Vignoble de Lorraine
Le vignoble de Lorraine s'étend principalement sur les côtes de Meuse et les côtes de Moselle (dont les côtes de Toul), qui lui confèrent une exposition sud-est sur un sol calcaire. Une petite partie du vignoble se situe sur le plateau lorrain, dans la vallée de la Seille.
| Vignoble de Lorraine | |
Présence du vignoble lorrain sur la carte d’occupation des sols. Les zones principales y sont les côtes de Meuse, côtes de Moselle, ainsi que le Grand Couronné, le Saintois et le Vermois. | |
| Appellation(s) principale(s) | côtes-de-toul, moselle, côtes-de-meuse et lorraine |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP, IGP et VSIG |
| Pays | |
| Région parente | bassin viticole Alsace Est |
| Sous-région(s) | Lorraine |
| Localisation | Meuse, Meurthe-et-Moselle et Moselle |
| Climat | semi-continental |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
de 1 727 heures (Nonsard) à 1 639 (Metz) |
| Sol | marnes, argiles et calcaires |
| Superficie plantée | 271 hectares (en 2024)[1] |
| Nombre de domaines viticoles | 100 déclarants (en 2024)[1] |
| Cépages dominants | gamay N, chardonnay B, pinot noir B, pinot gris G, auxerrois B |
| Vins produits | gris, blancs, mousseux et rouges |
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En 2020, le vignoble lorrain représente 251 hectares, pour une production totale en 2021 de 9 300 hectolitres (dont 46 % en AOP et 29 % en IGP)[2]. Si le vignoble de Lorraine est l’un des plus petits vignobles français, il présente l'originalité de produire un vin gris à partir de gamay, le côtes-de-toul gris, et d'être le lieu de naissance d'un cépage blanc méconnu mais répandu : l'auxerrois[3]. Le vignoble de Lorraine comprend deux AOC, le moselle et le côtes-de-toul, ainsi que deux IGP, le côtes-de-meuse et le lorraine.
Histoire
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La Lorraine possède une riche tradition viticole issue de l'Antiquité romaine, comme en témoignent les stèles et autres vestiges des collections archéologiques gallo-romaines conservés aux musées de Metz. C'est l'empereur Probus qui aurait autorisé la plantation de la vigne en Lorraine en 283[4]
Au Xe siècle, la Lorraine fait partie de l’Empire germanique. Ses vins sont exportés vers les Pays-Bas ainsi qu’en Angleterre[5]. Les côtes de Meuse et de Moselle, les coteaux de Nancy ont représenté[Quand ?] jusqu'à 48 000 hectares de vignes en production.
« [en 1937] Les principaux vignobles s'étendent de Charmes (Vosges) à Metz sur les coteaux qui bordent la Moselle ; ils produisent, en général, des vins communs, mais aussi, en bonne année, d'excellents vins rouges et blancs, des vins gris légers et capiteux recherchés. Les crus les plus estimés en vin rouge sont ceux de Blénod-lès-Toul, de Bruley et de Lagney, de Pagny-sur-Moselle (1er cru), de Lorry, Scy et Lessy (environs de Metz). Les meilleurs vins gris sont ceux de Prény et de Norroy près de Pont-à-Mousson ; les vins blancs les plus estimés sont ceux de Bruley (près de Toul) et de Salival (près de Château-Salins). Avant la Grande Guerre, les vignobles des coteaux de la vallée du Rupt de Mad donnaient de bons vins rouges à Arnaville, Waville, Rembercourt, Charey et surtout à Thiaucourt qui possédait le fameux clos du Fer à Cheval (territoire de Bouillonville), vin rouge de 1er choix.
Les Côtes de la Meuse, et surtout la vallée de l'Ornain, fournissent des vins généralement estimés. On cite parmi les excellents vins d'ordinaire les rouges de Bar et des environs, ceux de Creuë et les blancs de Creuë. »
— Raoul Mortier (dir.), Dictionnaire encyclopédique Quillet, vol. 6 : S-Z, Paris, Librairie Aristide Quillet, (BNF 31164348), p. 5033.
