Yvonne Vernière
Yvonne Vernière, née Yvonne Hass le à Paris (18e arrondissement)[1], morte le à Colombes (département des Hauts-de-Seine), est une universitaire française.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Yvonne Joséphine Marie Hass |
| Nationalité | |
| Formation |
École normale supérieure (à partir de ) Université Paris-Sorbonne |
| Activité | |
| Conjoint | |
| Enfant |
Marc Vernière (d) |
| Directeurs de thèse |
|---|
Biographie
modifierFamille
modifierYvonne Joséphine Marie Hass est la fille aînée de huit enfants d'une famille parisienne aisée de catholiques pratiquants.
Son père, Georges Jules Hass, né en 1888 à Paris (14e arrondissement), est inspecteur des travaux. Durant la Grande Guerre, il est mobilisé au sein du 25e régiment d'artillerie ; au terme de la guerre, il est cité à l'ordre du régiment à trois reprises, et est élevé au grade de lieutenant[2].
Sa mère, Yvonne Mangin, est institutrice et se charge de son éducation primaire « dans une optique rousseauiste », avant qu'elle n'intègre le lycée Fénelon[3].
Carrière d'enseignante
modifierYvonne Hass effectue ses études en classes préparatoires littéraires au lycée Louis-le-Grand. En 1936, elle est reçue à l'École normale supérieure au sein de la même promotion qu'Arlette Koeltz et que Suzanne Rey[4],[3], et fait partie des quarante-et-une femmes admises à l'École normale avant que le concours ne soit interdit aux femmes en 1940[5].
Yvonne Hass effectue son diplôme d'études supérieures sur la Daphné d'Alfred de Vigny. En 1939, elle est reçue, la huitième ex æquo avec Arlette Koeltz, l'agrégation de lettres[6]. Le même année, elle épouse Paul Vernière[3]. De leur union naissent quatre enfants, dont le géographe Marc Vernière, mort accidentellement[3].
Pour se rapprocher de son époux mobilisé, elle accepte d'enseigner la philosophie au lycée de Niort, puis prépare à l'École navale à Saint-Jean-d'Angély[3]. En 1943, elle est affectée au lycée de Bordeaux[3]. De 1951 à 1957, elle enseigne en première au lycée Fromentin, puis devient assistante de grec ancien à la Faculté des lettres d'Alger[3]. De retour en France métropolitaine, elle travaille au lycée de Talence, puis est mutée en khâgne au lycée Camille-Jullian, où elle « réussit brillamment »[3]. En 1964 toutefois, elle se décide à entamer une nouvelle carrière : nommée en octobre assistante à la Faculté des lettres de Nanterre[3]. Elle soutient une thèse de 3e cycle (1970)[7], puis une thèse d'État (1974)[8], après quoi elle est nommée professeur à l'université Lyon-III[3].
Elle reste attachée à sa foi chrétienne[3]. Profondément marquée par la guerre d'Algérie, et bien qu'elle ne soit pas « politiquement engagée », elle signe en 1960 le Manifeste des intellectuels français pour la résistance à l'abandon[9]. Elle conservera la nostalgie de l'Algérie française[3]. Elle participe aussi aux activités des associations d'amitié entre France et Israël[3].
Travaux
modifierSpécialiste de Plutarque, elle écrit une vingtaine d'articles à son sujet[3]. Elle rédige aussi de nombreuses recensions dans la Revue des études grecques[3].
Elle traduit le livre I de la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile[3].
Elle s'intéresse particulièrement au grec ancien comme « véhicule » de la pensée philosophique, et se consacre à l'histoire des religions et la philosophie religieuse[3].
Ouvrages
modifier- Trad. avec Robert Klaerr de Plutarque, De l'amour des richesses ; De la fausse honte ; De l'envie et de la haine ; Comment se louer soi-même sans exciter l'envie ; Sur les délais de la justice divine, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Collection des universités de France », , XII + 250 (BNF 34561749).
- Symboles et mythes dans la pensée de Plutarque : essai d'interprétation philosophique et religieuse des Moralia, Paris, Les Belles Lettres, , XVI + 375 (BNF 34703408) — thèse d'État remaniée.
- Trad. de Diodore de Sicile (trad. du grec ancien, préf. Pierre Bertrac et François Chamoux), Bibliothèque historique, t. I, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Collection des universités de France », , CLXVI + 227 (ISBN 2-251-00435-1).
Références
modifier- ↑ Archives de Paris, « État civil du 18e arrondissement, registre des naissances du 31 mai au 21 juin 1917, acte n°1240, vue 11 / 31, 18N 400 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - ↑ Archives de Paris, « Registre des matricules militaires, 6e bureau de recrutement de la Seine, classe 1908, matricule n°3239, D4R1 1497 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le ) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Auba et Monteil 1997.
- ↑ Lucienne - Bibliothèque de l'E.N.S. - P.S.L., « École normale supérieure. Promotion de 1936 »
, sur https://lucienne.ens.psl.eu (consulté le ) - ↑ Loukia Efthymiou, « Le genre des concours », Clio, vol. 18, , p. 91-112 (lire en ligne).
- ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur https://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le ) - ↑ « Le traite de plutarque "de sera numinis vindicta", edition traduction,… », sur sudoc.fr (consulté le ).
- ↑ « Symboles et mythes dans la pensée de Plutarque : essai d'interprétation… », sur sudoc.fr (consulté le ).
- ↑ « Un manifeste d'intellectuels français s'élève contre " un certain nombre de déclarations scandaleuses " », sur lemonde.fr, .
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Jean Auba et André Monteil, « Notices sur les camarades décédés : Haas », Recueil annuel de l'Association amicale de secours des anciens élèves de l'École normale supérieure, no 1997-I, , p. 64-67.