Ichneumia albicauda

espèce de mammifères

Ichneumie (De facto), Ichneumie à queue blanche, Mangouste à queue blanche

Ichneumia albicauda
Description de cette image, également commentée ci-après
Une ichneumie à queue blanche près du camp de Nkwali, à l'extérieur du parc national de South Luanga, en Zambie.
0.774–0 Ma
5 collections
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Herpestidae
Sous-famille Herpestinae
Genre Ichneumia

Espèce

Ichneumia albicauda
(F. G. Cuvier, 1829)

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image White-tailed Mongoose area.png.

Synonymes

Ichneumia albicauda, l'Ichneumie à queue blanche, plus communément désignée sous le nom de Mangouste à queue blanche, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés. Cet animal constitue la seule espèce représentante du genre des Ichneumies (Ichneumia).

Avec une un poids moyen avoisinant 3,4 kg et un corps pouvant atteindre 71 cm de longueur, l'Ichneumie est considérée comme la plus grande et la plus lourde des mangoustes actuelles. Elle se distingue par une haute stature sur des pattes noires, des oreilles arrondies implantées bas et un pelage gris poivre et sel, prolongé par une queue touffue dont la moitié distale est le plus souvent d'un blanc éclatant.

Largement distribuée en Afrique subsaharienne ainsi que dans le sud de la péninsule Arabique, cette espèce côtoie des milieux variés allant des savanes boisées aux zones agricoles périurbaines. Strictement nocturne et solitaire, la Mangouste à queue blanche repose le jour dans des terriers ou des cavities rocheuses. Son régime alimentaire est principalement insectivore, axé sur les termites, les coléoptères et les orthoptères, bien qu'elle consomme opportunément de petits vertébrés, des fruits et des œufs. Classée en Préoccupation mineure (LC) par l'UICN, l'espèce demeure commune et ne subit pas de menace globale majeure.

Dénominations

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Étymologie

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Le nom du genre, Ichneumia, dérive du grec ancien ichneumon, signifiant « pisteur » ou « traqueur ». Ce terme désigne d'ailleurs historiquement la Mangouste d'Égypte (Herpestes ichneumon). L'épithète spécifique, albicauda, est un composé des termes latins albus blanc ») et cauda queue »)[5].

Dénominations locales

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Dénominations vernaculaires locales d'Ichneumia albicauda[6]:
LangueNoms vernaculaires
AfrikaansWitstertmuishond
NdebeleUbuchakide
ShonaJerenyenje
SwaziLiduha
Tigrignaፂሒራ (tsihira)[7]
TsongaTlolota
TswanaLesalamotlhaka, Lesêlamotlhaka, Mokala, Mosalamotlhaka, Mosêlamotlhaka, Sesêlamotlhaka
VendaMutsherere
XhosaIngqwalashu
ZoulouGqalashu

Taxonomie

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Illustration de la Mangouste à queue blanche (Herpestes albicaudus) par Wilhelm Kuhnert, dans La vie des animaux illustrée, 1904.

L’espèce est mentionnée pour la première fois par Georges Cuvier en 1829 dans le premier tome de son ouvrage Le Règne animal sous le nom d’Herpestes albicaudus, où il décrit de façon succincte une « [mangouste] du Sénégal (H. albicaudus) grise à queue toute blanche »[8].

En 1837, le zoologiste Isidore Geoffroy Saint-Hilaire rattache l'espèce à un nouveau genre, le genre des Ichneumies (Ichneumia)[9], alors qu'elle était parfois désignée sous la combinaison Ichneumon albicaudis par Andrew Smith (1834)[9].

Dans sa description, Geoffroy Saint-Hilaire caractérise la forme nominale (I. a. albicauda) par une coloration d'un cendré fauve très peu tiqueté devenant noirâtre sur le dessus du corps, particulièrement au niveau de la croupe, agrémentée d'une queue blanche sur ses trois derniers quarts. Il fixe alors son aire de répartition du Sénégal jusqu'à l'Afrique australe[9].

Sous-espèces

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Liste des sous-espèces d'Ichneumia albicauda selon ITIS ()[10] :
Sous-espèce (Nom binominal et auteur)Description et remarquesSynonymes taxinomiques
Ichneumia albicauda albicauda
(G. Cuvier, 1829)
Mangouste à queue blanche.
Sous-espèce nominale.
Ichneumia albicauda dialeucos
(Hollister, 1916)
  • Mungos albicaudus dialeucos Hollister, 1916
  • Ichneumia albicauda dialeucos G. M. Allen, 1939
Ichneumia albicauda grandis
(Thomas, 1890)
Grande mangouste[11].
Sous-espèce présente en Afrique australe[6].
Ichneumia albicauda ibeana
(Thomas, 1904)
Ichneumia albicauda loandae
(Thomas, 1904)
  • Herpestes albicaudus loandæ O. Thomas, 1904
  • Ichneumia albicauda loandæ G. M. Allen, 1939
Ichneumia albicauda loempo
(Temminck, 1853)
Mangouste Lumpo[12].

