Amine Mojito
Amine Mojito, de son vrai nom Illan Magneron, né le à Paris, est un influenceur français. Il s’est fait connaître à travers des vidéos provocatrices diffusées sur des plateformes telles que Snapchat, Périscope, TikTok ou encore X. Sa notoriété est notamment liée à plusieurs controverses suscitées par certains de ses contenus.
| Genre | Divertissement, prank, humour |
|---|---|
| Nom de naissance | Illan Julien Cedric Magneron |
| Naissance | |
| Nationalité | Française |
| Chaîne | Amine Mojito Officiel (Snapchat) |
Biographie
modifierÉmergence et premières controverses (2016)
modifierIllan Magneron, naît le à Paris[1],[2]. Il se fait connaître sous le pseudonyme Amine Mojito, sur les réseaux sociaux, principalement sur Snapchat et Périscope, où il diffuse à partir de janvier des vidéos controversées montrant des femmes dans des situations humiliantes, incluant des coups, des insultes et des mises en scène à connotation sexuelle[3]. Ces contenus sont également relayés sur Instagram, Twitter et YouTube[4].
Il popularise dans ses vidéos l’expression « la keh à Mojito ». Celle-ci est reprise par certains adolescents et apparaît dans l’espace public, notamment lors d’un blocus organisé devant le lycée Hélène-Boucher à Paris en , où l’on pouvait lire sur une pancarte : « On n’est pas les kekekeh à Khomrito »[5].
Au printemps 2016, ses comptes rassemblent plusieurs dizaines de milliers d’abonnés, certains dépassant les 100 000 avant d’être fermés[4]. Le , il est invité par le vidéaste Jeremstar dans une interview réalisée dans un bain moussant, diffusée sur YouTube et visionnée par plusieurs millions de personnes[6],[7].
En , il est extrait sous escorte policière de la Foire du Trône à Paris après avoir été menacé par une foule. D’autres incidents sont signalés dans des lieux publics, comme à l’Aquaboulevard de Paris, où des individus ont cherché à s’en prendre à lui en reproduisant des « fouettage sauvage »[4].
Le , il publie un message sur Instagram dans lequel il reconnaît avoir réalisé des vidéos « pas très bien et un peu humiliantes » et présente des excuses pour ce qu’il qualifie de « manque de respect », tout en affirmant ne pas avoir contraint les participantes. Certaines de ses vidéos sont supprimées de ses comptes, bien que plusieurs restent accessibles en ligne[4].
Retour sur les réseaux sociaux et « le piqueur fou » (2024)
modifierLe , Amine Mojito fait son retour sur les réseaux sociaux après huit années d’absence. Il publie une vidéo sur Snapchat marquant son retour[8],[9].
Dans cette vidéo, il apparaît sortant d’un cercueil, tandis que deux femmes dansent autour de lui. La séquence se conclut par une voix off déclarant : « La légende n’est pas morte, elle est éternelle, le roi est de retour »[10],[9].
En , Amine Mojito publie sur TikTok une série de vidéos dans lesquelles il simule des agressions à la seringue sur des passants, sous le titre « Mojito, le piqueur fou »[11]. Dans ces séquences, il apparaît déguisé et s’approche d’inconnus en faisant semblant de les piquer, provoquant des réactions de peur[12]. L’une de ces vidéos dépasse les neuf millions de vues avant se faire bannir de TikTok[13]. Pour ses faits, il a été condamné le 3 octobre 2025 à douze mois d’emprisonnement, dont six avec sursis, par le tribunal correctionnel de Paris[14].
Le 23 mai 2026, lors du Festival de Cannes 2026, Amine Mojito fait l’objet de critiques après la diffusion de plusieurs vidéos le montrant perturbant le déroulement d’événements organisés en marge du festival. Sur le tapis rouge, il se filme malgré l’interdiction en vigueur, gêne certains invités et refuse d’obtempérer aux demandes du personnel de sécurité. Dans une autre séquence publiée sur les réseaux sociaux, il tient des propos méprisants envers des participants à une soirée de gala[15].
Vie privée
modifierIl est connu pour être le fils de Loïc Magneron, figure reconnue du cinéma français et international, qui est un producteur et exportateur de nombreux longs-métrages diffusés dans le monde entier, ce qui explique ses deux apparitions au Festival de Cannes en 2016 et en 2026.
Affaires judiciaires
modifierCondamnation pour provocation à la haine (2016-2022)
modifierEn , le Collectif féministe contre le viol dépose une plainte contre X pour « provocation à la haine ou à la violence » envers les femmes, avec le soutien de la Fondation des femmes. Les plaignantes estiment que ces vidéos peuvent contribuer à banaliser des violences sexistes, même si les participantes apparaissent consentantes[16].
Le , la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris reconnaît Illan Magneron coupable de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes en raison de leur sexe », sur le fondement de la loi du sur la liberté de la presse[17],[18].
Le tribunal estime notamment que les vidéos diffusées sur Internet donnaient « une impression d’humiliation de la femme », les violences montrées étant jugées réelles et susceptibles d’encourager leur reproduction[17],[18].
Il est condamné à effectuer, à ses frais, un stage de sensibilisation de cinq jours à l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu’au versement d’un euro symbolique de dommages et intérêts au Collectif féministe contre le viol[8],[18].
Affaire des piqûres sauvage (2025)
modifierEn , Illan Magneron publie sur la plateforme TikTok plusieurs vidéos de canulars (« pranks ») dans lesquelles il feint de piquer des passants avec une seringue dans des espaces publics à Paris[19], en Espagne et au Portugal[20]. Les vidéos, intitulées notamment « Mojito, le piqueur fou », montrent l’influenceur masqué s’approchant de personnes par surprise et simulant des piqûres sauvages, provoquant des réactions de panique chez certains passants[21].
