Atilax paludinosus

espèce de mammifère

Vansire, Mangouste des marais

Atilax paludinosus
Description de cette image, également commentée ci-après
Une Vansire, dans la Rietvlei Nature Reserve, province du Gauteng, en Afrique du Sud.
2.58–0 Ma
10 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Atilax

Espèce

Atilax paludinosus
(Cuvier, 1829)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image Marsh Mongoose area.png.

Synonymes

La Vansire, plus connue sous le nom de Mangouste des marais (Atilax paludinosus), est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés. Il s’agit de la seule espèce actuelle du genre des Atylaces (Atilax).

Ce petit carnivore semi-aquatique au pelage brun foncé à noir se caractérise par un corps trapu, une dentition adaptée au broyage et des pattes dotées de doigts très flexibles et non palmés, lui permettant de manipuler ses proies avec une grande précision. Morphologiquement, elle se distingue des autres mangoustes par un orbite oculaire incomplet, une formule dentaire réduite et l'absence totale de poche anale profonde.

Largement distribuée à travers l'Afrique subsaharienne, la Vansire occupe principalement des habitats ripicoles tels que les marais, les marécages, les cours d'eau à faible courant et les zones côtières ou les estuaires. Solitaire et au rythme d'activité principalement crépusculaire et nocturne, elle se nourrit essentiellement de proies aquatiques, en particulier de crustacés, de poissons et d'amphibiens, mais peut adopter un régime opportuniste pouvant inclure des rongeurs, des œufs et des fruits.

Bien qu'elle soit localement chassée pour la viande de brousse et menacée par la dégradation des zones humides, l'espèce reste commune dans l'ensemble de son aire de répartition et est classée en Préoccupation mineure (LC) par l'UICN.

Dénominations

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Étymologie

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Le mot Vansire est une francisation du mot malgache Voang-shira[20], mais qui s’écrit en malgache moderne Vontsira désignant les galidies[21], des mammifères carnivores malgaches de la famille des Eupléridés, mais autrefois classés dans les Herpestidés avant une étude génétique en 2003.

Le mot est un substantif masculin chez Buffon [20] et un substantif féminin chez Cuvier [5].

Taxonomie

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Illustration d’une Vansire dans Histoire naturelle des mammifères avec des figures originales, coloriées, dessinées d'aprèsdes animaux vivans, 1826[5].

Le nom d’espèce Atilax paludinosus dans son orthographe actuelle ne date que du début du XXème siècle. Son protonyme officiel selon la commission internationale de nomenclature zoologique a été écrit par Georges Cuvier d’une manière assez succincte dans le premier tome de son règne animal en 1829 sous le nom d’Herpestes paludinosus, citant une « grande [mangouste] des marais du Cap »[22]. Car le protonyme non-officiel revient à Eberhard August Wilhelm von Zimmermann en 1777, qui décrivit l’animal sous le nom de Mustela voang-shire, citant les traveaux de Buffon dans son Histoire naturelle [23].

Une meilleure connaissance de l’espèce sera apportée troi ans avant sa première dénomination officielle, dans l’Histoire naturelle des mammifères de Frédéric Cuvier en 1826. Grâce à un individu vivant en ménagerie, il a pu avoir accès à un spécimen complet, remarquant que l’espèce différait des ichneumons (Herpestes) par un orbite oculaire incomplet, moins de dents, des pattes non palmées et surtout une absence de poches à glandes anales, ce qui lui vaudra le nom de genre Atylace (Atilax) [5].

