Éros est un collectif d'extrême-droite identitaire et homonationaliste, actif en France métropolitaine, fondé en 2024 par l'influenceur Yohan Pawer.

Éros
Histoire
Fondation
juin 2024
Cadre
Forme juridique
Association déclarée (depuis le )
Domaine d'activité
Siège
Pays
Organisation
Membres
5-15 ()
Fondateur
Yohan Pawer
Président
Yohan Pawer
Vice-président
Jeremy Marquie
Porte-parole
Georgette Makay
Idéologie
Positionnement
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates

Historique

modifier

Fondation

modifier

Le collectif Éros est fondé en par l'influenceur identitaire Yohan Aigrisse, plus connu sous le pseudonyme de Yohan Pawer. Selon StreetPress, il gagne en notorité en pour s'opposer à la lecture d'un livre par des drag queens à des enfants. Pawer est alors invité dans plusieurs médias d'extrême-droite et en profite pour fonder le collectif. Le chroniqueur Jeremy Marquie devient le vice-président[1], tandis que Georgette Makay, dite Camille, est porte-parole.

Actions militantes

modifier

En , Pawer déchire un drapeau arc-en-ciel en marge de la marche des fiertés de Paris, tout en portant un t-shirt blanc avec l'inscription « homo de droite et contre les lobbies LGBTQIA+ »[1]. Il perturbe l'événement avec Mila Orriols et Vincent Lapierre, journaliste et ancien proche d'Alain Soral, avant d'être enfarinés et exfiltrés[2].

En , Éros tente de participer à la marche des fiertés de Paris, alors que l'Inter-LGBT appelle à s'unir contre « internationale réactionnaire »[2]. Une tribune est publiée dans le monde par divers personnalités, notamment des militants LGBT, contre la venue d'Éros. Elles y dénoncent l'« imposition » de sa présence[3]. Le collectif est finalement empêché de défiler avec le cortège principal, mais est tenu à distance et sous protection de CRS[4].

Discours et structure

modifier

Éros se fait remarquer pour son opposition à l'immigration et au « wokisme », désirant rassembler les « gays patriotes », tout en incluant les femmes lesbiennes. Éros a un discours xénophobe, raciste et islamophobe, affirmant que l'immigration extra-européenne et musulmane sont les facteurs principaux de l'insécurité croissante pour les minorités sexuelles[1],[5]. Le collectif a aussi un positionnement transphobe, critiquant la « théorie du genre » et soutenant que « le sexe est une réalité biologique »[6],[4],[7].

Selon StreetPress, une dizaine de membre participe aux actions du collectif[8]. Yohan Pawer revendique la présence de personnes métissées, Arabes et transgenres parmi eux[9].

Affaires judiciaires

modifier

En , la militante féministe Léane Alestra dépose plainte pour violences de la part d'un membre du collectif[2].

En , la ville de Nice et plusieurs associations LGBT portent plainte contre le collectif Éros, après que Yohan Pawer eut accusé le Nice Rainbow Festival « d’exposer des enfants à des contenus inappropriés, allant jusqu’à évoquer de la nudité, des livres pornographiques et de l’éducation sexuelle inadaptée »[10].

Liens avec d'autres personnalités et mouvements

modifier
Yohan Pawer en 2013.

Admirateur de Jean-Marie Le Pen, Yohan Pawer est candidat suppléant aux élections législatives de 2022, dans la onzième circonscription du Val-de-Marne. Il se présente pour le parti Reconquête, fondé par Éric Zemmour, dont il est resté proche. Pawer reconnaît Renaud Camus comme une autre référence majeure, n'hésitant pas à le citer[1],[4]. Il est proche du policier et militant Bruno Attal, ainsi que Jean Messiha et de Mila Orriols[11]. Bruno Moneroe, ancien candidat de télé-réalité devenu auteur-compositeur-interprète et militant d'extrême-droite, est un membre notable du collectif et un protégé de Bruno Attal[12].

S'inspirant du collectif fémonationaliste Némésis, il se revendique comme le « petite frère » de celui-ci. Des membres d'Éros appartiennent aussi à Némésis, telle que Mila Orriols[8]. Selon Marianne, Yohan Pawer participe à des « beuveries » organisées par Anaïs Maréchal, belle-sœur par alliance de Marion Maréchal et directrices des ressources humaines de Némésis. Celles-ci ont lieu au domaine familial de Montretout, où le journaliste Vincent Lapierre et des militants de Frontières sont aussi aperçus[13].

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 « L’extrême droite joue la carte raciste pour récupérer les votes gays et lesbiens », sur StreetPress (consulté le )
  2. 1 2 3 « Le groupe « gay patriote » Eros veut s’incruster à la Pride parisienne », sur StreetPress (consulté le )
  3. « Virginie Despentes, Anna Mouglalis, Ian Brossat et un collectif : « Accepter la présence d’un groupe identitaire au sein de la Pride revient à acter une forme de renoncement » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 3 Bérangère Lepetit, « « Mais qui sont ces gens ? » : l’étrange apparition du collectif Eros lors de la Marche des fiertés », Le Parisien, (lire en ligne)
  5. « Le groupe « gay patriote » Eros veut s’incruster à la Pride parisienne », sur StreetPress (consulté le )
  6. « C’est quoi le groupe d’extrême droite Eros dont la présence à la Marche des fiertés est dénoncée ? », Ouest-France.fr, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  7. « Gay patriote, islamophobe, transphobe… C’est quoi le « collectif Eros » », sur 20 Minutes, (consulté le )
  8. 1 2 « Streetpress — Cartofaf — Collectif Eros », sur cartofaf.streetpress.com (consulté le )
  9. Mayeul Aldebert, « À Paris, face-à-face délicat entre les manifestants de la «Pride» et le collectif gay de droite Eros », sur Le Figaro, (consulté le )
  10. Stop Homophobie, « Polémique autour du Nice Rainbow Festival : la ville et plusieurs associations saisissent la justice », sur Association STOP homophobie, (consulté le )
  11. « L’extrême droite joue la carte raciste pour récupérer les votes gays et lesbiens », sur StreetPress (consulté le )
  12. « Le « coming-out patriote » de l’ex-candidat de La nouvelle star Bruno Moneroe », sur StreetPress (consulté le )
  13. Édouard Roux et Valentine Daru, « Liens avec l'ultradroite, autoritarisme interne, signes nazis... Enquête au coeur du collectif féminin Némésis », sur www.marianne.net, (consulté le )

Voir aussi

modifier