montgomerie d'« un des militants conservateurs les plus importants des 20 dernières années », et en février 2012, The Observer déclare que « Dans les yeux de la plupart des députés, Montgomerie est l'un des conservateurs les plus influents en dehors du cabinet »[3][4].

En 2019, Montgomerie occupe brièvement le poste de conseiller spécial au premier ministre Boris Johnson, conseillant à propos des questions de justice sociale[5]. En décembre 2024, il quitte le Parti conservateur et rejoint Reform UK.

Biographie

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Timothy Montgomerie naît à Barnstaple le 24 juillet 1970 au sein d'une famille militaire[6]. Il fréquente la King's School, un établissement d'enseignement secondaire à Gütersloh, en Allemagne, dirigée par le Service Children's Education (SCE) dédié aux enfants du personnel militaire[7]. Il étudie ensuite l'économie ainsi que la géographie à l'Université d'Exeter, et dirige l'Association conservatrice avec Robert Halfon, Sajid Javid et David Burrowes, tous devenus membres conservateurs du parlement[8].

À l'Université d'Exeter, Montgomerie et Burrowes lancent également la Conservative Christian Fellowship (CCF) en décembre 1990, soutenue par la Christian Coalition of America[9]. En ce temps-là, il affirme que le Parti conservateur devrait nouer des liens plus étroits avec les Églises sur des questions tel que l'homosexualité ainsi que Section 28, déclarant que le parti devrait « dénoncer ce qui est contraire à la Bible ainsi que le libertinage »[10]. Il a depuis lors changé d'avis sur ces questions[11]. De 1990 à 2003, il occupe le poste de directeur de la CCF[8].

Carrière

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Montgomerie travaille brièvement à la Banque d'Angleterre dans les années 1990 en tant que statisticien, où ses responsabilités comprennent l'économie russe ainsi que l'étude du risque systémique dans les systèmes financiers.

Siège du Parti Conservateur

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De 1998 à 2003, Montgomerie est rédacteur de discours de deux chefs du Parti conservateur : William Hague et Iain Duncan Smith. Il est également chargé des relations du parti avec les communautés religieuses et le secteur associatif[8]. En septembre 2003, Montgomerie devient le chef de cabinet de Duncan Smith; Duncan Smith est remplacé par Michael Howard deux mois plus tard[12]. Il devient une influence majeure derrière le thème du conservatisme compassionnel de Duncan Smith[13].

Centre pour la justice sociale

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En 2004, avec Iain Duncan Smith et Philippa Stroud, Montgomerie établit le Centre pour la justice sociale afin de poursuivre le travail sur le « conservatisme compassionnel » que Smith avait entamé en tant que chef du parti[8]. Suivant la tradition d'individus tel que William Wilberforce, le Comte de Shaftesbury et Richard Oastler, il vise à faire de la condition des pauvres une priorité. Il établit un projet d'action sociale intitulé « Renewing One Nation » qui aide Duncan Smith à se concentrer sur ces questions[3].

ConservativeHome

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Montgomerie (gauche) lors d'un événement organisé par Policy Exchange en 2012 avec Mark Pack de Liberal Democrat Voice.

Le 28 mars 2005, Montgomerie lance le site ConservativeHome au cours de la période précédant la campagne électorale cette année-là[14]. Avec le député conservateur John Hayes, il met également en place conservativedemocracy.com, qui réussit à coordonner l'opposition populaire contre la tentative du chef du parti Michael Howard d'abolir la règle du « un membre, un vote » lors de l'élection à la direction du Parti conservateur britannique de 2005[15].

En septembre 2006, The Independent décrit Montgomerie ainsi : « s'impose comme un acteur majeur de la politique conservatrice. » Il critique la « Conservative A-List » (ou « liste prioritaire ») et affirme que le chef du parti après 2005, David Cameron, risque de s'aliéner les électeurs conservateurs de la classe ouvrière, et presse Cameron d'obtenir des engagements précis sur les baisses d'impôts[16][17][18][19]. Il soutient l'introduction du mariage entre personnes de même sexe en Angleterre ainsi qu'au Pays de Galles, affirmant qu'il s'agit d'une manière de renforcer l'institution plus généralement[11]. Par le biais de ConservativeHome, Montgomerie est sollicité comme expert en campagnes sur Internet par le quartier général du Parti conservateur[20][21][22].

