Wilhelm von Humboldt
Friedrich Wilhelm Christian Karl Ferdinand Freiherr von Humboldt, plus connu sous le nom Wilhelm von Humboldt (en français, Guillaume de Humboldt), né à Potsdam le et mort à Tegel le , est un philosophe, linguiste et haut fonctionnaire prussien. Il fut à l'initiative et participa à la fondation de l'université de Berlin, dans le cadre de son projet de réforme libérale de l'éducation allemande et européenne.
| Ambassadeur d'Allemagne au Royaume-Uni |
|---|
| Baron | |
|---|---|
| Baron du Saint-Empire |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nom de naissance |
Friedrich Wilhelm Christian Karl Ferdinand von Humboldt |
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités | |
| Père |
Alexander Georg von Humboldt (d) |
| Mère | |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Caroline von Humboldt (en) |
| Enfants |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Membre de |
Académie des inscriptions et belles-lettres (- Académie royale des sciences de Prusse Académie des sciences de Russie American Antiquarian Society Académie américaine des arts et des sciences Société nationale des antiquaires de France Académie hongroise des sciences Académie bavaroise des sciences Académie des sciences de Saint-Pétersbourg Académie des sciences d'utilité publique Institut archéologique allemand Académie des sciences de Göttingen |
| Mouvement | |
| Personne liée |
Charlotte Diede (d) (amie d'enfance, épistolière et correspondante) |
| Distinctions |
Par ses contributions à la philosophie du langage, il est un pionnier des sciences de l'éducation. Il fut l'architecte principal du système prussien d'éducation, qui a inspiré les systèmes d'éducation de pays comme les États-Unis ou le Japon.
Biographie
modifierJeunesse
modifierNé le à Potsdam, Wilhelm von Humboldt est le fils du chambellan et major général prussien Alexander Georg von Humboldt (de) (1720-1779) et de Marie-Elisabeth von Humboldt. Sa mère organise son instruction en faisant appel à de nombreux professeurs. Son éducation et celle de son frère cadet Alexandre, sont confiées à Joachim Heinrich Campe, représentant du philanthropisme allemand, puis à Gottlob Johann Christian Kunth (de) de 1777 à 1788.
Son père décède en 1779.
Études
modifierIl étudie les sciences, le grec et le français, reçoit une initiation à la philosophie et à l'administration. Il reste un semestre à l'université brandebourgeoise de Francfort, puis, durant trois semestres, étudie la philologie et les sciences à l'université de Göttingen avec Georg Christoph Lichtenberg.
Voyageur et haut fonctionnaire
modifierEn , Wilhelm von Humboldt entre au service de l'État prussien comme conseiller référendaire à la Cour d'appel de Berlin. Il quitte ce poste au bout d'un an.
Après la prise de la Bastille, en , il part pour Paris, avec J.H. Campe. De 1797 à 1799, Humboldt vit à Paris. Il voyage ensuite en Espagne et au Pays basque.
À partir de 1802, Humboldt est diplomate (ministre prussien plénipotentiaire) à Rome, puis ambassadeur à Vienne (1812) ; il participe au congrès de Prague en 1813. Représentant la Prusse, avec Hardenberg, au congrès de Vienne, il défend une ligne dure contre la France vaincue. Avec Heinrich Friedrich Karl vom Stein, il a une influence déterminante au sein du gouvernement jusqu'en 1819. Il se met ensuite en retrait, opposé aux idées réactionnaires qui prédominent.
Ministre prussien de l'Éducation en 1809-1810, il réforme le système scolaire. D'accord avec les idées de Johann Heinrich Pestalozzi, il envoie les professeurs prussiens étudier ses méthodes en Suisse.
En 1810, il fonde à Berlin, l'Alma Mater Berolinensis, université qui porte son nom.
Entre 1817 et 1818, il est envoyé de Prusse à Londres comme diplomate.
Dernières années
modifierÀ partir de 1819, il se consacre à l'étude du langage. Il devient l'objet des moqueries de Chateaubriand.
Il est élu associé étranger de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1825.
Il meurt le , à 67 ans, au château de Tegel (Humboldt Schlösschen), possession de la famille Humboldt depuis la fin du XVIIIe siècle.
Œuvre
modifierEn philosophie
modifier
Humboldt rejette toute philosophie systématique. Il s'intéresse à des domaines variés, de la sexualité à l'histoire, en passant par la religion.
Sans avoir connu Emmanuel Kant ou le Berlinois Moses Mendelssohn, doyens de la philosophie allemande, Humboldt les cite comme des influences majeures de son parcours intellectuel[1]. La Critique de la raison pure d'Emmanuel Kant inspire sa pensée grammaticale, la deuxième et la troisième Critique son anthropologie et son esthétique. Humboldt est l'ami de Goethe et de Friedrich von Schiller : ils lui inspirent ses réflexions esthétiques.
En 1791-1792, il écrit son ouvrage À propos des limites de l'action de l'État, un plaidoyer en faveur des libertés des Lumières. Il prend la défense des libertés fondamentales : elles ne doivent être attribuées qu'après un examen minutieux de la situation de l'Homme et de son degré de maturité. Il esquisse les critères à respecter pour faire coïncider théorie et réalité de la nature humaine. Il ne donne pas de réponse à la question : comment élaborer une constitution « idéale », adéquate au développement optimal de l'homme. Cet ouvrage ne sera publié qu'en 1850 (après sa mort).
Humboldt influence l'essai À propos de la Liberté de John Stuart Mill : grâce à ce livre, ses idées pénètrent le monde britannique.
Humboldt est l'inventeur de concepts qui relèvent de thèmes appartenant aux domaines des sciences humaines [réf. nécessaire]. Cela le conduit à négliger sa pensée propre [réf. nécessaire]. Il a parfois été perçu comme un simple précurseur de la pensée contemporaine (Martin Heidegger, Jürgen Habermas, Ernst Cassirer, Eric Weil[2] ou encore Noam Chomsky [réf. nécessaire].
