Rhynchogale melleri

espèce de mammifères
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Rynchogale, Rhinogale de Meller, Mangouste de Meller

Rhynchogale melleri
Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration du Rhinogale de Meller (Rhynchogale melleri), par Joseph Smit, 1882.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae

Genre

Rhynchogale
Thomas, 1894

Espèce

Rhynchogale melleri
(Gray, 1865)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image Meller's Mongoose area.png.

Synonymes

Le Rhynchogale ou Rhinogale de Meller (Rhynchogale melleri), également connu sous le nom de Mangouste de Meller, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés, constituant l'unique représentant du genre Rhynchogale.

Réparti en Afrique de l'Est et australe, principalement du centre de la Tanzanie jusqu'au Mozambique, au Zimbabwe, en Zambie, au Malawi, en Eswatini et dans le nord-est de l'Afrique du Sud, cet animal fréquente les savanes, les forêts, notamment de miombo, les prairies et les zones marécageuses. Solitaire et doté d'un mode de vie nocturne, il se nourrit principalement d'insectes, en particulier de termites. Bien que l'espèce soit peu commune à rare et puisse parfois être confondue avec d'autres Herpestidés, elle est évaluée comme étant de préoccupation mineure sur la liste rouge de l'UICN en raison de sa large répartition géographique et de sa présence dans de nombreuses zones protégées.

Dénominations

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Taxonomie

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Le Rhinogale de Meller (Rhinogale melleri) a été décrits pour la première fois en 1864 par le zoologiste britannique John Edward Gray dans le cadre d'une grande révision des viverridés conservés au British Museum[9].

Dans sa publication initiale, Gray place l’espèce au sein d’un tout nouveau genre des Rhinogales (Rhinogale) au sein d'une tribu distincte, les Rhinogalina, caractérisée par un museau court, une formule dentaire de 40 dents et des molaires tuberculaires spécifiques[10]. Il rapproche alors les affinités morphologiques de Rhinogale de celles des genres des Crossarches (Crossarchus) et des Suricates (Ryzæna), bien que l'allongement du nez y soit plus modéré[11].

La description repose sur un spécimen adulte rapporté de l'est de l'Afrique par le naturaliste Charles James Meller[12]. Gray fonde notamment sa diagnose sur les caractères crâniens et dentaires distinctifs du spécimen, tels qu'un crâne allongé et étroit dans sa partie postérieure, une face courte, des orbites incomplètes sur leur bord postérieur et des molaires robustes[9].

Cependant, le nom de genre Rhinogale était déjà préoccupé et décrit par Constantin Wilhelm Lambert Gloger pour désigner un autre groupe de mammifères, les Hélictis, aujourd’hui désignés sous le nom de Mélogales[13]. Pour remédier à cette homonymie, le zoologiste Oldfield Thomas officialise en 1894 le nom de remplacement Rhynchogale[2]. À l'appui de nouveaux spécimens récoltés au Nyassaland par Alexander Whyte, Thomas confirme la localité type de l'espèce et apporte une correction majeure concernant sa denture : alors que le spécimen original de Gray présentait anormalement cinq prémolaires de chaque côté, une anomalie qui avait intrigué les naturalistes de l'époque, l'examen de ce nouveau matériel démontre que le nombre normal est de quatre[2]. Il consigne également les observations de terrain de Whyte relatives au régime frugivore de l'animal, ce qui permet d'expliquer l'usure particulière de ses molaires[14].

Deux sous-espèces furent recensées par Mammal Species of the World (version 3, 2005) ()[15], mais des études récentes tendent plutôt à dire que le taxon est monotypique, notamment selon ITIS ()[16].

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[17], Barycka (2005)[18] et Patou et al. (2009)[19] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)


Genre Rhynchogale (Rhynchogale)

Rhynchogale melleri (Rhinogale de Meller)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)





Genre Ichneumia (Ichneumies)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[19] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)





Description

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Illustration du crâne de Rhinogale melleri dans Proceedings of the Zoological Society of London, 1864.

