Utilisateur:Groupir !/Jean Girault
https://www.cinecomedies.com/dossiers/jean-girault-lillustre-inconnu-du-cinema/
http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=13997
« Jacques Vilfrid, scénariste du Gendarme de Saint-Tropez », sur nimotozor99.free.fr (consulté le ).
Plan :
- Biographie
- Analyse de l'œuvre (sans sous-section)
- Collaboration avec Raymond Lefebvre
- Collaboration avec Louis de Funes
- technique, façon d'écrire et de tourner
- modestie, réalisateur discret, malgré sa liste de succès
de substantiels ajouts dans les articles Jacques Vilfrid, Le Juge
https://books.google.fr/books?id=CGODCwAAQBAJ&pg=PT95&dq=le+concierge+film+jean+girault&hl=fr&newbks=1&newbks_redir=0&source=gb_mobile_search&ovdme=1&sa=X&ved=2ahUKEwi2oM3O5ZiWAxUVgP0HHb8gAUoQ6AF6BAgPEAM#v=onepage&q&f=false Chapitre "Avec une idée simple, cet homme a fait un film qui a amusé toute la France » : Jean Girault, des Gendarme au Mille-pattes fait des claquettes (1964-1982)
Intro
modifierIndissociable de son coscénariste Jacques Vilfrid, il est principalement l'auteur de films comiques, d'abord comme scénariste puis à partir de 1960 comme réalisateur. Artisan d'un certain cinéma populaire sans grande prétention, il réalise de nombreux à succès entre 1960 et 1982, particulièrement avec Louis de Funès, qu'il met en scène à douze reprises. Il est le réalisateur qui laisse le plus de liberté à l'acteur, et va jusqu'à partager la réalisation avec lui dans leurs derniers films.
Il a également réalisé le dernier film de Jean Gabin, L'Année sainte (1976).
Ses films ont rassemblés au total plus de 77 millions de spectateurs dans les salles de cinéma françaises et bien davantage à l'international. Malgré ces succès, il demeure néanmoins un cinéaste oublié ou négligé, à l'inverse de réalisateurs comiques comme Gérard Oury ou Claude Zidi. Ses collaborations avec Louis de Funès connaissent une durable postérité.
les Charlots pour Les Charlots font l'Espagne (1971)
Jean Girault tourne de nombreux films interprétés par Louis de Funès, dont Le Gendarme de Saint-Tropez et ses suites.
En dehors des films avec Louis de Funès, il connaît un grand succès avec et est le dernier réalisateur à avoir fait tourner Jean Gabin, dans L'Année sainte (1976)[1]. Il tente également de lancer comme vedette l'acteur Louis Velle, en l'installant en premier rôle dans Le Permis de conduire (1973), Les murs ont des oreilles (1974) et L'Intrépide (1975)[1].
Biographie
modifierJeunesse et formation
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Jean Jacques Antoine Girault naît le , à Villenauxe, dans l'Aube[2],[3],[4]. Sa maison natale, sans eau ni électricité, surplombe la ville, au lieu-dit le Pommerat[5]. Son père, Fernand Girault, né en 1879, a été agent d'exportation puis représentant de commerce et s'est marié une première fois de 1909 à 1912[2],[6],[note 1]. Sa mère, Camille Espock (1886-1959), a été institutrice[2]. Ses parents se marient en 1913 et n'ont qu'un enfant unique, à la quarantaine[3]. Camille Girault a abandonné la sécurité de son métier d'institutrice par amour pour Fernand, qu'elle suit à Villenauxe pour vivre dans des conditions précaires en tant qu'aviculteurs[3]. L'enfant est si fragile que ses parents sollicitent en urgence un prêtre pour l'ondoyer de peur qu'il meure avant de pouvoir être baptisé[7]. Dès sa naissance, le petit Jean souffre de la tuberculose, fragilité pulmonaire qui mine toute son enfance[2],[8],[7].

Le père délaisse finalement sa famille au bout de quelques années[2],[7]. Jean Girault emménage à Paris à l'âge de treize ans avec sa mère, séparée de son père[8]. Sa mère fonde un cours privé à Poissy (avec sa sœur elle aussi institutrice) puis devient rédactrice pour une compagnie d'assurances[9]. Jean est inscrit à un cours complémentaire de la rue Milton puis admis au lycée Rollin en 1941[9]. Il obtient son baccalauréat (alors en deux parties) et entame des études de médecine, abandonnées au bout d'un an[2],[9]. En parallèle, il fait plusieurs séjours en sanatorium dans les Alpes[9].
Dans son adolescence, il noue une amitié durable — de quarante ans — avec Jacques Anfrie, camarade d'un an son âiné qu'il côtoie dans la paroisse Notre-Dame-de-Lorette à l'école, au patronage et chez les scouts[10],[9]. À ses côtés, il s'immerge dans la vie parisienne, traîne longuement dans les cinémas de quartier et découvre le jazz dans les concerts et cabarets parisiens joué par les virtuoses du hot et du swing[8],[9]. Son comparse adopte bientôt le pseudonyme Jacques Vilfrid[9]. Ils écrivent des histoires qu'ils jouent avec leurs amis[9].
Girault a toujours eu le rêve de faire du cinéma et s'y consacre après son année de médecine infructueuse[8],[9]. Avec son meilleur ami, il s'incruste sur des tournages pour observer la technique et la fabrication des films[8]. Girault et Vilfrid suivent tous deux les cours de l'école technique de photographie et de cinématographie, rue de Vaugirard[10],[9],[note 2]. Le , ils fondent avec plusieurs amis artistes le Groupe d'art et d'études dramatiques (GAED) dans les locaux de l'Institut des hautes études cinématographiques, avec pour marraine la jeune vedette Micheline Presle[11]. En juillet, Vilfrid et Girault présentent une pièce de théâtre de leur cru, Les vacances commencent demain…, jouée par les jeunes de Notre-Dame-de-Lorette[11]. À partir du , le GAED représente leur pièce Kéréole, mise en scène par Georges Rollin[11].
À la même période, également passionné par le jazz, Jean Girault joue avec Jacques Vilfrid dans des boîtes de nuit à Pigalle[8],[9]. Ils font partie de la section rythmique de l'orchestre d'Eddie Barclay puis en 1946 de la première formation de Claude Luter, l'un des plus fameux jazzmen européens, Girault à la contrebasse et Vilfrid à la batterie[11],[12],[note 3].
Débuts au cinéma et au théâtre
modifier« Avec mon vieux complice Jacques Vilfrid, nous avons « bouffé de la viande enragée » durant pas mal d'années. Impossible de se faire une place au soleil. Ceux qui tenaient le haut du pavé ne laissaient aucune ouverture possible. Il a vraiment fallu que nous soyons acculés, obligés de jouer des coudes et de montrer les dents afin de subsister pour que les portes s'entrouvent enfin »
En 1946, Jean Girault et Jacques Vilfrid gagnent en expérience en participant aux tournages de courts-métrages, aux postes d'assistant-réalisateur, assistant-opérateur de prises de vues ou monteur, mais aussi transporteurs de matériel à l'aide d'une remorque derrière leurs bicyclettes[11]. En 1945, ils coécrivent un court métrage réalisé par Vilfrid, Matricule 1[15], sorti en 1946 et existant dans un montage plus court et différent intitulée Monsieur Placide s'évade[16]. Afin de réaliser des moyens métrages, ils fondent une société de production, Movis, le [11]. Au sein de Movis, ils écrivent un second court métrage, Le Mystérieux colonel Barclay, encore réalisé par Vilfrid[15], tourné en 1946 et sorti l'année suivante[17]. En 1947, Girault commence à travailler sur des longs-métrages en devenant l'assistant du réalisateur Marcel Blistène[2],[11]. Il est également employé de banque vers la même période[18].