En 2006, Alexis Philonenko a rapproché Humboldt de Bergson. Pour lui, Humboldt serait resté prisonnier, contrairement à Bergson, de la scolastique et d'Aristote. Il faut noter la dimension libérale de sa pensée politique et de sa philosophie de l'histoire. [réf. nécessaire].
Pédagogie
modifierEn tant que ministre prussien de l'éducation, il supervise le système des « Technische Hochschulen » et des « Gymnasien ».
Ses Plans de réforme de l'école prussienne sont publiés après sa mort, conjointement à un fragment de son traité sur la Théorie humaine de l'éducation, écrit aux alentours de 1793. Humboldt y affirme[3] :
« La tâche ultime de notre existence est d'accorder la plus grande place au concept d'humanité dans notre propre personne (…) à travers l'impact de nos actions dans nos vies ». Tâche qui peut « s'établir uniquement par les liens établis entre nous en tant qu'individus, et par ceux qui nous lient avec le monde qui nous entoure. »
Il insiste sur le fait que[4] « l'éducation individuelle ne peut continuer que dans le contexte plus large du développement du monde. »
En d'autres termes : l'individu n'a pas seulement le droit, mais le devoir de participer au développement du monde qui l'entoure.
Dans sa Théorie de l'éducation humaine il examine les « demandes qui s'adressent à la Nation et à une Époque de la race humaine ». La vérité et la vertu de l'éducation doivent être propagées de façon que le concept d'humanité se concrétise de manière ample et digne chez chaque individu[5]. Pour autant, cela doit être entrepris par chaque individu qui doit « absorber une grande quantité d'éléments qui lui sont présentés par le monde qui l'entoure, ainsi que par son existence propre, en utilisant toutes ses facultés de réception. Qu'il doit ensuite retraiter avec toute l'énergie dont il peut faire preuve, et se les approprier de façon à établir une interaction entre lui-même et la nature selon la forme la plus large, la plus active et la plus harmonieuse. »[6].
Son idéal d'éducation est fortement imprégné de considérations sociales. Il n'a jamais cru que « la race humaine puisse atteindre une quelconque perfection générale, conçue en termes abstraits. ». Il note dans son Journal[7] en 1789 : « L'éducation de l'individu suppose son incorporation dans la société et mobilise largement ses liens avec celle-ci. »
La création de l'université de Berlin concrétise sa vision en matière de recherche et de pédagogie ; elle explique pourquoi il est nécessaire de confronter les disciplines pour faire avancer le savoir sans préjugés. L'Université ne reflète pas un système philosophique, elle est fondée sur la libre recherche et la collaboration entre étudiants et professeurs[8].
Linguistique
modifierLucien Tesnière considérait Humboldt comme « un linguiste de grande classe, aux intuitions de génie »[9].
Une Introduction à la pensée du langage de Humboldt est accessible en ligne[10] grâce à une série d'interventions de Jurgen Trabant dans le cadre du Rouen Ethnolinguistics Project. Ces interventions présentent un regard analytique et synthétique sur les questions centrales dans la pensée de Humboldt (ethnolinguistique, vision du monde, Bildung, conceptualisation, et traduction).
De 1797 à 1799, Humboldt vit à Paris : il mesure le fossé entre la philosophie kantienne et la philosophie française des Idéologues. Les Idéologues pensaient bien la différence des langues, mais dans un contexte mental trop empiriste ou sensualiste.
À la fin de son séjour parisien, il voyage en Espagne et au Pays basque. Il découvre la langue et la culture basques. Il va mettre en place, avec cent cinquante ans d'avance, les principes de la description linguistique moderne : l'étude des langues en synchronie, l'étude descriptive et non prescriptive, l'importance du corpus et des informateurs ainsi que l'importance de catégories grammaticales, décrivant précisément les phénomènes propres à la langue étudiée. Cela le conduit à rejeter la pertinence des catégories de la grammaire latine pour une langue comme le basque. Entre 1827 et 1829, il tente de repenser dans toute sa généralité la grammaire universelle.
L'importance de la culture
modifierMalgré sa carrière au service de l'État, Humboldt considèrera toute sa vie que la culture de soi, la Bildung, est essentielle, plus que le service de l'État. L'individu n'est pas réductible à son rôle dans l'histoire. Ce libéralisme singulier, rien moins qu'économique, conduit Humboldt à s'intéresser à la philosophie politique, à l'esthétique, à la philosophie de l'histoire, mais également à la religion, dans une perspective moins chrétienne que platonicienne, voire hindoue (commentaire de la Bhagavad Gita). La puissance créatrice, qui constitue le fond de l'univers culturel et anthropologique, se manifeste aussi bien dans les réalités individuelles que collectives.
Héritage
modifierLa multiplicité des langues et les universaux du langage
modifierParmi tous ses travaux, deux se distinguent : sa philosophie de la langue sera mise en avant par Ernst Cassirer dans sa philosophie des formes symboliques. Et ce que l'on a appelé « l'hypothèse humboldtienne » sera rejointe plus tard par « l'hypothèse Sapir-Whorf ». Elle veut que les catégories de la langue parlée prédéterminent nos catégories de pensée ; chaque langue renfermerait une vision du monde irréductible.
C'est négliger l'intérêt d'Humboldt pour la dimension universelle du langage [réf. nécessaire]. Dans la langue seulement, la pensée peut prendre conscience d'elle-même, passer du mouvement informe à des catégories définies. La phrase constitue une synthèse de la sensibilité et de la catégorie de pensée. Le mot confère à la pensée l'objectivité, sans pourtant se séparer des forces de la subjectivité, puisque le mot n'existe que dans la mesure où il est compris. Celui qui répète mes paroles leur confère une objectivité accrue. Le circuit qui conduit de la phonation à l'audition doit être rapproché de cette dialectique, constituée par l'objectivation de la pensée dans l'expression et par la reprise de l'énoncé dans la subjectivité (Introduction à l'œuvre sur le kavi).
