Vache de l'île Amsterdam
Les vaches de l'île Amsterdam désignent une population marronne de bovins (Bos taurus) introduits en 1871 et ayant existé en isolement (en) sur l'île Amsterdam, un petit territoire français subantarctique dans l'océan Indien austral. La population a été éradiquée en 2010 dans le cadre d'un programme de restauration environnementale.

Histoire
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Un groupe dirigé par M. Heurtin, un agriculteur français originaire de l'île de La Réunion, tente de s'installer le sur l'île inhabitée de 58 km2. Après sept mois, leurs tentatives d'élevage de moutons et de bovins, ainsi que de culture, sont toujours infructueuses et ils quittent l'île le , abandonnant leur bétail, dont cinq bovins, sur l'île[1].
Au cours du siècle suivant, une combinaison de facteurs provoque une nouvelle dévastation écologique de l'île, déjà affectée par l'introduction d'espèces végétales et animales envahissantes, ainsi que par la chasse sans restriction, l'exploitation du bois et les incendies causés par les chasseurs de phoques et d'autres visiteurs. Parmi les espèces endémiques, le Canard d'Amsterdam (Mareca marecula) et plusieurs espèces non décrites (en) de pétrels s'éteignent, et la population reproductrice de l'Albatros d'Amsterdam (Diomedea amsterdamensis) est réduite à seulement cinq couples[2].
Une fois que la forêt indigène de Phylica arborea est presque entièrement détruite, le pâturage par le nombre croissant de bovins empêche la régénération naturelle. Les cinq bovins d'origine sont passés à environ 2 000 individus, qui occupent une superficie de 3 000 ha, pour une densité de 0,64 individu par hectare. Ils dégradent les sites de reproduction de l'Albatros d'Amsterdam[3]. La seule partie de l'île que les bovins n'occupent pas est le plateau des Tourbières, à plus de 550 m d'altitude[4].
Bien que les vaches constituent une menace (en) pour l'environnement de l'île, ils forment l'un des rares troupeaux de bovins marrons dans le monde[2]. En 1987, une clôture est construite à travers l'île afin d'atténuer les dommages que les vaches infligent à la flore et à la faune de l'île Amsterdam, ainsi que de préserver la race en raison de l'intérêt scientifique de son caractère génétique issu de l'isolement. En 1988 et 1989, les 1 059 bovins situés au sud de la clôture sont abattus. Par la suite, les bovins sont limités à la partie nord de l'île Amsterdam. Environ 50 à 80 individus, principalement des mâles adultes et subadultes, issus d'un troupeau d'environ 350 individus, sont abattus chaque année afin de fournir de la viande fraîche aux habitants de la station de recherche Martin-de-Viviès, la seule localité de l'île[4].

La population d'Albatros d'Amsterdam passe de cinq couples reproducteurs en 1983 à 26 en 2007[3]. En 2007, après qu'une étude scientifique a montré que les zones non pâturées étaient recolonisées par des plantes indigènes, il est décidé de tuer tous les bovins restants sur l'île. Une association de personnes ayant hiverné auparavant sur l'île tente de s'opposer à la décision, mais en vain. L'abattage commence en 2008 et se termine en 2010[5]. En 2018, les Albatros d'Amsterdam se rétablissent davantage et atteignent le nombre de 51 couples reproducteurs[6].
Description
modifierLe capitaine de navire Charles C. Dixon décrit une rencontre avec les bovins vers 1900 :
« Nous n'avions pas à chasser les bovins. Ils restaient sur la pente, nous regardant avec surprise et ressentiment. Ils avaient des cornes, étaient de couleur (en) brune, et certains d'entre eux avaient développé des bosses. Je suppose qu'ils étaient le résultat d'un croisement entre une race britannique et des bovins indiens (en). Nous pouvions voir plusieurs troupeaux au-delà de celui auquel nous faisions face, et je pense qu'il devait y en avoir un millier ou plus. »
— A Million Miles in Sail, p. 178[7].
Les vaches descendaient de souches françaises présentes à La Réunion au moment de leur introduction, notamment les races Jersiaise, Tarentaise, Grise alpine et Bretonne Pie Noir. Elles étaient généralement de petite taille, avec des cornes de longueur moyenne et présentaient une variété de robes, dont l'une rappelait celle de l'Aurochs (Bos primigenius). Les mâles adultes avaient un poids moyen d'environ 390 kg, tandis que les femelles adultes pesaient environ 290 kg[4].
Articles connexes
modifierRéférences
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Amsterdam Island cattle » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Paul Carroll, « Discovery and Early History » [html], sur Amsterdam/St Paul, (consulté le ).
- 1 2 (en) Thierry Micol et Pierre Jouventin, « Restoration of Amsterdam Island, South Indian Ocean, following control of feral cattle », Biological Conservation, Amsterdam, Elsevier, vol. 73, no 3, , p. 199-206 (DOI 10.1016/0006-3207(94)00109-4, lire en ligne [PDF], consulté le ).
- 1 2 (en) Anonyme, « Amsterdam Albatross Diomedea amsterdamensis », ACAP, Hobart, année non précisée, p. 1-10 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
- 1 2 3 (en) D. Berteaux et Thierry Micol, « Population studies and reproduction of the feral cattle (Bos taurus) of Amsterdam Island, Indian Ocean », Journal of Zoology, Hoboken, Wiley-Blackwell, vol. 228, no 2, , p. 265-276 (DOI 10.1111/j.1469-7998.1992.tb04607.x, lire en ligne [PDF], consulté le ).
- ↑ Sophie Lautier, « Sur l'île Amsterdam, chlorophylle et miaulements », sur AFP, (consulté le ).
- ↑ Anonyme, « Plan national d'actions en faveur de l'albatros d'Amsterdam », sur TAAF.fr, (consulté le ).
- ↑ (en) John Herries McCulloch (en), A Million Miles in Sail: Being the Story of the Sea Career of Captain C. C. Dixon, Londres, Hurst and Blackett (en), , 255 p. (lire en ligne).