Sous-espèces

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Liste des sous-espèces d'Atilax paludinosus selon ITIS ()[24]:
Sous-espèce (Nom binominal et auteur)Localité type, description et remarquesSynonymes taxinomiques
Atilax paludinosus macrodon
J. A. Allen, 1924
Niapu, Nord-Est de la R.D. Congo (ancien Zaïre). Caractérisée par une dentition imposante et de très larges molaires.
  • Atilax macrodon J. A. Allen, 1924
  • Atilax paludinosus macrodon G. M. Allen, 1939
Atilax paludinosus mitis
(Thomas, 1903)
Mangouste galera[25]
Zegi, lac Tana, Éthiopie. Le pelage est d’une teinte brun clair sur toute sa surface.
Atilax paludinosus mordax
(Thomas, 1912)
Rivière Rombashi, au nord-ouest du lac Malawi (Nyassa), Tanzanie.
  • Mungos paludinosus mordax O. Thomas, 1912
  • Atilax paludinosus mordax G. M. Allen, 1939
Atilax paludinosus paludinosus
(G. Cuvier, 1829)
Sous-espèce nominale. Région du Cap de Bonne-Espérance, Afrique du Sud.
Atilax paludinosus pluto
(Temminck, 1853)
Mangouste Pluton[26]
Dabocrom et rivière Boutry, Ghana. Arborant un pelage particulièrement sombre, noir intense.
Atilax paludinosus robustus
(Gray, 1865)
Nil Blanc, Soudan / Soudan du Sud.
Atilax paludinosus rubellus
(Thomas et Wroughton, 1908)
Tambarara, district de Gorongosa, au sud du Zambèze, Mozambique. Pelage teinté de nuances roussâtres.
  • Mungos paludinosus rubellus O. Thomas & Wroughton, 1908
  • Atilax paludinosus rubellus G. M. Allen, 1939
Atilax paludinosus rubescens
(Hollister, 1912)
Mont Kilimandjaro (vers 1 200 m d'altitude), Tanzanie.
Atilax paludinosus spadiceus
Cabrera, 1921
Cap San Juan, Guinée équatoriale.
  • Atilax paludinosus spadiceus Cabrera, 1921
Atilax paludinosus transvaalensis
Roberts, 1933
Mokeetsi, au nord de Tzaneen, ancien Transvaal, Afrique du Sud.
  • Atilax paludinosus transvaalensis A. Roberts, 1933

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[27], Barycka (2005)[28] et Patou et al. (2009)[29] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)




Genre Atilax (Atylaces)

Atilax paludinosus (Vansire)



Genre Xenogale[29] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)





Description

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 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
2 3 1 3 3 1 3 2
2 3 1 3 3 1 3 2
mâchoire inférieure
Total : 36
Formule dentaire d’Atilax paludinosus.

Le pelage de la Vansire est de couleur brun rouge foncé à noir, parsemé de jarres de teinte blanchâtre à fauve. Les poils situés derrière le cou et sur la partie antérieure du dos sont courts, mais deviennent plus longs sur les membres postérieurs et sur la queue. Son museau est petit, entouré d'une bouche de couleur fauve, doté de courtes vibrisses et d'un rhinarium nu[5].

Elle possède 36 dents au total, se distinguant des autres mangoustes par une formule dentaire réduite et un orbite oculaire incomplet[5]. Ses oreilles, courtes, sont arrondies. La femelle dispose de deux paires de mamelles. Ses pattes sont munies de cinq doigts très flexibles dotés de griffes recourbées, mais totalement dépourvus de palmure[5]. La plante de ses pieds est nue[30].

Les femelles mesurent environ 48,7 cm de longueur tête-corps contre 51,4 cm chez les mâles, avec une queue mesurant entre 32,2 et 34,1 cm. À l'âge adulte, leur poids varie généralement entre 2,56 et 2,95 kg. Les deux sexes possèdent des glandes anales sécrétant une substance musquée, mais ne disposent pas de poches anales profondes[5][31].

Sur le plan du caryotype, les femelles comptent 36 chromosomes et les mâles 35, l'un des chromosomes Y étant transloqué sur un autosome[32].

Répartition et habitat

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La Vansire est largement répandue dans toute l'Afrique subsaharienne, du Sénégal, de la Guinée-Bissau et de la Sierra Leone à l'ouest, jusqu'au sud du Soudan et à l'Éthiopie à l'est, et s'étend vers le sud jusqu'à l'Afrique du Sud[33]. Elle est en revanche absente de la majeure partie de la Namibie, du Botswana et de grandes étendues du centre de l'Afrique du Sud en raison du manque de cours d'eau et de couvert végétal adéquat[30]. L'espèce est présente sur l'île de Pemba, mais absente de Zanzibar où son introduction humaine supposée reste débattue[34]. Sa présence en Algérie parfois mentionnée dans certaines listes constitue très probablement une erreur taxonomique historique[33].

Elle fréquente principalement les habitats ripicoles (cours d'eau, rivières, marais, marécages et retenues d'eau) disposant d'un couvert végétal dense et d'eau à proximité immédiate[33]. Elle s'observe également dans les estuaires et les milieux côtiers salés ou saumâtres, et ne s'éloigne des cours d'eau que pour de courtes périodes[30]. L'espèce est observée depuis le niveau de la mer jusqu'à une altitude de 3 950 m dans le parc national des monts Balé en Éthiopie[35].

Sa présence a été confirmée dans le parc national du Haut-Niger en Guinée[36], ainsi que dans le parc national de Moukalaba-Doudou au Gabon[37]. L'espèce est généralement commune dans ses habitats de prédilection : dans le KwaZulu-Natal, sa densité de population a été évaluée à 1,8 individu/km²[33].

Écologie et comportement

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Une Vansire au Rietvlei Nature Reserve, province Gauteng, en Afrique du Sud.