Sa typologie des langues est mise en avant, mais Humboldt ne perd jamais de vue la recherche des universaux de langage. Il se sert de la catégorisation en langues à flexion (sanscrit, grec, latin, russe, allemand), langues agglutinantes (basque, turc, finnois, hongrois), langues polysynthétiques (nahuatl) et langues isolantes (chinois). À propos du chinois, après avoir défendu la thèse qu'il s'agissait d'une langue sans formalité propre, il fut amené par le sinologue français Abel-Rémusat à réviser sa position.
Le concept de forme de la langue correspond à un effort pour penser la langue comme une réalité autonome, par-delà la multiplicité des formes lexicales et grammaticales. La langue n'est pas seulement le reflet de la psychologie nationale, encore moins un arsenal de formes dont se serviraient les locuteurs. Son style et sa créativité propre doivent être reconnus, même si les notions de caractère, ou encore de forme interne de la langue, sont souvent mal comprises. (Référence : H. Dilberman, « W. von Humboldt et l'invention de la forme de la langue », in Revue philosophique de la France et de l'étranger, no 2, 2006.)
Comprendre Humboldt s'avère encore difficile. Trabant et Thouard ont dissipé une confusion faite entre Weltanschauung et Weltansicht en français. Ce dernier concept est fondamental pour Humboldt. Le premier est associé à une idéologie, et le deuxième désigne la vision du monde ancrée dans la langue. La même confusion exite en anglais. Pour cette raison, Underhill propose de faire une distinction entre cinq formes de worldview : world-perceiving, world-conceiving, cultural mindset, personal world et perspective. En anglais, l'absence d'une distinction nette, et une absence de recherche sur le discours dans les études multilingues, limitent l'envergure du projet ethnolinguistique de Humboldt. Cela expliquerait que Humboldt ne figure pas parmi les influences sur la linguistic anthropology'. Anna Wierzbicka et Underhill (2011 et 2012) œuvrent en anglais pour promouvoir un projet plus proche de celui de Humboldt dans la linguistique des pays anglophones.
En 1834, il baptise la famille des langues austronésiennes, étendue à l'île de Pâques, « malayo-polynésienne » dans Über die Kawi-Sprache auf der Insel Java (1836-39, publication posthume). Le kawi[11] est une langue littéraire ancienne parlée à Java. Cette œuvre est désormais considérée comme exemplaire en matière linguistique [réf. nécessaire].
Son frère, Alexander von Humboldt, publia notamment son œuvre posthume, Sur la diversité de construction des langues et leur influence sur le développement de la pensée humaine, connue encore sous le titre de Introduction à l'œuvre sur le kavi. Pierre Caussat l'a traduite en français. Le spécialiste français de l'herméneutique, Denis Thouard, a publié un ouvrage sur Humboldt en 2016 : il souligne à la fois les aspirations universelles de son étude de la faculté langagière et la manière dont les communautés linguistiques et les individus façonnent et reformulent leurs ressources linguistiques partagées. En anglais, en 2017, Marko Pajević et David Nolwell Smith ont édité et publié un livre d'essais : il traite de la contribution de Humboldt à la pensée linguistique dans l'Anglosphère, de la traductologie et du respect de l'altérité dans le dialogue, dans la pensée et dans l'éthique.
La redécouverte contemporaine de Humboldt
modifierDès le XIXe siècle, le philosophe français Antoine Augustin Cournot avait apprécié l'œuvre des frères Humboldt, qu'il cite. Sa théorie du hasard (comme rencontre de plusieurs séries causales indépendantes), peut être rapprochée d'un fragment du jeune Humboldt, rédigé en 1791, Sur les lois du développement des forces humaines : Humboldt y comparait les futures sciences humaines au modèle physique de la causalité. Cournot ne pouvait avoir connaissance de ce brouillon, inédit à son époque. Mais son idée que l'ordre historique existe, mais n'est pas déterministe, qu'il tient le milieu entre les séries aléatoires et les lois physiques, qu'il exprime des effets de structure, fonction d'un vitalisme qui dépasse la raison individuelle, peut être rapprochée de la philosophie du jeune Humboldt, de ses nombreux travaux sur l'histoire et l'historiographie.
Dans le monde germanique, Cassirer et Heidegger, avant Jürgen Habermas, ont insisté sur le caractère fondamental de la réflexion humboldtienne, moins celle du jeune Humboldt que celle du linguiste. Le psychologue et linguiste Karl Bühler cite abondamment Humboldt. Chacun de ces auteurs met en lumière un aspect bien différent des conceptions humboldtiennes. Bühler analyse la grammaire profonde des langues, il invoque la notion d'une forme interne qui guide différentiellement l'appréhension des états de choses ; par exemple, les langues indo-européennes expriment la réalité en partant de l'événement (verbe), puis déterminent cet événement en indiquant qui agit et sur qui ou quoi. Cassirer en a retenu le kantisme, l'idée que la culture exprime des fonctions et des structures qui ne sont pas le produit de l'intellect abstrait, mais de l'imagination symbolique. Heidegger rapproche de sa conception de l'Être et du Temps la conception humboldtienne d'une activité qui surplombe le temps et s'y exprime de manière intempestive. Habermas apprécie dans la linguistique de Humboldt moins son pré-structuralisme que son herméneutique dialogique, inséparable de l'éthique de la Bildung.
En Union soviétique, Gustav G. Chpet (1927) a voulu éliminer la dimension métaphysique dans la philosophie humboldtienne du langage. La pensée se fait à même l'expression, la subjectivité est en soi symbolique et sociale, c'est une poétique. La parenté est profonde entre la poétique et la genèse du langage. Le poème qui chante la locomotive siffle et halète comme une locomotive. La forme interne qui travaille la langue est intermédiaire entre la forme logique et la forme de l'objet lui-même. C'est une force lourde de sens possibles, intuitive, mais qui donne naissance à la forme, toujours expressive et poétique. Cela se voit mieux dans la genèse du mot que dans celle de la syntaxe.