Phylogénie

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Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004)[13], Barycka (2005)[14] et Patou et al. (2009)[15] :

Herpestinae
(Herpestinés)




Genre Bdeogale (Bdéogales)



Genre Rhynchogale (Rhynchogale)





Genre Paracynictis



Genre Cynictis (Cynictes)




Genre Ichneumia (Ichneumies)

Ichneumia albicauda[15] (Ichneumie à queue blanche)





Genre Herpestes (incl. Galerella)





Genre Atilax (Atylaces)



Genre Xenogale[15] (Xénogale)




Genre Urva (Urvas)





Description

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Vues du crâne de l’Ichneumie à queue blanche dans The Carnivores of West Africa (1974).

L'Ichneumie à queue blanche présente une masse corporelle comprise entre 1,8 et 5,2 kg, pour une moyenne s'établissant autour de 3,38 kg. Sa longueur tête-corps varie de 53 à 71 cm et sa queue mesure de 40 à 47 cm[16],[17],[18],[19],[20]. En moyenne, elle constitue la plus grande et la plus lourde des espèces de mangoustes actuelles, bien que ses mensurations et sa masse recouvrent en partie celles d'autres grands Herpestidés, notamment la Vansire (Atilax paludinosus) qui rivalise avec elle quant aux plages de poids observées[16],[17],[18],[19],[20].

Ses membres sont relativement longs par rapport au reste du corps. La tête est allongée et affinée, surmontée de grandes oreilles arrondies implantées bas sur le crâne. Le pelage corporel arbore une teinte allant du jaune au fauve tannée, mouchetée de longs poils de jarre noirs, ce qui lui donne une apparence globale gris poivre et sel. En dessous de l'articulation du genou, les pattes sont totalement noires. La base de la queue, très touffue, est d'un jaune jaunâtre, tandis que sa seconde moitié est blanche, ce qui explique son nom vernaculaire. Cet appendice peut représenter jusqu'à 40 % de la longueur totale de l'animal. L'espèce est dépourvue de poils sur la lèvre supérieure et sous la sole des pattes antérieures. Les femelles possèdent quatre mamelles[5].

En raison de sa queue claire, elle est parfois confondue avec la Mangouste de Meller (Rhynchogale melleri). L'Ichneumie à queue blanche s'en distingue par sa taille supérieure et son corps au ton plus sombre que brun[6]. En outre, l'identification sur le terrain est parfois compliquée par l'existence d'individus mélaniques ou arborant une queue entièrement noire dans certaines régions d'Afrique[6].

Distribution et habitat

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La Mangouste à queue blanche occupe une vaste aire de répartition en Afrique subsaharienne, s'étendant du Sénégal et de la Gambie jusqu'à la Corne de l'Afrique, puis descendant vers le sud jusqu'au sud-est de l'Afrique du Sud[3][6]. Hors du continent africain, elle est présente sur la bande côtière de la péninsule Arabique, notamment en Arabie saoudite, à Oman, aux Émirats arabes unis et au Yémen. Elle a également été signalée sur l'île de Farasan Kabir en mer Rouge, où son introduction par l'être humain est fortement suspectée[3][6]. L'Ichneumie s'observe depuis le niveau de la mer jusqu'à 3 500 m d'altitude dans les hauts plateaux d'Éthiopie[3][6].

Cette mangouste fréquente une grande variété d'habitats bien arrosés, tels que les savanes boisées, les prairies et les forêts claires. Elle est en revanche absente des forêts tropicales humides comme celles du bassin du Congo, des zones arides (déserts et semi-déserts) et des altitudes situées au-delà de la limite des arbres[3][6]. Très adaptable aux activités humaines, elle s'installe couramment dans les zones agricoles, les vergers, les plantations ainsi qu'à la périphérie des villes et villages où elle tire profit des déchets ménagers[3][6].

Dans la savane soudanienne orientale, sa présence a été confirmée dans l'ensemble transfrontalier des parcs nationaux du Dinder et d'Alatash lors d'inventaires menés entre 2015 et 2018[21]. Plus au nord-est, elle est également abondante dans le massif du Degua Tembien[7].

Écologie et comportement

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L'Ichneumie à queue blanche est un carnivore essentiellement nocturne et terrestre, bien que des déplacements de jour soient ponctuellement observés[6]. La journée, elle se réfugie sous des rochers, dans des bâtiments abandonnés, au sein de termitières ou dans des terriers désertés par des oryctéropes ou des springhaas[6].

Son organisation spatiale varie selon les régions : en Éthiopie, le domaine vital des mâles adultes s'élève en moyenne à 3,2 km² contre 2,6 km² chez les femelles[6]. Au Kenya, certains domaines vitaux atteignent 8 km²[6]. Les territoires des mâles ne se chevauchent que très faiblement (environ 2 %), tandis que le domaine d'une femelle peut s'étendre sur ceux de plusieurs mâles voisins[6].

