Herpestidae
Herpestidés, Mangoustes (Lato sensu)
Un Ichneumon (Herpestes ichneumon), une Mangouste rayée (Mungos mungo), une Ichneumie à queue blanche (Ichneumia albicauda), un Mangue obscur (Crossarchus obscurus), un Cynicte pénicillé (Cynictis penicillata) et un Suricate (Suricata suricatta)
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Feliformia |
| Infra-ordre | Viverroidea |
| Super-famille | Herpestoidea |
Répartition géographique
- Hespertina Bonaparte, 1845
Herpestidae, les Herpestidés, plus communément désigné sous le terme générique de Mangoustes, sont une famille de carnivores féliformes. Cette famille comprend deux sous-familles : Les Herpestinés (Herpestinae) ainsi que les Mungosinés (Mungosinae). Les Herpestinés comptent 23 espèces actuelles originaires du Sud de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, tandis que les Mungosinés comprennent 11 espèces exclusives à l'Afrique. Les Herpestidés seraient apparus à une période approximative située entre 18,2 et 25,4 millions d'années au début du Miocène et ont divergé génétiquement en deux lignées principales à une période approximative située entre 19,1 et 18,5 millions d'années, avec une incertitude de 3,5 milions d’années.
Il existe une importante population introduite sur les îles d'Hawaï. Le régime alimentaire des mangoustes est varié, mais se compose principalement d'insectes, de reptiles et d'oiseaux.
Taxonomie
modifierA l’aube de la taxonomie moderne, les mangoustes n’étaient pas placées dans leur propre groupe, mais le partageait avec celui des Civettes (dans le genre Viverra, puis la famille Viverridae). Dans la dixième édition du Systema naturae du Zoologiste suédois Carl von Linné sorti en 1758, le genre Viverra ne comprenait alors que l’Ichenumon (Viverra ichneumon) comme représentant des Mangoustes [1]. Dans le treizième tome de son histoire naturelle en 1765, Georges-Louis Leclerc de Buffon ne considérait pas la Mangouste comme un ensemble d’espèces, mais comme une seule possédant de nombreuses variétés. Dans ce même volume, il décrit pourtant deux autres Herpestidés, le Surikate et le Vansire, mais comme des animaux totalement indépendants [2]. Par la suite le Surikate sera décrit sous le nom de Viverra suricatta par von Schreber en 1776, et la Mangouste sera décrite sous le nom de Viverra mungo par Johann Friedrich Gmelin en 1788, cependant là où le chercheur pensait décrire un spécimen venu d’Inde, à savoir ce que l’on connaît actuellement sous le nom de Mangouste d’Edwards (Urva edwardsii), il décrivait en réalité un spécimen d’une espèce très différente, venue d’Afrique[3].
Le premier genre de Mangouste crée peut être attribué à Frich en 1775 sous le nom d’Ichneumon[4], cependant cette description fut rejetée par la commission internationale de nomenclature zoologique d’une part car la description ne contenait aucune espèce sous la forme d’une dénomination binominale, mais aussi parce que le nom Ichneumon était déjà préoccupé par un genre d’insecte dès la dixième édition du Systema Naturae en 1758. Le premier nom de genre officiellement accepté revient au genre Mungos décrit par Étienne Geoffroy Saint-Hilaire et Frédéric Cuvier en 1795[5].
La famille des Herpestidae, mais aussi la sous-famille des Herpestinae, c'est-à-dire un groupe rassemblant différents genres de mangoustes, a été théorisée, à l'instar de nombreux groupes taxonomiques comparables, pour la première fois par Charles-Lucien Bonaparte en 1845. Dans l'ouvrage consacré aux mammifères d'Europe, le groupe des mangoustes, alors désigné sous le protonyme d’Herpestina, formaient un sous-groupe de Viverroïdes actuels appelés Viverridae, qui comprend les Viverridés actuels (Viverrina) et les Hyénidés actuels (Hyaenina)[6]. L'ouvrage présente l'unique genre Herpestes comme genre-type du groupe, et l’Ichneumon (Herpestes ichneumon) comme espèce-type[7][8].
En 1864, John Edward Gray a classé les herpestidés en trois sous-familles : les Galidiinae, les Herpestinae et les Mungotinae[9]. Ce regroupement a été soutenu par Reginald Innes Pocock en 1919, qui désignait la famille sous le nom de « Mungotidae »[10].