La Vansire est un animal principalement solitaire[38]. Excellente nageuse, elle peut plonger jusqu'à 15 secondes en s'aidant de ses pattes pour se propulser. Sur terre, elle se déplace généralement au trot lent, mais est capable d'accélérations rapides[39].

Un suivi par radiotélémétrie mené au KwaZulu-Natal a montré un rythme d'activité de type crépusculaire, les individus s'activant peu après le coucher du soleil jusqu'au-delà de minuit[40]. Dans la réserve spéciale de Dzanga-Sangha, un mâle suivi par balise présentait une activité maximale au petit matin et en fin de journée se reposant durant dans des terriers situés au sec au-dessus de l'eau et de la vase, abrités sous une dense végétation d'herbes hautes et de plantes grimpantes[41].

Alimentation

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Le comportement alimentaire de l'espèce a été étudié en captivité en 1984. Lorsqu'elle repère une proie dans l'eau, la Vansire s'avance en nageant ou en marchant et utilise ses doigts très tactiles pour fouiller le milieu tout en gardant la tête hors de l'eau. Une fois la proie localisée, elle la saisit avec la gueule et la transporte hors de l'eau pour la tuer. Elle mise sur des morsures à la tête pour tuer les rongeurs et les grenouilles, secouant parfois ses proies. Après s'être nourrie, elle se frotte le museau avec ses pattes antérieures. Elle casse les œufs en les jetant vers l'arrière entre ses membres postérieurs[38].

Contrairement aux autres mangoustes, son régime alimentaire est dominé par des proies aquatiques, notamment des crustacés[33]. L'analyse des crottes récoltées autour du lac Sainte-Lucie montre une consommation importante de crustacés, d'amphibiens, d'insectes et de poissons. Des individus ont été observés transportant des crabes de palétuvier (Scylla serrata) sur la berge, leur arrachant les pinces puis ouvrant leur sternum pour en consommer la chair[42].

La Vansire dépose ses fèces dans des latrines spécifiquement établies sur de bas arbrisseaux, des rochers ou du sable, à l'écart de l'eau. En milieu végétal ou rocheux côtier, les fèces contiennent des restes de puces de mer, de crabes de rivage (Cyclograpsus punctatus) ainsi que des mollusques tels que Oxystele sinensis et des escargots du genre Tropidophora[43].

Dans le Sud-Est du Négéria, la Vansire adopte un régime très omnivore : elle consomme des rongeurs (notamment des cricétomes de gambie, des souris pygmées ou des souris de Tullberg), des grenouilles (genres Ptychadena et Hoplobatrachus), des serpents comme le serpent hérault (Crotaphopeltis hotamboeia), des poissons sauteurs (Periophthalmus), divers insectes et araignées, des gastéropodes, bivalves et décapodes, ainsi que des fruits, des baies et des graines[44]. Dans certaines régions, les rongeurs représentent la part principale de la biomasse ingérée[33].

Reproduction

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Après une période de gestation durant entre 69 et 80 jours, la femelle met au monde une portée de deux à trois petits déjà entièrement couverts de poils. Leurs yeux s'ouvrent entre le 9ᵉ et le 14ᵉ jour ; la pupille, bleutée à la naissance, devient brune vers l'âge de trois semaines. Le conduit auditif s'ouvre entre le 17ᵉ et le 28ᵉ jour. Le sevrage débute au plus tôt vers le 30ᵉ jour et s'achève complètement lorsque les jeunes atteignent l'âge de deux mois[45].

Statut de conservation et menaces

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Une Vansire morte.

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe la Vansire en préoccupation mineure (LC). L'espèce possède une large aire de répartition, est relativement commune dans ses habitats d'élection et est présente au sein de nombreuses zones protégées. Son taux de déclin de population n'est pas jugé suffisant pour justifier d'un statut de menace[33].

Cependant, elle subit localement la chasse pour le commerce de la viande de brousse, la dégradation de son habitat et l'urbanisation[33]. La disparition de la végétation ripicole peut entraîner des déclins localisés, tout comme le drainage des zones humides pour l'agriculture en Afrique de l'Est et les impacts potentiels de la pollution de l'eau sur les proies aquatiques[33].

Elle figure fréquemment sur les marchés de viande de brousse : il s'agit notamment du carnivore le plus fréquemment vendu sur les marchés du Sud-Est du Négéria et d'une espèce fréquemment prélevée dans les forêts de Guinée et du Cameroun (avec près de 950 individus prélevés par an dans la portion camerounaise des forêts côtières du Cross, de la Sanaga et de Bioko)[46][33].

Notes et références

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Références

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Bibliographie

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Voir aussi

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Liens externes

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