Ânkhkhâf
Ânkhkhâf est l'un des fils de Snéfrou et le (demi)-frère de Khéops.
| Ânkhkhâf | ||||
Buste du prince Ânkhkhâf Musée des Beaux-Arts (Boston) | ||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||
|---|---|---|---|---|
| Transcription | ˁnḫ-ḥ3=f | |||
| Période | Ancien Empire | |||
| Dynastie | IVe dynastie | |||
| Fonction principale | vizir | |||
| Famille | ||||
| Grand-mère paternelle | Mérésânkh Ire | |||
| Père | Snéfrou | |||
| Conjoint | Hétep-Hérès | |||
| Enfant(s) | Fille anonyme, mère d'Ânkhétef | |||
| Fratrie | ♂ Khoufou♂ Néfermaât♂ Kanefer♂ Netjeraperef♂ Râhotep♂ Rânefer♂ Iynefer♀ Hétep-Hérès♀ Néfertkaou♀ Néferetnésou | |||
| Sépulture | ||||
| Nom | G 7510 | |||
| Type | mastaba en pierre | |||
| Emplacement | nécropole de Gizeh, cimetière est du complexe funéraire de Khéops | |||
| Découvreur | George Andrew Reisner | |||
| Objets | buste d'Ânkhkhâf | |||
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Attestation
modifierÂnkhkhâf n'est attesté que par sa propre tombe G 7510, située dans le cimetière est du complexe funéraire de Khéops dans la nécropole de Gizeh[1], et du Journal de Merer[2].
Dans la tombe, il porte les titres suivants :
- « Fils aîné [du roi] de sa chair » (sȝ-[nsw.t] nj ẖt=f smsw),
- « Chef de la cour-ousekhet » (jmj-r wsẖt),
- « Chef de tous les biens » (jmj-r [ẖ]t nbt),
- « Chef de tous les travaux du roi » ([jmj-r] kȝ[t nb.t n.t nsw.t]),
- « Iry-pât » (jrj-pˁt),
- « Assistant de Douaou » (ˁȝ Dwȝw),
- « Grand des Dix de Haute-Égypte » (wr [mḏ šmˁw]),
- « Grand des Cinq de la maison de Thot » (wr djw pr-Ḏḥwty),
- « [Pâtre de] Nekhen » ([mnjw] Nḫn),
- « [Bâton] d'Apis » ([mdw] Ḥp),
- « Comte » (ḥȝtj-ˁ),
- « Prêtre de Banebdjedet » (ḥm-nṯr Bȝ ˁnpt),
- « Gouverneur de Nekheb » (ḥrj-tp Nḫb),
- « Invocateur d'Anubis » (ḥts Jnpw),
- « Directeur de tous les fonctions divines » ([ḫrp] jȝt [nb.t nṯr.t]),
- « Chambellan » (ḫrp ˁḥ),
- « Directeur des deux chanteuses-méret du Sud et du Nord » (ẖrp mrtj [šmˁw] mḥjt),
- « Porteur du sceau du roi de Basse-Égypte » (ẖtmw bjty),
- « Prêtre-lecteur » (ẖrj-ḥb),
- « Prêtre-lecteur en chef » (ẖrj-ḥb ḥrj-tp),
- « Ami unique » (smr wˁtj),
- « Aîné de la chambre-jst » (smsw jst),
- « [Juge en chef] et Vizir » ([tȝjtj] sȝb ṯȝtj),
- « Surveillant de Ra-Shé-Khoufou » (jmj-r Rȝ-š-H̱wfw)[note 1].
Généalogie
modifierÂnkhkhâf est l'époux de la princesse Hétep-Hérès, portant les titres de « fille aînée du roi de sa chair sa bien-aimée » (sȝ.t-nsw.t n.t ẖt=f sms.t mry.t=f) et de « prêtresse de Snéfrou » (hmt-nṯr Snfrw )[4],[5]. Cette relation est attestée par le fait qu'Hétep-Hérès est représentée dans la tombe d'Ânkhkhâf comme son épouse.
Ils sont tous deux considérés comme des enfants de Snéfrou, filiation déduite, concernant Hétep-Hérès, de ses titres[4],[5]. Il est souvent supposé, sur la base de l'homonymie de ces deux femmes, qu'il s'agit de la fille de la reine Hétep-Hérès Ire, mère de Khéops, tandis qu'Ânkhkhâf serait le fils d'une autre épouse[6]. Cependant, comme le souligne Michel Baud, rien n'interdit à ce qu'Ânkhkhâf soit un fils de Khéops[7].
Dans la chapelle funéraire, sur un fragment de relief, un jeune garçon du nom d'Ânkhétef est représenté derrière Ânkhkhâf et est qualifiée de « fils de sa fille » (sa sa.t=f), ce qui signifie qu'Ânkhkhâf et Hétep-Hérès ont eu une fille, anonyme, ayant elle-même eu un fils[8],[9].