Les faits surviennent dans un contexte de préoccupations médiatiques liées à des signalements de piqûres à l’aiguille lors d’événements festifs en France[22]. Le , ces contenus font l’objet d’un signalement sur la plateforme PHAROS[23].
Le , il est interpellé puis présenté en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits qualifiés de « violences avec arme » et de diffusion d’images relatives à la commission de l’infraction[24]. Lors de l’audience du , le parquet requiert quinze mois d’emprisonnement, dont dix mois ferme, estimant qu’« on ne peut pas tout accepter sur l’autel de la course au like »[23].
À l’issue de cette procédure, il est placé en détention provisoire au centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis, où il est maintenu à l’isolement pour des raisons de sécurité[25].
Le , Illan Magneron, est condamné à une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois ferme et six mois avec sursis probatoire[26], assortie du port d’un bracelet électronique et d’une amende de 1 500 euros[27].
Lors de son procès, il déclare regretter les faits et reconnaît avoir agi dans le but de gagner en notoriété, affirmant notamment : « Je pensais que ça allait faire rire »[28].
Références
modifier- ↑ « Illan Magneron : AM LEGEND », sur Pappers (consulté le )
- ↑ « Registre du commerce et des sociétés - AM Legends », sur Pappers (consulté le )
- ↑ Anouk Perry, « Amine Mojito : et si on arrêtait de rager... », sur Madmoizelle, (consulté le )
- 1 2 3 4 Gaëlle Dupont, « « Amine Mojito », star des réseaux sociaux devenue bête noire des féministes », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Dounia Malki, « “La keh à Mojito” : Zoom sur Amine Mojito, le phénomène sulfureux », sur Aufeminin, (consulté le )
- ↑ [vidéo] « Amine Mojito dans le bain de Jeremstar - INTERVIEW », Jeremstar, , 14:29 min (consulté le )
- ↑ « Amine Mojito veut faire carrière dans le Rap Français … découvre son freestyle ! », (consulté le )
- 1 2 Victoria Buisson, « Amine Mojito méconnaissable : huit ans après sa disparition des réseaux, il revient transformé », sur Public, (consulté le )
- 1 2 « "J'ai honte pour lui" : Amine Mojito fait son retour sur les réseaux sociaux après 8 ans d'absence, les internautes sont sous le choc », sur PureBreak, (consulté le )
- ↑ Sikagz, « Amine Mojito annonce son retour après huit ans d'absence, sa vidéo choque et gêne les internautes », sur Gentsu, (consulté le )
- ↑ (es) Sergio Díaz Arcediano, « El influencer francés Amine Mojito, condenado a un año de cárcel por fingir ataques con jeringuillas en plena calle », sur ABC, (consulté le )
- ↑ « Prison ferme pour l'influenceur Amine Mojito qui s'en prenait aux passants avec une seringue | TF1 Info », sur TF1, (consulté le )
- ↑ « TikTok bannit l'influenceur Amine Mijoto, après ses vidéos de "fausses attaques de piqûres" », sur La Provence, (consulté le )
- ↑ « « Amine Mojito », dit « le piqueur fou » qui s’en prenait aux passants avec une seringue vide, condamné à six mois de prison ferme », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Cannes: Amine Mojito et la polémique des influenceurs », sur 20 Minutes, (consulté le )
- ↑ « Une plainte pour provocation à la haine après les Snaps d'Amine Mojito », sur Mouv', (consulté le )
- 1 2 Alisson Terrien, « L'ex-youtubeur Amine Mojito condamné pour provocation à la haine et à la violence à l'égard des femmes », sur Causette, (consulté le )
- 1 2 3 Lola, « Le youtubeur Amine Mojito condamné pour provocation à la haine et à la violence à l’égard des femmes », sur Fondation des femmes, (consulté le )
- ↑ Khalil Rajehi, « «Amine Mojito» : l’influenceur déféré après s’être mis en scène en train de piquer des personnes à l’aide d’une seringue dans l'espace public », sur CNews, (consulté le )
- ↑ (en) Alex Ocho, « Influencer Amine Mojito Sentenced to Prison Over Syringe Prank Videos », sur Complex, (consulté le )
- ↑ (en-US) Juliana Cruz Lima, « Sick TikToker jailed after filming himself injecting strangers with SYRINGE on streets on Paris amid needle attack panic », sur The Sun, (consulté le )
- ↑ Divyadeep Singh, « Amine Mojito sentenced to six months in prison over fake syringe prank on strangers; what is it? Here’s what you need to know », The Economic Times, (ISSN 0013-0389, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Julien Mucchielli, « Tribunal de Paris : Mojito, le « piqueur fou » de TikTok, « regrette amèrement » », sur Actu-Juridique, (consulté le )
- ↑ « L’influenceur Amine Mojito s’en prenait aux passants avec une seringue : dix mois ferme requis contre « le piqueur fou » », sur RTL Info, (consulté le )
- ↑ Ludovic Séré, « «Piqueur fou» de la Fête de la musique : Amine Mojito condamné à six mois de prison ferme », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en) « French prankster Amine Mojito faces 6 months in prison for stabbing strangers with empty needles », sur Hindustan Times, (consulté le )
- ↑ Ludovic Séré, « «Piqueur fou» de la Fête de la musique : Amine Mojito condamné à six mois de prison ferme », Libération, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ Céline Rastello, « « Je pensais que les vidéos allaient faire rire » : au procès d’Amine Mojito, « le piqueur fou » de la Fête de la Musique »
, sur Le Nouvel Obs, (consulté le )