Concurrencé par les vins du Sud de la France et ravagé par deux guerres entre la France et l'Allemagne (la guerre franco-allemande de 1870 et la Première Guerre mondiale), le vignoble lorrain ne s'est quasiment pas remis de la crise du phylloxéra au début du XXe siècle ni, paradoxalement, du succès industriel de la région, les mines et aciéries offrant de meilleurs salaires que celui de manouvrier agricole payé à la tâche dans une activité fortement saisonnière. Il subsistait environ 100 ha de vignes en appellation VDQS en 1951.
Depuis la fin des années 1980 — et le déclin de l'industrie — on note une nette reprise de la tradition viticole lorraine, sans doute motivée par l'exemple alsacien. Ces efforts se sont vu récompenser par une première AOC en 1998. Le est créé le Comité des vins de Lorraine, qui regroupe les vignobles des côtes-de-toul et des côtes-de-meuse[6], afin de promouvoir ensemble les vignobles de Lorraine et la diversité de leurs produits (gris, blanc, rouge et mousseux méthode traditionnelle). La production en 2003 se montait à 6 300 hectolitres.
Surfaces
modifierLe vignoble de Lorraine s'étend sur un total de 271 hectares[1] de vignes déclarés en production en 2024 (à comparer aux 733 621 ha du vignoble national).
| Départements | Vignes en AOP | Vignes en IGP | Vignes en VSIG | Total |
|---|---|---|---|---|
| Meurthe-et-Moselle | 76 | 11 | 32 | 119 |
| Meuse | 0 | 43 | 3 | 46 |
| Moselle | 68 | 6 | 26 | 100 |
| Vosges | 0 | 0 | 6 | 6 |
AOC & IGP
modifierAOC côtes-de-toul
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Le vignoble du Toulois représente la plus grande partie du vignoble lorrain. Partagé entre une vingtaine de viticulteurs, il produit près de 500 000 bouteilles par an (383 000 hectolitres en 2022, qui était une bonne année de production[7]).
Implanté sur le flanc oriental des Côtes de Meuse dominant la Vallée de la Moselle, le vignoble de l'AOC Côtes-de-Toul représente un peu moins de 100 hectares de vignes (plus proche de 80 hectares ces dernières années[7]), sur les 600 ha attribués à l'AOC. Il produit essentiellement du vin gris mais aussi du vin blanc issu essentiellement du cépage auxerrois (parfois en assemblage avec l'aubin blanc), ainsi que du vin rouge à base de pinot noir[8].
AOC moselle
modifierVingt-et-un producteurs exploitent 60 hectares de vignes (dont 40 ha sont classés en appellation moselle), principalement sur les côtes de Moselle dans le pays messin et le val de Sierck-les-Bains (au sud des vignobles de la Moselle germano-luxembourgeoise), et aussi, plus anecdotiquement à Vic-sur-Seille. (environ 6 hectares) L’appellation d’origine vin délimité de qualité supérieure (AOVDQS) « moselle » avait remplacé l’AOVDQS « vins-de-moselle » le [9] ; elle reçoit l'avis favorable de l'INAO pour passer en appellation d'origine contrôlée, le .
Le vignoble lorrain est aussi le miroir de l’histoire parfois tragique de la région. Les caves du château de Vaux produisent un crémant qui, lors de la période allemande de 1871-1918, est célèbre sous la marque Schloss Vaux et est distribué dans toute l’Allemagne. En , les propriétaires, comme beaucoup d’Allemands alors, quittent l’Alsace-Lorraine. Ils recréent un vignoble dans la partie allemande des côtes de Moselle, exploitant la même marque[10]. Il existe donc deux vignobles du château de Vaux, l’un en Allemagne et l’autre en France[11].
IGP côtes-de-meuse
modifierLa vigne regagne également du terrain dans les côtes de Meuse, où on compte 40 ha classés en « IGP côtes-de-meuse », principalement dans les environs de Vigneulles-lès-Hattonchâtel. Six producteurs produisent des vins blancs (à partir de pinot gris et auxerrois), ainsi que des gris et des rouges (à partir respectivement de gamay et pinot noir).