En 1949, Girault et Vilfrid entament l'écriture d'une pièce de théâtre, Douce Anita, l'histoire de cinq adolescents partis sur la côte d'Azur pour réviser leurs examens et tourmentés par une jeune fille, amoureuse de l'un d'eux[11]. Le titre est changé en L'Amour, toujours l'amour à la demande d'une directrice de théatre[19]. Parmi plusieurs jeunes gens, la distribution comprend notamment Jean Lefebvre, débutant déniché par le metteur en scène Pierre Mondy et qui décide avec cette pièce de persévérer dans la comédie après y avoir renoncé un temps pour une carrière dans les assurances[20]. Le directeur du théatre Molière de Bruxelles découvre la pièce sans engagement pendant les répétitions et la produit dans son établissement, à partir de [11],[20]. La création a lieu au théâtre royal du Parc[11]. Le succès belge de la pièce suscite l'intérêt de Simone Berriau, qui les fait venir en France au théâtre Antoine, là aussi une réussite[20]. Avec L'Amour, toujours l'amour, créé à Paris en [21], Girault et Vilfrid obtiennent leur premier succès notable, public et critique[12],[18],[a]. Une autre distribution différente la joue au théâtre Marigny en 1966 pour l'émission Au théâtre ce soir[22].
Au théâtre Antoine, Maurice Chevalier envoie de vifs encouragements aux auteurs et interprètes : « Merci, mes petits gars pour une pièce de vrais jeunes qui respire la naturelle chaleur de gosses qui s'embarquent sincèrement. Comme il est agréable d'écouter et de contempler des nouveaux dont le regard est bon, clair et gai, de rire franchement et de s'émouvoir sincèrement. Tenez bon, les enfants, vous êtes dans le vrai »[23]. Le succès de la pièce de théâtre attire rapidement l'attention des producteurs de cinéma : d'après leur scénario, Maurice de Canonge réalise l'adaptation, L'Amour toujours l'amour, sortie en salles en [2],[11]. Ce premier long-métrage de leur plume engrange 655 960 entrées[24],[25]. Ce film marque leur véritable entrée dans le monde du cinéma[2],[12]. Girault et Vilfrid ont aussi livré le scénario du film Un jour avec vous (ou Entrez sans frapper), réalisé par Jean-René Legrand, sorti en début d'année[23], qui récolte 973 836 entrées[25]. À l'été 1952, le journal L'Aurore parle d'eux comme « des jeunes auteurs à la mode »[18].

Forts de leur succès naissant, Girault et Vilfrid lancent une nouvelle pièce, Sans cérémonie, prévue pour cinquante représentations au théâtre Daunou à partir du [26],[27]. La pièce raconte les mésaventures d'un homme d'affaires, Léonard Monestier, tentant de se débarrasser d'une lointaine concession pétrolière vendue par un escroc à son épouse Cynthia ; il espère profiter de la crédulité d'un millionnaire qui courtise vainement sa fille Patricia[27]. La pièce marque le retour sur scène d'Albert Préjean, dans le premier rôle, alors qu'il avait renoncé au théâtre, et de Jean Pâqui, qui s'était consacré à sa carrière de cavalier sportif les cinq dernières années (ses parents sont propriétaires du théâtre Daunou)[27]. La fille des Monestier est incarnée par la jeune Claude Gensac, récemment révélée dans des tragédies, et alors l'épouse de Pierre Mondy, metteur en scène de Sans cérémonie[27].
La pièce est de facture très classique, une comédie de mœurs telle que codifiée par Eugène Labiche ou Georges Feydeau au siècle précédent, reposant sur l'enchevêtrement de ressorts immuables de l'argent, du mariage et de la duperie[b]. La critique assassine Sans cérémonie et ses premiers rôles, épargnant seulement Louis de Funès et Jean Ozenne, loués pour leurs prestations respectives du valet et du millionnaire à flouer[28]. Échec critique et commercial[2], Sans cérémonie est interrompu au bout de six semaines de représentations, le [28].
Au service des comiques les plus populaires
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Sur la lancée de L'Amour toujours l'amour, Jean Girault et Jacques Vilfrid écrivent durant huit ans plusieurs scénarios pour le cinéma[2],[12], parfois séparément[23]. Leur répartition des tâches reste floue à cette époque[12]. En plus du scénario, Vilfrid est souvent crédité à part pour les dialogues[23]. En 1953, Girault est l'assistant-réalisateur de Maurice Régamey et son coauteur sur le court métrage Le Rire, porté par Louis de Funès[29]. Il écrit la même année pour Régamey le scénario du court-métrage Dansez maintenant ![30]. Girault et Vilfrid sont derrière le scénario et les dialogues de Cherchez la femme (1955) de Raoul André et Chéri, fais-moi peur (1958) de Jack Pinoteau[31] ; le deuxième titre, mené par Darry Cowl, attire 1,6 million de spectateurs[32]. Sur un scénario d'autres auteurs, ils signent les dialogues de L'Ami de la famille (1957) de Jack Pinoteau, là aussi pour Darry Cowl[33], glânant près de 2,3 millions d'entrées[34]. Avec le réalisateur Jean-Claude Roy, Girault coécrit en 1957 Printemps à Paris et Une nuit au Moulin-Rouge, deux films mis en musique par Francis Lopez[31], qui atteignent chacun le demi-million d'entrées[34]. La même année, il est l'auteur de la version en langue française du film italien Totò, Vittorio e la dottoressa[33]. En tant qu'assistant-réalisateur de Régamey, il retrouve sur le plateau de Comme un cheveu sur la soupe Louis de Funès dans son premier rôle principal[35].
Girault et Vilfrid écrivent pour Fernand Raynaud deux films réalisés par Pierre Chevalier, Le Sicilien (1958) et Le Mouton (1960)[2],[4],[36]. Pour Fernand Raynaud, Girault écrit également avec Pierre Chevalier le film La Marraine de Charley (1959)[33],[36]. Reposant sur l'humoriste français le plus populaire d'alors, ce sont de bons succès avec plus de deux millions d'entrées par film[2],[32],[37],[38]. Outre plusieurs films d'action, Vilfrid connaît seul un triomphe avec Le Triporteur (1957), la consécration de Darry Cowl[39],[40],[41]. Jean Girault finit par se lasser du poste de scénariste : « Pour écrire, il faut être Audiard ou Jeanson. Je ne suis ni l'un ni l'autre. Je n'ai pas assez de talent pour continuer à être auteur, je vais me tourner vers la mise en scène »[2],[42].
Girault et Vilfrid obtiennent leurs premiers succès grâce à des petits films comiques avec Darry Cowl et Francis Blanche en têtes d'affiche. | ||
Toujours avec Jacques Vilfrid comme coscénariste, Jean Girault réalise son premier film en : Les Pique-assiette[36]. En créant le tandem Darry Cowl et Francis Blanche, pour la première fois ensemble en tête d'affiche, ils essaient de constituer l'équivalent de Laurel et Hardy à la française[36],[43]. Ils emploient le duo dans une succession de comédies sans prétention à petit budget : Les Pique-assiette (sorti en mai 1960), Les Livreurs (fin juillet 1961), Les Bricoleurs (février 1963) et Les Gorilles (décembre 1964) , ainsi que Les Moutons de Panurge avec seulement Darry Cowl (début juillet 1961) et un sketch dans Les Veinards avec Blanche[2],[4],[44],[45],[39],[40]. Les Pique-assiette et Les Livreurs dépassent largement les deux millions d'entrées, Les Bricoleurs atteint le million et demi, tandis que Les Moutons de Panurge franchit seulement le demi-million[46].