Des recherches génétiques fondées sur des analyses d'ADN nucléaire et mitochondrial dont les dernières remontent à 2003, ont révélé que les Galidinés, jusqu’à présent désignée sous le nom de « Mangoustes malgaches », étaient plus étroitement apparentées à tout les autres carnivores de Madagascar, aboutissant alors à la création de la famille des Eupléridés[11],[12].
La famille telle qu’elle se présente aujourd’hui provient d’études génétiques menées tout le long des les années 2000 révèlant deux grand clades au seins de la famille : Les Herpestinés, regroupant des mangouste chasseuses solidaires, ainsi que les Mungosinae, regroupant des genres de mangoustes plus petites et exclusivement africaines, au régime alimentaire majoritairement insectivore et formant des groupes sociaux plus complexes [13].
Liste des espèces
modifier| Sous-famille | Genre | Sous-genre et autres subdivisions | Espèces | Distribution et description | Statut uICN |
|---|---|---|---|---|---|
| Herpestinae | Herpestes | Herpestes proprement dit | Herpestes ichneumon (Linnaeus, 1758) Ichneumon Mangouste d'Égypte |
Répartition : Europe du Sud, Moyen-Orient et majeure partie de l'Afrique. Grande mangouste au pelage gris poivre et sel, célèbre depuis l'Égypte antique pour sa propension à détruire les œufs de crocodiles et chasser les serpents. |
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| Galerella | Herpestes sanguineus Rüppell, 1835 Mangouste sanguine Mangouste svelte |
Habitat : Savanes et milieux ouverts d'Afrique subsaharienne. Petite mangouste très agile au corps allongé et svelte, caractérisée par l'extrémité noire et recourbée de sa queue lorsqu'elle court. |
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| Herpestes pulverulentus (Wagner, 1839) Mangouste grise du Cap |
Habitat : Milieux semi-arides et maquis (fynbos) d'Afrique australe. Espèce presque exclusivement confinée à l'Afrique du Sud, dotée d'un pelage gris foncé moucheté uniformément et de pattes sombres. |
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| Herpestes ochraceus Gray, 1848 Mangouste ochracée Mangouste d’Abyssinie |
Habitat : Régions semi-désertiques de la Corne de l'Afrique. Proche morphologiquement de la mangouste svelte, elle s'en distingue par son pelage plus pâle, ocre ou jaunâtre, adapté au climat aride de sa région. |
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| Herpestes flavescens (Bocage, 1889) Mangouste flavescente Mangouste noire |
Habitat : Zones rocheuses et savanes sèches d'Angola et de Namibie. Espèce de petite taille au pelage variant du jaunâtre au brun roussâtre éclatant, inféodée aux zones arides du Sud-Ouest africain. |
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| Ichneumia Les Ichneumies |
Ichneumia albicauda (Cuvier, 1829) Ichneumie à queue blanche Mangouste à queue blanche |
Habitat : Savanes et forêts claires d'Afrique subsaharienne et du Sud de l'Arabie. Une des plus grandes espèces de la famille, strictement nocturne, facilement identifiable à sa silhouette haute sur pattes et à sa longue queue blanche. |
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| Rhynchogale Le Rhynchogale |
Rhynchogale melleri (Gray, 1865) Rhinogale de Meller Mangouste de Meller |
Répartition globale : Afrique subsaharienne. Lignée spécialisée possédant des dents adaptées à la consommation occasionnelle de fruits. |
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| Paracynictis | Paracynictis selousi (de Winton, 1896) Mangouste de Selous |
Répartition globale : Afrique subsaharienne. Fouisseuse nocturne discrète vivant dans les savanes d'Afrique australe. |
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| Cynictis Le Cynicte |
Cynictis penicillata (Cuvier, 1829) Cynicte pénicillé Mangouste jaune |
Habitat : Steppes semi-arides et plaines d'Afrique australe. Surnommée "mangouste-renard" en raison de son pelage fauve-jaune et de ses oreilles pointues. Espèce sociale vivant souvent en colonies. |
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| Bdeogale Les Bdéogales |
Sous-genre Galeriscus Galériscus |
Bdeogale nigripes Pucheran, 1855 Bdéogale nigripède Mangouste à pattes noires |
Habitat : Forêts tropicales d'Afrique centrale. Grande espèce robuste au pelage grisâtre contrastant fortement avec ses membres entièrement noirs, spécialisée dans la consommation d'insectes terrestres. |
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| Bdeogale jacksoni (Thomas, 1894) Galériscus de Jackson Mangouste de Jackson |
Habitat : Forêts de montagne d'Afrique de l'Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie). Espèce rare à la fourrure longue et dense gris-argenté et aux côtés du cou teintés de jaune clair. Dépendante des écosystèmes forestiers menacés. |