Le Rhinogale de Meller est un herpestidé de taille moyenne à grande, dotée d'un corps brun clair à foncé et d'une longue queue. De près, les parties supérieures de son pelage présentent un aspect grossièrement moucheté. Le bas des membres est plus sombre que le reste du corps, tandis que les parties ventrales sont généralement de couleur plus claire. L'animal mesure environ 80 cm de longueur totale et sa longueur du corps sans la queue est de 44 ~ 50 cm pour une queue mesurant entre 28 et 41,2 cm, la longueur des pattes arrières s'établit de 9,5 à 10,6 cm et celle des oreilles de 3,1 à 4,3 cm. La masse corporelle de l'animal varie de 1,8 à 2,8 kg[20]. La queue, dont la longueur représente un peu moins de la moitié de la longueur totale, est de couleur variable, noire, brune ou blanche, le brun foncé à noir étant la teinte la plus fréquente. Le Rhinogale de Meller peut être confondu avec l’Ichneumie à queue blanche, dont il se distingue toutefois par une taille plus petite et une teinte générale plus sombre.

Répartition et habitat

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L'aire de répartition du Rhinogale de Meller s'étend du centre de la Tanzanie vers le sud à travers le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique, jusqu'à l'Eswatini et le nord-est de l'Afrique du Sud (provinces du Mpumalanga et du Limpopo) [6]. Des études par pièges photographiques menées dans les villages de Ka-Ndengeza et Vyeboom, dans le district de Vhembe, province du Limpopo en Afrique du Sud, ont confirmé sa présence [6]. De même, la présence de la mangouste de Meller a récemment été confirmée dans le complexe de zones protégées du Bas-Zambèze ainsi que dans la vallée de North Luangwa, où elle figurait parmi les deux espèces de petits carnivores les plus fréquemment piégées [6]. Un signalement potentiel provenant du parc national de Chobe au Botswana, s'il est avéré, constituerait la première mention de l'espèce dans ce pays [6]. L'espèce a été observée jusqu'à une altitude de 1 850 m en Tanzanie [6].

Le Rhinogale de Meller vit dans les savanes et est principalement associé aux forêts claires et aux prairies parsemées de termitières [6]. On le trouve dans les forêts de miombo (Brachystegia) en Zambie[21] et au Zimbabwe, ainsi que dans les forêts de bambous de montagne en Tanzanie[22]. L'espèce semble avoir besoin d'un couvert végétal dense tout au long de l'année et est rarement observée dans les zones touchées par des feux de végétation fréquents et étendus.

Comportement et écologie

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Le Rhinogale de Meller est un animal nocturne, solitaire et terrestre. Il ne sort généralement qu'bien après le coucher du soleil et poursuit ses activités jusqu'aux environs de minuit[23].

Alimentation

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Le Rhinogale de Meller se nourrit principalement de termites, en particulier de termites moissonneuses (Hodotermes) et de plus grands spécimens du genre Macrotermes. Il consomme également des sauterelles, de petits reptiles, des milles-pattes, des coléoptères et des grenouilles[23].

Reproduction

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La reproduction semble avoir lieu au début de la saison des pluies (novembre à décembre). Les portées comptent généralement 2 à 3 petits, qui naissent dans des terriers ou des crevasses rocheuses. Les femelles possèdent deux paires de mamelles sur le ventre[23].

Menaces et conservations

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Menaces

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Il n'existe pas de menaces majeures connues pour l'espèce à l'échelle globale [6]. Son habitat privilégié est vaste et coïncide, dans certaines régions, avec des zones à très faible densité de population humaine [6]. Cependant, dans certaines parties de son aire de répartition comme en Tanzanie, on observe une expansion considérable de la population humaine et des chiens domestiques, ce qui pourrait représenter une menace importante à l’échelle locale[6]. Néanmoins, dans les villages de Ka-Ndengeza et Vyeboom, dans le district de Vhembe, province du Limpopo en Afrique du Sud, l'espèce a été détectée dans des zones présentant de fortes abondances anthropique et canine [6]. En outre, les forêts de miombo font l'objet d'une exploitation intensive des ressources par l'homme, de sorte que des plans de gestion locaux pourraient s'avérer nécessaires pour garantir une protection adéquate de l'habitat de cette espèce [6].

Statut de conservation

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L'espèce est évaluée comme étant de Préoccupation mineure sur la liste rouge de l'UICN car, bien que peu commune, elle est relativement répandue, ne fait l'objet d'aucune menace majeure évidente et est présente dans plusieurs zones protégées [6]. Elle est apparemment peu commune à rare, mais elle peut facilement passer inaperçue ou être confondue avec d'autres espèces dé Herpestidés [6].