Imaginé par Jacques Rémy, Les Veinards s'intéresse aux mésaventures de chanceux qui ont gagné un prix à différents concours[47],[48]. Ce film à sketchs, principe alors en vogue dans le cinéma français, est partagé entre les réalisateurs Jean Girault, Philippe de Broca et Jack Pinoteau, assortis de leurs scénaristes habituels[47],[48]. Girault et Vilfrid s'occupent de trois parties sur cinq, Le Vison avec François Périer et la débutante Mireille Darc, Le Repas gastronomique avec Francis Blanche et Le Yacht avec Pierre Mondy et Jacqueline Maillan[48]. Les autres sketchs, La Vedette et Le Gros Lot, mettent en scène Darry Cowl et Louis de Funès[47],[48]. La critique est mauvaise[49]. Porté par six vedettes du cinéma et du théâtre[48], le film sort en et attire 1,5 millions de spectateurs[46].

Girault et Vilfrid décident ensuite d'adapter Sans cérémonie au cinéma, malgré son échec dix ans plus tôt[2],[44],[41]. Ils remanient le texte, ajoutent des scènes extérieures et baptisent le film Pouic-Pouic, titre plus franchement comique[2],[44]. Girault désire confier le rôle principal à Louis de Funès[44],[45],[40]. Les producteurs de ses précédentes réalisations ne veulent pas cet acteur ne jouissant encore que d'un succès d'estime au cinéma[44]. Réticents à l'idée de monter l'adaptation d'une pièce sans succès avec un nom pas assez populaire, ils tentent de lui faire plutôt distribuer le rôle à Darry Cowl ou Francis Blanche[50]. Convaincu par son choix, Girault ne cède pas et prend le risque de créer sa propre société de production, Story Films, avec Vilfrid, afin de réunir au bout de longs mois le financement nécessaire[50],[51],[note 4]. Le film est rapidement tourné au printemps 1963, sur un budget serré, principalement en studios, avec Jacqueline Maillan, Mireille Darc, Philippe Nicaud, Guy Tréjan et Christian Marin[50]. Dans une ambiance détendue, Girault développe une parfaite entente avec Louis de Funès et le met habilement en valeur par sa réalisation[52]. Le film reçoit des critiques mitigées[53]. C'est à l'origine un lent et modeste succès, de moins d'un million de spectateurs[41],[54].
Avant même que Pouic-Pouic ne fasse ses preuves auprès du public, Girault et Vilfrid, motivés par l'agréable expérience du tournage, s'attachent à bâtir un nouveau film sur Louis de Funès[4],[39],[55],[56]. Ils doivent à nouveau l'imposer face à des producteurs qui réclament Darry Cowl ou Francis Blanche[56]. Cette fois-ci une histoire originale, Faites sauter la banque entoure l'acteur principal d'une distribution différente — dont Jean-Pierre Marielle et Yvonne Clech — mais repose sur la même équipe technique[39],[55],[56]. Les deux coscénaristes ont désormais établi leur méthode de travail : ils cherchent ensemble les idées, de scènes et de gags, puis Vilfrid écrit scénario et dialogues et ensuite Girault le transforme en découpage technique pour le tournage[40]. Ce film de casse raconte la tentative d'un commerçant et sa famille de dévaliser leur propre banque située de l'autre côté de la rue[55]. Là aussi doté d'un faible budget, c'est un quasi huis-clos filmé en studios[55],[56]. Le film, sorti en , éclipsé par une forte concurrence, ne connaît d'abord qu'un succès dérisoire[57],[39],[56]. À la faveur du triomphe suivant de la même équipe quelques mois plus tard, Pouic-Pouic et Faites sauter la banque, encore dans les salles, sont remis en lumière et engrangent des centaines de milliers d'entrées supplémentaires[41],[56].
Triomphes avec Louis de Funès
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L'attaché de presse des deux derniers films, Richard Balducci, apporte un synopsis inspiré d'une mésaventure grotesque qu'il a vécu à la gendarmerie de Saint-Tropez ; intéressé par le premier rôle, Louis de Funès enrichit cette base d'idées cruciales[58],[59],[60],[61]. Balducci construit le scénario, Girault s'occupe à préparer sa mise en scène, Vilfrid s'attache aux dialogues[62]. Le film raconte la mutation d'un gendarme zélé, Ludovic Cruchot, dans la luxueuse cité balnéaire de Saint-Tropez, au sein d'une brigade mollassonne dirigée par l'adjudant Gerber, quelque peu dépassé face à l'agitation estivale[63]. Girault et Vilfrid doivent encore se battre pour faire accepter Louis de Funès aux financiers (plutôt que Cowl ou Blanche), de même que la couleur, innovation alors coûteuse et rare dans le cinéma comique français[64],[65],[66]. Les producteurs de la SNC adhèrent à leurs conditions[64],[66].
Durant les prises de vues, Girault laisse une grande liberté à sa distribution et incorpore volontiers les improvisations ou idées de ses acteurs[67]. Friand des améliorations suggérées par Louis de Funès, Girault lui permet de collaborer à la mise en scène et au montage[60],[68]. Le Gendarme de Saint-Tropez, sorti discrètement en , est un triomphe commercial avec près de huit millions d'entrées, soit le plus gros score de l'année[46],[69],[70]. La critique est agréablement surprise, saluant sa gaieté, ses couleurs, et la révélation de Louis de Funès[71],[70],[72],[73]. Ce dernier devient, tardivement, un acteur reconnu et « bankable », véritable phénomène du box-office pour les deux prochaines décennies[69],[74],[75].

Dès le tournage, les scénaristes, le réalisateur et Louis de Funès évoquaient l'envie d'une suite, aussitôt concrétisée au vu du succès rencontré[76]. L'acteur suggère de faire voyager son gendarme à l'étranger pour renouveler l'histoire, un idée qui s'accorde avec le succès international du premier film[77]. Après avoir pensé à Mexico ou Tokyo, Girault, Vilfrid et Balducci écrivent Le Gendarme à New York, dans lequel la brigade part représenter la France à un congrès des gendarmeries du monde entier[77].
À peine un an après le premier, le tournage passe brièvement par Saint-Tropez puis prend place place sur le paquebot France traversant l'océan Atlantique et à New York[78],[79]. Le budget décuplé offre un certain confort, même si la partie américaine du tournage s'avère épuisante[60],[79]. Tandis que Girault et Louis de Funès approfondissent leur relation de travail en parfaite symbiose, de premières difficultés apparaissent avec Jean Lefebvre, conduisant à réduire son rôle ; le réalisateur commence à mettre davantage en valeur sa vedette, au détriment des autres rôles[79],[80]. Le Gendarme à New York, sorti dès , rassemble 5,4 millions d'entrées, un beau succès pour une suite[81]. Les critiques sont contrastées[82].
Deux ans après, Jean Girault retrouve avec Les Grandes Vacances son acteur-fétiche, désormais auréolé du triomphe de La Grande Vadrouille (1966) et déterminé à pleinement s'impliquer dans la préparation du film[83]. Le film montre les mésaventures d'un directeur d'une boîte à bac aux prises avec les envies de liberté de son propre fils qui vient d'échouer à l'examen mais entend profiter de ses vacances[83]. Superproduction aux gags spectaculaires, le film réunit une équipe d'amis dans une ambiance agréable et propice à l'invention[84],[85]. Afin d'aborder le marché anglo-saxon, le tournage est au départ dédoublé, pour obtenir chaque scène dans une version en français puis une autre en anglais, jusqu'à ce que l'acteur-vedette, vite lassé, fasse arrêter ce procédé[84],[85],[note 5]. Les Grandes Vacances, sorti en , est un triomphe de près de sept millions de spectateurs, le plus gros score de l'année[46],[88]. Les critiques jugent que le film n'est pas de grande qualité mais constitue néanmoins un divertissement efficace[89].
