Église unie du Canada
L'Église unie du Canada ou EUC (en anglais : United Church of Canada ou UCC) est une Église protestante canadienne. En termes de personnes affiliées, elle est la deuxième Église du Canada, après l'Église catholique romaine, et la première Église protestante[1]. Étant issue de l'union de différentes confessions chrétiennes, elle appartient à la fois au courant méthodiste et au courant calviniste (Églises réformées). Principalement anglophone, l'Église applique un standard de bilinguisme anglais-français « fonctionnel et pratique »[2].
| Église unie du Canada | |
| Généralités | |
|---|---|
| Branche | Protestantisme |
| Courant | Méthodiste, calvinisme |
| Structure | Système presbytérien synodal modifié |
| Territoire | |
| Chef | Kimberly Heath (modératrice) |
| Affiliation | Conseil œcuménique des Églises, Conseil méthodiste mondial, Communion mondiale d'Églises réformées |
| Fondation | |
| Date | 1925 |
| Lieu | Toronto (Ontario) |
| Origine et évolution | |
| Fusion de | Église méthodiste (Canada), Église presbytérienne du Canada, Union congrégationaliste du Canada, Conseil général des Églises d'union locale |
| Chiffres | |
| Membres | 325,315 |
| Ministres | 3,300 pasteurs, 307 diacres |
| Congrégations | 2,451 |
| Divers | |
| Site Web | egliseunie.ca |
| modifier |
|
Selon un recensement de la confession publié en 2023, elle aurait 2,451 églises, 325,315 membres, 3,300 pasteurs et 307 diacres [3].
Histoire
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Le , à Toronto, l'Église unie du Canada naît de la fusion de quatre Églises protestantes : une méthodiste, deux calvinistes (réformées) et une regroupant plusieurs courants. Il s'agit de l'Église méthodiste (Canada), de 70 % des paroisses de l'Église presbytérienne du Canada, de l'Union congrégationaliste du Canada, de moindre importance démographique, mais historiquement très dominante dans le protestantisme évangélique, et du Conseil général des Églises d'union locale, regroupant lui aussi un petit nombre de membres[4],[5]. La fusion s'applique également à Terre-Neuve, alors indépendante du Canada.
À la fondation, le document nommé Les bases de l'union est adopté et définit alors la doctrine et l'ecclésiologie de l'Église unie. Il contient 20 articles doctrinaux, inspirés de la Brève déclaration de la foi réformée, publiée en 1905 par l'Église presbytérienne aux États-Unis, et de Les articles de la foi de l'Église presbytérienne d'Angleterre (en), datant de 1890[6]. Cependant, les mentions concernant l'inerrance biblique et la prédestination ne sont pas retenues[6]. Étant basés sur des textes presbytériens, les 20 articles de doctrine figurant dans Les bases de l'union n'incluent pas les points de théologie spécifiquement méthodistes comme l'entière sanctification ni les concepts arminiens. Tous ces éléments sont relégués à la catégorie des adiaphorons. La structure ecclésiale choisie est celle des presbytériens : le système consistorial synodal, voie médiane entre la structure plus hiérarchisée et centralisée du connexionalisme (en) méthodiste, proche du système épiscopal, et la structure congrégationaliste, davantage égalitariste et décentralisée.
D'année en année, plusieurs paroisses indépendantes et d'autres petites Églises fusionnent à l'Église unie du Canada, tel que le Synode de l'Église méthodiste wesleyenne des Bermudes en 1930.
À partir de 1943, de longs pourparlers sont engagés avec l'Église anglicane du Canada dans le but de joindre les deux institutions. En 1969, avec l'ajout de l'Église chrétienne des disciples du Christ dans les négociations de fusions, une commission générale est créée pour mener à terme le projet. En 1972, un projet d'union est mis sur pied. Il est finalement rejeté par les anglicans en 1975 et par les disciples du Christ en 1984.
L'Église unie du Canada détient de nombreux fonds d'archives dont plusieurs sont conservés dans les centres de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[7].
Statistiques
modifierCroyances
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Se basant sur le principe protestant de l'Ecclesia reformata semper reformanda ainsi que sur les principes de la raison et de l'expérience du quadrilatère wesleyen (en), l'Église unie du Canada a graduellement adopté plusieurs positions progressistes au cours de son histoire. Au début des années 1930, elle permet la contraception[8]. En 1936, elle permet l'ordination pastorale des femmes célibataires[9]. En 1964, elle permet l'ordination pastorale des femmes mariées[10]. En 1966, elle l'échec relationnel dans le mariage est reconnu comme condition suffisante pour le divorce[10]. En 1971, elle permet l'avortement[11]. En 1988, elle accepte les membres LGBTQ et l'ordination de pasteurs LGBTQ[12].