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| Sous-genre Bdeogale Bdéogales proprement dits |
Bdeogale crassicauda Peters, 1852 Bdéogale à queue épaisse Mangouste à queue touffue |
Habitat : Forêts claires et savanes d'Afrique orientale. Petite mangouste nocturne caractérisée par quatre doigts à chaque patte (au lieu de cinq chez la plupart des genres) et une queue très fournie. |
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| Bdeogale omnivora Heller, 1914 Mangouste de Sokoke |
Habitat : Forêts côtières reliques du Kenya et de Tanzanie. Espèce hautement menacée par la fragmentation de son habitat forestier très restreint, se nourrissant en grande partie de termites. |
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| Xenogale Le Xénogale |
Xenogale naso (de Winton, 1901) Mangouste à long museau Mangouste du Congo |
Répartition globale : Afrique centrale. Espèce inféodée aux forêts denses et aux habitats forestiers humides du bassin du Congo. |
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| Atilax Les Atylaces |
Atilax paludinosus (Cuvier, 1829) Vansire Mangouste des marais |
Habitat : Zones humides, marais et rivières d'Afrique subsaharienne. Espèce semi-aquatique robuste au pelage brun foncé. Ses pattes sont dépourvues de palmure mais ses doigts fins lui confèrent une excellente dextérité pour fouiller la vase. |
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| Urva Les Urvas |
Urva javanica (Geoffroy Saint-Hilaire, 1818) Mangouste de Java |
Habitat : Îles de Java et Sumatra (Indonésie). Longtemps confondue avec la petite mangouste indienne, sa distinction génétique est confirmée. Elle préfère les milieux forestiers et agricoles d'altitude. |
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| Urva edwardsii (Geoffroy Saint-Hilaire, 1818) Mangouste d’Edwards Mangouste grise d'Inde |
Répartition : De la péninsule Arabique à l'Inde. Mangouste de taille moyenne au pelage gris fer rêche et épais. Célèbre pour ses combats vifs contre les cobras, immortalisée dans la culture populaire (Rikki-Tikki-Tavi). |
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| Urva auropunctata Hodgson, 1836 Mangouste à points dorés Petite mangouste indienne |
Répartition : Asie du Sud. Espèce introduite mondialement. Plus petite que sa cousine grise. Introduite dans les Caraïbes et le Pacifique pour chasser les rats, elle est devenue une espèce invasive redoutable pour la faune insulaire. |
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| Urva fusca (Waterhouse, 1838) Mangouste brune Mangouste de Malabar |
Habitat : Forêts d'altitude du Sud de l'Inde (Ghâts occidentaux) et Sri Lanka. Mangouste robuste au pelage brun foncé très épais et aux pattes noirâtres, adaptée aux zones montagneuses humides. |
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| Urva vitticollis (Bennett, 1835) Mangouste à cou rayé |
Habitat : Forêts et plantations du Sud-Ouest de l'Inde et du Sri Lanka. La plus grande espèce du sous-continent indien, reconnaissable à une large bande noire longitudinale de chaque côté du cou. |
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| Urva smithii (Gray, 1837) Mangouste de Smith Mangouste roussâtre |
Habitat : Forêts claires et plaines de l'Inde et du Sri Lanka. Se distingue par son pelage d'un brun-roux teinté de noir, et surtout par l'extrémité de sa queue qui est noire et pointée vers le haut. |
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| Urva brachyura (Gray, 1837) Mangouste à queue courte |
Habitat : Forêts primaires de Malaisie, Bornéo et Sumatra. Espèce trapue au pelage brun-roux sombre et à la queue anormalement courte pour le genre. Menacée par la déforestation massive. |
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| Urva urva Hodgson, 1836 Urva (Stricto sensu) Mangouste crabière |
Habitat : Zones humides et cours d'eau d'Asie du Sud-Est et du Sud de la Chine. Grande mangouste d'allure trapue caractérisée par une bande blanche distinctive qui court de ses babines jusqu'à ses épaules. Excellente nageuse spécialisée dans la capture de crabes et de poissons. |
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| Urva semitorquata (Gray, 1846) Mangouste à collier |
Habitat : Forêts d'altitude de Bornéo et Sumatra. Rare et méconnue, elle présente une coloration rousse ou orangée unique, avec une fine ligne plus claire sur les côtés du cou. |
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| Mungosinae | Mungos Les Mungos |
Mungos mungo (Gmelin, 1788) Mangouste (Stricto sensu) Mangouste rayée |