Télévision par Internet

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Montgomerie est le directeur de la chaîne de télévision sur Internet 18 Doughty Street qui commence à émettre en octobre 2006 et cesse d'émettre en novembre 2007. Alors qu'il dirige 18 Doughty Street, Montgomerie anime l'émission « Campaign HQ », qui développe les publicités politiques en ligne de la chaîne après avoir permis aux télespectateurs de voter sur un choix de (généralement) trois propositions différentes. De précédentes publicités comprennent des attaques contre les impôts, le financement public des partis politiques, ainsi que du maire de Londres Ken Livingstone. La dernière, « A World Without America », dont la scène finale représente la Statue de la Liberté portant une burqa, a été coproduite par 18 Doughty Street et le site web BritainAndAmerica ; elle a enregistré 50 000 vues au cours des 24 premières heures suivant sa publication.

Depuis 2010

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Tim Montgomerie à Budapest en décembre 2019

Montgomerie continue d'éditer ConservativeHome accompagné d'autres personnes dont le co-rédacteur Jonathan Isaby, les rédacteurs adjoints Joseph Willits et Matthew Barrett, ainsi que le remplaçant d'Isaby, l'ancien député conservateur Paul Goodman. Après les élections générales britanniques de 2010, Montgomerie rédige un rapport critiquant la campagne électorale de David Cameron, intitulé « Falling short ».

Montgomerie encourage le marxisme culturel, écrivant dans The Times en 2013 : « Le XXe siècle fut loin de constituer une victoire écrasante pour la droite. Si le marxisme révolutionnaire a disparu, son compagnon de route — le marxisme culturel — a prospéré. »

Grâce à son rôle prépondérant au sein de ConservativeHome, Montgomerie écrit de fréquents articles concernant la politique conservatrice pour The Guardian ainsi que The Times, et occasionnellement pour le Daily Mail, The Independent et le Financial Times. En avril 2011, il devient chroniqueur du Sunday Telegraph, or, en octobre de la même année, Montgomerie démissionne de cette rubrique, après une série d'attaques dont il a été victime de la part de la rubrique Mandrake dans The Daily Telegraph, son journal-jumeau. Montgomerie écrit qu'un tweet critiquant le rédacteur en chef du Daily Telegraph Tony Gallagher engendra les attaques[23]. Peu de temps après, Montgomerie devient chroniqueur du Times[24].

En février 2013, Montgomerie annonce qu'en avril de cette année-là, il rejoindrait le Times en tant que responsable de la rubrique « Opinions », remplaçant Anne Spackman, mais conserve un rôle de « conseiller » et de blogueur hebdomadaire pour ConservativeHome[1][25].

Le 17 février 2016, Montgomerie démissionne temporairement de son poste de membre du Parti conservateur, citant la position de la direction sur l'Europe, qui est alors favorable à l'adhésion de l'UE[26].

Montgomerie fonde le magazine en ligne UnHerd en 2017. Le site publie, à l'origine, des articles conservateurs concernant le capitalisme ainsi qu'en soutien du Brexit[27]. Le 25 septembre 2018, il annonce avoir quitté UnHerd[28].

En septembre 2019, Montgomerie est nommé « conseiller en justice sociale » du premier ministre Boris Johnson au 10 Downing Street[5]. Le 31 janvier 2020, il déclare lors de la BBC Politics Live que le rôle dura jusqu'à ce que les élections soient appelées en novembre 2019 qu'il était alors en pourparlers avec Johnson concernant un nouveau rôle de conseiller suite au succès de Johnson dans ces élections. En mai 2020, Montgomerie critique fréquemment le gouvernement, en particulier le conseiller supérieur du premier ministre Dominic Cummings ainsi que le premier ministre lui-même[29].