De son côté, le linguiste américain Noam Chomsky a privilégié le rationalisme de Humboldt, et a retenu que toute langue exprime dans des structures grammaticales en apparence différentes le même entendement universel. Humboldt se rapprocherait d'un linguiste cartésien. Il a, comme Cassirer, rejeté la dimension romantique de sa pensée.
John Stuart Mill s'en était inspiré, au XIXe siècle, comme moteur de son ouvrage On Liberty ; il montre l'importance du principe d'Humboldt, « l'absolue et essentielle importance du développement humain dans sa plus riche diversité », et les conditions de sa réalisation. Mill se prononce en faveur de la pensée politique d'Humboldt, pour une éducation politique de tous, afin de préserver la liberté de l'individu face à l'État.
Humboldt est aujourd'hui redécouvert et ses travaux de linguistique sont mis en valeur[12].
En France, Humboldt reste méconnu, malgré deux thèses monumentales, celle du germaniste Robert Leroux (Guillaume de Humboldt, la Formation de sa pensée jusqu'en 1794, 1932) et celle du philosophe Jean Quillien (L'Anthropologie philosophique de G. de Humboldt, 1991). Henri Dilberman lui a consacré une thèse de philosophie, L'Interprétation métaphysique et anthropologique du langage dans l'œuvre de W. von Humboldt[13].
Le linguiste et poète Henri Meschonnic, dans ses travaux, veut rester au plus près de la pensée authentique de Humboldt, de son mouvement propre, étranger à la philosophie universitaire.
En 2006, le commentateur de Kant, Alexis Philonenko, lui a consacré un essai, Humboldt à l'aube de la linguistique[14]. Il y montre l'importance de Humboldt comme précurseur en linguistique et dans quelques autres sciences humaines. Philonenko, comme Jean Quillien avant lui, se présente dans cet ouvrage comme le premier philosophe contemporain français qui a su redécouvrir Humboldt et le situer à sa place exacte dans l'histoire des idées. Comme Dilberman avant lui, il est sensible aux analogies entre la pensée de Humboldt et celle de Henri Bergson. Mais c'est pour souligner la supériorité philosophique du philosophe français. Philonenko a tendance à souligner les limites philosophiques de Humboldt, comme avant lui Hegel ou Heidegger, au lieu de montrer ses apports conceptuels et ses principales intuitions. Pierre Bange, en 2014, suit une voie inverse : il insiste sur la richesse de la pensée de Humboldt : sa méthode serait déjà celle de la pensée complexe d'Edgar Morin, qui fait précéder la partie par le tout (par exemple, dans la page 16 de son livre La Philosophie du langage de Wilhelm von Humboldt). Comme si, périodiquement, les philosophes et les linguistes, redécouvraient Humboldt, et lisaient dans son œuvre les prémices de leurs propres conceptions. La pensée d'Humboldt est rarement saisie dans son originalité ; elle constitue ainsi une sorte de « réserve de sens » pour la philosophie de l'avenir : « Humboldt, plus d'avenir que de passé », a pu dire Henri Meschonnic.
Le concept humboldtien de « forme de la langue » a été rapproché du structuralisme[réf. nécessaire] ; sa vision dynamique du langage est mise en parallèle à la linguistique de la parole ; le rôle qu'il attribue au dialogue entre les individus est comparé aux cultures de l'herméneutique contemporaine (Habermas) ; ces évaluations sont souvent contradictoires. Elles traduisent la richesse de la pensée de Humboldt. Le philosophe Jean Quillien a montré qu'il est nécessaire aujourd'hui de replacer les découvertes d'Humboldt à l'intérieur de sa propre anthropologie philosophique : son refus d'opposer l'individu et le collectif, mais aussi de dissoudre l'individu, ou la parole, dans la totalité d'une nation ou d'une langue.
Du côté des linguistes, les Presses universitaires de Nancy ont publié un numéro de la revue Verbum[15] consacré à Humboldt. Les auteurs y proposent une vision de l'apport de Humboldt au plus près des sources. Anne-Marie Chabrolle-Cerretini, éditrice de ce numéro, a publié en 2008 La Vision du monde de Wilhelm von Humboldt. Histoire d'un concept linguistique. Les commentateurs de Humboldt n'ont pas vu, avant elle, que Humboldt a inventé l'expression de « vision du monde », Weltansicht.
Hommages
modifierLe Forum Humboldt, espace culturel consacré à l'art et à la science, porte son nom à Berlin, sa ville natale[16].
En 1949, l'Université Humboldt de Berlin prend le nom de Humboldt-Universität zu Berlin (Université Humboldt de Berlin) en hommage aux deux frères Humboldt. Ils y ont leurs statues.
Écrits
modifier- Sokrates und Platon über die Gottheit (1787-1790)
- Über die Gesetze der Entwicklung der menschlichen Kräfte (fragment, 1791)
- Ideen zu einem Versuch, die Grenzen der Wirksamkeit des Staates zu bestimmen (Essai sur les limites de l'action de l'État) (1792) Ce texte célèbre de Humboldt, est devenu un classique du libéralisme politique.
- Über den Geschlechtsunterschied (1794)
- Über männliche und weibliche Form (1795)
- Plan einer vergleichenden Anthropologie (1797)
- Das achtzehnte Jahrhundert (1797)
- Ästhetische Versuche I. - Über Goethe's Hermann und Dorothea (1799).