L'institution s'est engagée dans divers enjeux sociaux, telles que la lutte contre le réchauffement climatique[13] et la protection de l'environnement, ainsi qu'à différentes causes de justice sociale comme que le droit à l'avortement[14], la redistribution des richesses, l'égalité des sexes et les droits LGBT[15].
Mariage
modifierEn 1982, des églises progressistes ont fondé le réseau Affirm United/S'affirmer Ensemble pour l’inclusion des personnes LGBTQ[16].
Une résolution de 2000 permet aux églises locales de décider pour les bénédictions d'unions de même sexe [16]. Elle a aussi pris position en faveur du mariage entre personnes de même sexe au Canada en 2005, afin de promouvoir l'amour, l'engagement, la fidélité ainsi que la sainteté du mariage parmi la communauté LGBT[17].
Affirm United/S'affirmer Ensemble rassemble des églises et des séminaires inclusifs qui soutiennent les bénédictions de mariage entre personnes de même sexe[18].
École
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L’Église est partenaire du Collège Emmanuel de Toronto.
Références
modifier- ↑ Gouvernement du Canada, Statistique, « Enquête nationale auprès des ménages de 2011 : Tableaux données – Religion », sur www12.statcan.gc.ca,
- ↑ Église Unie du Canada, « Traductions », sur egliseunie.ca (consulté le )
- 1 2 United Church of Canada, « History », sur united-church.ca (consulté le )
- ↑ (fr) Église Unie du Canada, « Notre histoire », sur egliseunie.ca (consulté le )
- ↑ Église unie du Canada sur L'Encyclopédie canadienne
- 1 2 (en) C. T. McIntire, « Chapter One - Unity among Many: The Foundation of The United Church of Canada », dans Don Schweitzer, The United Church of Canada: A History, Wilfrid Laurier University Press, , 330 p. (ISBN 9781554585878), p. 52-53
- ↑ Collection de photographies de l'Église unie du Canada (P630), Collection de livres religieux de l'Église unie du Canada (P631), Collection de sermons de l'Église unie du Canada (P632), Collection de dépliants et brochures de l'Église unie du Canada (P633), Collection d'artefacts de l'Église unie du Canada (P634) et Collection de documents sonores de l'Église unie du Canada (P635) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
- ↑ (en) Eleanor J. Stebner, « Chapter Two - The 1930s », dans Don Schweitzer, The United Church of Canada: A History, Wilfrid Laurier University Press, , 330 p. (ISBN 9781554585878), p. 27
- ↑ (en) Eleanor J. Stebner, « Chapter Two - The 1930s », dans Don Schweitzer, The United Church of Canada: A History, Wilfrid Laurier University Press, , 330 p. (ISBN 9781554585878), p. 24
- 1 2 (en) Sandra Beardsall, « Chapter Five - "And Wheater Pigs Have Wings": The United Church in the 1960s », dans Don Schweitzer, The United Church of Canada: A History, Wilfrid Laurier University Press, , 330 p. (ISBN 9781554585878), p. 46
- ↑ (en) John Wyatt, « Chapter Six - The 1970s: Voices from the Margins », dans Don Schweitzer, The United Church of Canada: A History, Wilfrid Laurier University Press, , 330 p. (ISBN 9781554585878), p. 59
- ↑ (en) Tracy J. Trothen, « Chapter Seven - What Does It Mean to Be The United Church of Canada? Emergent Voices, Self-Critique, and Dissent », dans The United Church of Canada: A History, Wilfrid Laurier University Press, , 330 p. (ISBN 9781554585878), p. 68
- ↑ (en) « Climate Change », sur united-church.ca via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ « LÉglise Unie du Canada réaffirme le droit des femmes à lavortement », sur egliseunie.org via Wikiwix (consulté le ).
- ↑ United Church of Canada, « Social Justice », sur united-church.ca (consulté le )
- 1 2 United Church of Canada, « A Timeline of LGBTQIA+ and Two-Spirit Justice in The United Church of Canada », sur united-church.ca (consulté le )
- ↑ (en) Rev. Dawne Taylor, Rev. Patricia McColl, Rev. Gwen Davis, Rev. D. Bruce Comrie et Rev. Ruth Cairns, « United Church has views on same-sex unions », Kamloops This Week, (lire en ligne
) - ↑ « Find A Ministry », sur affirmunited.com (consulté le )