Habitat : Savanes et plaines herbeuses d'Afrique subsaharienne. Espèce éminemment grégaire, vivant en troupes coordonnées. Arbore une série de rayures transversales sombres sur le dos qui rompt sa silhouette. |
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| Mungos gambianus (Ogilby, 1835) Mangouste de Gambie Mangue de Gambie |
Habitat : Savanes de l'Afrique de l'Ouest (de la Gambie au Nigeria). Proche de la mangouste rayée mais dépourvue de barres transversales sur le dos, elle possède un pelage gris-brun plus uniforme. |
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| Crossarchus Les Crossarches, ou Mangues proprement dits |
Crossarchus obscurus Cuvier, 1825 Mangue obscur Crossarche brune |
Habitat : Sous-bois des forêts d'Afrique de l'Ouest. Petite mangouste sociale reconnaissable à son long museau pointu et mobile et à sa fourrure hirsute brun foncé. |
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| Crossarchus alexandri Thomas & Wroughton, 1907 Crossarche d'Alexander Mangue d’Alexandre |
Habitat : Forêts tropicales humides de la RD Congo et de l'Ouganda. Plus grand que l'espèce commune, il occupe les niches écologiques d'Afrique centrale. |
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| Crossarchus ansorgei Thomas, 1910 Mangue d’Ansorge Mangue d'Angola |
Habitat : Forêts galeries et denses d'Angola et du bassin du Congo. Espèce discrète et rarement observée, partageant les mœurs collectives du genre. |
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| Crossarchus platycephalus Goldman, 1984 Mangue à tête plate Mangue du Cameroun |
Habitat : Forêts côtières du Bénin, Nigeria et Cameroun. Se distingue par des critères anatomiques crâniens spécifiques (boîte crânienne plus aplatie). |
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| Helogale Les Hélogales, ou Mangoustes naines |
Helogale parvula (Sundevall, 1847) Hélogale mignon Mangouste naine du Sud |
Habitat : Savanes sèches et zones de termitières d'Afrique australe et orientale. Le plus petit carnivore d'Afrique. Espèce extrêmement sociale à la structure matriarcale stricte. |
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| Helogale hirtula Thomas, 1904 Mangouste velue Mangouste naine orientale |
Habitat : Broussailles arides et steppes de la Corne de l'Afrique. Se distingue de sa cousine du Sud par un pelage plus rêche et grisâtre, adapté aux contraintes des zones désertiques. |
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| Suricata | Suricata suricatta (Schreber, 1776) Suricate |
Habitat : Déserts du Kalahari et du Namib (Afrique australe). Célèbre pour sa posture "sentinelle" dressée sur les pattes arrière. Vit en colonies complexes hautement coordonnées. |
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| Liberiictis | Liberiictis kuhni Hayman, 1958 Mangue du Libéria Mangouste de Kühn |
Habitat : Forêts primaires de Libéria, Guinée et Côte d'Ivoire. Découverte tardivement au XXe siècle. Espèce forestière rare, très menacée par la chasse de subsistance. |
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| Dologale | Dologale dybowskii (Pousargues, 1894) Mangue de Dybowski Mangouste de Dybowski |
Habitat : Savanes arborées et mosaïques de forêts d'Afrique centrale. Petite mangouste discrète au pelage sombre moucheté de gris, dont les mœurs restent peu documentées. |
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Phylogénie
modifierPhylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[17], Barycka (2005)[18] et Patou et al. (2009)[19] :
| Herpestidae (Herpestidés) |
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Morphologie
modifier| Formule dentaire | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| mâchoire supérieure | |||||||
| 1-2 | 3-4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3-4 | 1-2 |
| 1-2 | 3-4 | 1 | 3 | 3 | 1 | 3-4 | 1-2 |
| mâchoire inférieure | |||||||
| Total : 36-40 | |||||||
| Denture caractéristique des Herpestidés | |||||||
Les Herpestidae ont une face et un corps allongés, des oreilles petites et rondes, des pattes courtes et une queue longue et effilée. La plupart des espèces sont un pelage assez grisonnant, mais certaines d’entre elles ont un pelage tacheté, tandis que d'autres possèdent des pelages fortement marqués qui rappellent ceux des mustélidés, caractérisés par des pattes sombres, des rayures et des queues aux anneaux pâles[20]. Leurs pupilles sont étroites et ovales, c’est particulièrement vrai chez le Cynicte pénicillé (Cynictis penicillata). Leurs griffes sont non rétractiles et chez les Mungosinae, elles servant principalement à l’excavation de la terre et du sable pour la construction de terriers[20].