Rêvant depuis longtemps d'immerger Louis de Funès dans une histoire d'amour, Girault entreprend Le Gendarme se marie[60]. Pour être sûr que le sujet plaise aux amateurs de la série, il lance avec Vilfrid un sondage dans la presse, avec des résultats favorables pour un film où Cruchot se marie[90]. Pour le rôle de la future Mme Cruchot, Louis de Funès lui impose Claude Gensac contre son gré ; Girault le fait ensuite sentir à l'actrice pendant le tournage[61]. Balducci commence à moins s'impliquer dans l'écriture du Gendarme[62]. À cause des grèves et pénuries de mai 68, les prises de vues sont interrompues, malgré l'opposition du réalisateur, de la vedette et du producteur[91],[92]. Une fois le travail repris avec retard, le tournage se fait avec difficulté, mais Louis de Funès finit par livrer de brillantes improvisations[93]. De nombreuses séquences filmées sont coupées au montage[94],[95]. À la fin de la première du film, Jean Lefebvre accuse ouvertement Louis de Funès d'avoir supprimé ses scènes[94],[96]. Le scandale se répand dans la presse[94]. Girault, également incriminé, explique être déçu par ce vieil ami et évoque son peu de professionnalisme sur le plateau de tournage[97],[note 6]. Lefebvre se réconcilie plus tard avec Louis de Funès, qui persuade Girault de le reprendre dans l'éventuel prochain Gendarme[99]. Le Gendarme se marie, sorti en , est un nouveau triomphe avec 6,8 millions d'entrées[46],[100]. Les critiques sont tièdes et, nourries de la polémique Lefebvre, jugent que de Funès « a fait le vide autour de lui »[97].

Deux ans plus tard, en 1970, Girault et Vilfrid reviennent à Louis de Funès pour le quatrième Gendarme, Le Gendarme en balade, dans lequel la brigade de Saint-Tropez est mise à la retraite anticipée, remplacée par de nouvelles recrues[61],[101]. L'acteur-vedette, au milieu d'une équipe familière, regagne sa place de maître incontesté du plateau de tournage, entre les deux films plus atypiques du jeune Serge Korber[101]. La distribution rassemble pour la dernière fois la brigade d'origine[61],[101]. Le récit repose sur le personnage de Fougasse, comme pour répondre aux reproches de Jean Lefebvre sur le film précédent[60],[61],[102]. Le film, sorti en , est encore un grand succès avec 4,8 millions d'entrées[103],[104]. Les critiques sont lassés par ce quatrième Gendarme aux relents trop nostalgiques[105].
De moindres succès avec d'autres comiques
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En parallèle, Jean Girault exploite dans l'intervalle d'autres amis comiques aux jeux différents, notamment lorsque Louis de Funès, de plus en plus sollicité, est occupé par d'autres films que les siens[2]. Le public attend ainsi deux à trois ans pour les troisième et quatrième films du Gendarme[2]. Fin , au lendemain du Gendarme de Saint-Tropez, Girault tourne son dernier film avec Darry Cowl et Francis Blanche, Les Gorilles, les aventures farfelues de deux bagagistes de l'aéroport d'Orly, à la poursuite d'une valise égarée[106],[107]. Le film, sorti en décembre de la même année est un bon succès avec 1,3 million d'entrées, mais loin des sommets atteints par le Gendarme[46].
En 1966, Girault retrouve Pierre Mondy, Michel Galabru et Jacqueline Maillan pour Monsieur le président-directeur général, la confrontation entre le patron d'une multinationale à la recherche d'un haut cadre pour son entreprise, de candidats à ce poste, de l'épouse avocate d'un de ces candidats et d'un meurtrier défendue par celle-ci[2]. De janvier à , il tourne Un drôle de colonel (d'abord intitulé Kali-Kali), avec Jean Lefebvre, Jean Yanne (comique alors en pleine ascension), Pascale Roberts et Maria Pacôme, les manigances de deux truands londoniens miteux et d'une stripteaseuse face à « l'Ange », une criminelle rivale[2],[108],[109],[110]. Il filme rapidement en six semaines dans une Angleterre recrée à Verrières-le-Buisson, afin de pouvoir monter le film avant le tournage du Gendarme se marie[109]. La SNC se désole d'ailleurs que ce film retarde la mise en œuvre du troisième Gendarme[111].
Pour le compte du producteur Raymond Borderie, Girault, Vilfrid et le scénariste Jean-Claude Dumoutier élaborent en 1969 le film La Maison de campagne avec en têtes d'affiches Jean Richard et Danielle Darrieux[2],[106]. Cette chronique du quotidien, dans l'esprit du feuilleton Les Saintes Chéries qui cartonne alors à la télévision, raconte les mésaventures d'une famille achetant une résidence secondaire et qui, face aux dépenses croissantes des travaux, doit se séparer de son appartement parisien et vivre toute l'année à la campagne[112],[113]. Girault aurait du également revoir Louis de Funès cette année-là pour le film Hibernatus, coécrit par Vilfrid, finalement réalisé par Édouard Molinaro[114],[c]. Sans son « champion du box-office », Jean Giraut attire moins le public, oscillant entre le semi-succès et l'échec commercial[2],[109] : si Monsieur le président-directeur général, sorti en , dépasse le million d'entrées, Un drôle de colonel, en , ne comptabilise que 630 000 entrées et La Maison de campagne, en , n'atteint pas le seuil du demi-million[115],[46].

Après plusieurs années de cinéma, Girault et Vilfrid font leur grand retour au théâtre en avec S.O.S. Homme seul au théâtre des Nouveautés, mis en scène par Michel Vocoret[10],[116]. L'argument de ce vaudeville aux ressorts des plus classiques s'intéresse aux hommes laissés seuls à travailler l'été à Paris par leurs épouses, parties en vacances avec les enfants[117]. Daniel Gélin incarne un mari résolument fidèle dérangé par son voisin vicieux campé par Jacques Jouanneau qui amène d'accortes touristes étrangères propices à la tentation ; elles se font passer pour de jeunes femmes de ménage envoyées par une agence nommée « S.O.S. Homme seul »[117],[note 7]. Les auteurs ont patientés deux ans pour sortir de leurs engagements au cinéma, obtenir un théâtre et attendre que les comédiens désirés soient libres[117]. La première représentation, perturbée par une panne d'électricité, commence avec une heure et demi de retard et les comédiens s'amusent de l'incident dans leurs répliques[119]. S.O.S. Homme seul reçoit des critiques favorables pour un boulevard, notamment pour la prestation des acteurs[120],[121],[122],[123]. Une captation est diffusée le dans Au théâtre ce soir avec Christian Alers à la place de Gélin[124]. La pièce est également jouée en Suisse et en Belgique[125],[126]. Il s'agit de la dernière contribution de Girault et Vilfrid au théâtre[1].

A l'automne 1969, associé au technicien italien Federico Chentrens, il réalise à Cinecittà un film atypique, le western franco-italien Le Juge, sous le pseudonyme de Richard Owens[127]. Il s'agit de la première adaptation à l'écran de la bande-dessinée Lucky Luke en prises de vue réelles, d'après l'album Le Juge dessiné par Morris et écrit par René Goscinny, paru en 1959[127]. À la demande des créateurs, Lucky Luke est absent du film, remplacé par un personnage équivalent ; il n'avait déjà qu'un rôle secondaire dans cet album[127],[128]. Malgré cela fidèle à l'histoire, le film raconte l'affrontement de l'excentrique « juge » Roy Bean, joué par Pierre Perret, et du bandit Black Bird, incarné par Robert Hossein, pour la domination d'une bourgade au Texas[127]. Écrit par Vilfrid et des scénaristes italiens, Le Juge s'inscrit dans la seconde vague du western spaghetti, arrivant avec d'autres films moins violents, plus légers, touchant à l'autoparodie, tels Sabata ou La Chevauchée vers l'Ouest[127]. Le Juge ne sort en France qu'en et attire seulement 334 192 spectateurs[127],[46]. Ce n'est qu'avec On l'appelle Trinita, deux mois plus tard, que le western comique trouve son public en France[127].