- Latium und Hellas (1806)
- Geschichte des Verfalls und Untergangs der griechischen Freistaaten (1807-1808)
- Pindars "Olympische Oden" (traduit du grec ancien) (1816)
- Aischylos' "Agamemnon" (traduit du grec) (1816)
- Über das vergleichende Sprachstudium in Beziehung auf die verschiedenen Epochen der Sprachentwicklung (1820)
- Über die Aufgabe des Geschichtsschreibers (1821)
- Über die Entstehung der grammatischen Formen und ihren Einfluss auf die Ideenentwicklung (1822)
- Über die Buchstabenschrift und ihren Zusammenhang mit dem Sprachbau (1824)
- Notice sur la grammaire japonaise du P.Oyanguren (1826).
- Lettre à M. Abel-Rémusat sur la nature des formes grammaticales en général et sur le génie de la langue chinoise en particulier (1827).
- Bhagavad-Gita (1826), première traduction en allemand
- Über den Dualis (1827)
- Über die Sprache der Südseeinseln (1828)
- Über Schiller und den Gang seiner Geistesentwicklung (1830)
- Rezension von Goethes Zweitem römischem Aufenthalt (1830)
- Über die Verschiedenheit des menschlichen Sprachbaus und seinen Einfluss auf die geistige Entwicklung des Menschengeschlechts (1836) (Traduit en français par Pierre Caussat sous le titre Introduction à l'œuvre sur le kavi).
Traductions de Humboldt en français et textes rédigés par lui en français
modifier- Essai sur les langues du Nouveau Continent (1812).
- Notice sur la grammaire japonaise du P.Oyanguren (1826).
- Lettre sur la nature des formes grammaticales en général et sur le génie de la langue chinoise en particulier (1827).
- Lettre à M. Jacquet sur les alphabets de la Polynésie Asiatique (posthume).
- Vocabulaire de la langue taitienne (posthume).
- Journal parisien (1797-1799), Beyer (Elisabeth) (trad.), Solin / Actes Sud, 2001.
- Journal parisien (1797-1799), Beyer (Elisabeth) (trad.), Trousson (Raymond) (notes), Paris, Honoré Champion, 2013.
- Introduction à l'œuvre sur le kavi et autres essais, Caussat (Pierre) (éditeur et trad.), Paris, Seuil, 1974.
- La Langue, source de la nation, Caussat (Pierre), Mardaga, 1996.
- Patrimoine littéraire européen. Anthologie en langue française sous la direction de Jean-Claude Polet, Caussat (Pierre), volume 11a, Renaissances nationales et conscience universelle, De Boeck Université, 1999.
- Essai sur les limites de l'action de l'État, Chrétien (Henry & Horn (Karen) (trads.), Paris, Les Belles Lettres, 2004.
- La Tâche de l'historien,cLaks (André), Disselkamp (Annette), Presses universitaires de Lille, 1985.
- Humboldt (Caroline de) (coautrice), Lettres à Geoffroi Schweighæuser, Laquiante (A.) (trad.), Berger-Levrault, 1893.
- Essais esthétiques sur Hermann et Dorothée de Goethe, suivis d'un article en français adressé à Madame de Staël, Losfeld (Christophe) (trad.), Presses universitaires du Septentrion, 1999.
- Le dix-huitième siècle. Plan d'une anthropologie comparée, Losfeld (Christophe) (trad.), Quillien (Jean) (introduction), Presses universitaires de Lille, 1995.
- De l'esprit de l'humanité et autres essais sur le déploiement de soi, Mannoni (Olivier) (trad.), Wattenberg (Yves) (éditeur), éditions Premières Pierres, 2004.
- « De l'étude de l'Antiquité, grecque en particulier »; « Le Latium et l'Hellade ou Considérations sur l'Antiquité classique »; « Du caractère des Grecs, vision historique et idéale de celui-ci »; « Histoire de la décadence et de la chute des républiques grecques » in Espagne (Michel), Maufroy (Sandrine) (dir.), Maufroy (Sandrine) (trad.), L'hellénisme de Wilhelm von Humboldt et ses prolongements européens, Demopolis, 2016, p. 315-450.
- Instructions pour la réalisation d'une carte générale des langues. D'après une idée de J. W. von Goethe, Maufroy (Sandrine) (trad.), Cavero (Julien) (cartographe), éditions Rue d'Ulm, Versions françaises, 2020.
- Recherches sur les habitants primitifs de l'Espagne à l'aide de la langue basque, Marrast (M. A.) (trad.), librairie A. Franck, 1866.
- Anthologie de la linguistique allemande au XIXe siècle, Nerlich (Brigitte) (éditrice), Nodus Publikationer, Münster, 1988.
- Lettres édifiantes et curieuses sur la langue chinoise. Humboldt-Abel Remusat, Rousseau (Jean), Thouard (Denis)(éditeurs), éditions du Septentrion, 1999. Textes rédigés en français. la lettre à M. Abel-Rémusat.
- Sur le caractère national des langues, Thouard (Denis) (éditeur et trad.), Seuil, Essais, 2000 (édition bilingue).
- Rome. Poème, Schweighaeuser (J. G.) (trad.), imprimerie J. B. Sajou, 1808.
- De l'origine des formes grammaticales et de leur influence sur le développement des idées suivi de Lettre à M. Abel Rémusat (1859), Tonnellé (Alfred) (éditeur), éditions Ducros, 1969 (texte rédigé en français par Humboldt).
Notes et références
modifier- ↑ Elisa Thomas, « Alexander et Wilhelm von Humboldt », sur PSL Explore, (consulté le )
- ↑ Jean Quillien, L'Anthropologie philosophique de G. de Humboldt, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires de Lille, 1991, p. 14 : « la Logique de la philosophie d'E. Weil est, après la tentative non réussie de Cassirer, un achèvement - provisoire - de ce dont Humboldt est l'origine la plus directe. »
- ↑ GS. I p. 283. Gesammelte Schriften (c'est-à-dire : Écrits collectés) : Ausgabe Der Preussichen Akademie Der Wissenschaften, Berlin 1903-36.
- ↑ GS. VII, p. 33.
- ↑ GS.I p. 284.
- ↑ GS. II p. 117.