C'est une espèce solitaire dont les couples ne se forment que temporairement pour l'accouplement[6]. Les petits groupes aperçus de nuit correspondent généralement à une femelle accompagnée de sa portée ou à un rassemblement familial éphémère[6]. Très vocale, elle émet des jappements caractéristiques durant la période amoureuse. Pour dissuader ses prédateurs, elle est capable d'expulser une sécrétion fétide par ses glandes anales[6][5].

Alimentation

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Le régime alimentaire de cette mangouste est majoritairement insectivore[3]. Les termites, les orthoptères (criquets, sauterelles), les courtilières et les coléoptères (adultes et larves) constituent l'essentiel de ses proies[6]. Elle complète ce régime en capturant des amphibiens, des reptiles, de petits rongeurs (comme le Rat noir), de petits oiseaux, ainsi qu'en consommant des fruits et des baies[6]. L'Ichneumie est également friande d'œufs qu'elle casse en les projetant entre ses membres postérieurs contre une pierre ou un support dur[6][5].

Reproduction

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La reproduction semble dépendre de la saison des pluies : en Afrique australe, les femelles gestantes ou allaitantes sont observées d'octobre à février, les naissances devenant inexistantes pendant la saison sèche[6]. Les portées comptent de 1 à 4 petits, avec une moyenne établie à 1,4[6]. Après une gestation estimée à environ 60 jours, le sevrage intervient vers 9 mois, âge auquel les jeunes quittent le domaine maternel[5][6].

Statut de conservation et menaces

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L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) classe la Mangouste à queue blanche en Préoccupation mineure (LC). L'espèce demeure abondante sur l'ensemble de sa vaste aire de répartition, fait preuve d'une bonne plasticité face aux aménagement humains et adopte un régime opportuniste[3]. Des densités atteignant 4,3 individus/km² ont été relevées dans le Serengeti[3]. La population en Afrique australe est estimée à plus de 10 000 individus adultes et est jugée stable[6].

Aucune menace globale majeure ne pèse sur la survie de l'espèce[3]. Elle est néanmoins victime d'empoisonnements ou de piégeages collatéraux lors des campagnes de régulation visant le Chacal à chabraque (Canis mesomelas) ou le Caracal (Caracal caracal)[3]. Bien qu'elle ne soit pas intensivement chassée pour la viande de brousse, sa peau est parfois employée lors de cérémonies traditionnelles Venda dans la province du Limpopo[6].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  2. 1 2 Jean-Charles Chenu, Encyclopédie d'histoire naturelle. Mammifères : Table alphabétique, Paris, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, (lire en ligne), p. 46
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 UICN, consulté le .
  4. Meyer C., ed. sc., 2026, Dictionnaire des Sciences Animales. [On line]. Montpellier, France, Cirad. [14/08/2026]. <URL : http://dico-sciences-animales.cirad.fr/
  5. 1 2 3 4 5 Myers, P., R. Espinosa, C. S. Parr, T. Jones, G. S. Hammond, and T. A. Dewey. The Animal Diversity Web (online). Accessed at https://animaldiversity.org, consulté le .
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 (en) E. Do Linh San, M. M. Somers et M. Keith, « A conservation assessment of Ichneumia albicauda », The Red List of Mammals of South Africa, Lesotho and Swaziland, (lire en ligne, consulté le )
  7. 1 2 (en) R. Aerts (dir.), Geo-trekking in Ethiopia's Tropical Mountains: The Dogu'a Tembien District, Springer International Publishing, (ISBN 978-3-030-04954-6), « Forest and woodland vegetation in the highlands of Dogu'a Tembien »
  8. Cuvier 1829, p. 158.
  9. 1 2 3 Geoffroy Saint-Hilaire 1837, p. 580.
  10. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  11. Auguste Ménégaux (dir.) (ill. Wilhelm Kuhnert), La Vie des animaux illustrée : Les Mammifères, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1902-1904, 525 p., in-4, p. 333
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  15. 1 2 3 M. Patou, P.A. Mclenachan, C.G. Morley, A. Couloux, A.P. Jennings et G. Veron, « Molecular phylogeny of the Herpestidae (Mammalia, Carnivora) with a special emphasis on the Asian Herpestes », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 53, no 1, , p. 69-80 (PMID 19520178, DOI 10.1016/j.ympev.2009.05.038, Bibcode 2009MolPE..53...69P, lire en ligne Accès libre)
  16. 1 2 (en) R. D. Estes, The Safari Companion, Chelsea Green Publishing Company, , 261 p. (ISBN 1-890132-44-6, lire en ligne)
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  21. (en) H. Bauer, A. A. Mohammed, A. El Faki, K. O. Hiwytalla, E. Bedin, G. Rskay, E. Sitotaw et C. Sillero-Zubiri, « Antelopes of the Dinder-Alatash transboundary Protected Area, Sudan and Ethiopia », Gnusletter, vol. 35, no 1, , p. 26–30 (lire en ligne)

Bibliographie

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Voir aussi

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Liens externes

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