La plupart des espèces possèdent des grandes glandes anales fonctionnelles, utilisée pour le marquage territorial et la signalisation du statut reproducteur[20], ainsi qu'un pénis court et lisse doté d'un baculum et d'une ouverture urétrale allongée sur sa face inférieure[21]. Leur formule dentaire est constitué entre trente-six et suarentes dents, les Herpestinés ont tendance à avoir plus de dents que les Mungosinés. Leur longueur tête-corps, sans la queue, varie de 24 à 58 cm, pour un poids allant de 320 g à 5 kg[20]. L’Ichneumie à queue blanche (Ichneumia albicauda) est l’une, si ce n’est la plus grande mangouste du monde [22], tandis que les Hélogales (genre Helogale) sont les plus petites, d’où leur nom de « Mangouste naines ».
Moins diversifiée que celle des Viverridae, cette famille regroupe des espèces vivant dans des habitats divers qui vont des forêts ouvertes aux savanes, aux régions semi-arides et aux déserts. Elles sont principalement terrestres, mais certaines comme l’Urva (Urva urva), mais surtout la Vansire (Atilax paludinosus) ont un mode de vie semi-aquatique, adapté à un mode de vie proche des cours d’eau. Certaines d’entre elles peuvent grimper aux arbres pour attraper des oiseaux, c’est notamment le cas de la Mangouste sanguine[23].
Les Herpestidés font partie des rares taxons de mammifères présentant des mutations au niveau du récepteur nicotinique de l'acétylcholine qui les protègent contre le venin de serpent [24] . Leurs récepteurs modifiés empêchent l'alpha-neurotoxine du venin de se lier, un mécanisme unique chez la mangouste assuré par glycosylation [25].
Répartition
modifierLes Herpestidés sont présents dans une grande partie de l’hémisphère sud du continent eurasien où les températures sont plus chaudes. La majorité d’entre des espèces, notamment l’ensemble de la sous-famille des Mungosinae, vivent sur le continent africain et principalement en Afrique subsaharienne, ne traversant pas le désert du Sahara. L’Ichneumon (Herpestes ichneumon) voit son aire de répartition traverser la côte-est du continent, longeant le fleuve du Nil jusque sur les côtes de l’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, pour former une petite population en Anatolie. Les population d’Ichneumon vivant en Europe ne dépassent pas le sud de la péninsule ibérique.
Les Urvas (genre Urva) sont les seules mangoustes vivant sur le continent asiatique, de l’Est du Moyen-Orient pour la Mangouste d’Edwards, jusqu’aux Îles de la Sonde avec la Mangouste de Java et la Mangouste à queue courte (Urva brachyura). L’aire de répartition la plus septentrionale revient à la Mangouste à point dorés (Urva auropunctata) qui dépasse la frontière de l’Hymalaya.
Les Urvas ont également été introduites par l’Homme sur différentes îles dans le monde, la Mangouste brune (Urva fusca) a été introduite sur les îles Fidji, et la Mangouste à points dorés et été introduite sur un grand nombre d’îles comme Hawaï, les Caraïbes où elle est considérée comme une espèce indésirable dangereuse pour la biodiversité insulaire.