- ↑ GS. XIV p. 155.
- ↑ Voir sur ce point le mémoire de W. von Humboldt : Sur l'organisation interne et externe des établissements d'enseignement à Berlin.
- ↑ (Éléments de syntaxe structurale, livre A, chapitre II).
- ↑ (en) The Jurgen Trabant Wilhelm Von Humboldt
- ↑ Graphie allemande de langue kavi.
- ↑ On trouve notamment des publications en allemand sur Humboldt à l'adresse suivante : ainsi que les travaux de Jürgen Trabant (de), notamment son édition de L'introduction à l'œuvre sur le kavi.
- ↑ Septentrion, 1997 ; ANRT, 2002, 2 vol. (ISBN 228400542X).
- ↑ Les Belles Lettres (ISBN 2251443118)).
- ↑ Tome XXVI, no 1-2, 2005. « Wilhelm von Humboldt, les langues et sa théorie du langage », ouvrage coordonné par Anne-Marie Chabrolle-Cerretini.
- ↑ (en) « Humboldt Forum », sur www.visitberlin.de (consulté le )
Bibliographie
modifierÉtudes critiques de son œuvre
modifier- Cahiers de Ferdinand de Saussure, no 53 / 2000, Librairie Droz, Genève.
- Amacker (René), « Les neiges d'antan : Humboldt héritier des Anciens » in Cahiers de Ferdinand de Saussure, no 53 / 2000, Librairie Droz, Genève.
- Auroux (Sylvain) (dir.), Histoire des idées linguistiques, tome 3, Mardaga, 2000.
- Joxe Azurmendi, « Ein Denkmal der Achtung und Liebe. Humboldt über die baskische Landschaft », RIEV, 48-1: 125-142 Eusko Ikaskuntza 2003, ISSN 0212-7016
- Azurmendi (Joxe), Humboldt. Hizkuntza eta pentsamendua, UEU, 2007. (ISBN 978-84-8438-099-3).
- Bange (Pierre), La Philosophie du langage de Wilhelm von Humboldt (1767-1835), L'Harmattan, 2014. (ISBN 978-2-343-02417-2)
- Berman (Antoine), L'épreuve de l'étranger. Culture et traduction dans l'Allemagne romantique : Herder, Goethe, Schlegel, Novalis, Humboldt, Schleiermacher, Hölderlin., Gallimard, Essais, 1984. (ISBN 978-2070700769)
- Caussat (Pierre), Adamski (Dariusz), Marc Crépon, La Langue source de la nation, Mardaga, 1996.
- Caussat (Pierre), « Humboldt en conjonction avec Schleiermacher dans la lumière de Nicolas de Cuse » in Cahiers Ferdinand de Saussure, no 53/2000, Droz, Genève.
- Chabrolle-Cerretini (Anne-Marie), « W. von Humboldt » in Patrimoine littéraire européen, volume 11a, Renaissances nationales et conscience universelle, De Boeck Université, 1999
- Chabrolle-Cerretini (Anne-Marie), « L'Étude du basque de Wilhelm von Humboldt » in Le voyage dans le monde ibérique et ibéro-américain Actes du XXIXe Congrès de la Société des hispanistes français, Saint-Étienne, , université de Saint-Étienne, 1999.
- Chabrolle-Cerretini (Anne-Marie), « Langue, littérature et vision du monde : l'approche anthropologique de la littérature de W. von Humboldt » in Actes du colloque Patrimoine littéraire européen 1998, Namur, De Boeck Université, 2000.
- Chabrolle-Cerretini (Anne-Marie), « W. von Humboldt : la genèse du projet d'une encyclopédie systématique des langues et l'étude de la langue basque » in Cahiers Ferdinand de Saussure no 53/2000, Droz, Genève.
- Chabrolle-Cerretini (Anne-Marie), La Vision du monde de Wilhelm von Humboldt. Histoire d'un concept linguistique, ENS Éditions, 2008
- Chabrolle-Cerretini (Anne-Marie) (coordinatrice), Caussat (Pierre), Dilberman (Henri), Trabant (Jürgen), et alii, « Wilhelm von Humboldt, les langues et sa théorie du langage » Verbum, tome XXVII, no 1-2, Presses universitaires de Nancy, 2005.
- Chpet (Gustav G.) Vnutrennjaja forma slova. Etjudy i variacii na temy Gumbol'ta [La forme interne du mot. Études et variations sur les thèmes de Humboldt] Moscou, GAKhN, 1927. Traduction française chez Kimé, Paris, 2007.
- Comtet (Roger), « L'apport germanique à la réflexion sur la langue en Russie : des origines aux slavophiles » in Slavica Occitania, no 4, Toulouse, 1997.
- De Mauro (Tullio), Formigiari (Lia), Leibniz, Humboldt and the Origins of Comparativism, Amsterdam, Philadelphie, John Benjamins, 1990.
- Dilberman (Henri), L'interprétation métaphysique et anthropologique du langage dans l'œuvre de Wilhelm von Humboldt, Septentrion, 1997/2002, (ISBN 228400542X).
- Dilberman (Henri), « W. von Humboldt : Humanité, individualité et religion » in L'Enseignement philosophique, vol. 52, no 1, 2001.
- Dilberman (Henri), « Langage et intersubjectivité chez W. von Humboldt », in L’Enseignement philosophique, vol. 54, no 5, 2004.
- Dilberman (Henri), « W. von Humboldt et l'invention de la forme de la langue », in Revue philosophique de la France et de l'Etranger, no 2, (PUF).
- Dumont (Louis), L'Idéologie allemande. France-Allemagne et retour. Homo aequalis, II NRF, Gallimard, 1991.
- Friedrich (Janette), « Le recours de Humboldt au concept de "physionomie" » in Cahiers de Ferdinand de Saussure, no 53/ 2000, Librairie Droz, Genève.