Girault et Vilfrid mènent plusieurs projets inaboutis comme Nuits de Chine, nuits câlines de 1971 à 1973, adaptation du roman Le Voyageur passe la Ligne de Michel Lebrun, qui devait réunir Bernard Blier, Jean-Pierre Marielle, François Périer, Micheline Luccioni, Micheline Presle et Mireille Darc et être produit par Lira Films[129],[130]. D'autres projets ont pour titres Il suffit d'un regard, Les Intimes et La Boîte aux lettres[129]. Ils émettent aussi de multiples idées pour des épisodes du Gendarme[60],[61]. En 1971, Girault espère également réaliser un film policier avec Lino Ventura[2],[129].
À la recherche de nouvelles têtes d'affiches
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Début 1971, Jean Girault et Jacques Vilfrid poursuivent leur collaboration avec Louis de Funès par Jo, adapté d'une pièce de théâtre écrite par Claude Magnier (l'auteur d'Oscar) d'après la comédie britannique The Gazebo d'Alec Coppel[131]. Financé par la major américaine Metro-Goldwyn-Mayer[132], le film raconte les mésaventures d'un dramaturge comique à succès menacé par un maître-chanteur, « Jo », qu'il projette d'assassiner par un guet-apens[131]. Lors du tournage, Girault se sert du film américain de 1959 déjà adapté de la pièce comme référence et inspiration dans les prises de vues[133]. Auprès de Girault-Vilfrid, Louis de Funès pense retourner à des valeurs sûres, leurs films constituant pour lui des pauses entre des tournages plus difficiles[131]. Bien qu'entouré de partenaires et techniciens familiers, et malgré un texte de son choix et un budget largement confortable, l'acteur-vedette ne retrouve pas ses habitudes avec Girault et affronte le réalisateur plus que par le passé[134]. Louis de Funès s'agace notamment de constater son manque de rigueur : Girault se repose trop sur lui pour améliorer des scènes mal préparées — quoiqu'excédé, il en sauve certaines par de l'improvisation[134]. Jo sort en sans grande promotion et rencontre un succès modéré de 2,4 millions d'entrées, ainsi que des critiques mitigées[135].
Après Jo, Jean Girault ne tourne plus avec Louis de Funès pendant sept ans[2]. Depuis Le Gendarme en balade, l'acteur-vedette préfère mettre fin au Gendarme[60],[136] ; il rejette plusieurs scénarios proposés par Richard Balducci[137],[138]. À partir de La Folie des grandeurs, il proclame ne plus vouloir tourner qu'avec Gérard Oury et se préserve pour son grand retour sur les planches[138]. À la place, Girault et Vilfrid cherchent d'autres têtes d'affiches et misent notamment sur de jeunes comiques de la nouvelle génération[2].

Le producteur-imprésario des Charlots, Christian Fechner, tente d'associer sa bande de chanteurs-acteurs déjantés avec d'autres réalisateurs que Claude Zidi, artisan du triomphal Les Bidasses en folie (1971)[2],[139]. Girault et Vilfrid découvrent avec stupeur que les Charlots admirent leurs films, connaissant par cœur les dialogues de chaque Gendarme[140]. Vilfrid leur imagine un voyage : les galères de quatre amis, Gérard, Phil, Jean et Jean-Guy, arrivés sans le sou dans l'Espagne des vacances[2]. Le tournage a lieu entre de juillet à début , entre Marbella et la région parisienne[141]. Le film regorge de gags visuels[140]. Si les Charlots sont friands des anecdotes de Girault sur leur idole Louis de Funès[140], l'entente avec le réalisateur reste sommaire : Girault reste fidèle à son découpage, peu réceptif aux improvisations foutraques des Charlots[2]. Les Charlots font l'Espagne, sorti en , est une réussite commerciale avec 4,1 millions d'entrées[46],[1]. La critique est déçue par rapport aux précédents films des Charlots, Le Figaro notant « une baisse de qualité »[142]. Un autre projet est envisagé avec eux, une confrontation avec Louis de Funès intitulée Merci Patron, d'après leur chanson, finalement jamais réalisé[2].
En 1973, Girault et Vilfrid tournent Le Concierge, sur un sujet de Darry Cowl, également compositeur de la musique du film (mais absent a l'écran)[143]. Entouré de pointures comme Galabru, Daniel Ceccaldi, Jean Carmet et Alice Sapritch, le jeune Bernard Le Coq, qui avait fait ses débuts au cinéma dans Les Grandes Vacances (1967)[144], incarne un diplômé de grande école ambitieux qui s'engage étonnamment dans un poste de concierge pour tirer profit des différents habitants d'un immeuble bourgeois par pur arrivisme[143]. Le film, sorti en août 1973, attire 562 694 spectateurs[46]. Debut 1974, Girault et Vilfrid adaptent leur pièce de théâtre S.O.S. Homme seul en un film intitulé Deux Grandes Filles dans un pyjama, avec Philippe Nicaud et toujours Jacques Jouanneau[10],[145] : à sa sortie en , cette transposition n'atteint pas le demi-million d'entrées[46].

Pendant ces années, Girault et Vilfrid tentent de faire de Louis Velle une nouvelle vedette de cinéma en le propulsant en tête d'affiche de trois films, après sa révélation par le feuilleton La Demoiselle d'Avignon[2],[1],[146]. Le premier, Le Permis de conduire, sorti en , est un bon succès avec 2,3 millions d'entrées, mais les deux suivants sont des déceptions avec seulement 900 000 pour Les murs ont des oreilles en et moins du demi-million pour L'Intrépide en [2],[46]. Le Permis de conduire et Les murs ont des oreilles sont des chroniques familiales tandis que L'Intrépide (initialement titré Le Garde du corps) est une aventure rocambolesque[145].

L'écrivain Louis-Émile Galey apporte un scénario, adapté par Girault et Vilfrid, racontant le périple de deux truands allant chercher un magot enterré en Italie, déguisés en ecclésiastiques pour passer inaperçus en pleine année sainte ; Galey propose le rôle principal à son ami Jean Gabin, de plus en plus rare au cinéma[147]. Girault est d'abord inquiet de tourner avec ce « monstre sacré », jusqu'à ce que Gabin le reçoive de manière conviviale avec Vilfrid dans son domaine normand pour peaufiner le scénario[2],[148]. Gabin est notamment entouré de Jean-Claude Brialy et d'une partenaire de longue date, Danielle Darrieux[147]. Le tournage a lieu début 1976 à Paris, à Rome et à Tanger[149]. Comme souvent face à une vedette, Girault s'adapte à Gabin et lui laisse une certaine liberté, particulièrement pour modifier les dialogues et juger de la qualité des prises[2],[148]. L'Année sainte, sorti en , comptabilise 1,1 million d'entrées[150], un succès modeste à la fois pour la carrière de Gabin comme de Girault[2],[46]. Il s'agit du dernier film du vénérable acteur, mort sept mois plus tard[2],[147],[1],[148]. Doutant de la valeur du film dès le tournage, Gabin avait déclaré : « Ça m'emmerderait que ce soit le dernier… »[147].