En 2020, Montgomerie aurait déclaré que le gouvernement britannique devrait entretenir une « relation spéciale » avec la Hongrie après le Brexit, affirmant lors d'une réunion du Danube Institute que « Budapest et la Hongrie ont été, je crois, le berceau d'un grand nombre de réflexions précoces et intéressantes sur les limites du libéralisme, et je pense que nous observons la même chose au Royaume-Uni. J'espère donc qu'une relation privilégiée s'établira avec la Hongrie, parmi d'autres États. » Montgomerie est nommé conseiller en justice sociale de Boris Johnson en septembre de cette année-là et le Parti travailliste demande sa destitution, l'accusant de « se rapprocher d'un gouvernement qui propage une rhétorique antisémite et islamophobe, s'en prend aux migrants et aux réfugiés et porte atteinte à l'indépendance de la justice et des médias. »

Lors de la campagne pour les élections générales britanniques de 2024, Montgomerie affirme que s'il vivait dans certaines circonscriptions, il voterait pour le candidat de Reform UK, dont Nigel Farage à Clacton et Richard Tice à Boston and Skegness[30]. En décembre 2024, il quitte le Parti conservateur et rejoint Reform[31]. Il est suspendu de Reform en août 2026 pour avoir critiqué le parti.

Vie privée

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Montgomerie prétend être chrétien[32]. Il déclare dans une entrevue accordée au Guardian que son « thatchérisme d'adolescent a été tempéré... en découvrant le christianisme évangélique à l'âge de seize ans[8]. »

