Tour automatique

machine-outil qui permet d'usiner automatiquement une pièce, à savoir la tourner sans avoir recours à un opérateur

Le tour automatique ou tour semi-automatique, également appelé décolleteuse ou tour suisse[1], est une machine-outil qui permet d'usiner automatiquement une pièce, à savoir la tourner sans avoir recours à un opérateur[1]. Le procédé de production de ces machines est appelé décolletage.

Construction

modifier

Ces tours servent à tourner des pièces entre-pointes qui ne peuvent l’être sur un tour revolver. Ils offrent les mêmes avantages que les tours parallèles, mais plusieurs outils peuvent travailler simultanément. Outre la poupée et la contre-poupée (ou contre-pointe), ils possèdent deux chariots (un à l’avant et un à l’arrière) qui peuvent recevoir plusieurs outils. Généralement, un des chariots travail en translation (parallèle à l’axe de la pièce) et l’autre perpendiculairement à cet axe.

  • Sur tour semi-automatique, l’opérateur assure l’avance de la barre ou le positionnement de la pièce et actionne les commandes d’avance. La machine peut être équipée d’une tourelle revolver.
  • Sur tours automatiques, l’opérateur n’assure que l’approvisionnement en pièces, sauf pour les grandes séries où un distributeur automatique peut être installé. La commande numérique améliore nettement le rendement d’une telle machine d’autant plus que l’opérateur peut s’occuper de plusieurs machines.

Types de machines

modifier
  • Tours monobroches[2] pour l’usinage d’une pièce à la fois avec plusieurs outils agissant simultanément.
  • Tours multibroches[2] pour l’usinage simultané de plusieurs pièces à la fois, passant à chaque cycle devant un outil différent.

Très productifs, ces tours sont employés pour la très grande série. Les commandes numériques remplacent tous les commandes par cames et leviers (asservissement hydraulique, électromagnétique, électronique)

Histoire

modifier
Photographie d'une machine
Tour automatique de Jakob Schweizer conservé au Musée du tour automatique et d’histoire de Moutier

L’invention du tour automatique à poupée mobile est attribuée à l'horloger suisse Jakob Schweizer à Bienne. Dès 1872-1873, celui-ci mit au point un prototype du tour automatique à poupée mobile commandé par cames[3].

En 1880[4], Nicolas Junker, un mécanicien suisse alémanique, s'installe à Moutier dans le Jura bernois pour industrialiser la fabrication de vis et de pignons destinés à l'horlogerie, des pièces alors onéreuses à produire artisanalement[5]. Pour y parvenir, il modernise le tour automatique à poupée mobile du système Schweizer en renforçant sa rigidité et en y intégrant des innovations majeures, telles que la bascule (dispositif monté sur un pivot, portant deux porte-outils situés de part et d’autre de l’axe de tournage), un chariot radial ainsi qu'un système primitif d'avance-barres[4]. Nicolas Junker crée son atelier de fabrication en série de ses tours automatiques dans une dépendance des Verreries de Moutier. Il dépose son premier brevet en 1896, puis présente sa machine à l’Exposition nationale de Genève la même année. C’est à partir de cette date que le tour automatique Junker à poupée mobile est produit en série[4].

De la faillite de Junker & Cie en 1905[6.1] naîtra Tornos en 1911, fabrique de tours automatiques concurrente de celle d'André Bechler et de Joseph Pétermann, qui fusionneront dans la deuxième moitié du 20e siècle[6.2].

D'autres fabriques de tours automatiques naissent dans la région, telles Voumard[6.3] (Tramelan puis La Chaux-de-Fonds et Hauterive, 1886-2010), Tavannes Machines Co[6.4] au sein de la Tavannes Watch Co (1901-1986), Essaime[6.5] (Tavannes, 1910-1925), Schaublin Machines[6.6] (Malleray puis Bévilard, 1915) et tant d'autres.

Formation

modifier
  • Cours de technologie générale des mécaniciens, classe de 1re, lycée technique.
  • Cours de perfectionnement au BP-dessin et BTS-BE, Automobiles Peugeot, Sochaux.

Notes et références

modifier
  1. 1 2 Jonathan Reynolds, « Tour automatique : caractéristiques, fonctionnement, avantages... », (consulté le )
  2. 1 2 « tour automatique », sur vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le )
  3. Edouard Huguelet, « L'histoire épique des tours automatiques à poupée mobile », sur Le Micromécanicien, (consulté le )
  4. 1 2 3 AFDT, « L'histoire du décolletage en Suisse », sur MSM Le Mensuel de l'Industrie, (consulté le )
  5. Pascal Bourquin, « Nicolas Junker : « Un pionnier du tour automatique » », sur MTAH, (consulté le )
  6. Pierre-Yves Donzé et Joël Jornod, L'industrie en images: un système technologique et industriel dans le Jura bernois, XIXe-XXIe siècle, Jurassic Archive and Research Centre, (ISBN 978-2-88930-271-0, lire en ligne)
    1. p. 241
    2. p. 248-255
    3. p. 242
    4. p. 243-247
    5. p. 257
    6. p. 258-261

Voir aussi

modifier