Sur un scénario coécrit avec Francis Rigaud (déjà à l'œuvre sur plusieurs de leurs films avec Darry Cowl ainsi que Les murs ont des oreilles), Girault et Vilfrid tournent à l'été 1977 une bidasserie située en pleine Seconde Guerre mondiale intitulée Le mille-pattes fait des claquettes, sorte de succédané de La Septième Compagnie, avec les jeunes Francis Perrin (qui avait fait sa première apparition au cinéma dans Le Concierge), Roger Miremont et Jean-Jacques Moreau, notamment entourés de Galabru et Claude Piéplu[145],[151]. Le film, sorti en , dépasse le demi-million d'entrées[46]. Ils enchaînent avec L'Horoscope (d'abord titré Fais gaffe à la marche), mené par Claude Rollet, Henri Courseaux et Evelyne Buyle, accompagnés de comédiens chevronnés comme Alice Sapritch, Galabru ou Jacques Marin[145],[152]. Un important manque de budget se fait ressentir durant le tournage, au point de déclencher une grève de l'équipe[153]. Le film, sorti en , n'attire que 93 709 spectateurs, le pire score au box-office d'une réalisation de Girault[46].
Sans Louis de Funès, Girault et Vilfrid commencent à essuyer de sérieux revers, d'autant plus qu'une nouvelle génération de metteurs en scène de comédies — Claude Zidi, Patrice Leconte ou encore Bertrand Blier — prend alors ses marques[2]. La même année, Girault et Vilfrid font une incursion dans la télévision[145]. Girault réalise deux épisodes du feuilleton Sam et Sally, Le Collier et Isabelita, une adaptation de la série de romans de l'écrivain français M. G. Braun, diffusée sur Antenne 2[145]. Georges Descrières, déjà dans L'Horoscope, et Corinne Le Poulain tiennent les rôles-titres[145].
Retrouvailles avec Louis de Funès
modifierà partir du Gendarme et les extraterrestres
- 1978 : Le Gendarme et les Extraterrestres, avec Louis de Funès
- 1979 : L'Avare, avec Louis de Funès
- 1981 : La Soupe aux choux, avec Louis de Funès
- 1981 : Ach du lieber Harry, avec Dieter Hallervorden
- 1982 : Le Gendarme et les Gendarmettes, avec Louis de Funès

Jean Girault et Jacques Vilfrid retrouvent Louis de Funès à la faveur d'un retour inattendu du Gendarme[2],[60]. En 1977, revenu de lourds problèmes de santé qui avaient interrompu sa carrière, l'acteur, ragaillardi par son retour réussi dans L'Aile ou la Cuisse, exprime son souhait de relancer la série[154]. Il demeure très attaché au Gendarme[154], tout comme le public au vu des excellentes audiences télévisées des quatre premiers films[155]. Après des années difficiles, la vedette a besoin de ce « retour aux sources »[60]. Impressionné par Rencontres du troisième type, l'acteur décide que le cinquième film aura pour intrigue une rencontre entre la brigade de Saint-Tropez et des extraterrestres, thème alors dans l'air du moment[156]. Le tournage a lieu l'année suivante dans une belle ambiance de retrouvailles et de camaraderie[d]. Si l'essentiel de l'équipe se reconstitue, Jean Lefebvre est notamment écarté par la production et le réalisateur[60],[157],[158],[159]. Avec l'aval de Girault, Louis de Funès fait un pas de plus dans le processus créatif en s'immisçant dans la direction d'acteur[61],[160] ; du retard est pris pour laisser tourner l'acteur à son rythme et reprendre les scènes à sa guise[161].
Le Gendarme et les Extraterrestres, sorti en , est un triomphe avec 6,2 millions d'entrées — la première place du box-office annuel, dernier coup d'éclat commercial funésien[162]. La critique est médiocre, même si certains estiment que la seule prestation de Louis de Funès relève le niveau[163]. Ces retrouvailles fructueuses avec Louis de Funès sauvent les carrières de Girault et Vilfrid d'un certaine déclin[2]. L'acteur proclame ne plus vouloir tourner qu'avec eux et un autre fidèle scénariste, Jean Halain, ce qu'il fera[160],[note 8]. Girault et Vilfrid sont désormais plus que jamais dépendants des envies de Louis de Funès, qui va cosigner les scénarios de plusieurs de leurs films à cette époque et imposer ses idées parfois sévèrement à Vilfrid[160].

Louis de Funès accomplit après son vieux rêve d'interpréter Harpagon de L'Avare de Molière, un rôle qui le fascine depuis plus de vingt ans[165]. Son nouveau producteur-attitré Christian Fechner bâtit une adaptation au cinéma au large budget[165]. Louis de Funès écrit l'adaptation avec Jean Halain[165]. Pour la première et unique fois de sa carrière, De Funès co-signe la réalisation d'un film, en s'occupant de la mise en scène et de la direction d'acteurs de L'Avare, laissant la technique à l'expérimenté Girault, déjà derrière dix de ses films[166],[165]. Malgré une importante promotion[166], L'Avare, sorti en , est avec 2,4 millions d'entrées un succès modeste face à leurs résultats habituels au box-office, sans toutefois constituer un échec commercial[167],[168]. L'accueil critique est très contrasté, entre éloges et attaques violentes envers le film et son interprète principal co-réalisateur[169],[170]. Six mois plus tard, Louis de Funès juge lui-même : « J'ai manqué mon Avare »[171].
Girault, De Funès et Vilfrid planchent ensuite sur Le Gendarme et la Revanche des Extra-terrestres, prolongeant l'intrigue du cinquième film[166],[e]. Suivant l'envie ancienne de Louis de Funès de tourner un film muet, le projet se déroulerait dans l'espace, presque sans dialogues, et montrerait beaucoup d'effets spéciaux, des scènes en apesanteur et des trucages vidéo[172]. Ce projet reste en suspens quelque temps[137],[173]. En attendant, Jean Girault fait une incursion en Allemagne en dirigeant le comique Dieter Hallervorden, sorte de Louis de Funès germanique, dans Ach du lieber Harry[1] ; c'est un succès notable avec 1,3 million d'entrées à sa sortie en février 1981 dans ce pays, la comédie la plus vue dans les salles cette année-là[174],[175],[176].

Louis de Funès tombe amoureux du roman La Soupe aux choux de René Fallet et en entreprend l'adaptation avec Jean Halain, à nouveau avec son producteur-fétiche Fechner[177]. Vilfrid ne participe au scénario alors qu'il avait déjà adapté une œuvre de Fallet avec succès, Le Triporteur (1957)[178]. Outre Jean Carmet et le jeune Jacques Villeret, l'acteur-vedette s'entoure encore de sa proche « famille de cinéma » [179]. Comme sur L'Avare, il partage ouvertement la réalisation et le montage avec Jean Girault mais cette fois-ci sans signer le film[180]. À l'été 1981[181], le tournage, très confortable, bénéficie des largesses du producteur pour préserver la santé de Louis de Funès[182]. Dans son jeu, ce dernier livre pour la première fois, brièvement, des notes dramatiques, cependant restreintes par Girault[182],[179]. La Soupe aux choux, sorti en , enregistre près de 3,1 millions d'entrées[46]. La critique est assassine[180]. Danièle Heymann de L'Express regrette notamment le manque de caractère de la mise en scène : « Falot féal de Fufu, [Jean Girault] a manifestement abdiqué toute autorité. Le rythme, le tonus, le ton s'en ressentent »[183].
Louis de Funès lance ensuite le sixième Gendarme[60],[172]. Le projet d'un retour des extra-terrestres est de nouveau écarté, pour ne pas lasser son public après déjà deux films sur le sujet[184],[172]. L'arrivée des premières femmes dans la Gendarmerie française inspire finalement à Vilfrid l'introduction de recrues féminines dans la brigade de Saint-Tropez[172],[185]. Louis de Funès continue de partager la mise en scène avec Jean Girault — là encore sans la signer[186],[187]. Les précautions médicales prises pour l'acteur-vedette, très fatigué, étalent le tournage[188],[189],[182].