Notes et références

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  1. 1 2 (en) « Tim Montgomerie finds a new home at the Times » [« Tim Montgomerie trouve un nouveau point de chute au Times. »] Accès libre, sur The Guardian,
  2. (en) Roy Greenslade, « Tim Montgomerie resigns as The Times's comment editor » [« Tim Montgomerie démissionne de son poste de responsable des pages « Opinions » du Times. »] Accès libre, sur The Guardian,
  3. 1 2 (en) « The coup behind the Tories' clap for poverty » [« Le coup monté derrière les applaudissements des conservateurs pour la pauvreté »] Accès payant
  4. (en) Toby Helm, « Tim Montgomerie, the man who takes the Conservative pulse » [« Tim Montgomerie, l'homme qui prend le pouls des conservateurs »] Accès libre, sur The Guardian,
  5. 1 2 (en) Paul Goodman, « Good luck, Tim Montgomerie » [« Bonne chance, Tim Montgomerie »] Accès libre, sur ConservativeHome,
  6. (en) Sophie Elmhirst, « The NS Interview: Tim Montgomerie » [« L'entretien du NS : Tim Montgomerie »] Inscription nécessaire, sur New Statesman,
  7. (en) George Eaton, « Tim Montgomerie turns on Cameron : ConservativeHome editor says Cameron has been one of the "most disappointing" Tory leaders. » [« Tim Montgomerie s'en prend à Cameron : le rédacteur en chef de ConservativeHome affirme que Cameron a été l'un des chefs conservateurs les plus « décevants ». »] Inscription nécessaire, sur New Statesman,
  8. 1 2 3 4 5 (en) Andy Beckett, « Tim Montgomerie: pushing for a rightwing Tory party – with a heart » [« Tim Montgomerie : pour un Parti conservateur ancré à droite – mais doté d'un cœur »] Accès libre, sur The Guardian,
  9. (en) Marvin Olasky, « A new fab four : If faith-based reform is to take hold in Great Britain, these are the men who will make it happen » [« Un nouveau quatuor de choc : si une réforme d'inspiration religieuse doit s'implanter en Grande-Bretagne, ce sont ces hommes qui en seront les artisans. »] Accès libre, sur World Magazine,
  10. (en) Nick Cohen, « Onward, Christian Tories » [« En avant, conservateurs chrétiens »] Inscription nécessaire, sur New Statesman,
  11. 1 2 (en) Andrew Grice, « Prominent Tory disowns 'religious right' and supports gay marriage » [« Une figure de proue conservatrice se désolidarise de la « droite religieuse » et soutient le mariage homosexuel. »] Accès libre, sur The Independent,
  12. (en) Tom Happold, « Blue heaven: now, at last the Tories have a prayer » [« Un espoir pour les conservateurs : ils ont enfin une chance. »] Accès libre, sur The Guardian,
  13. (en) Gaby Hinsliff, « Devout whiz-kid seen as Tory saviour : Montgomerie is the face of compassionate Conservatism » [« Un prodige fervent perçu comme le sauveur des conservateurs : Montgomerie incarne le conservatisme compassionnel. »] Accès libre, sur The Guardian,
  14. (en) « Bloggers ready for general election debut Used to raise campaign funds and influence the media agenda in the US, bloggers have come of age and are gearing up for a UK election, finds Steven Vass » [« Les blogueurs prêts pour leurs débuts lors des élections législatives. Déjà habitués à lever des fonds de campagne et à influencer l'agenda médiatique aux États-Unis, les blogueurs ont gagné en maturité et se préparent pour les élections britanniques, selon Steven Vass. »] Accès libre, sur Sunday Herald,
  15. (en) « Davis has eyes on 'common ground' » [« Davis vise un « terrain d'entente » »] Accès payant, sur The Times
  16. (en) Alan Cowell, « New Leader Tries to Update Conservatives' Image » [« Le nouveau chef tente de moderniser l'image des conservateurs. »] Inscription nécessaire, sur The New York Times
  17. (en) « Tories vow to learn over A-list » [« Les conservateurs promettent de tirer les leçons de l'affaire de la « liste A » »] Accès libre, sur BBC,
  18. (en) « Tories 'failing to recruit women' » [« Les conservateurs peinent à recruter des femmes »] Accès libre, sur BBC,
  19. (en) « Cameron set to avoid tax giveaway » [« Cameron devrait éviter d'accorder un cadeau fiscal. »] Accès libre, sur BBC,
  20. (en) Caroline Daniel, « Tories to use US internet tactics to target BBC » [« Les conservateurs vont utiliser des tactiques internet américaines pour cibler la BBC. »] Accès libre, sur Financial Times,
  21. (en) « Tory activists may get blog spot » [« Les militants conservateurs pourraient obtenir un espace de blog »] Accès libre, sur BBC,
  22. (en) Brian Wheeler, « Battle of the conference blogs » [« La bataille des blogs de conférences »] Accès libre, sur BBC,
  23. (en) « Tim Montgomerie: Why The Telegraph is “sh*tbagging” me » [« Tim Montgomerie : Pourquoi le Telegraph me traîne dans la boue »] Accès libre, sur ConservativeHome,
  24. (en) « 81. Tim Montgomerie » Accès libre, sur The Guardian,
  25. (en) « Tim Montgomerie moving to become Comment Editor of The Times (but he’ll still be writing for ConservativeHome) » [« Tim Montgomerie va devenir responsable des pages « Opinions » du Times (mais il continuera d'écrire pour ConservativeHome). »] Accès libre, sur ConservativeHome,
  26. (en) Tim Montgomerie, « Enough. I'm quitting the Conservative party » [« Assez. Je quitte le Parti conservateur »] Accès payant, sur The Times
  27. (en) Samuel Earle, « Loud and uncowed: how UnHerd owner Paul Marshall became Britain’s newest media mogul » [« Bruyant et indomptable : comment Paul Marshall, propriétaire d’UnHerd, est devenu le nouveau magnat des médias britannique. »] Accès libre, sur The Guardian,
  28. (en) Freddy Mayhew, « Former Times columnist Tim Montgomerie leaves Unherd news website he founded last year » [« Tim Montgomerie, ancien chroniqueur du Times, quitte le site d'information Unherd qu'il a fondé l'année dernière. »] Inscription nécessaire, sur Press Gazette,
  29. (en) Tim Montgomerie, « Why I broke with Boris Johnson » [« Pourquoi j'ai rompu avec Boris Johnson »] Inscription nécessaire, sur New Statesman,
  30. (en) « Tories face extinction as Labour landslide becomes inevitable | Pienaar and Friends » [« Les conservateurs menacés de disparition alors qu'une victoire écrasante du Parti travailliste devient inévitable | Pienaar and Friends »] Accès libre, sur YouTube,
  31. (en) « Conservative Home founder joins Reform » [« Le fondateur de Conservative Home rejoint Reform. »] Accès libre,
  32. (en) Peter Hoskin, « Is Tim Mongomerie the most powerful man in politics? » [« Tim Montgomerie est-il l'homme le plus puissant de la politique ? »] Accès libre,