Carrière
modifierÂnkhkhâf aurait été impliqué dans la construction de la Grande Pyramide de Gizeh. En 2013, une collection de fragments de papyrus, le Journal de Merer[2], a été découverte dans l'ancien port de Khéops à Ouadi al-Jarf. On pense que les billes de bois d'un inspecteur nommé Merer datent de la 27e année du règne de Khéops et que le transport de calcaire de Tourah à Gizeh a atteint des mois records d'exploitation. Les documents font référence à un centre administratif nommé Ro-She Khoufou qui était sous l'autorité du vizir Ânkhkhâf. Selon l'égyptologue Pierre Tallet, cela le placerait responsable de la construction de la pyramide vers la fin du projet. Bien que le journal ne le précise pas, Tallet croit que les opérations font référence à la livraison du calcaire de Tourah utilisé pour le parement[10]. Dans le papyrus, Ânkhkhâf porte les titres suivants : « Iry-pât » (jrj-pˁt) et « surveillant de Râ-She-Khoufou ». Ce dernier endroit était le port de Gizeh où arrivèrent les pierres pour la construction de la pyramide[2].
Le prince a été ensuite vizir ; s'il a longtemps été considéré comme un vizir du règne de Khéphren, la réévaluation de la datation de son mastaba conduirait plutôt à placer la période pendant laquelle il a été vizir sous le règne de Khéops[3].
Sépulture
modifierLe tombeau mastaba d'Ânkhkhâf, G 7510, était l'un des plus grands du cimetière oriental de la pyramide de son frère Khéops à Gizeh[11]. La tombe a été datée du règne de Khéphren par George Andrew Reisner. Plus récemment, une étude de l'architecture, de l'iconographie et des titres des occupants a conduit à une réévaluation et la tombe couvre probablement les règnes de Khéops et Djédefrê et le début du règne de Khéphren[12].
Un buste d'Ânkhkhâf en pierre calcaire peinte et réaliste découvert dans sa tombe est considéré comme l'œuvre d'un maître de l'art égyptien de l'époque de l'Ancien Empire, et peut être vu au Musée des Beaux-Arts de Boston[13]. Son numéro de catalogue est Museum Expedition 27.442.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Ra-Shé-Khoufou, ou Ro-Ché-Khoufou, est le nom du port d'arrivée des pierres sur le plateau de Gizeh à destination du chantier de construction du complexe funéraire de Khéops. Ce terme signifie « L'entrée du lac/bassin de Khéops »[3].
Références
modifier- ↑ Baud 2005, p. 424.
- 1 2 3 Tallet 2017, p. 63 et 66.
- 1 2 Tallet et Lehner 2021.
- 1 2 Baud 2005, p. 425 et 529.
- 1 2 Dodson et Hilton 2004, p. 56 et 58.
- ↑ Reisner et Smith 1955, p. 11.
- ↑ Baud 2005, p. 425.
- ↑ Flentye 2007, p. 296.
- ↑ (en) « Ankhtifi (in G 7510) »
- ↑ Tallet 2014, p. 8-12.
- ↑ Reisner et Smith 1955, p. 1-12.
- ↑ Flentye 2007, p. 303.
- ↑ Berman, Freed et Doxey 2003, p. 78.
Bibliographie
modifier- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, t. 2, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, coll. « Bibliothèque d'étude 126/2 », , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6, lire en ligne) ;
- (en) Lawrence Berman, Rita E. Freed et Denise Doxey, Arts of Ancient Egypt, Boston, Museum of Fine Arts, (ISBN 0-87846-661-4) ;
- (en) Aidan Dodson et Dyan Hilton, The complete royal families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, (ISBN 978-0-500-05128-3) ;
- (en) Laurel Flentye, « The Mastabas of Ankh-haf (G 7510) and Akhethetep and Meretites (G 7650) in the Eastern Cemetery at Giza: A Reassessment. », dans Zahi Hawass, Janet Richards (dir.), The Archaeology and Art of Ancient Egypt. Essays in Honor of David B. O'Connor, vol. I, Le Caire, Supreme Council of Antiquities, coll. « Annales du Service des Antiquités de l'Égypte, Cahier no 36 », (ISBN 978-977-437-241-4, lire en ligne) ;
- (en) Bertha Porter, Rosalind Moss et Jaromir Málek (new edition), Topographical Bibliography of Ancient Egyptian Hieroglyphic Texts, Statues, Reliefs and Paintings, vol. Volume III : Memphis, Part I Abu Rawash to Abusir, Oxford, Oxford University Press, , 2e éd. (lire en ligne) ;
- (en) George Andrew Reisner, A History of the Giza Necropolis, vol. I, Cambridge, Harvard University Press, (lire en ligne) ;
- (en) George Andrew Reisner et William Stevenson Smith, A History of the Giza Necropolis : The Tomb of Hetep-Heres the Mother of Cheops: A Study of Egyptian Civilization in the Old Kingdom., vol. II, Cambridge, Harvard University Press, (lire en ligne) ;
- (en) Gregory Marouard, « The Harbor of Khufu on the Red Sea Coast at Wadi al-Jarf, Egypt », Journal of Near Eastern Archaeology, vol. 77, no 1, , p. 4-14 (lire en ligne) ;
- Pierre Tallet, Les papyrus de la mer Rouge I, le journal de Merer (papyrus Jarf A et B), Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, coll. « Mémoires publiés par l'Institut français d'archéologie orientale (MIFAO) », (ISBN 978-2-7247-0706-9, lire en ligne) ;
- Pierre Tallet et Mark Lehner, Les Papyrus de la mer Rouge: L'inspecteur Merer : un témoin oculaire de la construction des pyramides, Arles, Actes Sud, , 320 p. (ISBN 978-2877729758).