Mort au cours d'un tournage
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Durant le tournage du Gendarme et les Gendarmettes, Jean Girault redoute la mort de l'acteur principal[60]. De manière inattendue, c'est la santé du réalisateur lui-même qui empire[190]. Il se sent en forme à l'arrivée à Saint-Tropez et dirige les premiers jours de tournage avec son énergie tranquille habituelle[191],[188]. Son état se dégrade au bout d'une semaine[191]. Il s'affaiblit de jour en jour, perd du poids, s'assoit dès qu'il le peut et délègue de plus en plus de plans ou de réglages à ses assistants, voire à la seconde équipe[190],[188]. L'équipe s'inquiète, mais le pense simplement fatigué par ses responsabilités, la longue durée du tournage, la chaleur ou la démotivation[188]. Michel Galabru tente de lui faire voir un médecin, mais Girault se ravise devant la salle d'attente pleine[188]. La fatigue croissante de Girault oblige Louis de Funès à prendre davantage en main la direction d'acteurs[192].
Bien que diminué, Girault parvient à boucler l'essentiel du tournage à Saint-Tropez[60],[189]. Souffrant de violentes douleurs à la poitrine, il quitte le tournage à la onzième semaine, début juin, hospitalisé d'urgence pour une affection pulmonaire[193]. Pour les quelques scènes tropéziennes à terminer, le tournage continue sans lui, mené tant bien que mal par Tony Aboyantz, le premier assistant-réalisateur, à ses côtés depuis Le Gendarme à New York (1965)[194],[61],[189],[188],[195],[193]. Girault revient diriger son film pour peu de jours, en piteux état[193]. Il arrive chaque matin sur le plateau en ambulance[182]. Il ne se lève plus de sa chaise et ne se meut qu'à bord d'une petite voiture[190]. Ces limites brident le choix des décors extérieurs, devenus impraticables pour lui, et des cadrages[193].
Au retour à Paris, alors que le tournage doit se poursuivre aux studios de Boulogne, le réalisateur est à nouveau hospitalisé[189],[188],[195],[193]. Aboyantz et la scripte Colette Robin viennent le voir à l'hôpital Henry-Dunant et lui communiquent l'avancée de leur travail, lui montrant parfois quelques épreuves filmées dans la journée[191],[f],[195]. Aboyantz respecte le découpage établi par Girault[193]. Girault reste sept semaines à l'hôpital[196]. Il est soutenu dans cette épreuve par son ex-femme Françoise, revenue auprès de lui dans les dernières années[196].

Sans voir son film terminé, Jean Girault meurt le [189],[61], de la tuberculose qui revenait ponctuellement depuis son enfance[7]. Il était un fumeur invétéré[191], consommant jusqu'à quatre paquets de cigarettes sans filtre par jour[197]. Sa fille Dominique a seize ans[196]. L'ensemble de l'équipe du sixième Gendarme est soumise à une quarantaine, des dépistages et des radios[198],[189],[188],[193]. Seul un autre cas, bénin, est détecté et traité[189],[188]. Michel Galabru s'étonne a posteriori que ni la visite médicale avant le tournage, ni le médecin suivant Louis de Funès sur le plateau n'ait décelé de problème chez Girault[188].
Les obsèques de Jean Girault ont lieu le à l'église Saint-Jean-Baptiste de Neuilly-sur-Seine[196]. Il est enterré au cimetière parisien de Bagneux auprès de sa mère Camille, à la 77e division[199]. Louis de Funès est dévasté par sa disparition[200], tout comme Jacques Vilfrid, qui ne se voit plus écrire pour le cinéma sans son meilleur ami[195],[60]. Tony Aboyantz dirige le montage de l'ultime film de Girault considérablement aidé par Louis de Funès, le compositeur Raymond Lefebvre et le monteur Michel Lewin[201],[202],[132]. Le Gendarme et les Gendarmettes, sorti en octobre 1982, enregistre 4,2 millions d'entrées[46]. La critique descend le film et juge la série devenue trop longue et immuable[201]. Il s'agit du dernier film de Jean Girault, de Louis de Funès mort six plus tard, de Raymond Lefebvre, du décorateur Sydney Bettex et du producteur Gérard Beytout[203]. D'autres films du Gendarme étaient en projets malgré la mort de Girault et le désistement de Vilfrid, seulement abandonnés à cause de la mort de l'acteur principal[60].
Postérité
modifierReste connu pour ses films avec Louis de Funès, dont la popularité se poursuit sur plusieurs décennies.
Une première biographie de Jean Girault est publiée en 2015 par Jean-Michel Chevrier, écrivain villenauxois intéressé par cette personnalité native de son village[204]. De ses recherches, Chevrier livre également une conférence en à Saint-Tropez, en présence des descendants du réalisateur[205]. En 2024, à l'occasion du centième anniversaire, le biographe Jean-Michel Chevrier donne une conférence près de Troyes et espère que la municipalité de Villenauxe baptisera un lieu en hommage à Jean Girault[206].
Ses [nombre] films funésiens sont projetés en 2020-2021 à la Cinémathèque francaise, dans le cadre de l'exposition-rétrospective consacrée à lacteur. hommage à la mairie de Pontarlier (https://hebdo25.net/pontarlier-une-exposition-hommage-au-realisateur-jean-girault-a-pontarlier/).
Vie privée
modifierÀ quarante ans, Jean Girault se lie sur un tournage en 1964 avec une jeune assistante-script de dix-huit ans, Françoise Jourdanet (1946-2019)[196],[207]. Ils se marient le [15], à la mairie de Boulogne-Billancourt puis à l'église Sainte-Jeanne-de-Chantal de Paris[208]. Jacques Vilfrid est le témoin du marié et Richard Balducci celui de la mariée[208]. De cette union naît une fille, Dominique, fin 1965[208]. Jeanne de Funès, épouse de Louis, est la marraine de cet enfant[208]. Jean Girault compte confier à Françoise l'un des rôles principaux de son film Les Grandes Vacances (1967) mais elle y renonce pour s'occuper de leur fille ; elle reçoit néanmoins une petite apparition[209]. Françoise Girault joue également pour lui des rôles plus consistants dans Un drôle de colonel (1968) et Le Juge (1971)[209],[207]. Elle aurait été aussi été sollicitée pour des films de Stanley Kubrick et Luchino Visconti[210].
Jean et Françoise Girault divorcent en 1973 mais restent en bons termes[210]. Jean Girault a une idylle avec la jeune actrice Juliette Mills, qu'il met en scène dans trois films ; elle habite d'ailleurs désormais dans son village natal de Villenauxe-la-Grande[211]. Il a également une aventure avec l'actrice Katia Tchenko, qui joue dans cinq de ses films[212]. Françoise Jourdanet revient auprès du père de sa fille dans les dernières années[195]. Elle est maquilleuse sur ses deux ultimes réalisations[213]. Le comparse de Jean Girault, Jacques Vilfrid, se lie quant à lui vers la fin de sa vie avec une parente de Françoise[214], Marie-Louise Jourdanet.
Grâce à une rigoureuse préparation technique, il travaille vite et livre trois à cinq minutes utiles de film par jour[215].
. À partir de 1960, sur des scénarios co-écrits avec Vilfrid, Girault réalise de petites comédies populaires tirant profit des vedettes Darry Cowl et Francis Blanche : Les Pique-assiette (1960), Les Moutons de Panurge (1961), Les Livreurs (1961) et Les Bricoleurs (1963)[4],[216],[44],[45],[a],[g].