Éthologie
modifierAlimentation
modifierLes Herpestidés sont des omnivores opportunistes, se nourrissant des éléments trouvés au sol, comme des fruits, des œufs ou des charognes, mais elles ont des besoins alimentaires centrés sur l’apport en protéines. Ainsi, ils peuvent avoir un régime alimenteire plus généralement carnivore et insectivore, selon leur taille et la disponibilité des proies, généralement elles consomment des insectes, divers arthropodes comme des scorpions, ainsi que des vers ou de petits mollusques terrestres, mais peuvent compléter leur régime par des proies plus grosses comme des amphibiens, des reptiles comme des serpents, notamment venimeux, mais aussi des oiseaux et de petits mammifères, comme des rongeurs ou de petits insectivores. Ils peuvent également avoir un régime cancrivore ou piscivore ; se nourrissant de mollusques, de crustacés et de poissons s’ils vivent à proximité de l’eau, C’est le cas de l’Urva (Urva urva) [26],[27], plus communément désignée sous le nom de « Mangouste crabière ».
Comportement
modifierCertaines espèces, comme La mngouste d’Edwards (Urva edwardsii), sont connues pour leur capacité à lutter contre des serpents venimeux comme les cobras et à les tuer, quoiqu'elles n'aient aucune attirance particulière pour leur chair. Elles en sont capables grâce à leur vitesse et à leur agilité, mais aussi par une adaptation qui les immunise contre les venins neurotoxiques[28]. Les mangoustes peuvent en effet survivre à une dose qui pourrait tuer de nombreux autres animaux, mais elles ne sont pas totalement immunisées : les morsures de serpents venimeux (cobras, mambas, vipères, bongares) peuvent leur causer des infections éventuellement fatales.
Comportement social
modifierIl y a une distinction nette entre les deux sous-famille d’Herpestidés en ce qui concerne la sociabilité et la vie en groupe : Les herpestinés comme l’Ichneumon (Herpestes ichneumon) ou l’Urva (Urva urva) sont généralement considérées comme des animaux vivent et chassants en solitaire. Toutefois, il leur arrivent de former de couples ou petits groupes permanents, comme c’est le cas chez le Cynicte pénicillé (Cynictis penicillata)[13].
Les Mungosinae en revanche ont tous un comportement réellement social très marqué, c’est le cas de la mangouste rayée (Mungos mungo) pouvant vivre dans des groupe comptant une vingtaine d’individus[29]. Le Suricate (Suricata suricatta) vit en troupes de deux ou trois familles, chacune comprenant un mâle, une femelle et de deux à cinq petits, vivant dans une société matriarcale complexe avec un système hiérarchique très stricte[30]. Son répertoire vocal est très élaboré [31] : Petit et fragile, pour protéger le groupe des prédateurs quand les autres sont occupés à chercher à manger ou à agrandir le terrier, un sentinelle fait le guet, grimpant sur une position dominante afin de repérer le danger. S'il aperçoit un prédateur, il pousse un cri d'alarme pour prévenir ses congénères et indiquer si la menace est terrestre ou volante[32].
Les Herpestidés et l'Homme
modifierUtilisations et exploitation
modifier
Dans l’Égypte antique, l’Ichneumon alors désigné sous le nom de « rat sacré » ou « rat de pharaon » était utilisé dans la lutte contre les serpents venimeux et était tenu en haute estime par les populations locales : Les restes mommifiés de quatre ichneumons ont été mis au jour dans les catacombes d'Anubis à Sakkara au cours de travaux débutés en 2009[33]. Dans la nécropole de Beni Hassan, un ichneumon tenu en laisse est représenté dans la tombe de Baqet Ier, datant de la XIe dynastie égyptienne[34].
En Inde et dans les régions alentours, le Mungoz (Urva edwardsii) était capturé et gardé comme animal de compagnie utilisé dans la lutte contre les rongeurs et les serpents [35]. État l’animal totem de la région de Chandigarh en Inde, il jouit d’une protection par les locaux[36].