Notes et références

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  1. Localité type : Ranches Limited, dans le nord-est d'Eswatini.
  2. 1 2 Combinaison de noms.

Références

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  1. Gray 1864, p. 573, 576.
  2. 1 2 3 Thomas 1894, p. 139.
  3. Kershaw 1924, p. 79.
  4. Roberts 1938, p. 243.
  5. ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 UICN, consulté le .
  7. 1 2 Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 334
  8. Encyclopédie des sciences, Grande Encyclopédie Alpha Des Sciences Et Des Techniques, vol. 21, Grange Batelière, Éditions Atlas, Paris - Éditions Kister, Genève - Éditions Érasme, Bruxelles-Anvers, , 389 p. (lire en ligne), p. 223
  9. 1 2 Gray 1864, p. 573, 575.
  10. Gray 1864, p. 573.
  11. Gray 1864, p. 574.
  12. Gray 1864, p. 575.
  13. (de) C.W.L. Gloger, Gemeinnütziges Hand- und Hilfsbuch der Naturgeschichte. Für gebildete Leser aller Stände, besonders für die reifere Jugend und ihre Lehrer, Breslau, A. Schulz, , xxix, 75 (lire en ligne)
  14. Thomas 1894, p. 139, 140.
  15. Mammal Species of the World (version 3, 2005), consulté le .
  16. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  17. G. Veron, M. Colyn, A.E. Dunham, P. Taylor et P. Gaubert, « Molecular systematics and origin of sociality in mongooses (Herpestidae, Carnivora) », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 30, no 3, , p. 582-598 (PMID 15012940, DOI 10.1016/S1055-7903(03)00229-X, Bibcode 2004MolPE..30..582V)
  18. E. Barycka, « Evolution and systematics of the feliform Carnivora », Mammalian Biology, vol. 72, no 5, , p. 257-282 (DOI 10.1016/j.mambio.2006.10.011)
  19. 1 2 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  20. (en) D.E. Wilson (dir.) et R.A. Mittermeier (dir.), Handbook of the Mammals of the World : Carnivores, vol. 1, Barcelone, Lynx Edicions, , 320 p. (ISBN 978-84-96553-49-1), Family Herpestidae (Mongooses)
  21. P.A. White, « Distribution, habitat use and activity patterns of nocturnal small carnivores in the North Luangwa Valley, Zambia », Small Carnivore Conservation, vol. 48, , p. 37–46 (lire en ligne)
  22. D.W. De Luca et N.E. Mpunga, « Carnivores of the Udzungwa Mountains: Presence, distributions and threats », Small Carnivore Conservation, vol. 32, , p. 1–7 (lire en ligne)
  23. 1 2 3 Skinner, J.D. et Chimimba, C.T., The Mammals of the Southern African Subregion, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-84418-5)

Bibliographie

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  • (en) J.E. Gray, « A revision of the genera and species of viverrine animals (Viverridae) founded on the collection in the British Museum », Proceedings of the Zoological Society of London, , p. 573, 576 (lire en ligne)
  • (en) O. Thomas, « On the Mammals of Nyasaland: third Contribution », Proceedings of the Zoological Society of London, vol. 1894, , p. 139 (lire en ligne)
  • (en) P.S. Kershaw, « Two new mammals from East Africa », The Annals and Magazine of Natural History, vol. 13, no Ninth series, , p. 79
  • (en) A. Roberts, « Descriptions of new forms of mammals », Annals of the Transvaal Museum, vol. 19, no 2, , p. 243 (lire en ligne)
  • (en) C. J. Burgin, D. E. Wilson, R. A. Mittermeier, A. B. Rylands, T. E. Lacher et W. Sechrest, Illustrated Checklist of the Mammals of the World, t. 2, Barcelone, Lynx Edicions, , 414 p. (lire en ligne)
  • (en) D.E. Wilson et D.M. Reeder, Mammal Species of the World. A Taxonomic and Geographic Reference, Johns Hopkins University Press, (lire en ligne)

Liens externes

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Genre Rhynchogale

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Espèce Rhynchogale melleri

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