IGP lorraine
modifierUne indication géographique protégée lorraine a été créée en 2021 et validée par le Conseil d'Etat en 2022 (après quelques débats juridiques[12]) et par publication, le , du règlement d’exécution au Journal officiel de l’Union Européenne[13], pour des vins mousseux blancs, rosés et rouges.
Le cahier des charges du [14] reprend une vaste zone d'appellation qui couvre des communes dans les départements de la Moselle, de Meurthe-et-Moselle et de la Meuse. De nombreux cépages sont autorisés par le cahier des charges, sans contrainte d'assemblage, outre la limitation du riesling B à un maximum 30 % de l'assemblage.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 « 2024 - Relevé par département de la production des vins » [xlsx], sur douane.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Vendanges. Que représentent les vignobles en Lorraine ? Surface, production, exportations... Trois infographies pour tout savoir », sur L'Est républicain, .
- ↑ L’auxerrois, contrairement à ce que son nom laisserait penser, est le fruit d’une recherche du docteur Werner au Centre d’expérimentation de Laquenexy, près de Metz. Cf. www.vin-de-moselle.com, « Un vignoble plus que millénaire » (consulté le ).
- ↑ René Bour, Histoire de Metz, Éditions Serpenoise, [détail de l’édition], p. 33.
- ↑ Franz Roger, « Histoire des vins de Lorraine », sur Vin Vigne, (consulté le ).
- ↑ Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- 1 2 « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « CAHIER DES CHARGES DE L’APPELLATION D’ORIGINE CONTRÔLÉE « CÔTES DE TOUL » »
- ↑ « AOVDQS Moselle », sur le site de l’INAO.
- ↑ (de) « Site du Schloss Vaux ».
- ↑ « Site du château de Vaux ».
- ↑ Publié par Hélène Bras, « IGP Lorraine : son cahier des charges est validé », sur Hélène Bras - Avocats Montpellier, (consulté le )
- ↑ « Les vins "Lorraine" enregistrés en IGP | INAO », sur www.inao.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, « Cahier des charges de l’indication géographique protégée « Lorraine » »,
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- De la Vigne. Mémoire couronné par l'Académie royale des Sciences et des Arts de Metz, dans sa séance publique du jour de saint Louis, . par Claude Durival. Nancy, Lamort, 1777. Il répond dans ce mémoire à la question académique « Quelle est la méthode de culture la plus convenable à la vigne, relativement au climat, à la température, au sol du pays messin ? ». Contient 3 planches gravées par Yves-Dominique Collin.
- Nouveau mode de culture et d'échalassement de la vigne, applicable à tous les vignobles ou l'on cultive les vignes basses. par Colignon d'Ancy, membre du Comité agraire à Metz, viticulteur lorrain. Metz, Dembour & Gangel pour Warion, 1847. Première édition d'un manuel rare sur la viticulture, surtout sur la culture des vins dans la Lorraine et des vins de Moselle, incluant aussi la Rhénanie allemande, la partie de l'est de la Belgique et le Luxembourg. Le livre traite largement tous les aspects de la viticulture d'après les méthodes les plus récentes de l'époque, et annonce explicitement la promesse pour les viticulteurs d'une grande richesse. Ce qui contraste avec les autres cultures agraires : « de toutes les cultures, c'est celle de la vigne qui est la plus productive ; […] un vigneron-propriétaire qui possède un hectare de terres plantées en vignes et bien cultivées, est riche ; […] il peut élever sa famille et faire des économies, tandis qu'un cultivateur, avec la même contenance de terre, est fort peu a l'aise » (p. 151).
- Maxime Bucciarelli, Histoire des vins de Moselle, éditions Serge Domini, 2006.
- Patrick Mérienne, Atlas des vignobles d’Alsace et de Lorraine, Rennes, éditions Ouest-France, , 16 p. (ISBN 978-2-7373-6388-7).