- Fryba-Reber (Anne-Marguerite), « Lire Humboldt aujourd'hui : une chronique d'une lecture plurielle » in Cahiers de Ferdinand de Saussure, no 53/ 2000, Librairie Droz, Genève.
- Habermas (Jürgen), Vérité et Justification, traduction de Rainer Rochlitz, NRF, Essais, Gallimard, 2001
- Kodiakas/code ; Ars semeiotica : Sprachdenken zwischen Berlin und Paris. Wilhelm von Humboldt / La pensée linguistique entre Berlin et Paris. Wilhelm von Humboldt (2004) numéro dirigé par Sarh Bösch & Markus Meßling, vol. 27, no 1/2.
- Kokochkina (Elena), « De Humboldt à Potebnja : évolution de la notion d’innere Sprachform dans la linguistique russe » in Cahiers de Ferdinand de Saussure, no 53/ 2000, Librairie Droz, Genève.
- Leroux, (Robert), « 1929-30: Esquisse de la théorie humaniste de l'État chez Guillaume de Humboldt » in Bulletin de la Faculté des Lettres de Strasbourg 8, p. 235-240.
- Leroux (Robert), Guillaume de Humboldt, La formation de sa pensée jusqu'en 1794, Faculté des Lettres de l'Université de Strasbourg, fasc. 59, Les Belles Lettres, Paris, 1932.
- Leroux (Robert) : La théorie du despotisme éclairé chez Karl Theodor Dalberg (Dalberg et Humboldt), Paris, Faculté des Lettres de l'Université de Strasbourg, 60, 1932.
- Leroux (Robert), « La Philosophie de l'histoire chez Herder et Guillaume de Humboldt » in Melanges, H. Lichtenberger, Paris, 1934, p. 145-166.
- Leroux (Robert), 1946: La métaphysique sexuée de Guillaume de Humboldt. in: Mélanges de la Faculté des lettres de l'université de Strasbourg, volume IV, études philosophiques, Paris.
- Leroux (Robert), 1948 : « L'esthétique sexuée de Guillaume de Humboldt », in Études germaniques.
- Leroux, Robert 1958 : « L'Anthropologie comparée de Guillaume de Humboldt ». in: Strasbourg, Faculté des lettres de l'université de Strasbourg (Les Belles Lettres), fasc. 135.
- Leroux, Robert, « Les spéculations philosophiques de Schiller jugées par Guillaume de Humboldt » in Études germaniques 14, 1959, p. 352-362.
- Marra (Realino), « La ragione e il caso. Il processo costituente nel realismo storico di Wilhelm von Humboldt », in Materiali per una storia della cultura giuridica, XXXII-2, .
- Henri Meschonnic (dir.) Et le génie des langues ?, collection Essais et savoirs, Presses universitaires de Vincennes, 2000.
- Meschonnic (Henri), Le Signe et le Poème, Gallimard, 1975.
- Meschonnic (Henri), Pour la poétique, Gallimard, 1978.
- Meschonnic (Henri), Les Tours de Babel, Mauvezin, 1985.
- Meschonnic (Henri), « Penser Humboldt aujourd'hui » in La Pensée dans la langue. Humboldt et après, PUV, 1995.
- Meschonnic (Henri), Poétique du traduire, Verdier, 1999.
- Meschonnic (Henri), « Humboldt, plus d'avenir que de passé », in Kodikas/Code, La Pensée linguistique entre Berlin et Paris, W. von Humboldt, volume 27, no 1-2, Tübingen, Gunter Narr Verlag, 2004.
- Mitxelena (Koldo). « G. de Humboldt et la langue basque » in: Lengua e historia. Madrid, Paraninfo, 1985. (ISBN 84-283-1379-2)
- Niemeier (Susanne), Dirven (René), Evidence for Linguistic Relativity, Series IV, Current issues in linguistic theory, John Benjamins Publishing Company, Amsterdam/Philadelphia, 2000.
- Alexis Philonenko, Wilhelm von Humboldt ou L'aurore de la linguistique, Éditions Belles lettres, 2006
- Pütz (Martin), Verspoor (Marjoijn H.), Explorations in Linguistic Relativity. Series IV, Current issues in linguistic theory. John Benjamins Publishing Company. Amsterdam/Philadelphie. 2000.
- Jean Quillien, Humboldt et la Grèce, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires de Lille, 1991.
- Quillien (Jean), L’Anthropologie philosophique de G. de Humboldt, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires de Lille, 1991.
- Quillien (Jean), L'image de Wilhelm von Humboldt dans la postérité, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2018.
- Saffer (Stephan), Sprachindividualität : Untersuchungen zum Weltansichtstheorem bei Wilhelm von Humboldt und Martin Heidegger, Aachen.Mainz, 1996.
- Savoy (Bénédicte), Blankenstein (David), Les Frères Humboldt. L'Europe de l'esprit, catalogue de l'exposition à l'Observatoire de Paris mai-, Paris, deMonza/PSL, 2014
- Steinberg (Heinz), Wilhelm von Humboldt, Berlin, Preussische Köpfe, Wissenschaft, 2001
- Stubbs (Elsina), Wilhelm von Humboldt's philosophy of language, its sources and influence, Lewiston, NY., Edwin Mellen Press, 2000.
- Thouard (Denis), « Verstehen im Nicht-Verstehen. Zum Problem der hermeneutik bei Humboldt » in Kodikas/code, volume 21, no 3-4, 1998.
- Thouard (Denis), Rousseau (Jean), Lettres édifiantes et curieuses sur la langue chinoise. Humboldt-Abel Remusat, Éditions du Septentrion, 1999.
- Thouard (Denis), « Goethe, Humboldt : poétique et herméneutique de la traduction » in La Force du langage. Rythme, Discours, Traduction. Autour de l'œuvre d'Henri Meschonnic, sous la direction de J-L Chiss et G. Dessons, Champion, 2000.