Les Herpestidés sont chassés par l’Homme pour leur peau notamment en Asie[35].Leurs poils sont utilisés pour fabriquer des blaireaux de rasages, des pinceaux et des talismans [35]. De nombreuses espèces sont consommées en par plusieurs tribunes en Inde et au Népal, ainsi que par différentes populations en Afrique centrale et septentrionale comme viande de brousse[35]. En Inde, toutes les espèces de Mangouste font l’objet d’un commerce intensif d’animaux sauvages[35]. Malgré cela, la plupart des espèces d’Herpestidés font l’objet de « préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge de l’UICN car présente en grand nombre dans leur aire de répartition autochtones[35]. Exceptions faites de la Mangue du Libéria (Liberiictis kuhni) rare et difficile à observer, ainsi que de la Mangouste de Sokoke (Bdeogale omnivora) en difficultés localement, qui sont classées comme « espèces vulnérables » (VU) par l’UICN [35].
Risques sanitaires et espèces invasives
modifierLe Cynicte pénicillé est l’hôte d’un grand nombre de parasites et de pathogènes et est un des principaux vecteur de la rage sur le plateau intérieur en Afrique du Sud[37], si bien que certaines populations utilisent des suricates pour les chasser de leur terrier et limiter la propagation d’éventuelles zoonoses [38].
Les Urvas ont été introduites par l’Homme sur diverses îles au quatre coins du monde pour la lutte contre les rongeurs sur les terres agricoles, c’est notamment le cas de la Mangouste brune (Urva fusca) aux Îles Fidji mais surtout de la Mangouste à points dorés (Urva auroponctata) sur diverses îles du pacifiques et des Caraïbes. Non seulement les prédateurs n’éliminaient pas les rongeurs, mais s’en prennent à la faune locale, déciment des populations entières d’animaux. Cette espèce également porteuse de maladies et de pathogènes comme la rage et pose de graves problèmes de santé publique sur les îles d’Amérique centrale et septentrionale[39].
Dans la culture populaire
modifierPeu d’Herpestidés sont représentés dans la culture populaire : Le suricate est l’herpestidé le plus connu, par l’intermédiaire de personnages comme Timon de la franchise Timon et Pumbaa tirée de la série de films Le Roi lion des Studuos Disney. La figure de la mangouste d’Edwards se retrouve dans la nouvelle de « Rikki-Tikki-Tavi » par Rudyard Kipling[40]. Les Herpestidés ont inspirée des espèces de Pokémon comme Mangriff, mais surtout Manglouton et Argouste, illustrant l’invasion de la Mangouste à points dorés sur les îles du Pacifique[41].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ (la) Carl von Linné, Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, vol. Tomus I, Stockholm, Laurentii Salvii, , 823 p. (lire en ligne)
- ↑ Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle, générale et particulière, vol. 13, Paris, Imprimerie royale, , 150-162 p. (lire en ligne)
- ↑ É. Geoffroy Saint-Hilaire, « Description des mammifères qui se trouvent en Égypte », dans Description de l'Égypte, ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'armée française, vol. 2, Paris, Imprimerie impériale, (lire en ligne), p. 138-139
- ↑ (de) J. L. Frisch, Das Natur-System der Vierfüßigen Thiere, Glogau, Christian Friedrich Günther, (lire en ligne), p. 11
- ↑ É. Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, « Mammalogie », Magasin Encyclopédique: ou journal des sciences, des lettres et des arts, vol. 2, , p. 184, 187 (lire en ligne)
- ↑ Bonaparte 1845, p. 4.
- ↑ Bonaparte 1845, p. 8.
- ↑ C. L. Bonaparte, Catalogo Methodico dei Mammiferi Europei, Milan, Italie, L. di Giacomo Pirola, , « Fam. VII. Viverridae », p. 8
- ↑ J.E. Gray, « A revision of the genera and species of viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, , p. 502–579 (lire en ligne)
- ↑ R. I. Pocock, « The classification of mongooses (Mungotidae) », The Annals and Magazine of Natural History, 9e série, no 3, , p. 515–524 (DOI 10.1080/00222931908673851, lire en ligne)
- ↑ A. D. Yoder, M. M. Burns, S. Zehr, T. Delefosse, G. Veron, S. M. Goodman et J. J. Flynn, « Single origin of Malagasy carnivora from an African ancestor », Nature, vol. 421, no 6924, , p. 434–437 (PMID 12610623, DOI 10.1038/nature01303, Bibcode 2003Natur.421..734Y, S2CID 4404379)
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Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
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