Selon le biographe funésien Bertrand Dicale, ils font leurs preuves avec un travail rapide, efficace et de bonne facture technique, fondé sur les mécaniques classiques du boulevard mais renouvelé par « un comique plus visuel, plus burlesque, plus « américain » et des scènes mouvementées, ce qui tranche avec les pratiques héritées de la comédie française davantage théâtrale de l'entre-deux-guerres[44].
liste des productions
modifierfilms produits avec Story Films
Logo Story Films : https://rca.cnc.fr/rca.frontoffice/consultation/inspub/fde113fb-3646-42e3-4943-08dc12b1e35d
héritage du théâtre de boulevard, avec des situations simples qui se compliquent au fil de l'intrigue[109]. héritage de la comédie burlesque américaine avec beaucoup de comique visuel[109]. influence du cinéma d'action contemporain, avec ses poursuites en voitures, cascades et bagarres spectaculaires[109]. laisse libre cours à ses comédiens pour improviser, leur laisse faire leur « petit numéro » habituel[109]
la filmographie détaillée : http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=13997
Box-office international
modifierPortrait, analyse de l'œuvre, methodes de travail
modifier- vision critique de son travail
- sa conception du cinéma et du divertissement
- inspiration (jazz, ciné américain, vaudeville)
- façon de travailler
- collaborations
« Jean Girault n'a jamais acquis une célébrité comparable à celle de Gérard Oury par exemple, ni reçu de décorations. C'était quelqu'un d'un peu introverti, qui n'allait pas au-devant des choses et attendait qu'on pense à lui pour faire un film. Il était très respecté par les professionnels dans son métier, mais ce n'était pas un homme de relations publiques. Il n'était pas mondain et préférait la campagne et le jeu d'échecs. »
— Jean-Michel Chevrier, biographe, 2020[8].
La Bibliothèque du film résume son oeuvre à « une trentaine de films sans prétention », « s'adressant à un public large, il donne dans le vaudeville, le gag facile, le quiproquo »[217].
Outre ses films funésiens, il est remémoré pour son film avec les Charlots, Les Charlots font l'Espagne (1972), et pour avoir réalisé le dernier film de Jean Gabin, L'Année sainte (1976).
collaborations : Avec le monteur Jean-Michel Gautier.
connaît Jean Lefebvre depuis plus longtemps encore que Louis de Funès, l'ayant fait jouer dans sa pièce de théâtre L'Amour, toujours l'amour en 1950[h]
Vu comme le yes man de Louis de Funès
Collaboration Raymond Lefebvre. Girault passe pour quelques films auprès d'autres musiciens. Avant Lefebvre, Michel Magne signe les partitions des premiers films menés par Darry Cowl et Francis Blanche[218], puis Jean-Michel Defaye s'occupe de Pouic-Pouic et Les Veinards. Dans les années 1970, Claude Bolling met en musique Deux Grandes Filles dans un pyjama (1974), L'Année sainte (1976), Le mille-pattes fait des claquettes (1977) et L'Horoscope (1978)[145],[218],[219].
Thibault Decoster, spécialiste de la comédie à la française, Thibault Decoster, « Girault sans De Funès ?, critique de Monsieur le président-directeur général (1966) », sur SensCritique, (consulté le ).
« Le comique à la française : Darry Cowl, Francis Blanche, les Charlots et surtout Louis de Funès, dans l’inépuisable série des Gendarmes. C’est parfois drôle (Jo, remake d’un film déjà tourné par Lloyd Bacon et George Marshall), parfois bien lourd. A court d’inspiration, Girault-De Funès ont fait appel à Molière : les scènes finales de L’avare, par ailleurs réalisé avec soin, laissent rêveur et montrent la nécessité de préserver les chefs-d’œuvre. Quant à la Soupe aux choux où le pet tient lieu d’accompagnement musical, c’est vraiment un plat très indigeste. »
— Dictionnaire du cinéma : les réalisateurs, Jean Tulard, 1992 p 352-353
sujets de films : sujets de société (Bruttin)
Refs
modifierNotes
modifier- ↑ Le grand-père paternel de Jean Girault, Joseph, a été gendarme, en poste à Saint-Seine-l'Abbaye (Côte-d'Or) puis à Baugy (Cher)[6].
- ↑ Au lieu de l'école technique de photographie et de cinématographie (ETPC), devenue l'école nationale supérieure Louis-Lumière, plusieurs sources parlent erronément de l'« école des travaux pratiques du cinéma ».
- ↑ Jacques Vilfrid fait ensuite partie du groupe de Claude Luter au Caveau des Lorientais[11].
- ↑ Jean Girault déclare plus tard : « L'un des souvenirs que je garde de ce film, c'est la course que nous étions obligés de faire, du matin au soir, pour résoudre tous nos problèmes de financement »[51].
- ↑ Ce phénomène de double tournage en français et en anglais concerne, au tournant des années 1970, plusieurs superproductions françaises parfois financées par des capitaux américains, dont Le Clan des Siciliens et Le Cerveau en 1968, Le Casse en 1971, Le Cercle rouge en 1970 et Un flic en 1972[86]. Le public américain rejetant le doublage, les distributeurs bénéficient ainsi d'une version directement dans la langue ou, au moins, d'images où le mouvement des lèvres des comédiens permet de réaliser plus discrètement une postsynchronisation en anglais[87].
- ↑ Jean Girault dans Paris Jour : « M. Lefebvre s'estime le figurant le mieux payé du monde. Qu'il le reste. Il prétend, avec l'audace des médiocres, que je lui ai coupé “toutes les scènes où il avait une chance d'écraser Louis de Funès”. Je pense, personnellement, que je lui ai rendu un fier service en lui évitant des comparaisons désagréables. (…) Lorsque M. de Funès est sur un plateau, il répète dix, vingt, cinquante fois la scène qu'il a à tourner. M. Lefebvre, lui, arrive en donnant l'impression déplorable à toute l’équipe technique qu'il n'a jamais rien lu du scénario. À vous de juger ! En conclusion, je peux assurer à M. Lefebvre que ses vœux seront exaucés. Il n'y aura plus, en effet, de Fougasse dans les prochains Gendarme, et M. Girault ne se donnera plus la peine d'aider un comédien qu'il aimait beaucoup et qui l'a beaucoup déçu »[96],[98],[97].
- ↑ En référence au passé de Girault et Vilfrid, le personnage de Daniel Gélin raconte avoir été batteur pour Claude Luter[118].
- ↑ Louis de Funès, Première, : « J'ai renoué d'une façon à peu près définitive (je crois définitive, on ne sait jamais) avec Girault et Vilfrid. Et cela, parce que j'ai eu finalement pas mal de déboires avec d'autres metteurs en scène, d'autres monteurs aussi. Je suis libéré de de mes metteurs en scène […] Je ne sortirai plus de cette famille Vilfrid-Girault-Halain. J'ai renoué avec Girault-Vilfrid parce que je peux faire tout ce que je veux avec eux. […] Ils me donnent la parole ». »[160],[164].
Refs biblio
modifier- 1 2 3 Sylvain Raggianti, Le Gendarme de Saint-Tropez : Louis de Funès, histoire d'une saga, Paris, Flammarion, , 175 p. (ISBN 978-2-08-120327-3), p. 38-39.
- ↑ Dicale 2009, p. 74.
- ↑ Sylvain Perret, « On a dégelé Hibernatus ! », Schnock, no 45 « Louis de Funès », , p. 80-89 (ISSN 2117-3052).
- ↑ Raggianti 2007, p. 148–149.
- ↑ Philippe de L'Estang, « Sur le plateau de L'Avare », Première, no 34, , p. 43-45 (lire en ligne).
- ↑ Erreur de référence : Balise
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Refs
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Bruttin 2020, p. 150.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 Gilles Botineau, « Jean Girault, l'illustre inconnu du cinéma », Dossiers, sur CinéComédies, (consulté le ).
- 1 2 3 Chevrier 2015, p. 7.
- 1 2 3 4 5 6 Olivier Sinqsous, « Jean Girault », sur cineartistes.com, (consulté le ).
- ↑ Chevrier 2015, p. 2.
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