- Thouard (Denis), Sur le caractère national des langues et autres écrits sur le langage, présentés, traduits et commentés par Denis Thouard, Seuil, Essais, 2000 (édition bilingue).
- Trabant (Jürgen), Humboldt ou le sens du langage, Mardaga, 1995.
- Trabant (Jürgen), « Sprachsinn: le sens du langage, de la linguistique et de la philosophie du langage » in La pensée dans la langue. Humboldt et après, PUV, 1995.
- Trabant (Jürgen), « Du génie aux gènes des langues » in Et le génie des langues ? Essais et savoirs PUV, 2000
- Trabant (Jürgen), Traditions de Humboldt, Éditions de la Maison des Sciences de l'homme, Paris, 1999.
- Trabant, (Jürgen), « Quand l'Europe oublie Herder : Humboldt et les langues », Revue germanique internationale, 2003, 20, 153-165 (mise à jour )
- Underhill, James W. « Humboldt, Worldview and Language », Édimbourg, Edinburgh University Press, 2009.
- Underhill, James W. "Creating Worldviews: Ideology, Worldview & Language", Édimbourg, Edinburgh University Press, 2011.
- Underhill, James W. "Ethnolinguistics and Cultural Concepts: truth, love, hate & war", Cambridge, Cambridge University Press, 2012.
- Velmezova (Ekaterina), « Du côté de von Humboldt ? (Une page d'histoire des recherches ethnolinguistiques en Russie) » in Cahiers de Ferdinand de Saussure, no 53/ 2000, Librairie Droz, Genève.
- Zabaleta Gorrotxategi (Iñaki): W. von Humboldts Forschungen über die baskische Nation und Sprache und ihre Bedeutung für seine Anthropologie. Cologne, 1998. (dissertation)
- http://german.sllf.qmul.ac.uk/Thinking-Language-Humboldt-Now/symposium-videos Symposium "Thinking Language. Wilhelm von Humboldt Now", Conferences enregistrées à Queen Mary University of London, , organisé par Marko Pajević. Conférences sur la pensée du langage de Humboldt, de Marko Pajevic, John Joseph, Jürgen Trabant, Ute Tintemann, Barbara Cassin (présentée par David Nowell Smith), James W. Underhill, John Walker.
- * Thouard, Denis, 'Et toute langue est étrangère: le projet de Humboldt', Paris: Belles Lettres, 2016.
- * Pajević, Marko, Nolwell Smith, David, 'Thinking Language: Wilhelm von Humboldt Now', Forum for Modern Language Studies, vol. 53, Oxford: Oxford UP, January 2017.
Biographies
modifier- Dietrich Benner (de): Wilhelm von Humboldts Bildungstheorie. 3. Auflage. Juventa, Weinheim 2003.
- Cord-Friedrich Berghahn: Das Wagnis der Autonomie. Studien zu Karl Philipp Moritz, Wilhelm von Humboldt, Heinrich Gentz, Friedrich Gilly und Ludwig Tieck. Universitätsverlag Winter, Heidelberg, 2012, (ISBN 978-3-8253-5988-1).
- Peter Berglar (de): Wilhelm von Humboldt. Rowohlt, Reinbek 1970 (ISBN 978-3-499-50161-6).
- Tilman Borsche (de): Wilhelm von Humboldt. Beck, München 1990 (ISBN 3-406-33218-8).
- (de) Alfred Dove, « Humboldt, Wilhelm von », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 13, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 338-358
- Lothar Gall: Wilhelm von Humboldt. Ein Preuße in der Welt. Propyläen Verlag, Berlin 2011 (ISBN 978-3-549-07369-8).
- Manfred Geier (de): Die Brüder Humboldt. Rowohlt, Reinbek 2009 (ISBN 978-3-498-02511-3).
- Rudolf Haym: Wilhelm von Humboldt. Lebensbild und Charakteristik. Gaertner, Berlin 1856.
- Siegfried A. Kaehler (de): Wilhelm von Humboldt und der Staat. München, Berlin 1927.
- Peter Korneffel (de): Die Humboldts in Berlin. Zwei Brüder erfinden die Gelehrtenrepublik. Elsengold, Berlin 2017 (ISBN 978-3-944594-77-4).
- (de) Gerhard Masur (de), II Hans Arens, « Humboldt, Wilhelm », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 10, Berlin, Duncker & Humblot, , p. 43–51 (original numérisé)
- Michael Maurer (de): Wilhelm von Humboldt. Ein Leben als Werk. Böhlau Verlag, Köln/Weimar/Wien 2016 (ISBN 978-3-412-50282-9).
- Clemens Menze (de): Die Bildungsreform Wilhelm von Humboldts. Schroedel, Hannover 1975.
- Herbert Scurla: Wilhelm von Humboldt. Werden und Wirken. Claassen, Düsseldorf 1976 (ISBN 3-546-48255-7).
- Heinz-Elmar Tenorth (de): Wilhelm von Humboldt. Bildungspolitik und Universitätsreform. Verlag Ferdinand Schöningh, Paderborn 2018 (ISBN 978-3-506-78880-1).
- Jürgen Trabant (de): Apeliotes oder Der Sinn der Sprache: Wilhelm von Humboldts Sprach-Bild. Fink, München 1986, (ISBN 3-7705-2381-4).
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- "Les frères Humboldt", exposition virtuelle de la Bibliothèque patrimoniale numérique de l'Observatoire de Paris.
- Ressources relatives à la recherche :
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Britannica
- Brockhaus
- Den Store Danske Encyklopædi
- Deutsche Biographie
- Dizionario di Storia
- Enciclopedia italiana
- Enciclopedia De Agostini
- Frankfurter Personenlexikon
- Gran Enciclopèdia Catalana
- Hrvatska Enciklopedija
- Internetowa encyklopedia PWN
- Larousse
- Nationalencyklopedin
- Proleksis enciklopedija
- Store norske leksikon
- Treccani
- Universalis
- Visuotinė lietuvių enciklopedija

